[COP15] Les manifestations et la police danoise
Le week-end des 12 & 13 décembre était le point fort du Contre-sommet, avec notamment la manifestation imposante du samedi. Dès le vendredi matin, les forces de l'ordre s'étaient déployées dans le centre ville. A 10h00 avait notamment lieu la première action organisée par Climate Justice Action – CJA (coalition d'obédience libertaire). Il n'est pas certain que cette première action ait été un succès ; mais elle ne semble pas non plus avoir donné lieu à une répression policière. L'objectif était d'interrompre les activités des entreprises prenant part aux négociations de la Conférence de l'ONU et/ou sponsorisant l'espace « Hopenhagen » installé place de l'Hôtel de Ville pour promouvoir l'éco-blanchiment (greenwashing). On retrouve ici les multinationales locales comme Siemens, Carlsberg et d'autres comme McDonalds, SAP, CocaCola, etc.
Depuis le jeudi soir, les personnes ne cessaient d'arriver à Copenhague après quelques contrôles d'identité aux frontières (suspension des accords de Schengen). Les hébergements collectifs se remplissaient d'heure en heure. Un cortège important semblait pouvoir défiler le samedi dans les rues de Copenhague en direction de Bella Center.
La violence policière a réellement commencé ce samedi après-midi avec la ponction d'un tronçon de cortège (cf. cette page). Le sens de cette opération semble avoir été simple : permettre aux journalistes du monde entier de relayer dès le soir-même des infos sur les violences commises par des « éléments ultra-violents minoritaires ». Guère d'images de ces violences pourtant largement commentées ; nous ne disposons en fait que des images de l'arrestation massive de près de 1000 personnes, filmée par la police elle-même et diffusée en quasi-direct.
L'interdiction de la manifestation du dimanche midi en direction du port était un pas de plus dans la confiscation de la contestation (cf. cette page). La police se comportait comme bon lui semblait, ne respectait pas les autorisations de manifestation et usait largement de la nouvelle loi sur les « arrestations préventives » permettant de priver de liberté pendant 6 heures quiconque participe à une manifestation.
La semaine d'action semblait mal engagée, avec un comportement policier plutôt agressif cherchant à discréditer voire tout simplement priver de parole la mobilisation citoyenne.
La manifestation No Border de ce lundi midi, sous le mot d'ordre « Pas de frontières ! Pas de réfugiés climatiques », a toutefois montré un léger changement. L'encadrement policier était certes important (un cordon de policiers de chaque côté de la rue et de nombreux fourgons le long du parcours dans les rues adjacentes), mais 2000 personnes ont tout de même pu manifester dans les rues du centre-ville de Copenhague jusqu'au Parlement sans que le moindre heurt n'ait lieu.
La sphère symbolisant la Terre, d'un volume équivalent à une tonne de CO2, installée sur la place du Parlement à l'initiative du Ministère du Climat et de l'Energie, a eu droit à être libérée de ses amarres pour faire un tour du bâtiment traînée par une foule qui dansait au rythme de la sono du camion ou de la samba avec lesquels nous avions fait le parcours. Un esprit bon enfant régnait, que la police a su respecter, nous barrant les accès au centre-ville et nous amenant à quitter les lieux vers les faubourgs sans employer la force. (1)
Il ne s'agit pas ici de faire un éloge de la manière dont la police se porte garante des droits civiques, juste de rapporter à chaud quelques impressions concernant la manière dont se déroulent les manifestations du Contre-sommet. Cela peut aussi être une manière d'envisager comment pourrait se passer celle de ce mercredi 16 « Reclaim Power » visant à interpeller au plus près de Bella Center les différents négociateurs présents dans la conférence de l'ONU pour échanger avec eux sur les contenus concrets de ce que pourrait être la « justice climatique » dont un bon accord serait l'expression.
Nikolaz
(1) Selon les dernières nouvelles (ce lundi à 18h00), la post-manif' en direction des faubourgs aurait été l'occasion de nouvelles interpellations.
MARDI 15 DÉCEMBRE, 18H00
La police vient de faire une descente dans le quartier de Norrebro, sur le site de préparation des activités menées par le Bike Block qui planifiait ce mercredi des actions dans le cadre de la journée "Reclaim Power". La nouvelle loi danoise permettant de réaliser des arrestations préventives semble marcher à merveille, en cette veille d'action... peut-être seront-elles/ils relachéEs demain midi, une fois l'action terminée...
Pas de quoi pour autant se désespérer !
La restriction du nombre d'accréditations plus s'approche le moment de l'arrivée des chefs d'Etat et de gouvernement et la finalisation possible d'un accord, ou du moins d'un agenda pour les mois à venir, peut contribuer au succès de l'action "Reclaim Power" : nombreuses seront les personnes qui devant Bella Center demanderont ce mercredi à être entendues en dehors du cadre fermé de la conférence des Nations unies !
A 8h00, une manifestation partira de l'arrêt du RER situé avant celui du Bella Center pour rejoindre le lieu de conférence. Elle sera rejoint par de nombreux autres groupes qui auront pour objectif, non de bloquer ou d'empêcher la conférence de se tenir -- comme c'est le cas lors des actions de blocage des réunions que nous jugeons illégitimes (G8, G20, etc.) --, mais d'inviter les différentes délégations présentes dans Bella Center à écouter les voix de celles et ceux qui n'ont pas de "badge". Il s'agit ici de rendre visible et audible la parole de celles et ceux qui au sein du Bella Center sont confrontés à l'autisme des pays du Nord.

Bonsoir, j'espere que ces
Bonsoir,
j'espere que ces intimidations de la police ne diminueront pas la mobilisation des citoyen-nes pour le « Reclaim Power » ce mercredi 16 !
Courage !
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