CR Atelier Labor Employment in Europe d’ATTAC 19.09.2009
CR Atelier Labor Employment in Europe d’ATTAC 19.09.2009
Participants:
Name Vorname country group
Bonneton Michèle France % Isère 38
Sabatier Gilles France % Paris 15
Reverdito Denise France %_VAR
Van Frachem Bruno France % Paris 12
Lehiany Naïma Belgique -
Inaba Nanako Japan % Japan
Tanay Marcell HU % HU
Schwartz Alexis Deutschland % Güstrow
Kärs Andy Deutschland % FFM
Bardos Mireille France % Paris Centre
Perrin Evelyne France AC! %94
Ruggieri Deborah Deutschland RAT, Gender Group
Kratzwald Brigitte Österreich % Graz
Houben Henri Belgique % Bruxelles
Steinrücke Margareta Deutschland % AG Arbeit Fair Teilen
Clement Françoise France % 78 France
Coen Jean-Marie Belgique % Bruxelles
Collin Agatha France -
Fauré Alain France Begies???34
Trouvé Cathérine France Nîmes
Gruber Sabine Österreich
Lipp Jan-Max France/Deutschland
Introduction de Jan-Max Lipp
Les législations nationales sont de plus en plus influencées par les directives européennes
La stratégie de Lisbonne (élever le taux d’activité des jeunes, des femmes, des seniors, flexibiliser le marché du travail) légitime dans tous les pays des reculs importants en matière de droit du travail et de droits sociaux.
Il faut questionner la hiérarchie des normes, qui actuellement vide les conventions collectives de leur contenu.
Il n’existe pas de contre-poids législatif contre la libéralisation, ni de contre-poids de la société civile au niveau européen. D’où le lancement de ce réseau Labour and Employment in Europe (Travail et Emploi en Europe) entre les ATTAC d’Europe.
Intervention d’Evelyne Perrin
Très élevés avant la crise, chômage et précarité se sont aggravés en France en 2009. Avant la crise, on comptait 2,5 millions de chômeurs officiels mais 4,5 millions en réalité en comptant ceux non déclarés ou en sous-emploi. La principale cause d’entrée au chômage n’était plus les licenciements mais les fins de contrats à durée déterminée (CDD) ou de missions d’intérim. Si les emplois atypiques ou précaires représentent seulement environ 15% des emplois, plus de 70% des embauches se font en CDD d’une durée moyenne d’un mois en 2005. Cette précarité touche prioritairement les jeunes, mais aussi les femmes, et à cela s’ajoutent de fortes discriminations ethniques sur le marché du travail.
Le chômage est mal indemnisé (57% de l’ancien salaire) et pour des durées de plus en plus courtes (maximum 23mois). Plus de la moitié des chômeurs officiels ne sont pas indemnisés. Ils perçoivent sur conditions de ressources du foyer un revenu de solidarité active (RSA) d’environ 400 euros, auquel s’ajoute une contribution de l’Etat s’ils travaillent quelques heures. Mais les jeunes de moins de 25 ans en sont exclus.
En 2008, le gouvernement français a pris deux lois qui constituent des attaques très graves contre les salariés et les chômeurs. Contre les salariés, la loi de « modernisation » du marché du travail de juin 2008 a créé trois nouvelles formes de précarité : l’allongement des périodes d’essai (jusqu’à 8 mois pour les cadres), le CDD « de mission » à la durée incertaine, et la « séparabilité à l’amiable », contournant le licenciement et où le salarié n’a plus de recours possible. Contre les chômeurs, en juillet, l’ interdiction de rejeter plus de deux « offres raisonnables d’emploi », payées juste au-dessus de l’allocation de chômage, même très éloignées. Face à ces attaques, les syndicats n’ont pas mobilisé, ni les partis de gauche.
En 2006 nous avons créé un Collectif d’associations de chômeurs, de précaires, de femmes, d’intermittents, et de syndicats, qui a élaboré une « plate-forme pour une garantie de revenu décent pour tous avec ou sans emploi, un « statut de vie sociale et professionnelle ». Cette plate-forme a été signée par ATTAC France en 2008. Nous avons en mai 2009 organisé des Etats Généraux du Chômage et de la Précarité et décidé d’organiser un peu partout en France, du 20 novembre au 5 décembre, des Marches régionales chômeurs-précaires-salariés en lutte-mal logés-sans-papiers .
Intervention de Margareta Steiumecke
Le réseau « Juste partage du travail » (Arbeit Fair teilen) a été créé par ATTAC Allemagne avec pour objectif une réduction du temps de travail radicale, comme moyen d’émancipation, de démocratisation, et de lutte contre le chômage, mais aussi pour redistribuer le travail domestique. Ce projet est d’actualité avec la crise (4 millions de chômeurs officiels en Allemagne). Le principe actuel est qu’en cas de licenciement on conserve son contrat et au minimum 60 % du salaire pour une durée de 24 mois, mais ce régime s’arrête fin 2009. Notre groupe a organisé plusieurs séminaires en coopération avec des syndicats, Verdi et IG Metal, où la réduction du temps de travail(RTT) revient sur l’agenda. Les 35H n’existent que dans la métallurgie et l’imprimerie, ailleurs les durées du travail sont de 39 à 40H. Nous avons collaboré avec la comité d’entreprise d’Opel et proposé la RTT et la reconversion vers une industrie de mobilité écologique en favorisant les transports publics. Nous nous sommes battus contre la directive européenne du temps de travail avec l’appui de Die Linke et avons réussi à l’empêcher, mais il y aura d’autres tentatives de la Commission européenne pour réintroduire un allongement du temps de travail. Nous nous prononçons pour une RTT avec obligation d’embauche correspondante, et une augmentation du salaire à temps partiel par une compensation.
