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5000 manifestants hier à Genève contre l'OMC

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Comme l'ont probablement rapporté les médias français, la manif d'hier, organisée à l'appel de deux coalitions suisses et soutenue par de nombreuses organisations internationales, dont Attac France et ses homologues européens, n'est pas arrivée à son but, le siège de l'OMC. La Police genevoise a préféré l'interrompre avant son terme suite aux violences (matérielles) orchestrées par deux groupes en tête de cortège.

Tout était pourtant parfait : plusieurs milliers de manifestants (sans doute près de 5000, un succès pour les organisateurs), un doux soleil de fin d'automne, banderoles et messages très radicaux, beaucoup de représentants des mouvements du Sud, paysans, syndicats de tous les continents... Mais suite à des destructions de vitrine, de pare-brise et l'incendie de plusieurs voitures, plusieurs groupes ont rapidement quitté la manifestation puis la police a bloqué la poursuite de la marche. Les organisations paysannes ont alors négocié l'autorisation d'un parcours alternatif et nous avons repris la marche. Mais les incidents se sont poursuivis, les véhicules anti-émeutes ont été mobilisés, les gaz lacrymo lâchés et le cortège a été définitivement dispersé.

Rien de très grave finalement ; des dégâts matériels principalement, à l'attention surtout des grandes compagnies bancaires et agro-alimentaires installées dans la ville. Des affrontements entre policiers et une poignée d'irréductibles, un peu spectaculaires mais qui sont loin d'avoir été massifs. Une manif' interrompue certes mais un message collectif très fort et aucune remise en question de la légitimité des nombreux groupes qui s'était réunis pour protester contre le libre-échange, la concurrence et le marché comme normes de gouvernement de leurs communautés et de leurs vies.

Bien au contraire les mouvements suisses et leurs nombreux alliés internationaux abordent la ministérielle des trois jours à venir avec un programme très riche, des perspectives d'action et de mobilisation nouvelles et de nombreux temps de débat et d'expression collective. Pas question de relâcher la pression sur l'OMC.

Ce matin les débats se poursuivent avec des représentants des mouvements suisses, européens et du Sud. Alexandre, le co-secrétaire général d'Attac Suisse assis près de moi se dit satisfait de la manif et de l'affluence en ce dimanche matin.

Point noir : trois camarades sud-coréens de la Korean Peasant Alliance et du Korean Alliance of progressive movements ont été refoulés à l'aéroport de Genève et renvoyés à Séoul par les autorités fédérales au motif de leur implication passée dans des protestations jugées trop radicales. En 2009 la communauté genevoise avait pourtant voté l'extension du siège de l'OMC et un des arguments mobilisés en faveur de cette décision insistait sur la nécessité de conserver l'OMC dans un pays démocratique, garantissant les conditions de dialogue, et le respect du droit de la société civile internationale à s'exprimer pacifiquement.

Pascal Lamy a proposé une rencontre aux mouvements présents à Genève pendant ces jours de Ministérielle. Jugeant que les conditions du dialogue démocratique ne sont pas réunies, ceux ci ont finalement décliné l'invitation.Ils devraient l'annoncer dans la matinée.

Photo flickr Ronniehall

 

Comments (6)

J'étais dans les rues de Genève en pleine manif, et j'ai vu "à ma droite" une trentaine de flics prêts à intervenir, et "à ma gauche" les casseurs qui commençaient à cogner sur les vitrines de la rue du Mont-Blanc. Pas compris pourquoi les policiers ne sont intervenus qu'une les vitrines casées et 4 voitures incendiées sous mes yeux.

Les casseurs étaient parfaitement identifiables dès le lieu de rassemblement initial Place Neuve avec cagoules et sac à dos

http://bboeton.wordpress.com/2009/11/28/manif-anti-o-m-c-geneve-29-11-09/

Je suis vraiment perplexe...
Bien cordialement

 

J'étais dans les rues de Genève en pleine manif, et j'ai vu "à ma droite" une trentaine de flics prêts à intervenir, et "à ma gauche" les casseurs qui commençaient à cogner sur les vitrines de la rue du Mont-Blanc. Pas compris pourquoi les policiers ne sont intervenus qu'une les vitrines casées et 4 voitures incendiées sous mes yeux.

Les casseurs étaient parfaitement identifiables dès le lieu de rassemblement initial Place Neuve avec cagoules et sac à dos

http://bboeton.wordpress.com/2009/11/28/manif-anti-o-m-c-geneve-29-11-09/

Je suis vraiment perplexe...
Bien cordialement

 

Pascal Lamy a proposé une rencontre aux mouvements présents à Genève pendant ces jours de Ministérielle. Jugeant que les conditions du dialogue démocratique ne sont pas réunies, ceux ci ont finalement décliné l'invitation.

