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Attac Québec

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L'Association pour la Taxation des Transactions financières pour l'Aide aux Citoyens (ATTAC) est née de la volonté de rétablir un contrôle démocratique des marchés financiers et de leurs institutions. ATTAC mène des actions variées visant la reconquête, par les citoyennes et citoyens, du pouvoir démesuré que la sphère financière exerce sur tous les aspects de la vie politique, économique, sociale et culturelle.
Updated: 2 hours 16 min ago

En finir avec le déni

Tue, 13/10/2020 - 14:49

La crise de la COVID-19 a transformé nos vies. Elle est aussi l'occasion – inespérée - d'une prise de conscience, et si nous écoutons les scientifiques ce n'est rien à côté de ce qui nous attend si nous n'agissons pas contre les changements climatiques qui se manifestent partout sur la planète.

En même temps, force est de constater que nous n'allons pas dans la bonne direction. Malgré les signes visibles de la détérioration du climat, nous continuons à vouloir croire « au développement durable », « au capitalisme vert », à une croissance contrôlée qui n'aurait pas de conséquences négatives. À croire qu'on « peut changer le monde un geste à la fois », que nos petits gestes individuels, nos manifestations sans suite et l'interdiction du plastic à usage unique vont nous éviter les remises en question indispensables face à nos modes de consommation, nos modes de vie, mais surtout mettre sur pause le capitaliste destructeur dont ils originent. Il faut le reconnaitre l'action individuelle ne suffira pas, pas plus que les conférences internationales.

Il est temps de sortir du déni et d'agir pour exiger de nos gouvernements une action concertée et audacieuse en vue du changement de cap inévitable pour que survive l'humanité. La pandémie n'est pas la fin du monde, mais elle a réussi l'impensable mettre sur pause le capitalisme destructeur. Elle a surtout montré qu'il est possible de prendre des décisions rapides et audacieuses basées sur la science. Elle pourrait être l'occasion de repartir sur de nouvelles bases pour réinventer le monde. C'est à partir de ce regard que les auteurs des articles de ce bulletin ont regardé ce que nous proposent nos gouvernements. Le constat est triste : au Québec, c'est « plus de béton et le salut par les entrepreneurs ». Pour le gouvernement Legault, l'urgence climatique devient « l'urgence pragmatique ». Au fédéral, de belles promesses d'une société « plus verte » en même temps qu'on continue à défendre, à promouvoir et à financer les énergies fossiles et les pipelines.

Comment gagner l'adhésion de tous aux transformations radicales de nos modes de vie qui s'imposeront, comment construire l'indispensable solidarité qui les rendra possibles et qui forcera les gouvernements à sortir du déni où ils se terrent ? À l'heure du « ma liberté tant pis pour le bien commun » ce sera la première marche de l'échelle qu'il nous faudra franchir. Je n'ai pas de réponse, mais je sais que ça commence par là.

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La relance selon la CAQ Le keynésianisme aveugle

Tue, 13/10/2020 - 14:48

Après que soit mort et enterré le projet de loi 61 sur la relance économique, voici que réapparait sa nouvelle mouture, la loi 66. Le gouvernement du Québec nous annonce une version plus digeste que la précédente, à l'écoute des critiques qui lui ont été adressées. Mais cet autre projet, loin d'être un véritable mea culpa, nous mène vers une relance guidée par une vision plutôt similaire de l'économie.

Le projet de loi 61, présenté par le gouvernement Legault au printemps dernier, en a déconcerté plusieurs. Selon ce projet, il fallait relancer l'économie dans la plus grande précipitation, en construisant tout ce qu'on pouvait construire : écoles, routes, Maison des aînés, hôpitaux, transports collectifs, etc. Pour y arriver, on était prêt à éliminer les barrières qui permettent pourtant que les opérations se passent bien. La lutte contre la corruption et la protection de l'environnement, entre autres, devenaient secondaires.

Heureusement, tout ne s'est pas passé ainsi. Une commission parlementaire sur le sujet et un travail solide de l'opposition ont forcé le gouvernement à corriger le projet de loi, puis à le retirer. Mais le gouvernement Legault ne semble pas avoir retenu la leçon. En juillet dernier, il annonçait déjà qu'il ne se gênerait pas pour avoir recours au baîllon si on l'empêchait à nouveau de réaliser au plus vite ses grands projets. C'est donc un gouvernement sans grands remords qui nous lance une nouvelle version d'un projet de loi honni. Voudra-t-il le faire adopter avec une même tendance à limiter les débats ?

Une recette en apparence éprouvée

La CAQ peut s'appuyer sur un important précédent historique pour justifier sa démarche. Rappelons-nous le populaire New Deal du président Roosevelt. Devant les ravages de la Grande Dépression, l'économie étatsunienne avait cherché à se relancer par des investissements étatiques massifs. Cette politique s'est généralisée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, alors que le keynésianisme, adopté dans la plupart des pays occidentaux, a encouragé les gouvernements à financer un nombre incalculable de projets publics d'une grande utilité et qui ont transformé la société. Les succès de cette période marquée par trente années de croissance, les Trente Glorieuses, sont peut-être venus à l'esprit de l'équipe de François Legault lorsqu'elle a conçu le projet de loi 61, puis la loi 66.

