Choses vues à Istanbul
Avant-hier, mon billet titrait de façon un peu raide «un échec à Istanbul et le FSE est mort».
Aujourd'hui, un mot rapide pour dire que quoiqu'il en soit les luttes ne meurent pas.
La Marche mondiale des femmes: après une journée de travaux autour de plusieurs thèmes spécifiques (comme la violence faite aux femmes, la question de la guerre, des kurdes etc.), belle manif, bruyante, visible sur Istiklal, les Champs-Elysées stambouliotes. Et les femmes de toutes nationalités de scander en français «so-so-so solidarité, avec les femmes du mondes entier!», avec ou sans accent turc. D’ailleurs, les organisations de femmes de Turquie n’étaient pas les dernières: visiblement nombreuses, structurées, elles n’ont rien à envier à leurs collègues occidentales. Musique, chants, banderoles, une belle manif regardée avec sympathie par les nombreux passants frappant dans leurs mains et accompagnant le cortège.
Ouverture du FSE: ça y est, il est ouvert, avec des chansons et des discours. Un salarié de TEKEL parle de la lutte pugnace que mène ce syndicat depuis plusieurs mois. L’habitude est de rarement parler des luttes sociales dans les médias, encore plus lorsqu’il s’agit de luttes se déroulant à l’étranger. Voici plusieurs mois, 12 000 travailleurs de l’entreprise turque privatisée de production et de distribution de tabac et d’alcool (TEKEL) ont perdu leur emploi et sont entrés en lutte. La force du mouvement est porteur de grands espoirs ici, où, par ailleurs, les syndicats sont d’une puissance que nous ne connaissons pas en France par exemple.
Evidemment, une intervention d’une représentante de la marche mondiale des femmes, une intervention du comité d’organisation de Turquie, et un grec pour parler des turbulences dans ce pays: on a tort d’imaginer que, parce que notre pays est riche et dirigé par un hyper-président qui donne des ordres au monde entier, à la pluie, au vent et aux étoiles, que nous serions forts éloignés des régressions ahurissantes qui frappent aujourd’hui le peuple grec.
Celui-ci n’a pas dit son dernier mot, il ne lâche pas prise. Le groupe musical qui a suivi entonnant «bella ciao» rappelle que les luttes sont éternelles.

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