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Comment développer des stratégies de lutte gagnantes ?
Samedi 16 juillet 2011
Atelier : Comment développer des stratégies de lutte gagnantes
Animateur : Benoit
Notes : Myriam
Intervenants : Michel Berghocoirigoin, président de Euskal Herriko laborantza ganbara (EHLG), chambre d’agriculture alternative du pays basque. Daniel Olçomendy, président association Leia
But de l’atelier : Etudier les ressorts de deux luttes gagnantes en pays basque.
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Michel – EHLG :
Michel : Paysan en pays basque. 30 ans de syndicalisme paysan. Ancien secrétaire général confédération paysanne. Responsabilités nationales
« Pas de recettes » pour vaincre mais quelques ingrédients portant sur sens, comportement et horizon de la lutte, sachant que victoires (comme défaites) jamais définitives : rapports de force constants pouvant changer la donne
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Le temps :
Bataille longue (1995-2005) car menée sur le fond, en portant un projet radicalement alternatif sur le terrain agricole (défense agriculture paysanne) et le lieu (Pays basque).
Temps : Elément positif si capitalisé pour engranger : Fonctionner autrement que par « réponse en kit », dans l’urgence.
B) Portait projet alternatif, en rupture sur les pratiques agricoles - Respect du paysan, de la nature et des consommateurs- dans divers cadres : politiques agricoles (PAC) et locales, engagement des paysans sur leurs fermes (comportements individuels) et implication citoyenne (contribuables, associations, ensemble de la société) : Lutte contre agriculture de type productiviste industrielle fonctionnant sous perfusion de subventions publiques et sur le principe d’élimination des autres.
Necessite, pour une autre agriculture, d’une stategie pas seulement de résistance ( frein) au modele productiviste existant. Enjeu : Porter une alternative (agriculture « paysanne ») demont(r)ant qu’une autre voie est possible. La créer.
C) Pays Basque : Territoire à « construire » plutôt qu’à « libérer ». Nécessité d’impliquer les acteurs (locaux), « pierres » agricoles de cette construction. Ouverture sur extérieur du pays basque
D) Stratégie non violente.
Convaincre : Population doit sentir concrètement son intérêt : Approche intellectuelle ou idéologique nécessaire, mais pas suffisante. Et pour convaincre, être soi même convaincu
Rapport de forces à divers niveaux : Physique, idéologique, de comportement : Travailler arguments, capacité a demont(r)er.
Savoir jouer avec le chaud et le froid : Nécessite intelligence et cohérence actions d’infos, pédagogie, débats, échanges et actions plus « directes ». Exemple : Création EHLG en 2005 précédée de réunions d’infos, marches et actions plus directes posant problème de façon plus forte : désobéissance civile par non paiement de taxes légales permettant au passage conscientisation desdites taxes, blocages chambre agriculture. Stratégies complémentaires impliquant (touchant) les diverses strates de public, du paysan à l’opinion publique
E) Chance : Immobilisme (voire bêtise) de l’adversaire : « On a la force que les autres croient qu’on a ». En profiter. Cause juste.
Ecueils (à éviter) : Forme différente du fond. Fermeture. Agressivité : Rester ferme… sur légitimité et logique.
Message à l’adversaire : « considérez nous comme un laboratoire »
Isoler l’adversaire en lui piquant son audience, brique par brique, strate par strate : « Chaque mur qui tombe entraine le suivant »
Bataille à la fois sur le plan juridique (montage association), pénal (procès en justice) et financier (subventions coupées)
Conditions réunies : Courbe de mobilisation dans un pic (fruit mur) pas eternel : Mis à profit pour annonce publique de la création d’une chambre d’agriculture autonome, puisque l’Etat ne le fait pas. « Le bon moment », politiquement, dans l’opinion, face à la justice.
Questions :
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Connaissez-vous Xavier Belin ? Oui
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Comment définir l’ordre des strates à convaincre ? Souci premier, la base. Le monde paysan. Puis message adapte selon cibles : Elus (collectifs d’élus), consommateurs (UFC)
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Population et élus cibles principales, point d’appuis
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Historique lutte ? 1982 : Création Conf Payz. 1983 : 29% des voies aux élections professionnelles en pays basque. 1995 : 48% mais FNSEA refuse d’accorder la moindre des 150 délégations a Conf. Décision de créer un outil propre : User, utiliser, exploiter erreurs et faiblesses de l’adversaire. (2001 : 51,5% des voix). 2005 : création EHLG
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Liens actuels entre les deux chambres ? Nous on n’est pas contre les autres. On fait partie du paysage, du décor. Animation, dynamisation du climat politique local. Pas la guerre, plutôt l’indifférence, Des groupes de travail commun existent à l’initiative de tiers. Pas de plans de travail commun
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D’où vient l’argent ? 600000 euros de budget dont 1 /3 sous forme de dons de personnes physiques (1400 par an en moyenne) + réponse appels a projets (Natura 2000….)
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DANIEL : Président association LEIA, en lutte contre Transnavarraise, projet (auto) routier en pays basque. Y a appris la militance.
