Première journée à Copenhague
Lundi 7 décembre, Copenhague 2009
Une première journée de repérages et surtout d’accréditation. Il y a énormément de monde, c’est la conférence ONU qui accueille le plus de délégués et d’observateurs, si bien qu’il y aura des quotas journaliers pour les ONG et associations pour l’entrée dans l’enceinte de la conférence.
Nous avons assisté à plusieurs réunions de la conférence.
Assemblée plénière du Groupe de travail sur l’action concertée à long terme dans le cadre de la Convention de Rio sur le changement climatique (AWG-LCA).
Immense salle comble, avec les délégations officielles et les observateurs. Confirmant ce qu’ils ont dit à la séance d’ouverture, le G77 plus la Chine, présidé par le Soudan, a réaffirmé la nécessité d’un accord juridique contraignant, comme deuxième phase du protocole de Kyoto, et de financements publics conséquents. Dans cette plénière, les AOSIS ( États insulaires), ont réaffirmé la nécessité d’engagements des pays de l’Annexe 1 à la hauteur des enjeux, ils ont renouvelé leur demande d’un engagement à hauteur de 45%. Ils ne pourront accepter un accord au rabais et le représentant des AOSIS a affirmé son soutien au groupe des 77. Ils ne pourront se satisfaire d’un accord politique, insistent sur un accord JURIDIQUE contraignant.
Rappelons que sans accord international contraignant, rien n’obligera les pays qui auraient pris des engagements nationaux à les respecter. L’Algérie est intervenue à la suite au nom du groupe des pays africains, exprimant la crainte de l’abandon de la partie du protocole de Kyoto qui contraint les pays de l’annexe 1 à des engagements sur les réductions. La lutte contre la crise climatique ne peut être dissociée de la lutte contre la pauvreté. Il note l’absence d’avancées de la négociation, notamment pour la partie de l’adaptation au changement climatique, qui intéresse particulièrement ceux qui subissent les effets de ce changement et beaucoup moins ceux qui en sont responsables. Ce groupe a exprimé son inquiétude concernant l’attitude des pays développés et ses craintes d’un abandon du protocole de Kyoto, dans sa partie contraignante et fondée sur des responsabilités différenciées.
Le ton change avec l’Australie qui évoque un traité contraignant «le plus tôt possible»...
Jean-Louis Borloo, présent, a eu la parole qui lui avait été refusée lors de la cérémonie d’ouverture (c’est une conférence des parties et c’est l’UE qui est la partie qui négocie !). Après les déclarations du G77, des AOSIS, du groupe des pays africains, il insiste sur la nécessité d’agir dès aujourd’hui en direction des plus pauvres, par un programme d’adaptation ambitieux, avec financement public et mécanismes de marché. Or nous savons aujourd’hui qu’étant donné les sommes avancées pour les financements publics, c’est le financement par le marché qui se profile et qui s’étend. Ce financement de l’adaptation (et pas seulement celui de l’atténuation, déjà largement financée par le mécanisme des marchés carbone) est selon Borloo, un priorité absolue. Il est clair que la stratégie de la France consiste à tenter un éclatement du G77, en isolant les plus pauvres, notamment les pays d’Afrique.
Réunion sur les marchés du carbone. Les avantages des nouveaux mécanismes du marché du carbone.
Cette réunion se situait dans le pavillon de l’Union européenne, elle était engagée par le Royaume- Uni. Je n’ai pas pu participer à toute la réunion, mais elle témoignait aussi des orientations de l’Union. La salle était majoritairement occupée par des banquiers, monde de la finance, universitaires.
Dans le débat, les ONG, notamment Firends of the Earth (UK), se sont largement exprimées. Cérémonie d’ouverture du KLIMAFORUM (forum alternatif)
Quelques phrases prononcées par Naomi Klein, après avoir analysé les transformations du «mouvement des mouvements» depuis Seattle : le temps de la naïveté est terminé, ce qui est en jeu au Bella Center (ONU), ce n’est pas la lutte contre les causes de la crise climatique et de la crise écologique, c’est la gestion de cette crise, comme une nouvelle opportunité. Il n’y a pas que le carbone à se trouver séquestré, il y a aussi l’espoir, qu’il faut justement faire revivre en amplifiant ce mouvement.

merci
merci Geneviève pour ce compte-rendu très comprehensif
Didier Attac Uzège
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