Au premier abord, on pourrait y voir une importante rupture avec les choix économiques des gouvernements du Québec de ces dernières années, plus spécifiquement avec le néolibéralisme triomphant. Après une trop longue période d'austérité budgétaire, on devrait se réjouir de voir un gouvernement se lancer dans la construction d'infrastructures dont profiteront l'ensemble des Québécois.e.s.

Le hic, c'est que les Trente Glorieuses sont loin derrière nous et qu'avec les transformations du monde survenues depuis, il est impensable de revenir sans y penser sérieusement aux politiques adoptées à l'époque. Les préoccupations environnementales existaient à peine et les grands investissements ont beaucoup profité à l'industrie automobile, favorisant un mode de vie axé sur l'usage systématique de la voiture personnelle.

D'autre part, François Legault ne semblait pas très préoccupé par le fait que cette expansion économique s'est aussi accomplie dans un contexte de réglementation plus sévère (entre autres du secteur de la finance). Le nouveau projet offre heureusement un meilleur encadrement, bien imparfait toutefois : ainsi, certains travaux pourront commencer avant d'obtenir une autorisation ministérielle ou municipale. Mais surtout, le New Deal a été permis par une forte hausse de la progressivité des impôts, alors que le président Roosevelt a haussé le taux marginal d'imposition — touchant les ultra-riches — jusqu'à 91%. Rien de tel ne semble se trouver, de près ou de loin, dans les cartons de la CAQ. De plus, la phobie des déficits et l'interdiction d'en faire pour les municipalités contredisent la théorie de Keynes pour lequel les années de vaches grasses compensent pour les années de vaches maigres.

La conversion des caquistes au keynésianisme n'a rien de naturel, eux qui dans l'opposition, jugeaient qu'on n'allait jamais assez loin dans le « dégraissage » de l'État et dans la liberté accordée aux entreprises. Elle leur a en quelque sorte été imposée, au moment où la COVID-19 montrait à quel point des années de compressions budgétaires nous avaient mal préparés à cette épidémie.

Caquistes et libéraux, des différences circonstancielles

Le projet de loi 61 était à la fois un fouillis et un tour de force, cherchant à réconcilier l'irréconciliable : le désir de relancer à tout prix l'économie, le besoin d'offrir des services publics efficaces, la volonté ferme d'en faire plus pour les entrepreneurs, la demande de la population de préserver de bonnes infrastructures étatiques. Sa seconde mouture est plus présentable, mieux ordonnée, mais répond aux mêmes principes. L'impopularité des libéraux pendant les années du gouvernement Couillard a forcé la CAQ à sortir de ses ornières : l'austérité budgétaire, en laquelle elle avait vraiment cru, n'est plus vraiment applicable. Mais il fallait trouver un autre moyen de relancer l'entreprise. Rien de tel alors que de bons contrats publics qui tombent comme une manne. Ce qui ramène par ailleurs la CAQ à un fondement de l'idéologie néolibérale, comme un retour au bercail : cette vision de l'État comme généreux pourvoyeur de contrats à l'entreprise privée.

La COVID-19 a permis à la CAQ de se distinguer du gouvernement Couillard d'une façon inattendue. Alors que l'ex-premier ministre était un pur idéologue néolibéral qui appliquait le dogme avec une foi peu commune, la CAQ joue à fond la carte du pragmatisme. Le premier ministre se veut un homme de terrain, à l'écoute des gens, qui ne se prend pas dans le piège des idées abstraites, mais se laisse guider par les intérêts immédiats des Québécois.e.s. Le projet de loi 61 a cependant fait tomber le masque et ramené la CAQ à ce qu'elle est fondamentalement : un parti d'entrepreneurs.

Sous le prétexte de relancer l'économie dans une situation d'urgence, alors que plusieurs secteurs battent véritablement de l'aile, le gouvernement Legault choisit de délier la bourse sans offrir le moindre projet de société, en ne voyant que les effets d'une relance dopée et immédiate. Il lui faut de la relance à tout prix, des projets de construction essentiellement, 181 projets accélérés (beaucoup de Maisons des aînés, très rentables sur le plan électoral), construire pour construire sans penser au reste, sans réfléchir sur ce qu'il est bon de prioriser comme investissements publics en temps de crise. Sa défense à tout prix du projet d'oléoduc GNL Québec se situe dans la même veine : réanimer l'économie par un productivisme dont on n'examine pas les conséquences.

