2ème rencontre des ATTAC D’AFRIQUE
Thème :
« Crise financière et nouvelles alternatives pour l’Afrique »
A l'issue de la rencontre des ATTAC d'Afrique tenue à Bamako en juillet 2008 à la suite du forum des peuples, il a été souligné la nécessité de tenir des rencontres régulières de formation et de renforcement de capacité des membres des branches ATTAC en Afrique en vue d'une meilleur harmonisation des connaissances par rapport aux problématiques de l'heure sur le continent et dans le monde afin de mener des campagnes communes. Ce projet vient concrétiser ce souhait et permettre un nouvel élan pour les groupes Attac en Afrique.
Contexte général :
Dix ans après la création de l'association Attac, la pertinence et la justesse des idées défendues par cette association est plus que jamais d'actualité à l'heure où le monde traverse une crise économique sans précédent. Depuis sa création l'association Attac ne cesse de rappeler les limites pour l'humanité du model de développement néolibéral et de la mondialisation financière. Le libéralisme économique qui s'est imposé au monde depuis de la fin des années 80 n'a cessé d'aggraver l'insécurité économique, les inégalités sociales, substituant le bien être des peuples à des logiques spéculatives au profit des entreprises transnationales et des marchés financiers. Les conséquences sociales de ce système se sont le plus fait sentir dans les pays du sud qui ont été soumis aux diktats ces dernières années aux plans d'ajustement néolibéral du F.M.I. et de la B.M. Ces dernières ont obligé les gouvernements du sud à abaisser au minimum les budgets des services sociaux, adopter des politiques de privatisation du premier tissu industriel de ces pays et de dénationalisation des entreprises offrant des services publiques pour dégager les ressources exigées afin de payer une dette publique odieuse. La crise financière actuelle qui a pris naissance aux Etats Unis en 2007 est une nouvelle menace sur le bien être des citoyens des pays du Sud plongé depuis 30 ans dans la précarité par les politiques néolibérales. Les conséquences de cette nouvelle crise financière se manifeste déjà dans les pays du Sud par la baisse des recettes d'exportation, la baisse des investissements, les pertes d'emploies et la baisse des envoies de fonds des travailleurs migrants des pays du Sud en occident. En Afrique, La main d'œuvre ouvrière, constituée pour une bonne partie de femmes, et le monde paysans sont les premiers à ressentir cette crise. Selon le ministre ivoirien des eaux et forêts en mars 2009 déjà plus de six mille emplois ont été perdu dans le secteur du bois en Côte d'ivoire (Source AFP). Au Maroc, dans le domaine du textile, dix mille personnes se retrouvent actuellement sans emploie . Et pour Dominique Strauss Kahn, le Directeur Général du FMI, « Le pire de la crise financière reste à venir ». Face à cet avenir sombre qui s'annonce, il apparait plus que jamais nécessaire de réfléchir à de nouvelles alternatives pour ce continent tant meurtri qu'est l'Afrique. En effet toutes les solutions prônées par les libéraux depuis trente ans n'ont fait qu'empirer les conditions de vie des populations. Il est plus que jamais tant pour l'Afrique de rompre avec les modèles importés clefs en main jusqu' alors et de proposer de nouvelles alternatives économiques prenant compte des dimensions sociales, écologiques et culturelles pour le mieux être du continent. Les Attac d'Afrique attendent par cette rencontre apporter leurs réflexions et leurs propositions à la construction de cette alternative.
Objectif général :
Cette deuxième rencontre des Attac d'Afrique vise à renforcer la dynamique d'action et de proposition des groupes Attac en Afrique dans un contexte de crise financière.
Objectifs spécifiques :
- Discuter sur la crise financière et ses impacts sur l'Afrique
- Proposer des solutions alternatives pour faire face à la crise actuelle en Afrique
- Renforcer le travail en réseau des Attac d'Afrique.
Description du cadre de la rencontre :
Kpalimé, la quatrième plus grande ville du Togo , est situé à 120 km au nord ouest de Lomé, la capitale du Togo. Nichée au creux d'une vallée entourée de collines verdoyantes, non loin du mont Agou, le plus haut sommet du Togo, la ville est au carrefour des routes qui mènent vers les autres régions du pays et vers le Ghana voisin (situé à 15 km).Elle constitue un pôle important pour l'économie togolaise à cause de sa forte productivité agricole due à un micro climat qui favorise une pluviométrie abondante tout au long de l'année. Kpalimé et ses villages alentour fournissent plus de 80% de la production nationale de café et de cacao du Togo et plus de 50 % de sa production céréalière. La zone de Kpalimé est aussi une zone touristique très importante à cause des richesses naturelles dont elle regorge et des montagnes qui donnent à cette région un paysage réputé pour être parmi les plus beaux au Togo.Cette région a été lourdement frappé par les programmes d'ajustement structurel qui a vu l'Etat suspendre les subventions accordés à l'agriculture et réduire ses dépenses sociaux. La filière café-cacao qui était géré par l'Etat par le biais d'un office des produits agricoles garantissant aux pays un revenu décent pour leurs produits agricoles a été privatisée sous la pression des institutions de Brettons Wood. Les paysans ayant vu leur revenu baissé suite à cette privatisation ont été pour la plupart obligé de quitter leur terre pour gagner la ville de Lomé pour y rejoindre la masse des ouvriers exploités de la zone franche. La production vivrière qui étaient réalisait parallèlement à la production de rente a été aussi affectée par cette baisse de revenu et particulièrement l'absence de subvention de l'Etat aux paysans laissés à eux même. L'insuffisance de structure éducative et d'infrastructure sanitaire font de cette région une zone de forte émigration. Les industries de transformations de palmeraie en huile que l'Etat avait commencé à y mettre en place dans les années 70 après avoir été privatisées, ont fermé leur porte rendant la population togolaise dépendante de l'importation de l'huile de palme d'Asie du sud est. Cette région qui décrit assez bien la situation de la plupart des pays africains a été choisie à dessein pour abriter les réflexions sur les alternatives au système économique néolibéral en Afrique.
Thématiques de la rencontre :
Les thématiques suivantes seront abordées lors de la rencontre:
- Crise financière : Origine et impacts sur l'Afrique
- Crise alimentaire : alternatifs pour une sécurité alimentaire en Afrique
- La gouvernance mondiale à l'heure de la crise
- Crise de la dette en Afrique : 30 ans après
- Crise financière et accords de libre échange : Les APE en question
- Crise financière, démocratie et droits humains en Afrique
- Crise environnementale : Quel développement pour l'Afrique ?
- L'alter mondialisme face à la crise financière
- Les femmes dans la crise
- Réglementation des paradis fiscaux et développement de l'Afrique
