Compte rendu Altervillage : Atelier Sommet de Copenhague
Compte rendu Altervillage : Atelier Sommet de Copenhague
Rappels sur le protocole de Kyoto
Des objectifs et outils (de marché) pour limiter les émissions de gaz à effet de serre :
Le protocole de Kyoto a été ratifié en 1997 dans le cadre des négociations de l'ONU sur le climat. Il fixe des objectifs des émissions de GES très modérés (5.2% par rapport au niveau de 1990) pour les pays dits « industrialisés » et des mécanismes pour y parvenir. Ces mécanismes sont de deux types :
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des quota d'émission de GES (en tonnes équivalents dioxyde de carbone) fixés par pays en fonction des objectifs de réduction. Ces quota sont distribués gratuitement par les états aux entreprises les plus polluantes et échangeables sur des marchés financiers spécifiques. Les entreprises les plus polluantes peuvent donc en théorie racheter les quota excédentaires des entreprises les moins polluantes sur de tels marchés.
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des mécanismes « de projets » permettant à une entreprise du Nord de récupérer des droits d'émission de GES en cas de réduction de ses émissions dans les pays de l'Est (Mise en Oeuvre Conjointe : MOC) ou dans des pays du Sud (Mécanisme de Développement Propre : MDP). Ces droits peuvent être ensuite utilisés pour « couvrir » des émissions de GES dans les pays du Nord, ou spéculer sur le marché CO2. Ces projets sont évalués par des entreprises privées.
Résultats
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Le protocole de Kyoto a été ratifié par des pays qui ne représentent que 40 % des émissions de GES mondiaux. L'objectif du protocole est donc finalement une réduction (très modeste) de 2% des GES en 2012 ;
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En 2004, les pays signataires de Kyoto avaient diminué leurs émissions de 4.9% par rapport à 1990, essentiellement grâce à la chute de 40% des émissions des pays de l'Est, du fait de la récession économique post-URSS. Dans le même temps, les émissions des USA (non signataires) avaient augmenté de 15%...
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Le seul marché carbone existant aujourd'hui a été créé en Europe (PowerNext). La tonne d'équivalent CO2 y valait 30 euros en avril 2006. Elle a atteint 0.02 euros fin 2007 et vaut aujourd'hui 14 euros...
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Les émissions de GES domestiques (en Europe) des entreprises du marché carbone européen ont augmenté de 0.8% lors de la première année de fonctionnement de ce marché.
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Les droits à émission issus des MDP représentaient en 2006 35% du marché PowerNext. Le niveau de trucage des projets MDP a été évalué à 20%. 66% des MDP n'aboutissent ainsi à aucune réduction d'émissions de GES...
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la rentabilité de Rhodia provient aujourd'hui essentiellement de spéculations sur le marché PowerNext.
Discussion
Les participants à l'atelier ont essentiellement débattu des avantages et inconvénients des deux principales mesures financières/fiscales disponibles pour tenter de régler les problèmes climatiques : la fixation de quota de droits à polluer échangeables sur un marché financier (« cap and trade ») ou l'instauration d'une taxe climat-énergie.
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Il a été souligné qu'une taxe permettait de récolter des fonds pour financer : i) la nécessaire transformation en profondeur de la société (développement des transports en commun, des économies d'énergie et des énergies renouvelables), ii) une redistribution des richesses vers les plus pauvres (du Nord et du Sud), qui sont les plus touchés par les problèmes climatiques et disposent des marges de manœuvre les plus réduites pour s'y adapter.
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Il a été avancé qu'un système de quota plus marché pourrait avoir les mêmes effets qu'une taxe, en termes de création de recettes utilisables pour lutter contre les problèmes climatiques, si les quota d'émissions de GES n'étaient pas distribués gratuitement par les états, comme actuellement en Europe. Ce système aurait de plus comme avantage de fixer un quota maximum d'émissions à atteindre, ce que ne permet pas directement une taxe.