L'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne a ouvert les marchés publics du Québec aux grandes entreprises transnationales européennes. Par leur capacité de réaliser d'importantes économies d'échelle et par leur place dominante sur le marché, elles se trouvent dans une position idéale pour soutirer le plus grand nombre de contrats, surtout si la règle du plus bas soumissionnaire continue à être appliquée. Cette relance par des investissements publics pourrait alors profiter en grande partie à des multinationales étrangères, alors que les petites entreprises québécoises se retrouveront dès le départ désavantagées, ou réduites à un rôle ingrat de sous-traitants. Certains critiques du projet de loi 61 ont soutenu que la négociation de contrats de gré à gré avec des entrepreneurs, sans la règle du plus bas soumissionnaire, favoriserait à nouveau la corruption. On voit ici à quel point cette règle peut être une arme à double tranchant : elle devient utile dans le cas où les contrats sont attribués sans transparence (mais avec quels résultats vraiment positifs pour la population, à risquer de choisir la pire qualité ?) ; mais elle doit être éliminée dans le cas contraire, alors que les contrats publics sont accordés en garantissant la qualité des produits et services, ainsi que des effets positifs sur l'économie locale et sur l'environnement.

Ne rien précipiter

La précipitation du gouvernement Legault pourrait affecter la transition écologique, essentielle pour combattre le réchauffement climatique et assurer une meilleure qualité de vie à la population. Pour que celle-ci soit efficacement réalisée, il faut une grande concertation entre les élus, la population, les gens d'affaires, les experts et les environnementalistes. Les processus de consultation demeurent incontournables, de même que les études d'impact sur l'environnement. Tout ceci nécessite du temps.

De prime abord, il en résulterait des pertes financières au sens strict : une relance au ralenti ne sera pas le choc électrique miraculeux souhaité par la CAQ et la reprise ne s'effectuera pas à la même vitesse. Par contre, l'occasion serait bonne, en cette période favorable à l'idée même d'investissements publics, d'entreprendre un virage significatif, beaucoup plus rentable à long terme.

Les idées pour effectuer la transition écologique ne manquent pas et notre gouvernement aurait d'excellentes balises pour se lancer dans un projet de société stimulant qui transformerait le Québec de façon significative. Pourquoi les nouvelles écoles, hôpitaux, Maisons des ainés, CHSLD ne seraient-ils pas des modèles d'économie d'énergie et de durabilité ? N'est-il pas mieux parfois de rénover plutôt que de construire, notamment en ce qui concerne les écoles ? Pourquoi les contrats publics ne favoriseraient-ils pas les entreprises les plus écologiquement responsables ? Les projets d'infrastructures routières sélectionnés dans la loi 66 sont-ils ceux dont nous avons vraiment besoin ? Plutôt qu'affaiblir les mécanismes démocratiques et les vérifications environnementales dans l'instauration des projets en vue d'une accélération de leur mise en place, ne serait-il pas préférable de les renforcer ?

Il semble clair que François Legault et son équipe ne se posent pas vraiment ces questions.

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Projet de loi 66 – Quand le retour à « l'anormal » devient une solution.

Tue, 13/10/2020 - 14:48

Le projet de loi 66 (Pl 66) qui vient d'être présenté par le gouvernement de la CAQ, diffère énormément du projet de loi 61 (Pl 61), lequel avait été fortement contesté au printemps dernier quant au respect des principes démocratiques, à l'absence de limite à l'état d'urgence et aux allègements des règles environnementales.

Il faut le souligner : la mobilisation des différents groupes de la société civile et de la population du Québec aura permis de construire une opposition efficace et suffisante pour faire reculer le gouvernement sur le Pl 61. En soi, ce n'est pas une mince victoire.

Du point de vue global, le Pl 66 est très transparent quant à la vision de la relance souhaitée par le gouvernement : le béton. Pour ce faire, il propose l'accélération de projets de construction ou d'agrandissement d'infrastructures publiques (comme des écoles, des établissements de soins, les fameuses Maisons des aînés, des autoroutes et des infrastructures de transport en commun, notamment le Réseau express métropolitain (REM) et le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal) en abolissant plusieurs processus administratifs qui auraient le tort de « ralentir » les projets par le biais de « mesures d'accélération ». Au nombre de quatre, chacune de ces mesures vise à réduire les délais et dispose de conditions précises pour être enclenchée. On pourra donc accélérer les expropriations, faciliter l'occupation des biens de l'État, accélérer des processus relevant de l'aménagement et de l'urbanisme, et surtout, alléger les protections environnementales et accélérer les évaluations des impacts des projets sur l'environnement.

Sur cette dernière mesure d'accélération, soulevons que le Pl 66 propose des aménagements majeurs. Même si les obligations de la Loi sur la qualité de l'environnement (LQE) sont maintenues, obtenir les permis et les autorisations ne sera plus un préalable aux travaux. Le gouvernement opèrera des évaluations pendant que les travaux se déroulent.

Il est opportun de s'interroger sur la capacité de l'Autorité des marchés publics (AMP) qui se verra confier le mandat d'examiner le processus d'adjudication ou d'attribution des contrats publics qui découlent d'un projet d'infrastructure lorsque l'organisme public concerné n'apparaît pas agir en conformité avec le cadre normatif. Il s'agit d'une bonne initiative que de confier la responsabilité de surveillance des chantiers accélérés à un organisme indépendant, mais l'AMP est très récente et les nouveaux pouvoirs conférés par le Pl. 66 restent limités.

