Emancipation des femmes de l'Afrique subsaharienne
Description
Emancipation des femmes de l'Afrique subsaharienne
RECHERCHES ET CONTACTS
Certains parlent de "révolution silencieuse", d'autres voient, dans les associations de femmes,un espoir pour l'Afrique de demain.
Au-delà de l’image de l’africaine mère, épouse et soutien de la famille, on retrouve dans l’Afrique ancienne ou contemporaine de grandes figures de femmes reines, prophétesses, ancêtres mythiques, fondatrices, héroïnes légendaires, combattantes .
Beaucoup de femmes en Afrique ont commencé le militantisme féminin dans les années 70 surtout, après le grand rassemblement de l’ Année Internationale de la femme à Mexico.
Des groupes se sont formés au Sénégal, au Cameroun, en Afrique du Sud puis au Kenya, en Tanzanie…
La Décennie de la femme africaine 2010-2020 lancée le 15octobre 2010, intervient au moment où les Nations Unies viennent de renforcer la structure chargée des questions de femmes en créant le 02 juillet dernier « ONU Femmes ».
Les associations de femmes sont devenues, une réalité incontournable du développement.
Les femmes d'Afrique de l'Ouest possèdent une tradition d'association et de création de réseaux divers d'entraide et de solidarité
La crise socio‑économique, aggravée ces dix dernières années en Afrique occidentale, et accompagnée d'un désengagement de l'Etat, a donné un nouveau souffle à ces habitudes.
L'élément neuf est la recherche, par ces groupes, de reconnaissances sociales et institutionnelles, de financement extérieur et de partenariat avec les organisations de développement nationales et internationales.
Sait-on que le seul pays au monde où les femmes sont majoritaires au Parlement est le Rwanda ? Depuis les élections générales de 2008, elles représentent 56,3 % des députés : un record à faire pâlir d’envie jusqu’aux pays scandinaves, champions de la parité politique en Europe.
Les Rwandaises n’ont pourtant obtenu le droit de vote qu’en 1961, quand le pays est devenu indépendant.
AU RWANDA
En 1965, la première élue entre au Parlement, mais, jusque dans les années 1990, les femmes sont quasiment absentes du monde politique.
C’est le génocide des Tutsis, en 1994, qui bouleverse la donne. « Alors que beaucoup d’hommes étaient morts ou dans l’incapacité d’agir, les femmes ont pris des responsabilités et ont montré qu’elles pouvaient être à la hauteur, rappelle Mme Immaculée Ingabire, coordinatrice de la Coalition nationale contre les violences faites aux femmes. Bien que massivement violées, ce sont les Rwandaises qui ont sorti le pays du chaos. Ce qui a brisé le machisme traditionnel. »
Au cours de la période post-génocidaire, les femmes dirigent près du tiers des ménages, occupent des emplois autrefois réservés aux hommes, notamment dans les secteurs du bâtiment et de la mécanique, et adhèrent en nombre aux partis politiques.
Elles participent à l’élaboration de la Constitution de 2001 et parviennent à y faire inscrire un système de quotas qui leur réserve 30 % des postes dans tous les organes de prise de décision, ainsi que le droit à l’héritage. Elles exigent également la création d’un ministère du genre et de la condition féminine, et réussissent à faire fonctionner des conseils nationaux.
Si en 2004 les chefs d'état africains ont adopté la Déclaration solennelle sur l'Egalité entre hommes et femmes c'est parce que les mouvements de femmes ont été suffisamment forts .
Depuis 2009 et jusqu'en 2011 un projet est en place dans toute l'Afrique de l'Ouest
« utiliser la loi pour rendre autonomes les femmes rurales »
à la base, des groupes de femmes qui se forment entre elles qui s'alphabétisent dans les langues
vernaculaires puis passent à l'anglais et au français
« pour connaître leurs droits puis les faire appliquer »
ce projet est porté par le WILDAF qui est la coordination de tous les groupes/
Il faut insister sur le bénévolat de ces femmes qui seront des parajuristes et formeront d'autres
femmes le but étant de modifier l'accès à l'héritage, l'accès donc à la propriété de la terre
ce principe est inscrit dans les constitutions des pays de l'Union africaine reste à le faire respecter
Forum Social Mondial 2011
Une autre place sociale est possible pour les femmes
2011-02-14, Numéro 177
http://pambazuka.org/fr/category/Dakar2011/70851
Dans une des tentes du FSM pas comme les autres, des dames sont alignées. Derrière la table officielle flotte une banderole sur laquelle s’affiche : «les femmes africaines face aux enjeux de la globalisation et aux défis de la gouvernance mondiale : quelle réponse après 50 ans d’indépendance. Le thème est celui de l’avant-dernière journée de l’assemblée des femmes. Leur objectif est de «réunir le maximum d’idées pour faire une déclaration à l’occasion de la clôture du forum, le 11 février. Déclaration dans laquelle toutes les opinions des unes et des autres seront prises en compte.»