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La mise en place d'un marché de droits à polluer (géré par un organisme privé) est cependant une complication supplémentaire par rapport à l'instauration simple de quota d'émissions (par exemple pour les émissions industrielles concentrées dans peu de sites). Cette complication induit des coûts supplémentaires et une intervention plus importante de groupes privés motivés uniquement par le profit financier immédiat dans le processus de régulation du climat.
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La création d'un marché est souvent justifiée par la prétendue efficacité supérieure de la « main invisible » pour distribuer de façon optimale les droits à polluer. Or les excès récents des marchés financiers sont une preuve supplémentaire du non-fondement de cet argument, qui relève plus d'une croyance dans des postulats économiques théoriques qu'à une réalité statistique.
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L'exemple de la régulation des émissions de SO2 industrielles responsables des pluies acides a été avancé pour comparer les deux outils fiscaux. Les USA ont en effet mis en place un marché de droits à émettre du SO2 au début des années 90, qui a permis de réduire les émissions de 40%. Ce système de quota échangeables de pollution est régulièrement cité comme exemple pour justifier la création de marchés carbone. Or sa réussite n'a été rendu possible que par une implication très forte de l'état dans le contrôle des émissions. Les diminutions d'émissions de SO2 ont de plus été globalement moins importantes aux USA qu'en Europe, où un système de quota sans possibilité d'échange sur un marché, assorti de contraintes techniques obligatoires (pots catalytiques) avait été adopté.
Enjeux du sommet de Copenhague
Le sommet de Copenhague doit déboucher sur un accord qui remplacera le protocole de Kyoto, de façon à gérer à partir de 2012 au niveau international le problème du dérèglement climatique. Ce sommet est l'aboutissement d'un cycle de « Conferences Of the Parties » (COP), durant lesquelles les problèmes climatiques ont été discutés dans le cadre de l'ONU. Le traité de Copenhague a été entièrement pré-rédigé lors de ces COP, il ne reste plus qu'à rayer les mentions rejetées sur un certain nombre de points encore en discussion.
Le sommet de Copenhague ne bouleversera donc pas le mode de gestion actuel du problème climatique au moyen des mécanismes financiers (très discutables) issus de Kyoto.
Il est à l'inverse question de généraliser cette approche libérale à d'autres biens communs mondiaux, en incluant les forêts et les terres agricoles dans le marché carbone (en valorisant la séquestration de CO2 qu'elles permettent, via la photosynthèse ou le stockage de dans le sol). Un accord dans ce sens signifierait à terme la privatisation et le saccage des forêts (et notamment l'Amazonie) et des terres agricoles par les multinationales, pour obtenir des crédits d'émissions de GES valorisables sur les marchés carbone.
Il faut de plus signaler qu'un accord va être très difficile à obtenir à Copenhague, du fait de l'hostilité des USA, de l'Inde et de la Chine à toute mesure contraignante de réduction d'émissions de GES. Un blocage des négociations serait cependant catastrophique face à l'urgence de la situation climatique.
Les objectifs principaux de Copenhague sont donc :
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Aboutir à un accord « le moins mauvais possible ». Les points principaux sont : i) adopter des objectifs de réductions d'émissions de GES réalistes, i.e. à mêmes de régler le problème climatique, ii) éviter d'inclure les forêts et les terres agricoles dans le marché carbone et iii) obtenir la suppression des MDP et MOC qui permettent aux multinationales d'éviter la nécessaire réduction des émissions de GES dans les pays du Nord, en faisant reposer tous les efforts sur les pays du Sud.
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Négocier la création et la gestion par l'ONU d'un fond d'aide et de réparation des effets du dérèglement climatique pour les pays du Sud.
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Préparer l'après Copenhague, avec l'application des objectifs de réductions d'émissions de GES au niveau national (avec les taxes carbone et autres).
Que faire?
Les participants à l'atelier se sont creusé les méninges pour imaginer ce que les militants d'Attac pouvaient faire concrètement autour de ces questions climatiques. Ci-dessous le résultat de leurs réflexions :
Aller à Copenhague
De très nombreuses ONG appellent à une forte mobilisation citoyenne pendant le sommet à Copenhague, pour faire pression sur les négociateurs.