Dommage. Pascal Lamy présent salle PlainPalais le soir de la manifestation alors que nous jouions "Super Promo, Globale Planète" aurait eu un petit goût de débat sulfureux entre le maître de séant (cité à plusieurs reprises dans la pièce, tant sur la forme que sur le fond) et nous et les militants présents. 

Quant à la manifestation proprement dite et les fameux "casseurs", il est tout de même surprenant que la police ne soit pas intervenue ? 

 

Bruno de Lyon

Pascal Lamy a proposé une rencontre aux mouvements présents à Genève pendant ces jours de Ministérielle. Jugeant que les conditions du dialogue démocratique ne sont pas réunies, ceux ci ont finalement décliné l'invitation.

Dommage. Pascal Lamy présent salle PlainPalais le soir de la manifestation alors que nous jouions "Super Promo, Globale Planète" aurait eu un petit goût de débat sulfureux entre le maître de séant (cité à plusieurs reprises dans la pièce, tant sur la forme que sur le fond) et nous et les militants présents. 

Quant à la manifestation proprement dite et les fameux "casseurs", il est tout de même surprenant que la police ne soit pas intervenue ? 

 

Bruno de Lyon

Je voulais vous faire partager l'édito du Courrier, journal progressiste de Genève qui remet les choses en perspective.

www.lecourrier.ch

Entre unité et parasitisme
BENITO PEREZ
Les mines résignées des manifestants échoués sur la place des Alpes, samedi en milieu d’après-midi, valaient tous les discours. Une nouvelle fois, le cortège annoncé pacifique a été pha- gocyté par une centaine d’autonomes en quête de base arrière pour leur simulacre de guerre urbaine. Une nou velle fois, malgré une forte mobilisation, le message politique est demeuré inaudible.
On peine à croire que onze ans se soient écoulés depuis la manif anti- OMC de mai 1998, et six depuis le G8, tant le constat d’impasse demeure identique. Entre recherche d’unité et brouillage réciproque, le mouvement altermondialiste fait du surplace. Entre radicalisation des uns et la lassitude des autres, il court à sa dissolution. Bien sûr, il faut relativiser le bruit médiatique que provoquent les bris de vitrines d’une dizaine de banques et commerces de luxe. Ils se rembourse- ront avec les milliers de milliards de francs versés récemment par les col- lectivités publiques aux boursicoteurs malheureux. On aimerait que les milliers de victimes de leurs prestigieux clients ou de leurs spéculations bour- sières provoquent la même indigna- tion. De même, rappelons aux politiciens et aux médias qui depuis samedi sont intarissables sur la casse
– versant même une larme sur les gen- tils manifestants «pris en otage» – qu’ils seraient les premiers à ignorer un cortège totalement pacifique, fut-il massif.
Mais, si tout cela est vrai, en rester à ce constat serait politiquement suici- daire. Le mouvement altermondialiste – dans son ensemble – n’échappera pas à une profonde introspection. Tout à la joie de leur «succès» de samedi, les adeptes du bloc noir devraient se poser cette simple ques- tion: qui fragilisent-ils le plus avec leurs opérations, les banques visées ou les altermondialistes non-violents qui avaient convoqué le cortège? Sans entrer dans le débat moral, faire tomber «l’ennemi commun», pour reprendre l’expression d’une mili- tante maori (lire ci-contre), implique une réflexion stratégique alimentée par les notions de respect et de solida- rité entre toutes les composantes populaires. Pour une mouvance qui se dit «autonome», le bloc noir adopte paradoxalement une attitude surtout parasitaire.
Quant aux adeptes de la non-violence, il leur faudra analyser le poids grandis- sant du bloc noir. Car si une petite cen- taine d’activistes sont passés samedi à l’action, leurs trois tronçons rassemblaient pas moins de 500 sympathisants. Et l’essentiel des jeunes manifestants.
Ensuite, le dialogue avec les autonomes étant pour l’heure impossible, il faudra imaginer d’autres façons de se rassembler et de sensibiliser la popula- tion. Ne céder ni au fatalisme, ni au découragement.

