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Urgence climatique/justice sociale : témoignages de luttes hier à Genève
Hier après midi à Genève étaient organisés des ateliers thématiques sur la problématique générale "libre-échange et crises". J'ai pris en charge, aidée par Maxime, l'animation de l'atelier "crise climatique".
Des représentants de mouvements de luttes populaires en Amérique latine et une porte parole d'un mouvement de lutte pour les droits des peuples maori nous ont fait partager leurs expériences. Expériences de désastres écologiques et sociaux en cascade, provoqués par l'invasion des marchés locaux par les multinationales, par la surexploitation des ressrouces fossiles, la déforestation, la violence des impacts du green capitalism dans les communiautés locales.
- Une représentante de Accion Ecologica a présenté le projet ITT promu par le gouvernement équatorien et appelé le soutien des mouvements sociaux du monde entier à ce qui représente aujourd'hui une véritable alternative sur la table des négociations climatiques internationales
- Un représentant des mouvements paysans du Paraguay a expliqué les conséquences de l'imposition du soja transgénique sur les agricultures familiales, la re-concentration agraire qui s'en suivi, la "bidonvillisation" des paysans, et les luttes en cours, avec le soutien du nouveau gouvernement, pour renverser la situation et réintroduire le contrôle des terres par les communautés
- une camarade du Mexiques a expliqué les impacts désastreux des projets de parcs éoliens dans la région de Guaxaca : éviction des paysans et confiscation de leurs terres, transformation des conditions écosystémiques locales et notamment mise en danger d'espèces endémiques de céréales pourtant clés dans les systèmes alimentaires locaux
- un représentant des populations Puna du Panama a expliqué comment les projets énergétiques des gouvernements colombiens et panaméens menace les indiens et leurs conditions de vie.
- enfin la représentante des indiens maoris, anmée par une force saisissante, a rappelé que faute d'accord ambitieux à Copenhague les peuples insultaires des îles du Pacifique disparaîtront à court terme. Pour eux la montée du niveau des océans est déjà une réalité tangible.
Le tout en trois langues avec traduction artisanale...
A l'issue de la discussion, les participants ont conclu à l'impossibilité de répondre à la crise climatique dans le cadre du système politique et économique actuel, tant que les droits des peuples à contrôler leur environnement et les ressources naturelles de leurs territoires, tant que la marchandisation restera la règle et que les droits des multinationales seront mieux protégés que le droit à la souveraineté alimentaire. Et les solutions de marché n'apporteront aucune réponse, bien au contraire. Marchés carbone, REDD, mécanismes de compensation... permettent avant tout aux pays du Nord et à leurs entreprises d'échapper à leurs responsabilités tout en maximisant les opportunités offertes par la crise écologique.
Plusieurs de ces militants pour la justice écologique passeront par Paris en fin de semaine. Ils seront aussi à Copenhague pour le COP15. Ils nous expliqueront les raisons de leurs luttes et l'intensité de leur combat.

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