Elles sont des centaines de femmes à s’être donné rendez-vous dans ces lieux. Mais si elles occupent ici les devants, elles ne se cachent pas la réalité qui fait leur quotidien. Dans toutes les sociétés du monde, elles ne sont pas à la place qui devrait être la leur. D'où une panoplie de reproches contre les hommes et le système qui gouverne le monde. «Non accès à la terre. Des violences répétées. Pratiques traditionnelles nuisibles. Absence dans les instances de décision…», la liste est longue. Mais il y a surtout les violences qui détruisent physiquement, psychologiquement, moralement. Comme en République Démocratique du Congo.
La guerre civile en RDC a donné lieu à toutes sortes de violations. A Bukavu, dans une des régions les plus riche en minerais au monde, des femmes se sont vu mutilées. Certaines d’entre elles, en état de grossesse, ont été éventrées. Il en est qui ont été jetées dans des fosses et enterrées vivantes. Venues de partout, les femmes ont rappelé le devoir qu’elles ont de lutter pour la liberté et l’intégrité physique de leurs sœurs du monde entier, même si le degré et la nature des violences diffèrent d’une zone à une autre.
La Malienne Aicha, militante de la Marche mondiale, regrette que l’avis des femmes soit doublement ignoré dans la définition des axes de la politique mondiale. «Nous, femmes africaines, sommes exclues par nos hommes qui, à leur tour, sont exclus par les grands groupes capitalistes. Depuis le nord, ils pensent tout pour le continent noir, et en son absence.» Convaincues qu’il ne peut y avoir de transformation sociale, ni d’un monde juste sans les femmes, elles se disent plus que jamais prêtes à aller jusqu’au bout pour éliminer les inégalités. Un idéal qui n’est réalisable que si «nous sommes décidées à bouter le capitalisme dehors de l’Afrique», tranche-t-elle.
C’est seulement à ce moment, pense Odyl de AFAR, un regroupement de chercheurs et d’activistes, qu’on pourra revenir à une agriculture paysanne, afin d’assurer la sécurité alimentaire. Cette agriculture demande moins de terre que pour les firmes internationales qui font de l’agriculture industrielle. Par conséquent, elle permet aux femmes d’avoir plus accès à la terre.
Babacar WILLANE
Souveraineté alimentaire = La femme est la gardienne de la semence
La quête d’une souveraineté alimentaire est devenue une exigence dans laquelle les femmes entendent jouer un rôle déterminant. « A un moment où les semences que nous ont laissées nos parents disparaissent et qu’on perd en diversité, il nous appartient de sauvegarder cet héritage indispensable à l’agriculture familiale», confie la responsable d’un groupement des femmes dans le sud du Sénégal.
Cette revendication pour conserver et préserver les semences locales, dans un contexte où les OGM (organismes génétiquement modifiés) menacent la production paysanne, a été fort présente dans différentes activités du FSM. Les femmes rurales pensent avoir un rôle important à jouer dans ce sens, mais soutiennent que leur volonté n’y suffit pas. Le contexte socioéconomique doit aussi évoluer dans ce sens« Nous sommes confrontées, en tant que femmes, à un problème d’accès à la terre. De sorte que, pour notre groupement, nous sommes obligés d’emprunter des portions de terre à mettre en valeur », regrette Francesca Diouf.
Cette lutte des femmes en vue d’accéder à la possession foncière est un enjeu pour toute la communauté. «En Afrique, la femme est gardienne des semences pour la famille. Donc celles qui sont en voie de disparition nous les connaissons. Leur préservation dépend en grande partie de nous et des possibilités que nous pouvons avoir de les exploiter et de les pérenniser à travers les exploitations familiales. Il s’agit donc d’un secteur qu’il importe de valoriser et que les autorités publiques doivent doter en matériels. Car, quand un ménage fait une bonne production agricole, c’est la sécurité alimentaire, voire la souveraineté alimentaire qui se trouve garantie dans tous les foyers. »Oumar KANDE
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