Négociations bloquées. Conférence de presse du G77 plus la Chine
Copenhague 5
10 décembre 2009
Négociations bloquées. Conférence de presse du G77 plus la Chine
(les propositions de baisse des émissions à partir d’un papier du Third Word Network)
Pas de séance plénière aujourd’hui. Participation à des «side events». Ce sont des évènements organisés dans la conférence, à l’initiative d’ONG ou de représentants de lobbies ou de gouvernements, ou encore par des instances de l’ONU.
Conférence de presse du G77 plus la Chine, 10 décembre, 16h.
Fermeté du groupe sur le protocole de Kyoto.
Demande d’un financement de 1% du PIB pour le fonds d’adaptation
Demande d’une baisse de 1,5° de la température d’ici 2050 et non pas seulement de 2° (car menace pour les États insulaires et l’Afrique) et limite des concentrations du carbone à 350ppm au lieu de 385ppm).
Réduction des émissions : 2020-2030 : 65%, pour arriver à 100% en 2050.
La discussion sur les réductions d’émissions s’enlise
La crise a éclaté mercredi 8 quand deux pays industrialisés ont annoncé, dans un groupe de travail du protocole de Kyoto, que les promesses de réduction annoncées par leur gouvernement n’entraient pas dans le cadre des obligations qu’ils ont dans le protocole, mais dans un cadre plus large qui engagerait tous les pays : le Japon et la Russie.
La Gambie et le Brésil ont immédiatement dit qu’il était impossible de travailler dans ces conditions, alors que les engagements doivent être pris en 2009, pour être effectifs à la fin de la première période d’engagement (2009-2012), dans le cadre du protocole. Intervention de la Gambie : «soit vous nous donnez des chiffres, soit non ; mais ne donnez pas des chiffres pour dire ensuite qu’ils ne concernant pas le protocole de Kyoto».
Les promesses faites par les pays développés pour 2020 (par rapport à 1990) ont été compilées par le secrétariat de la convention sur les changements climatiques : les pays industrialisés (moins les USA) s’engageraient sur une réduction comprise entre 16 et 23%, en incluant les réductions d’émissions dues à la déforestation. Si on inclut les USA, c’est beaucoup moins ! Le GIEC préconise des réductions de l'ordre de 40%? C’est très insuffisant, et cela suppose de surcroît que les promesses soient réalisées et qu’elles soient donc consignées dans un accord contraignant, dont les pays industrialisés veulent se libérer.
Fonds d’adaptation au changement climatique
Comment accéder aux ressources du fonds d’adaptation ?
Réunion organisée par le président et vice-président du fonds d’adaptation.
Le fonds d’adaptation a été inscrit dans le protocole de Kyoto (art 12.8). Lors de la COP 7 (Marrakech 2001) fut décidé son financement à partir des «mécanismes de développement propres» qui autorisent les entreprises des pays riches à investir dans des projets de développement «propre» au Sud et de recevoir des crédits d’émission : 2% de la valeur des crédits carbone obtenus par ces mécanismes seront reversés au fonds... Un fonds dont les ressources varieront au gré du prix de la tonne carbone sur les marchés et qui sera de fait gérée par la Banque mondiale, qui doit monétiser les certificats d’émission sur les marchés.....
Ce fonds, depuis Kyoto n’est toujours pas opérationnel, ses premières ressources, très faibles, sont arrivées seulement en 2009. Les pays riches se montrent assez peu intéressés par le financement de l’adaptation (catas....ils préfèrent la croissance verte !
Alors que le financement de l’adaptation aux changements climatiques est une urgence absolue pour nombre de pays du Sud, la discussion qui a suivi l’exposé était pathétique.
Insuffisance du financement ? C’est une bonne question....nous en sommes conscients et nous trouverons des réponses....
Qui a accès à ce fonds ? les gouvernements, les ONG, les communautés de base, les pêcheurs.... les paysans ? C’est une bonne question... Bien sûr c’est avec les gouvernements que nous travaillons, c’est le seul fonds auquel les pays éligibles ont un accès direct, mais nous souhaitons la participation des communautés de base...
Il devrait être alimenté plus tard par des taxes globales. Représentation des KP dans la gestion du fonds et accès direct aux ressources pour les pays éligibles.
Développer les marchés du carbone après 2012
Réunion organisée par The Gold Standard Fondation
Une organisation à but non lucratif qui se donne pour but de développer les mécanismes de développement propre en assurant leur «qualité» (premium quality). Ils viennent de lancer le Advocacy Body on Carbon for Developpement, pour faciliter l’accès au marché du carbone, notamment pour l’Afrique......
Quelques bribes des interventions qui reflètent la prégance de cette idéologie qui maintenant trouve sa légitimité dans «le changement climatique»
«Comment construire un marché global du carbone ?»
Pour mémoire, la commission européenne demande que les marchés du carbone de l’OCDE (trentaine de pays les plus riches) soient reliés en 2015 et incluent en 2020 les marchés des pays émergents.
«Un nouvel accord international sera très important pour le dévelopment d’un marché global du carbone. Pour ceci, des institutions sont nécessaires. Est-il possible de trouver des parallèles avec la création de l’OMC ?»
«Il faut développer les mécanismes de développement propre, en élargissant leur portée à des secteurs (et non plus seulement à des projets de base), et aux NAMAs (plans nationaux de réduction des émissions dans les pays»
C’est d’ailleurs une idée de l’Union européenne.
Manifestation à Copenhague (et ailleurs dans le monde) demain 12 décembre. Il est nécessaire d’amplifier le mouvement en construction, sans tarder !!!

Pour info sur le G77
Pour info sur le G77 :
http://www.g77.org/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_des_77
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