Intervention de Sabine (ATTAC Autriche)
Le réseau sur le travail a été proposé pour la 1ère fois à l’université européenne de Sarrebruck, et a mené des actions contre la directive européenne sur le temps de travail. Il porte sur six points :
- redéfinir le travail pour tenir compte du travail non rémunéré
- regarder l’emploi sous l’aspect masculin/féminin
- jusqu’ici la sécurité sociale est attachée au contrat de travail. Quelles alternatives ?
- mobilité et distance domicile-travail
- d’une société industrielle à une société de services et problème des délocalisations
- lien entre travail et production, croissance et décroissance
Nous voulons non pas des réformes, mais de vraies alternatives au système actuel. Pour élaborer des alternatives, nous avons besoin de temps, or les attaques nécessitent des réactions rapides.
Notre réseau n’a pas encore beaucoup de contacts avec les syndicats.
Propositions de campagne ATTAC
- déposer plainte à la Cour Européenne de Justice pour non respect de l’équité salariale hommes/femmes
- information et actions sur les différents modèles de temps de travail
- analyse et comparaison des lois les plus favorables au travail en Europe
- échange d’actualités sur la directive sur le temps de travail et sur les politiques sociales en Europe par un blog
- statut de vie sociale et professionnelle assurant un revenu décent à tous, avec ou sans emploi, payé par les cotisations sociales employeurs-salariés (deux fois)
- états généraux locaux pour définir les besoins non couverts à financer soit par la demande solvable, soit par des subventions ou services publics, en favorisant la relocalisation
- organiser des réunions de quartier ou des fêtes pour faire connaître les propositions d’ATTAC
- diffuser des tracts sur les marchés et devant les agences de l’emploi
- utiliser Internet pour transmettre toutes les actions faites dans les différents pays
- paiement de trois ans de salire aux salariés licenciés par les entreprises, et revenu minimum garanti après la fin des allocations de chômage
- réfléchir aux contradictions entre l’objectif européen de relever le taux d’activité et le développement en réalité du sous-emploi
- imposer un salaire minimum par pays de 60% du revenu national par habitant ; un revenu minimum de 50%, et un processus de rattrapage pour les pays aux salaires les plus bas
- faire un spectacle sur les délocalisations, l’exploitation, le travail, qui tourne partout
- faire une action commune contre les 10 000 suppressions d’emplois d’Opel dans plusieurs pays européens
- organiser un Contre-Sommet en mars 2010 à Bruxelles contre le renouvellement du processus de Lisbonne (deux fois)
- faire une pétition d’un million de personnes contre les articles des traités européens qui s’opposent aux aides de l’Etat aux entreprises et aux services publics
- faire une déclaration commune sur le revenu minimum garanti et le statut de vie sociale et professionnelle et la faire paraître dans des tribunes libres dans les médias
- action sur l’opinion publique pour une consommation responsable et respectant des normes de travail décent
- que les travailleurs sans-papiers puissent ester en justice
- diffuser sur le site les statistiques d’Eurostat
- développer des forums sociaux locaux sur les différentes réalités du travail en Europe
- campagne pour une réduction du temps de travail radicale - de 30H par semaine - avec compensation salariale (trois fois), en collaboration avec les syndicats, les députés, les organisations politiques de gauche
- mener une lutte coordonnée contre la directive européenne sur le temps de travail
- mobiliser dans Attac les ouvriers et les chômeurs
- utiliser Internet et les sites comme Youtube pour faire connaître ATTAC
- Droit à une formation continue, et re-régulation des contrats précaires
- Prévoir un atelier LEE au FSE 2010 à Istambul
Décisions pratiques
- il faut un responsable par pays pour alimenter le site web
- réaliser des papiers sur les effets de la stratégie de Lisbonne dans chaque pays avec les organisations syndicales (Henri Houben)
- Un processus a commencé au niveau européen entre syndicats et mouvements sociaux avec une première rencontre à Bruxelles cette semaine et une seconde rencontre à Bruxelles en mars 2010, pour arriver à une analyse commune. 12 syndicats membres de la CES y participent (grande méfiance à surmonter) (Jean-Marie Coen)
- D’autre part, des Marches contre le chômage seront organisées qui convergeront sur Bruxelles le 17 octobre 2010, avec une conférence de lancement au parlement européen les 3 et 4 novembre prochains (Jean-Marie Coen)
- Il faut développer des forums sociaux locaux. Un premier FSL sur le travail aura lieu en mai à Toulon avec des syndicats (Denise Reverdito, Attac Var)
- Il faut formuler des exigences d’ATTAC pour le Contre-Sommet de mars 2010
- Jan-Max Lipp propose de créer un blog LEE (il sera sur le site www.attac.org à la rubrique LEE) sur l’actualité de la politique sociale et de l’emploi dans chaque pays ; sur les actions du mouvement social ; et sur nos activités propres au réseau. Henri Houben suggère d’y ménager un espace de discussion de propositions. Brigitte (Attac Autriche) et Deborah (Attac Allemagne) vont y travailler.
- Jan-Max propose aussi de faire des conférences sur Skype une fois par mois