Un contre-sommet sera organisé par les ONG pendant le sommet de l'ONU et des manifestations massives sont prévues les 5 et 12 décembre 2009. De nombreuses informations pratiques sur le déroulement du sommet, les forces en présence, le transport et l'hébergment sont disponibles ici.
Se mobiliser localement
Mobiliser localement sur des questions globales comme le climat, ou un sommet international comme celui de Copenhague n'est pas chose facile. Les participants ont insisté sur la nécessité de relier les grandes questions globales à des préoccupations nationales et/ou régionales. Une action efficace passera vraisemblablement par la constitution de collectifs. Attac a d'ores et déjà rejoint le collectif « Urgence climatique, justice sociale ». Des représentants du mouvement des « jeunes » de ce collectif ont présenté leurs actions à l'occasion de l'atelier.
Les actions identifiées lors de l'atelier dans le cadre de la campagne Attac pour Copenhague sont de deux types :
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actions d'information et d'éducation populaire « classiques » : conférences, débats public... Elles toucheront a priori essentiellement le public « classique » d'Attac.
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actions directes non-violentes. Ces actions ont pour but de sensibiliser des citoyens qui n'auraient pas participé spontanément aux réunions précédentes. Des idées d'action ont été proposées :
→ un spectacle de théâtre-forum élaboré autour du thème du climat pendant l'Altervillage : « Kapital Cirkus! ».
→ l'élection du meilleur « blanchisseur verdâtre ». RDV est donné par exemple devant un panneau publicitaire d'un « blanchisseur verdâtre » notoire (version gauloise du « greenwasher »). On placarde un trophée du « blanchisseur verdâtre » du mois / de la semaine sur le panneau publicitaire après un bref discours rappelant les hauts faits de l'entreprise.
→ des animations « porteurs de parole » autour des thématiques climatiques : une question ouverte, mais judicieusement choisie (ex : « Agriculture/effet de serre : qu'est ce qu'on peut faire? ») est affichée en grand dans un lieu public. Un comptoir est installé à proximité avec distribution de breuvages gratuits. Des discussions s'engagent entre les militants et les passants. Les réponses des passants à la grande question sont notées sur des feuilles volantes qui sont accrochées autour de la question initiale, composant un tableau de savoirs partagés. Les questions et réponses fécondent les discussions...
→ des faux prix incluant une taxe carbone d'un montant raisonable (au moins 30 euros la tonne) sont placardés sur les vrais prix de produits bien choisis dans un supermarché (ex : taxe faible sur des produits bio locaux, forte taxe sur des produits électroniques produits en Asie). A la sortie du supermarché, un panneau présente l'utilisation injuste des recettes de la taxe inutile prévue par Sarkozy, un autre l'utilisation juste et utile qui pourrait en être faite.
→ à échelle temporelle plus large, des initiatives citoyennes émergent pour élaborer des scénarios climat-énergie alternatifs à l'échelle de régions : Virage Energie en Nord-Pas-de Calais, le nouveau projet alterbreton en Bretagne, Virage Energie-Climat en Pays de Loire.

Mise en ligne sur le site d'Attac France.
Bonjour à vous les AlterKapitalCirkusiens !
Je voulais simplement faire remarquer que ce CR a été mis en ligne sur le site d'Attac France, dans la rubrique dédiée aux CR de l'AlterVillage : http://www.france.attac.org/spip.php?article10317
Comme ce n'est plus un Wiki, il faudra que vous me signaliez les éventuelles modifications qui seront faites sur cette page.
Bonne soirée,
Olivier;
caricatures
tu caricatures les positions des pro-marché, cher Mathieu.
Nulle main invisible n'a été invoquée de tout le débat.
J'avais apprécié les arguments de Mael Theulière, et j'aurais bien voulu les retrouver ici.
En tant que "pro-marché", je tiens quand même à mettre un bémol sur ma position: elle remet en cause la question de la dette écologique en permettant des échanges de pollution nord/sud.Et ça, c'est un énorme handicap, qui me fait reconsidérer ma position sur le sujet.