Nous avons souligné que l'accent de la relance est mis sur les infrastructures. C'est bien, surtout lorsque l'on vise le développement du transport collectif afin de proposer une alternative pour les déplacements. On veut bien comprendre que, pour des raisons électoralistes et peut-être pour faire oublier sa très mauvaise gestion de la pandémie dans les CHSLD, le gouvernement de la CAQ choisit de privilégier la construction des Maisons des ainés.

Nous aurions pu privilégier l'humain.

Mais la piètre performance du Québec dans la gestion de la pandémie et la situation extrêmement difficile vécue par les personnes ainées devraient nous amener à revoir fondamentalement nos pratiques et à développer un projet social permettant aux personnes plus âgées et aux plus vulnérables de recevoir des soins dignes et complets, avec le soutien humain et technologique nécessaire, et à domicile, autant que possible. Et parce que le soutien à domicile est beaucoup moins couteux qu'une maison de retraite, nous contestons le choix d'investir uniquement dans ce genre d'établissements. Il faut souligner l'intense pression à laquelle le personnel a été soumis après les années d'horreur de la gestion libérale sous l'ère de Gaétan Barrette : la pandémie nous aura montré que notre système de santé est très fragile et opère sous des conditions proches de l'exploitation pour les travailleurs et les travailleuses qui y œuvrent. Or, il est indécent qu'on parle des anges gardiens d'une part et qu'on ne reconnaisse pas le travail qu'ils et elles réalisent par des conditions de travail décentes d'autre part.

L'environnement au service des promoteurs

Nous nous questionnons également sur la capacité et la volonté du ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) de réaliser son mandat de protection du territoire, d'autant plus que le ministre Benoit Charrette, bien avant le dépôt du projet de loi 61, demandait à ses gestionnaires de mettre en place une nouvelle culture d'accompagnement des clients : « Il faut s'occuper de chaque demande comme si c'était la nôtre, comme si nous étions le promoteur, il ne faut pas être vus comme ceux qui veulent empêcher la réalisation des projets. » Que le ministre Charrette soit toujours ministre de l'Environnement après sa déclaration incendiaire de février dernier nous en dit long sur les orientations gouvernementales ; ce même ministre qui se déclarait fermé à l'idée de se donner une cible de réduction des gaz à effet de serre (GES) qui soit en phase avec les recommandations du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

Au gouvernement de nous faire la démonstration de la nécessité de modifier les pratiques habituelles en matière de protection de l'environnement. Le risque en vaut-il le coût ? Comment en effet peut-on réconcilier qu'il serait possible de protéger l'environnement et d'agir si les chantiers œuvrent plus rapidement et sans avoir mené préalablement les études d'autorisation ? Peut-on faire confiance aux entrepreneurs pour respecter l'environnement s'ils n'ont plus à s'engager à le faire avant le début des travaux ? Et dotera-t-on l'action étatique de ressources additionnelles pour agir ? Considérant l'importance et la fragilité des milieux humides, même si ces milieux sont un peu plus balisés au sein du Pl. 66, n'aurait-il pas été préférable de maintenir les dispositions régulières en vigueur ?

Le gouvernement n'a pas fait une analyse adéquate de la pandémie.

Faut-il le rappeler, la destruction des écosystèmes, l'accélération des échanges commerciaux par la mondialisation et les pratiques destructives d'élevage sont les causes de l'apparition et de la propagation rapide du virus de la COVID-19 [1]. Non seulement il est indécent de la part d'un gouvernement de jouer à l'autruche face à l'enjeu climatique et environnemental, mais c'est aussi dangereux.

Peut-on enfin prendre au sérieux le gouvernement dans sa volonté d'accélérer les projets tout en protégeant l'environnement et en abaissant les mécanismes de protection institués à cette fin ? À considérer le peu d'entrain du gouvernement pour la question environnementale, permettons-nous d'en douter.

Il est préoccupant que le projet de relance économique ne fasse aucunement mention des défis écologiques auxquels nous sommes confrontés et qui nécessitent une transformation économique majeure. Nous sommes pourtant face à une opportunité historique et à un défi d'une urgence extrême. Tout projet devrait être évalué sur la base de la lutte aux changements climatiques et à la perte de la biodiversité. Ce qui ne s'inscrit pas dans une optique de résilience et de transition énergétique doit passer à la trappe. Par exemple, toute construction de logements devrait être conditionnelle à des normes de construction durables et écologiques, soit beaucoup plus élevées que celles présentement en vigueur au Québec. Tout ajout d'infrastructures routières devrait être remis en question afin d'éviter l'étalement urbain et la perte de territoires agricoles. L'argent public devrait servir en priorité à la transformation des pratiques agricoles et au développement de la souveraineté alimentaire, ainsi qu'à la réindustrialisation du Québec (tout en respectant l'idée de se sortir des hydrocarbures) pour moins dépendre des échanges commerciaux mondiaux.

