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Jean-Marie Harribey : contre la « finance hors-sol »
A l’occasion du G20 de Pittsburgh, ATTAC Sciences Po a invité Jean-Marie Harribey, co-président d’ATTAC France, pour discuter des modalités d’une sortie de crise autre que le statu quo proposé par nos dirigeants. L’occasion de se faire connaître de la communauté étudiante, une semaine avant la reconnaissance des associations !
Les rouages de la crise
Jean-Marie a commencé par revenir sur les causes fondamentales de la crise. Au-delà de la multiplication des innovations financières depuis une trentaine d’années, il a mis l’accent sur l’évolution du taux de profit depuis les Trente Glorieuses.
A la fin des années 1960, celui-ci a chuté de moitié, ce qui a déclenché un retournement brutal des politiques économiques, au travers de trois séries de mesures : une libéralisation du mouvement des capitaux ; l’instauration de politiques néolibérales à partir de 1979 ; et la baisse du coût du travail, par une déconnexion des salaires et du rythme de la productivité du travail, et un laminage de la protection sociale.
Nous y mettrons notre grain de sel !
Une chaude journée d’automne commençant, le soleil brille, la conductrice du bus laisse monter sans payer tous ceux qui se rendent à la manif, et dès notre descente du bus nous entendons des gens scander en chœur- un début idéal pour la plus grande manifestation à Pittsburgh depuis la guerre au Vietnam, qui en début de soirée s’est achevée dans le calme. Environ dix mille personnes étaient venus à l’université d’Oakland et nous ont accompagnés au centre ville, à proximité du Convention Center où siégeaient ceux du G20. Munis de centaines de pancartes de leur propre fabrication et reprenant en chœur des slogans bien préparés et très créatifs, ils ont invité les chefs d’État du G20 à renoncer à leur agenda néolibéral.
Un résumé du sommet par des questionnements au conditionnel
Le sommet du G20 à Pittsburgh est achevé. Il a trouvé un consensus fondamental sur la limitation du salaire des managers, le renforcement du Fonds monétaire international (FMI) et l’élévation des quotas de fonds propres bancaires. Ce paquet est-il en mesure de tenir les promesses du G20 : éviter de nouvelles crises ? Autrement dit : Si ces mesures avaient été prises il y a cinq ans, auraient-elles empêché la crise de 2007/2008 ?
Le timide essai de limitation du salaire des managers est un acte purement symbolique, pour ne pas dire populiste. Si les banquiers avaient attendu des bonus un peu moins élevés, auraient-ils vraiment accordé moins de crédits hypothécaires ?
Quant au renforcement du FMI, c’est une mesure quelque peu cynique. C’est lui qui durant des décennies a exigé la libéralisation des marchés financiers. Si l’on avait triplé le budget du FMI il y a cinq ans, donné à la Chine 5% de voix en plus et qu’on lui avait dit que la libéralisation de la finance n’était pas chose si simple, cela aurait-il évité la crise ?
L'effet Obama
Ni jeudi ni vendredi nous ne reverrons à Pittsburgh les immenses manifestations de Seattle pour la Conférence de Ministres de l’OMC en 1999.
À l’époque plus de 50 000 manifestants avaient bloqué la cérémonie d’ouverture de la Conférence du commerce mondial.
Au travail !
À la veille de l’ouverture officielle du sommet nous aussi arrivons à Pittsburgh. Partis de New-York, nous traversons le New Jersey et la Pennsylvanie, de vastes champs de maïs et des pâturages à vaches, des villages Amish, neuf heures de route dans un train climatisé où l’on gèle. Au bord du chemin qui mène de la gare à notre lieu d’hébergement s’empilent déjà des éléments de barrières qui demain isoleront Pittsburgh de sa banlieue. Beaucoup de choses sont prévues pour les jours qui viennent, des ateliers très variés et beaucoup d’actions et manifestations auxquelles participer, depuis Radical Caroling (chanter de nouveaux textes sur des airs connus) jusqu’à des panels comportant des personnalités connues telles que Joseph Stiglitz en passant par une manif à vélo (Critical Mass Bike Caravan).
Pittsburgh, nous voilà!
Le train vers l’Ouest nous emporte enfin, Agnès (qui près de moi travaille au premier texte de son blog) et moi vers Pittsburgh. Adieu la « grosse pomme », en route pour la campagne, pour ainsi dire.
Neuf heures de train pour faire 500km, certes, c’est un peu beaucoup, mais ça a son bon côté : on a tout son temps pour étudier les positions officielles des participants au G20 relatives aux réformes financières annoncées. En définitive l’architecture du système financier sera l’un des objets de ce sommet, à supposer que les discussions sur les salaires des traders lui laissent quelque plazce.
Ceux qui connaissent ces positions, savent qu’elles émanent de véritables gens de lettres: « Les défis que pose la crise ont clairement montré qu’il fallait améliorer la coopération multilatérale pour promouvoir la stabilité financière mondiale, le développement soutenable et éradiquer la grande pauvreté. »Voilà ma phrase préférée, tirée d’un texte adressé par Washington au reste du monde.
Niches contestataires
Je suis allée à pied de mon camp de base, la petit village de tentes « on the hill » parcourir les rues de Pittsburgh. J’ai aspiré beaucoup de gaz d’échappement, découvert des maisons en ruines et de grands panneaux-réclame. Puis enfin quelques autres endroits où l’on se prépare à protester contre le G20.
Sur Internet les curieux doivent chercher un moment pour savoir quelles manifestations préliminaires sont prévues. Le quotidien « Pittsburgh Post-Gazette „ commente ainsi la situation : "It is very hard to keep track of all of the protests planned around the G20. It would help if the anarchists were much better organized, and with a bigger marketing budget." (Il est très difficile de découvrir tous les projets de contestation du G20. ceci est destiné à aider les anarchistes à mieux s’organiser et augmenter leur budget de propagande.)Bon, peut-être s’avérera-t-il une des forces du mouvement que tout ici, soit si opaque.
Premières images - Le village de tentes s’anime , on commence à contester
Dès 7 heures le soleil brille . Le village grandi . Pas en surface, il est resté petit, mais là où hier il restait de la place il y a des tentes de toutes les couleurs. On s’excite brièvement, car le bus de Rhode Island serait « resté en rade ». Mais non. Le groupe a pu poursuivre sa route, et le premier bus en provenance de New York s’arrête devant le village.
... langsam füllt sich der Camp-Platz
Vor dem "march for jobs" gibt es Workshops.
Intensiv wird über "health insurance", "workers rights" und "right of housing" diskutiert.
(traduction Michèle Mialane, Coorditrad)