Mais les deux argumentations: marché carbone VS taxe sont trop caricaturales.
On peut imaginer d'autres dipositifs. Sur les quotas, tout d'abord: une réduction programmée des "droits à polluer" non échangeables. On part d'une moyenne sur les 5 dernières années, et on diminue de 5 points/an (par rapport à la valeur de référence), par exemple.
On peut imaginer une fiscalisation qui ne soit pa fondée sur l'universalité de la contribution, après tout, nous n'avons pas choisi de faire en sorte que nos voitures roulent au pétrole. Nous n'avons pas choisi les réaménagements urbains qui font qu'en moyenne, une personne met 1/2h pour se rendre à son travail, etc.
Par conséquent, une taxe institutionnelle me semblerait plus juste. Des fameuses "charges sociales" qui pèsent tant sur nos entreprises, nous passerions aux "charges écologiques".
Cette taxe pourrait s'appliquer aussi, par exemple, sur les hauts revenus et les gros patrimoines, après tout, comme le disait Kempf, c'est l'oligarchie qui est responsable des choix sociaux, économiques et environnementaux de ces 30 dernières années, normal que ce soit eux qui paient.
Enfin, une taxe carbone universelle (à la pompe ou sous forme de TVA supplémentaire) conduirait, mécanismes de compensation ou pas, les catégories sociales populaires dans des trappes à carbone, cf. le constat sociologique de Stéphane Arditi.
Car pour le coup, il serait intéressant que les tenants de la taxe carbone expliquent les raisons pour lesquelles ils croient au postulat de la rationalité des acteurs économiques dans un contexte où de toute évidence, ce postulat ne trouve pas autant d'effets que souhaité dans la réalité...
wiki or not wiki?
j'ai rédigé ça vite fait ce midi, mais si je l'ai mis sur le wiki c'est pour que chacun puisse amender le texte avant diffusion...
Sur le marché :
je serais ravi de voir des propositions pro-marché intéressantes s'ajouter dans le texte (je pensais avoir résumé les positions de Mael dans la rubrique : et si on ne distribue pas les quota gratuitement?).
mais, AMHA, derrière toute politique de marché, il y a cette croyance quasi-religieuse que la main invisible va tout (mieux) réguler.
Sinon, quel est l'intérêt d'un marché carbone? (à part permettre aux grosses entreprises de faire encore plus de profits en spéculant sur des droits d'émissions de GES?)
Je te rejoins sur le point : pourquoi ne pas simplement fixer des quota non-échangeables de GES pour les grosses industries? 83% des émissions de CO2 industrielles européennes proviennent de seulement 200 sites. Il serait très facile de surveiller les émissions de GES de ces sites et de s'assurer qu'elles diminuent.
ça rejoint la remarque sur les émissions de SO2 européennes qui ont été réduites plus drastiquement avec un système de quota non échangeables que celles des USA où avait été instauré un marché du SO2.
Sur les taxes :
1. c'est, AMHA, le seul moyen de forcer les individus (responsables de 1/3 de l'effet de serre) à changer leur mode de vie (à moins de passer directement à l'étape Big Brother et d'instaurer des "quota individuels de carbone", à l'étude au UK).
2. Sur charges sociales/écologiques : attention! Contrairement aux idées reçues, "un salarié allemand de l'industrie manufacturière coûtait toujours 32% de plus qu'un salarié français par heure de travail en 2007" (US Bureau of Labor Statistics, cité dans Alternatives Economiques). De plus, les "charges" sociales ne sont pas des "charges" : ce sont des assurances (maladie, chômage, retraite). Donc moins prélever sur le salaire des travailleurs en compensant avec une hausse de la fiscalité écologique, OK, seulement si le produit des taxes écologiques est utilisé pour partie pour financer notre système social.
3. tout à fait d'accord pour une taxe proportionnelle au revenu, ça a déjà été étudié. Et je trouve la taxe carbone version Sarkozy inefficace et injuste
4. argument (statistique) pour une taxe carbone : la consommation de carburants à baissé pour la première fois de l'histoire contemporaine en France l'été dernier quand le litre d'essence était à 1,5 euro.