Mais ce qui nous est présenté, c'est le Pl. 66. Et si la mobilisation de juin a fait avorter le Pl 61, elle doit s'appuyer maintenant sur ce succès important pour aller encore plus loin. Car le gouvernement de la CAQ fait la preuve de son manque de vision en priorisant un retour « à la normale » en matière économique, comme si la pandémie de la Covid19 n'était qu'un accident dans une histoire allant de soi.

Si nous ne saisissons pas collectivement l'opportunité d'agir maintenant, c'est nous qui finirons comme une note de bas de page de l'Histoire.

[1] Voir l'Aiguillon, bulletin d'Attac, no. 63, mai 2020

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Un (autre) rendez-vous manqué… du côté d'Ottawa aussi !

Tue, 13/10/2020 - 14:48

Alors que nous sommes confrontés à un péril climatique et écologique qui se déroule directement sous nos yeux, le discours du trône du gouvernement Trudeau est dramatiquement insuffisant.

Prenons d'abord la mesure de la situation. L'ensemble des limites planétaires sont amplement dépassées. Nous assistons en direct à la multiplication des symptômes de la crise écologique : canicules, incendies, fonte des glaciers, températures extrêmes, fonte du pergélisol, etc. Pas de doute, l'existence de l'humanité est menacée par un danger abyssal. Le Fonds mondial pour la nature rappelait tout dernièrement la responsabilité de l'activité humaine dans la destruction de la biodiversité qui nous a conduit à une réduction de l'ordre de 68 % des populations d'oiseaux, de poissons, de mammifères, d'amphibiens et de reptiles depuis 1970. En cinquante ans !

Le système économique capitaliste, qui a causé cette dégradation jamais vue de nos écosystèmes, a conduit aussi à une inégalité sociale extrême alors que, comme le révélait Oxfam, 26 personnes possèdent à elles seules autant de richesse que la moitié la plus pauvre de l'humanité, soit 3,8 milliards de personnes. L'exploitation capitaliste des êtres humains et de la nature porte la responsabilité des 37 000 personnes qui, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) meurent de faim chaque jour. Jamais dans l'histoire de l'humanité, les inégalités n'ont atteint un niveau si insupportable.

C'est dans ce contexte que nous analysons les orientations proposées par le gouvernement Trudeau. La situation catastrophique devant laquelle nous nous trouvons, pourtant partiellement évoquée dans le discours du Trône, demande un tournant profond dans la manière de gérer l'évolution économique. Le discours du Trône ne nous annonce pas un plan de transition véritable. Loin de là, il vise le maintien du mode de vie des canadiens et de la quête de croissance, alors même que nous savons qu'il faut plus de cinq (5) planètes pour soutenir notre mode de vie actuel… En fait, nous y retrouvons beaucoup de paroles, des promesses parfois déjà formulées, mais pas de véritable projet de transformation radicale de la production et de la consommation, pourtant urgent et nécessaire.

Pauvre Canada !

Sans doute, un des premiers messages nécessaires à cette transformation aurait été l'annonce d'une réforme radicale de la fiscalité et de la politique monétaire. Les faibles mesures proposées dans le discours à cet égard sont loin d'être suffisantes. Si l'on se fie au louvoiement interminable du gouvernement libéral quant à l'imposition des industries du numérique et son attitude attentiste dans le cadre des discussions au sein de l'Organisation de la coopération et du développement (OCDE), notre pessimisme apparaît justifié. Le prochain budget devrait malheureusement confirmer nos appréhensions.

Il aurait fallu retrouver l'idée de réformer la fiscalité afin de dégager les sommes nécessaires au financement de la transformation de l'économie et à l'accompagnement des personnes qui perdront leur emploi, mais aussi un engagement clair à mettre fin aux échappatoires fiscales pour les entreprises. Nous retrouvons une volonté de continuer à soutenir les personnes qui subissent des pertes d'emploi mais nous aurions souhaité une vision plus large par la constitution d'un revenu de transition écologique visant le soutien au développement d'initiatives de transformation du modèle économique, écologique et social. Soulignons également l'absence de propositions sur une nouvelle politique monétaire autorisant une capacité d'action autonome du Canada sur le crédit et l'investissement. Nous ne retrouvons enfin aucune volonté manifeste de lier dorénavant les décisions budgétaires à un véritable plan de transformation.

Le discours du Trône reprend le mantra contradictoire du développement durable et l'utopie de l'économie verte. Pourtant, tout n'est pas conciliable. Il faut privilégier les activités bénéfiques et abandonner celles qui sont nuisibles. On ne peut à la fois soutenir les compagnies pétrolières et les projets de pipeline et du même souffle fixer l'objectif Canada zéro émission nette en 2050. Aucune mention de l'abandon de ces pratiques, ce qui nous souligne l'incohérence de la position du gouvernement canadien en matière environnementale.

