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Changer le système, pas le climat !

Non aux solutions à la crise climatique axées sur le marché

Non à la privatisation des ressources naturelles

Oui aux politiques publiques et aux régulations pour la justice climatique

Oui à la souveraineté des peoples en matière de ressources naturelles et environnementales

La crise climatique dans laquelle le monde est actuellement plongé est l’un des aspects d’une crise plus globale qui a des conséquences sur l’ensemble de la planète. Comme les autres aspects, cette crise écologique est profondément enracinée dans le modèle néolibéral de production, d’échanges et de consommation.

L’expansion illimitée d’un modèle économique fondé sur les exportations et la mondialisation du marché a augmenté les échanges commerciaux dans le monde et a largement contribué à l’explosion des émissions de gaz à effet de serre.

Ce modèle axé sur les exportations s’est développé sur la base d’une exploitation sauvage et de la dépossession de matières premières et d’énergies fossiles qu’ont exercées les pays du Nord dans l’ensemble du Sud.

Le modèle agroalimentaire développé par les multinationales et les pays du Nord n’a poursuivi qu’un seul but : obtenir d’importants bénéfices et des coûts de production toujours plus bas, en dépit de la pollution, l’érosion des sols, la réduction de la biodiversité et les dangers à l’échelle sociale et environnementale, tels que la dépossession de fermiers locaux et de peuples indigènes.

Le pouvoir des entreprises s’est approprié la biodiversité et le climat, qui sont devenus des marchandises.

Les règles commerciales mondiales et bilatérales ont des conséquences directes sur la lutte contre le changement climatique et par conséquent sur les négociations mondiales sur le climat.

En effet, elles octroient aux entreprises du Nord l’accès aux ressources naturelles, à la terre et aux matières premières des pays du Sud, menaçant ainsi de transformer les écosystèmes en biens commerciaux. En même temps, elles privent ces pays d’autres possibilités de mettre en place des économies locales et indigènes durables et des moyens d’existence fondés sur leurs connaissances et leur savoir-faire. Ces ressources sont pillées et privatisées par ces mêmes multinationales, grâce aux règles sur les droits de propriété intellectuelle définies par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) ou les accords de libre échange, qui sont en totale contradiction avec les droits sociaux, culturels et économiques des Nations Unies.

En outre, l’OMC et ses accords sont les gardiens et les instruments d’une mondialisation économique et financière qui conduit l’ensemble du monde vers un effondrement mondial et une crise écologique. L’expansion illimitée du commerce mondial reposait sur une surexploitation des énergies fossiles, de l’eau et d’autres ressources limitées, ce qui a dégradé l’environnement de façon irréversible et intensifié les émissions de carbone.

Malgré ces échecs, les négociations fructueuses menées par l’OMC sont présentées comme une solution incontestable à la crise mondiale, ce dont les chefs d’État et de gouvernements du Nord tentent de convaincre leurs homologues du Sud.

Alors que la mondialisation de la crise écologique menace les personnes, leurs sources de revenus et les écosystèmes, les pays les plus riches, les élites et les multinationales continuent à préconiser le même modèle néolibéral et les instruments de croissance ayant conduit le monde au bord du gouffre : solutions axées sur le marché, institutions financières internationales, libéralisation du commerce, privatisation des ressources naturelles, géoingénierie et solutions technologiques telles que les OGM et la puissance nucléaire.

Le rappot climat-finance

Le marché du carbone est en passe de devenir la prochaine bulle. En effet, les transactions financières des marches du carbone sont fondées sur la garantie de change, les dérivés et les futurs contrats. Leur utilisation et leur importance vont probablement se consolider malgré leur inefficacité à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Des rapports réalisés récemment nous ont alertés sur le nombre croissant de contrats « poubelles » à haut risque sur le charbon. Selon un scénario plausible, les prix du carbone peuvent s’effondrer, les pertes des banques et des opérateurs financiers seront colossales et l’ensemble du système financier sera entraîné dans une nouvelle crise.

LA CRISE CLIMATIQUE NE PEUT PAS ÊTRE RÉSOLUE DANS LE SYSTÈME ACTUEL

- Les pays du Nord doivent faire preuve de responsabilité et de solidarité envers les pays du Sud.

- Les chefs d’États et de gouvernements doivent agir de façon démocratique et écouter les voix des citoyens, ainsi que les appels au changement lancés par les millions de personnes qui subissent les conséquences directes des risques écologiques.

LA JUSTICE CLIMATIQUE MONDIALE REQUIERT :

- Des économies reposant peu sur le carbone

- La souveraineté des peuples sur leurs sources de revenus et leurs ressources

- Des modèles de production et de consommation responsables, des marchés locaux et des circuits courts

Ainsi, le réseau européen Attac, dans le cadre du sommet de Copenhague, demande aux gouvernements européens :

- La reconnaissance de la responsabilité historique du Nord envers le Sud.

- Le respect des dispositions internationales définies par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (IPCC) pour ce qui est de la réduction des émissions (-40 % par rapport aux chiffres de 1990). Le refus de créer des havres de pollution et de disposer de mécanismes tels que le Mécanisme de Développement Propre (MDP) ou la Mise en Œuvre Conjointe (MOC), qui permettent aux pays développés de réduire les émissions à l’étranger au lieu de le faire chez eux.

- De forts engagements financiers pris par les pays du Nord pour financer l’adaptation des pays subissant les conséquences du changement climatique et pour prendre en charge la réduction (transformation de modèles économiques et de production non durables en des modèles reposant peu sur le carbone).

- Un financement 100 % public ; l’exclusion du commerce du carbone et de la compensation des solutions de financement proposées par les pays les plus riches, y compris de systèmes tels que la réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts dans les pays en développement (REDD) ou d’autres systèmes ayant tendance à englober les terres et les forêts dans les systèmes de commerce du carbone ; le refus d’appliquer la géoingénierie à des entreprises risquées et des projets.

- La création d’un fonds mondial pour le climat mis en place sous l’égide de l’ONU, qui serait mandatée pour canaliser et distribuer les fonds dans les pays en voie de développement ; le FMI et la Banque Mondiale doivent être écartés de cette architecture financière.

- La révision exhaustive du régime des droits de propriété intellectuelle conçu par l’OMC et divers accords de libre-échange, la remise en cause du monopole sur les licences et les brevets détenu par les multinationales ; l’interdiction de s’emparer de la terre et autres ressources des peuples indigènes et des petits propriétaires ; la cessation de la privatisation de ressources naturelles telles que l’eau, les forêts et autres terrains publics.

- La cessation de l’expansion du libre-échange en mettant fin au cycle de Doha, sous l’égide de l’OMC, ou aux accords bilatéraux de libre-échange, et le développement d’un commerce alternatif et d’un modèle d’investissement de soutien afin d’obtenir une justice mondiale sur le climat.

- La reconnaissance des droits et de la souveraineté des peuples indigènes du Nord et du Sud sur leurs ressources et leurs sources de revenus.

Réseau des Attac d'Europe

Traduction : Valérie Espinasse, Coorditrad

 

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