5. je ne connais pas S. Arditi et les trappes à carbone. Tu as une référence? Mais je pense que si le montant de la taxe était employé pour isoler les logements sociaux et développer les transports en commun (gratuit), ça permettrait aux plus modestes de réduire drastiquement leurs émissions de carbone.
re re re
mais, AMHA, derrière toute politique de marché, il y a cette croyance quasi-religieuse que la main invisible va tout (mieux) réguler.
Ma position lors du débat (désolé, je préfère répondre dans les commentaires et je sais pas me servir d'un wiki), c'était surtout de favoriser le changement avec l'accord de l'idéologie dominante. Donc, c'est de jouer avec leurs mythes et leurs représentations. Mais je vois déjà un nouveau point faible dans ce que je dis: c'est qu'à partir du moment où tu fixes des quotas, à partir du moment où il y a un interventionnisme politique, on n'est plus dans le mythe du marché sur lequel s'exerce une libre et parfaite concurrence. De fait, ce n'est pas la main invisible que nous invoquons, mais celle du cercle vertueux du quota: Les entreprises A, B, C, D, E et F savent qu'elle doivent réduire leurs émissions: A s'y prend dès le début, s'y prend mieux, se trouve loin en-dessous de son quota, il peut revendre à B son surplus. Comme ce qui est rare est cher (oui, il faut que ce soit un challenge, et que le "marché carbone" soit un marché de "luxe", qu'il n'y ait pas grand chose à échanger, ce qui apparaît normal, vu l'ampleur du changement demandé), B va payer le prix fort pour continuer à exercer son activité (et polluer), pourquoi le prix fort: parce que C, D, E, F le veulent aussi ce droit à polluer. Et donc s'y prendront de manière vertueuse l'année suivante ceux qui ont été pris au piège.
Par conséquent non, le but n'est pas la spéculation, du moins pas sur le marché tel que je le vois. Cette conception, cependant, rend possible l'explosion d'une bulle carbone par la non-solvabilité des acteurs en jeu.
Sur les taxes:
1. c'est le sens de l'intervention de S. Arditi de montrer que ce serait contre-productif: on ne s'est jamais autant chauffé au poêle à pétrole que pendant la période où le baril était à 150$, ce qui va contre ton argument statistique sur la baisse de la consommation pétrolière, qui est vrai, mais qui ne prend pas en compte les effets de précarité énergétique, ni les consommations hors-transport.d'où le postulat de rationalité des acteurs qu'il s'agit de démonter.
2. "charges", c'était une boutade. On dit "cotisation" ou "contribution" dans un langage neutre. Mais merci de ta précision, il y aurait nombre de vérités à rétablir sur ces questions, notamment sur les questions de compétitivité, qui, au lieu, d'être comptabilisée par rapport au "coût du travail", devrait être analysée en coût du travail/productivité. La France n'a pas à rougir du coût de son travail, qui est aussi un coût de socialisation, et tu le rappelles, qui finance des solidarités sociales indispensables. D'où ma crainte sur la taxe: et si ça servait à financer autre chose, tout en servant d'alibi pour faire baisser ces charges sociales si lourdes qui pèsent sur notre compétitivité? cf. Medef/Dassault, etc.
5. pense à prendre en compte les modestes non urbains... pas de transports en commun, ne vivent pas tous dans des logements sociaux... Pour Arditi, je faisais référence à une conf', qu'il a donné par chez nous. je te retrouve très facilement le diaporama (p.14), mais le texte de la conférence et l'étude elle-même (qu'il a mené lui-même, je ne l'ai pas retrouvée): http://90plan.ovh.net/~attactou/spip.php?article1049
p.s: il me semble que tu confonds, l'élection des greenwashers (jamais entendu parlé), avec l'élection du "fossil of the day".
Merci!
pour ces remarques et cette discussion : je vais essayer de retranscrire tes réflexions dans le compte rendu, pour l'enrichir d'une vision de marché "vertueuse".
Merci aussi pour la référence de P. Arditi, je vais étudier ça.
A+