Nous ne retrouvons pas non plus dans le discours du Trône d'indices d'une transformation de l'agriculture productiviste vers l'autonomie alimentaire et une alimentation diversifiée, durable et accessible à la population. Rien non plus sur la protection du territoire qui permettrait à la fois d'atteindre une protection immédiate et réelle de 40 % des zones terrestres ainsi que de bonifier le faible taux de 8,9 % de protection du territoire marin inclus présentement dans des aires protégées, ce qui permettrait de favoriser la biodiversité. Le discours présente une proposition d'aménagement de parcs urbains et, encore une fois, avec l'objectif de planter deux milliards d'arbres (!!!). Mais c'est plutôt une basse politique d'écoblanchiment (greenwashing) que nous offre le gouvernement Trudeau. D'autre part, la glorification technologique de la transition vers la construction de véhicules électriques et de batteries zéro émission relève pratiquement de la mystification quand on considère les impacts réels d'une telle mesure.

Qu'en est-il de la politique commerciale du Canada si on considère les valeurs du droit des hommes et des femmes qui semble si chère à ce gouvernement. Quel est le plan pour lier commerce et justice sociale ? Néant.

Nous aurions souhaité que le discours du Trône nous convie à une grande transformation économique, mais aussi à une grande discussion démocratique afin que nous déterminions ensemble les principes écologiques qui devraient sous-tendre les actions du gouvernement, ce que l'on appelle la transition juste. Nous aurions souhaité être invités à participer à la construction d'une société juste où l'exploitation et l'accumulation illimitée de la richesse ne seraient plus les forces motrices de notre économie. Le discours à la nation aurait dû être porteur d'un appel à changer le monde. Or il n'en est rien.

Cette crise devrait nous permettre d'ouvrir nos esprits confinés depuis trop longtemps et de constater qu'il est impérieux de sortir de notre torpeur collective face à l'autodestruction de l'humanité et au drame de l'extrême inégalité. En pleine crise économique sociale et sanitaire, les gouvernements ont l'occasion de transformer nos économies pour construire un modèle plus juste et plus durable. Le discours du Trône n'est pas à la hauteur de la situation.
Ce que nous propose le gouvernement, c'est plus une adaptation aux changements climatiques qu'une véritable transformation du système. Tourner en rond, ce n'est pas une révolution ! Nous aurions souhaité que le discours du Trône et le discours à la nation suscitent l'espoir et donnent le désir de travailler ensemble à faire du Canada un pays plus vert et plus juste.

Nous en sommes quittes pour un autre rendez-vous manqué !

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Contact

Tue, 13/10/2020 - 14:48

Texte et signataires de l'Appel pour un autre monde !

ÉQUIPE DU BULLETIN :
Coordonnatrice : Monique Jeanmart
Coordonnatrice adjointe : Jeanne Gendreau
Mise en page électronique : Wedad Antonius et Jeanne Gaudreau :

Pour toute suggestion, commentaire ou questions, veuillez vous adresser à Monique Jeanmart moniquejeanmart@videotron.ca

Pour des conférences, ateliers, présentations dans votre région

invitez ATTAC !

ATTAC-QUÉBEC - Association pour la Taxation
des Transactions financières et pour l'Action Citoyenne

3720, avenue du Parc
Montréal (Québec) H2X 2J1
quebec@attac.org

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Action pour l'Amazonie et le climat

Thu, 08/10/2020 - 01:18

Infos sur cette action dans ce communiqué

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Action pour l'Amazonie et le climat

Thu, 08/10/2020 - 01:18

Infos sur cette action dans ce communiqué

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TaxCOOP2020 - Grande soirée citoyenne - La justice fiscale en temps de crise

Tue, 29/09/2020 - 01:32

Est-ce que la justice fiscale peut être une solution pour soulager les pays et les citoyens en temps de crise ? Joignez-vous à cette grande soirée citoyenne organisée dans le cadre de TaxCOOP2020 pour en discuter ! En ligne le 13 octobre, de 17 h à 19 h, avec divers invités dont William Ross du collectif Échec aux paradis fiscaux.

Renseignements : https://taxcoop.org/

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Ensemble pour la défense de l'Amazonie et du climat. Pas d'accord de libre-échange entre le Canada et le Mercosur !

Wed, 23/09/2020 - 14:08

Communiqué du 22 septembre 2020

Un point de presse de plusieurs organisations se tient aujourd'hui à 17h30 devant le bureau du premier ministre Justin Trudeau à Montréal pour demander au gouvernement canadien de laisser tomber les négociations commerciales avec le Mercosur, dont la conclusion renforcerait le Brésil dans ses politiques destructrices de l'Amazonie. Cette action fait écho à l'appel de l'Assemblée mondiale pour l'Amazonie, une initiative internationale pour la défense de la forêt amazonienne et des peuples autochtones qui la préservent. Cet appel met aussi au coeur de ces enjeux, la lutte contre le changement climatique.

