Le blog de Fanny Simon
Enlisement des négociations et répression des activistes à la veille de l’Assemblée des peuples.
Des négociations en berne … :
Les négociations pour un accord à Copenhague ne semblent guère avancer, à quelques heures de l’ouverture du Haut Segment. Les pays du Sud continuent de faire pression pour le maintien du Protocole de Kyoto, seul accord juridiquement contraignant, et la signature d’un autre accord sous la Convention.
A l’inverse, les pays développés poussent en faveur de la signature d’un seul accord, placé sous la Convention et engageant tous les pays, ce qui signifierait l’abandon du Protocole de Kyoto remplacé par une simple déclaration politique. Pour ces derniers, ils réclament un engagement symétrique de tous les pays développés (sous-entendu les Etats-Unis), ainsi qu’un engagement des pays émergents (notamment la Chine) prétextant que sans un tel accord leurs efforts seraient vains. D’après le dernier communiqué de l’Union européenne (en date du 15.12.09), les objectifs de l’Union européenne de réduction des émissions de GES de 30% d’ici 2020 par rapport à 1990, seraient désormais soumis à ces conditions :
Copenhague dans la tourmente
Aujourd’hui au Bella Center, c’est la désorganisation la plus totale : observateurs, médias, délégations attendent toujours de rentrer au Bella Center (6 heures d’attente dues à un trop grand nombre d’accréditations : 45 000 accréditations alors que le Bella Center ne peut contenir que 15 000 personnes). Conséquences : meetings annulés et colère des participants toujours dehors qui chantent « inside inside ».
Mais pour les jours à venir, le régime se durcit : réduction des accréditations concernant les ONGs (mardi et mercredi) ; et pour jeudi et vendredi (journées du haut segment), c’est carrément au compte-goutte que les ONG se compteront : seulement 1000 places leur seront attribuées ! Raison de sécurité ou raison politique … ?!
La marginalisation des populations indigènes dans les négociations sur le climat (Copenhague, Bella Center, 9.12.09)
L’évolution des négociations de Copenhague tend de plus en plus à marginaliser la voix des plus faibles, dont celles des peuples indigènes. Ce sont pourtant elles les premières victimes du changement climatique auquel elles n’ont pour ainsi dire pas contribué : menaces sur la sécurité alimentaire par la modification des conditions agro-écologiques, sur la santé de ces populations par la disparition de plantes médicinales traditionnelles, sur leur identité par la perte de leur terre, …. Cette marginalisation est d’autant plus honteuse que les populations indigènes sont directement concernées par les mesures de réduction et d’adaptation au changement climatique discutées au sein de ces négociations. En effet, comment peut-on discuter de la « gestion durable des forêts » inscrite dans le cadre des programmes REDD et REDD+, sans intégrer les populations autochtones résidant dans ses forêts? De même, comment peut-on expliquer que le texte proposé par le Danemark et refusé par les pays du Sud, ne fasse aucune référence au respect des droits des populations autochtones?