Je voulais vous faire partager l'édito du Courrier, journal progressiste de Genève qui remet les choses en perspective.

www.lecourrier.ch

Entre unité et parasitisme
BENITO PEREZ
Les mines résignées des manifestants échoués sur la place des Alpes, samedi en milieu d’après-midi, valaient tous les discours. Une nouvelle fois, le cortège annoncé pacifique a été pha- gocyté par une centaine d’autonomes en quête de base arrière pour leur simulacre de guerre urbaine. Une nou velle fois, malgré une forte mobilisation, le message politique est demeuré inaudible.
On peine à croire que onze ans se soient écoulés depuis la manif anti- OMC de mai 1998, et six depuis le G8, tant le constat d’impasse demeure identique. Entre recherche d’unité et brouillage réciproque, le mouvement altermondialiste fait du surplace. Entre radicalisation des uns et la lassitude des autres, il court à sa dissolution. Bien sûr, il faut relativiser le bruit médiatique que provoquent les bris de vitrines d’une dizaine de banques et commerces de luxe. Ils se rembourse- ront avec les milliers de milliards de francs versés récemment par les col- lectivités publiques aux boursicoteurs malheureux. On aimerait que les milliers de victimes de leurs prestigieux clients ou de leurs spéculations bour- sières provoquent la même indigna- tion. De même, rappelons aux politiciens et aux médias qui depuis samedi sont intarissables sur la casse
– versant même une larme sur les gen- tils manifestants «pris en otage» – qu’ils seraient les premiers à ignorer un cortège totalement pacifique, fut-il massif.
Mais, si tout cela est vrai, en rester à ce constat serait politiquement suici- daire. Le mouvement altermondialiste – dans son ensemble – n’échappera pas à une profonde introspection. Tout à la joie de leur «succès» de samedi, les adeptes du bloc noir devraient se poser cette simple ques- tion: qui fragilisent-ils le plus avec leurs opérations, les banques visées ou les altermondialistes non-violents qui avaient convoqué le cortège? Sans entrer dans le débat moral, faire tomber «l’ennemi commun», pour reprendre l’expression d’une mili- tante maori (lire ci-contre), implique une réflexion stratégique alimentée par les notions de respect et de solida- rité entre toutes les composantes populaires. Pour une mouvance qui se dit «autonome», le bloc noir adopte paradoxalement une attitude surtout parasitaire.
Quant aux adeptes de la non-violence, il leur faudra analyser le poids grandis- sant du bloc noir. Car si une petite cen- taine d’activistes sont passés samedi à l’action, leurs trois tronçons rassemblaient pas moins de 500 sympathisants. Et l’essentiel des jeunes manifestants.
Ensuite, le dialogue avec les autonomes étant pour l’heure impossible, il faudra imaginer d’autres façons de se rassembler et de sensibiliser la popula- tion. Ne céder ni au fatalisme, ni au découragement.

Portrait de user

user

Mon post ne justifie aucunement ce qui s'est passé samedi et je n'en suis pas spécialement ravie. Je ne porte aucun jugement positif sur ces modes d'actions, je dis simplement que la manif a été un succès d'affluence et que la diversité de la participation internationale est une grande satisfaction. Je n'écris nulle part que les les dégâts matériels sont mérités ni qu'ils sont une bonne chose. Je constate simplement que les  violences sont restées matérielles, ce qui est un fait plutôt satisfaisant considérant que l'explosion de violence physique généralisée, y compris contre les manifestants pacifiques et les riverains, aurait été infiniment plus dramatique.

Mais il est vrai aussi que je ne juge pas les violences et leurs responsables, car je ne suis pas la justice. D'expérience aucun mouvement ne peut juger un autre mouvement sans en payer un prix très élevé ; il peut juste rappeler son message et sa propre stratégie (sa croyance en une lutte non violente). Je crois qu'il est vital de ne pas enfermer la lutte et ses motivations dans la problématique de ses débordements possibles, ou de ses fractions extrêmes et incontrôlées.

Pour finir (et ce sera mon dernier mot à ce sujet) j'invite les lecteurs du billet à lire ce qui est EFFECTIVEMENT écrit dedans plutôt qu'à lui faire dire des choses qui n'y sont pas écrites. Et dernier point : je ne crois pas que les leçons de moralité soient très appropriées dans ces pages, surtout si cette morale consiste à assimiler qq vitres cassées à un crime odieux, et à susciter le discrédit des luttes contre la marchandisation du monde qui sont menées pacifiquement par des milliers de mouvements du monde entier et depuis des dizaines d'années.

Mon post ne justifie aucunement ce qui s'est passé samedi et je n'en suis pas spécialement ravie. Je ne porte aucun jugement positif sur ces modes d'actions, je dis simplement que la manif a été un succès d'affluence et que la diversité de la participation internationale est une grande satisfaction. Je n'écris nulle part que les les dégâts matériels sont mérités ni qu'ils sont une bonne chose. Je constate simplement que les  violences sont restées matérielles, ce qui est un fait plutôt satisfaisant considérant que l'explosion de violence physique généralisée, y compris contre les manifestants pacifiques et les riverains, aurait été infiniment plus dramatique.