De nouvelles données de l'Agence spatiale brésilienne montrent que la dévastation de l'Amazonie a surpassé celle de 2019, qui était elle-même 30 % plus étendue que l'année précédente. « Chaque année, des kilomètres de forêt brûlent, emportant le climat en fumée. Or, cela ne se fait pas tout seul : c'est le résultat de politiques destructrices de l'Amazonie. Il est temps que nos gouvernements prennent au sérieux leurs responsabilités pour ce qui se passe là-bas qui a des conséquences pour toute la planète », clame Marie-Josée Béliveau, porte-parole d'Alternatives.

Pour Claude Vaillancourt, président d'ATTAC-Québec, « les accords de libre-échange entraînent l'affaiblissement des réglementations au nom de la croissance économique, de l'appât du gain et au détriment de l'environnement et des populations qui y vivent. La conclusion d'un accord entre le Canada et le Mercosur offrira à Bolsonaro un levier pour accentuer sa politique destructrice de l'Amazonie ».

Pour la responsable de campagne de Greenpeace Canada, Reykia Fick, le Canada doit se retirer immédiatement des négociations commerciales avec le Mercosur. « Le gouvernement canadien ne devrait pas récompenser la destruction de l'Amazonie. Il ne peut pas ouvrir le marché aux produits qui sont précisément à l'origine des incendies dévastateurs, de la déforestation et de la destruction de ce poumon de la planète, tout en prétendant prendre ses responsabilités en matière de changements climatiques. »

Pour le Coletivo Brasil-Montréal, qui vient de lancer une campagne en soutien aux populations défavorisées du Brésil face à la COVID-19, le Canada doit montrer son désaccord face au gouvernement actuel du Brésil « Le coeur de la politique du gouvernement Bolsonaro consiste à fragiliser les protections environnementales et les droits des peuples autochtones. Il faut que cela cesse et le Canada a un pouvoir pour s'opposer à cette destruction ! », selon Alessandra Devulsky du Coletivo Brasil-Montréal.

Le Centre justice et foi appuie aussi l'action d'aujourd'hui, cohérente avec le parti pris défendu dans la revue Relations

- qu'il publie - qui propose un dossier intitulé « À la défense de l'Amazonie et de ses peuples » dans son nouveau numéro disponible en kiosques (no 810, septembre-octobre 2020).

En raison de la Zone Orange, le public est invité à suivre la diffusion en direct du point de presse sur la page Facebook de Greenpeace Québec et à interpeller le Premier Ministre Trudeau et le Ministre Champagne pour exiger de cesser la négociation avec le Mercosur.

Rappelons que la France et l'Allemagne ont mis un frein à la ratification d'un accord de libre-échange entre l'Europe avec le Mercosur. Le Canada doit aussi s'engager formellement à ne pas signer un accord qui contribuera à accentuer le réchauffement climatique et qui aura des répercussions néfastes non seulement sur cette région du monde, sur sa population autochtone, mais aussi sur toute la planète.

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Pour informations et entrevues avec la porte-parole :
Marie-Josée Béliveau : 514-270-0694 / mariejobeliveau@gmail.com

Pour en savoir plus :
Campagne de Greenpeace : https://act.gp/2RIBpB9
Campagne de Coletivo Brazil : https://charity.gofundme.com/o/en/campaign/solidarity-with-brazil
Dossier de la revue Relations sur l'Amazonie : https://cjf.qc.ca/revue-relations/publications/a-la-defense-de-lamazonie-et-de-ses-peuples/
Dossier de Plateforme altermondialiste : http://alter.quebec/category/planete/amerique-latine/amazonie/

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Rassemblement pour la défense de l'Amazonie et du climat

Thu, 17/09/2020 - 23:43

MESSAGE IMPORTANT CONCERNANT CE RASSEMBLEMENT

Montréal étant passée en ZONE ORANGE et les rassemblements étant limités à 25 personnes, ce rassemblement de mardi pour l'#Amazonie doit être modifié pour respecter les mesures sanitaires.

Nous vous prions de NE PAS VOUS RENDRE physiquement au rassemblement.
Cependant, NOUS SERONS REPRÉSENTÉS SUR PLACE pour interpeller TRUDEAU afin que le gouvernement canadien ne signe pas d'accord de libre-échange avec le Mercosur (et donc avec le Brésil).

Nous ferons un Facebook LIVE sur place ! VOTRE AIDE SERA PRÉCIEUSE pour :
suivre l'événement LIVE !

  • relayer le LIVE durant et après l'événement, rendez-vous sur la page d'ATTAC (ou celle des autres groupes impliqués) : https://www.facebook.com/ATTAC.Quebec
  • demander à vos contacts de signer la pétition : https://urlz.fr/dR7k
  • interpeller sur Twitter et Facebook, Trudeau et le ministre Champagne, avec des messages tels : Ne soyez pas complice de la destruction de l'#Amazonie ! Suspendez immédiatement les négociations de libre-échange Canada-Mercosur.
    #ActForAmazon #ActionClimatique

Nous nous excusons pour tout inconvénient que ce changement peut occasionner. Restons solidaires et créatifs dans notre engagement citoyen !