Historique : Promoteurs : Gouvernement de Navarre qui voulait faire un nœud routier a Pampelune et évitant Guipúzcoa et Conseil General Pyrénées Atlantiques
1998 : Première étude, projet autoroutier
1999 : Première étude publiée. Prévoit 4500 camions / jour. Création asso Leia. Première manif 1700 personnes
2000 : Autoroute ramenée à 2 fois 2 voies. Nouvelle étude (2 millions d’euros). Mobilisation, manifs, réunions, pétitions (10 000 signatures), création d’un collectifs d’élus contre
2005 : Nouvelle manif. 5000 personnes à St Palais
2006 : Retrait du projet transformé, en deux fois une voie. Nouvelle mobilisation. Cahier de doléances, Cercles des impliques s’agrandit. Affrontements. Médiation.
2007 : Abandon définitif du projet.
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axes fondamentaux :
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Travail de la population : Expliquer. Rassurer (projet ne se fera pas, combat gagnable car élus de proximité). Forces des rendez-vous festifs : financements, infos, actions, manifs. Très longues discussions pour s’accorder, temps quasi incompressibles pour sortir la bonne idée.
Diversité des gens, du naïf au militant expert via le créatif sur affiches
Efficacité des actions « humoristiques » même en terrains conservateurs. Ex : Sono diffusant bruit camions en boucle devant futurs riverains. Non violence. Action réussie car relayée. Blocage des promoteurs par ballots de paille. Occupation conseil général pendant 3 jours a permis de laisser temps aux citoyens pour venir. Actions symboliques : Traversée territoires menaces a pied, pour aller vers les gens. Temps de murissement dans les consciences
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Travail sur élus, porte-parole. 2005 : création collectifs d’élus, à ne pas négliger. Garder indépendance vis-à-vis des partis, diversité garante de cette indépendance
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Travail en réseau : Appel à autres collectifs en lutte. Comme Chamonix. Non pour copier coller mais pour partager expérience. Travail de lien, d’ouverture. Appel a LEIA en Navarre (pays basque espagnol). A CAD, collectif asso défense environnement et autres asso (locales) à réflexion ou problématiques communes. Pour en tirer expertises, fascicules, publications, argumentaires précis, fondamentaux pour conscientisation du problème et augmentation des troupes
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Travail sur les promoteurs du projet, extérieurs au territoire. Travail complexe : Jusqu’où aller dans l’affrontement. Importance de la non violence… et d’images cristallisant le fait d’une minorité agissant contre la majorité. Plus stratégie de harcèlement croissant et permanent des élus de proximité, questionnés à chacune de leurs sorties publiques, pression d’autant plus insupportable qu’échéances électorales proches…
Bataille longue, nourrie par strates capitalisables, pas uniquement dans le contre (propositions alternative, tables rondes, concertations publiques) plus chance miraculeuse : erreurs et failles de l’adversaire (incohérence des projets cote Navarre et 64)
Gagner ou perdre se joue à pas grand-chose…
Questions- Remarques :
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Air du temps ? Contexte a changé. Il ya 30 ans, écolo = marginaux. Depuis, hausse du prix du pétrole, tout camion, pollution, cancers… : yeux s’ouvrent et anachronismes évoluent. Virage en termes de réflexion sur le modèle de consommation. Luttes qui se nourrissent entre elles. Pas une question d’âge, plutôt de personnalités
(Daniel, aujourd’hui élu sans étiquette) : Gens prêts au changement, ca peut basculer : Porter alternative partout y compris dans l’institution politique.
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Risque de cassage des luttes par leur prix financier et juridique ?
Michel : Certaines luttes plus couteuses (ex lutte anti OGM). Soutien local. Avocat militants et bénévoles (sauf Corinne Lepage). Créer des réserves, caisses de soutien. Participation de la société. Changer de modèle juridique : ex de la Conf aux faucheurs volontaires.
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Problème de la résignation des gens : vous nous apportez de l’or
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Hommage a la confédération paysanne qui via OGM a implique l’ensemble de la société au combat paysan. Caisse de soutien (ex région Centre, caisse faucheurs OGM « sans Gênes », pour rembourser amendes alimentée par buvettes, vins et bières des faucheurs). Comites, concerts de soutiens entretiennent solidarité, font passer idée et permettent de récolter argent pour maintenir pression
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Importance image positive des luttes gagnantes. Ex : Non violence Luther King. Se focaliser sur ces luttes gagnantes
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Adversaires apprennent ils de leurs erreurs (cf. projet LGV différent en France et Espagne) ? Erreur dans leur nature, par nature. Les répètent. Dire oui considéré comme faiblesse, dire non comme preuve de force. En profiter pour rehausser le niveau de revendication à chaque non : Un train raté ne se reprend pas. Ultimatum
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Le collectif contre l’individu : Luttes souvent évaluées en quantité de manifestants mobilises, mais pourquoi ne pas tirer également parti de stratégies d’actions d’individus dispos pour actions individuelles (avec consensus du groupe). Groupe peut aider à révéler individus, mais action seul ou en petit groupe riment souvent avec « pas se faire prendre ». Petits groupes plus ouverts sur extérieur
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Du NON et des erreurs répétées : Le syndicalisme militant lui aussi peut répéter ses erreurs
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Question sur la communication, helas non entendue. Fin de l’atelier