Mais il est vrai aussi que je ne juge pas les violences et leurs responsables, car je ne suis pas la justice. D'expérience aucun mouvement ne peut juger un autre mouvement sans en payer un prix très élevé ; il peut juste rappeler son message et sa propre stratégie (sa croyance en une lutte non violente). Je crois qu'il est vital de ne pas enfermer la lutte et ses motivations dans la problématique de ses débordements possibles, ou de ses fractions extrêmes et incontrôlées.

Pour finir (et ce sera mon dernier mot à ce sujet) j'invite les lecteurs du billet à lire ce qui est EFFECTIVEMENT écrit dedans plutôt qu'à lui faire dire des choses qui n'y sont pas écrites. Et dernier point : je ne crois pas que les leçons de moralité soient très appropriées dans ces pages, surtout si cette morale consiste à assimiler qq vitres cassées à un crime odieux, et à susciter le discrédit des luttes contre la marchandisation du monde qui sont menées pacifiquement par des milliers de mouvements du monde entier et depuis des dizaines d'années.

Je suis assez dubitative quant à votre commentaire. Etiez-vous à Genève Hier? moi oui. Militante d'Attac et dans d'autres associations, je fut extrêment choquée de la violence des dégats que vous commentez ainsi,  (je fais un copier coller):" Rien de très grave finalement ; des dégâts matériels principalement, à l'attention surtout des grandes compagnies bancaires et agro-alimentaires installées dans la ville". Est-ce un justificatif???? Vous omettez de dire que ces casseurs,  ont volé dans les voitures et les bijouteries??? drôles de personnages qui n'étaient en tout cas pas là, ni par conscience politique ni citoyenne . Ces événement ont pour conséquences de discréditer la manifestation, qui a du être interrompue, les manifestants se sont dispersés en ayant le sentiment d'un immense gâchis. Quant à être satisfait de la manif d'hier, moi je suis tout simplement abasourdie! pas de remise cause? pas de questionnement? circulez il n'y a rien a voir!!!!!!!


Non rien ne peut justifier ces actes et vous devriez je pense, les condamner, puisque vous êtes et je suis adhérente d'une association d'Education Populaire .


Monique, militante desorientée.

Je suis assez dubitative quant à votre commentaire. Etiez-vous à Genève Hier? moi oui. Militante d'Attac et dans d'autres associations, je fut extrêment choquée de la violence des dégats que vous commentez ainsi,  (je fais un copier coller):" Rien de très grave finalement ; des dégâts matériels principalement, à l'attention surtout des grandes compagnies bancaires et agro-alimentaires installées dans la ville". Est-ce un justificatif???? Vous omettez de dire que ces casseurs,  ont volé dans les voitures et les bijouteries??? drôles de personnages qui n'étaient en tout cas pas là, ni par conscience politique ni citoyenne . Ces événement ont pour conséquences de discréditer la manifestation, qui a du être interrompue, les manifestants se sont dispersés en ayant le sentiment d'un immense gâchis. Quant à être satisfait de la manif d'hier, moi je suis tout simplement abasourdie! pas de remise cause? pas de questionnement? circulez il n'y a rien a voir!!!!!!!


Non rien ne peut justifier ces actes et vous devriez je pense, les condamner, puisque vous êtes et je suis adhérente d'une association d'Education Populaire .


Monique, militante desorientée.

Bonjour,

je voulais juste préciser mes propos cités dans cet article de blog. Comme il est écrit et expliqué, il y avait du monde au départ de cette manif et ont pouvait être satisfait de l'affulance. Le déroulement de la manifestation n'est évidemment PAS satisfaisant, il y a des personnes qui ont été mises en danger, nous avons décidé de dissoudre la manifestation face à l'impossibiité de continuer et j'ai publiquement pris position lors de la manif à ce propos. Les conséquences sur le droit de manifester sont graves et nous nous devons vraiment réfléchir collectivement face à cet échec.

cordialement,

Alexandre

Bonjour,

je voulais juste préciser mes propos cités dans cet article de blog. Comme il est écrit et expliqué, il y avait du monde au départ de cette manif et ont pouvait être satisfait de l'affulance. Le déroulement de la manifestation n'est évidemment PAS satisfaisant, il y a des personnes qui ont été mises en danger, nous avons décidé de dissoudre la manifestation face à l'impossibiité de continuer et j'ai publiquement pris position lors de la manif à ce propos. Les conséquences sur le droit de manifester sont graves et nous nous devons vraiment réfléchir collectivement face à cet échec.

cordialement,

Alexandre

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