Le message initial qui annonçait l'événement :

Ensemble pour la défense de l'Amazonie et du climat : Contre l'accord de libre-échange Canada-MERCOSUR

Le 22 septembre prochain, de 17h 30 à 19 h 30, venez vous joindre au rassemblement organisé devant le bureau du premier ministre Justin Trudeau à Montréal pour demander au gouvernement canadien de cesser les négociations commerciales avec le Mercosur. Conclure cet accord renforcerait le Brésil de Bolsonaro dans ses politiques destructrices de l'Amazonie.

Voici aussi une pétition que vous nous vous invitons à signer pour dire Non à l'accord de libre-échange entre le Canada et le Mercosur : https://cutt.ly/mfStl29 et l'événement Facebook à partager : https://www.facebook.com/events/322703325474655.

La dévastation de l'Amazonie surpasse cette année celle de 2019, qui était elle-même historique. Chaque année, des kilomètres de forêt brûlent, emportant le climat en fumée. Devant ce résultat de politiques destructrices de l'Amazonie, il est temps que nos gouvernements prennent leurs responsabilités !

Le Canada doit se retirer immédiatement des négociations commerciales avec le Mercosur. Il ne doit pas ouvrir le marché aux produits qui sont précisément à l'origine des incendies dévastateurs, de la déforestation et de la destruction de ce poumon de la planète, tout en prétendant prendre ses responsabilités en matière de changements climatiques. La conclusion d'un accord entre le Canada et le Mercosur offrira à Bolsonaro un levier pour accentuer sa politique destructrice de l'Amazonie.

Comme la France et l'Allemagne qui ont mis un frein à la ratification d'un accord de libre-échange entre l'Europe et le Mercosur, le Canada doit aussi s'engager formellement à ne pas signer d'accord qui contribuera à accentuer le réchauffement climatique et aura des répercussions néfastes sur cette région du monde, sur sa population autochtone et sur la planète.

Cette action fait écho à l'appel de l'Assemblée mondiale pour l'Amazonie, une initiative internationale pour la défense de la forêt amazonienne et des peuples indigènes qui la préservent. En savoir plus : https://urlz.fr/dOCo

Une initiative de :
ATTAC-Québec // Alternatives // Coletivo Brasil-Montréal //
Greenpeace Canada // Centre Justice et foi // Comité pour les droits humains en Amérique latine-CDHAL

Dans le contexte de la COVID-19, notez que nous demandons aux personnes participantes de porter le couvre-visage et de respecter les consignes sanitaires.

Pour en savoir plus :
Campagne de Greenpeace : https://urlz.fr/dOCq
Campagne de Coletivo Brazil : https://urlz.fr/dOCr
Dossier de la revue Relations sur l'Amazonie : https://urlz.fr/dOCs
Dossier de Plateforme altermondialiste : https://urlz.fr/dOCt

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Il faut redoubler d'ardeur contre les inégalités sociales

Tue, 15/09/2020 - 01:49

Lettre ouverte cosignée par une trentaine d'organismes membres de la Coalition Main rouge, incluant ATTAC-Québec, à lire dans Le Devoir du 14 septembre dernier.

Extrait : « La pandémie actuelle place le Québec devant plusieurs crises. Elle a mis en lumière les conséquences des inégalités sociales, elles-mêmes accentuées par la crise sanitaire. Sans certaines mesures de soutien au revenu mises en place, la situation aurait été encore plus catastrophique. Alors que plusieurs organisations sociales, mais aussi certaines grandes instances internationales, appellent à une relance qui ne soit pas un retour à une normale, il faut que la relance post-pandémie soit une occasion de faire les choix qui nous mèneront à une société plus juste et plus verte. Si on ne prévoit pas dès maintenant une transition écologique basée sur le respect des droits, les changements climatiques risquent de creuser encore plus ces inégalités, menaçant du même coup notre cohésion sociale.

L'heure est donc à l'action : le Rapport sur les inégalités mondiales 2018 rappelle que « lutter contre les inégalités de revenus et de patrimoine dans le monde exige d'importants changements de politique fiscale au niveau national et mondial ». Avec son document 10 milliards de dollars de solutions, la Coalition Main rouge, formée de groupes sociaux de divers horizons, démontre justement qu'il existe des façons de maîtriser les dépenses qui, couplées à un éventail de mesures fiscales bien ciblées, permettraient à Québec de percevoir, chaque année, plus de 10 milliards de dollars supplémentaires. » Lire la suite

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TaxCOOP2020 – Sommet mondial de fiscalité + Nouveau film de Brigitte Alepin

Sat, 12/09/2020 - 15:02

Le collectif Échec aux paradis fiscaux participera cette année à la conférence TaxCOOP2020 – Sommet mondial de fiscalité du 13 au 15 octobre prochains à Montréal. Il invite tous ses organismes membres à participer aux différentes activités, ATTAC en sera et vous y convie !

Ce sommet réunira de façon virtuelle des gens du monde entier, dans une programmation offerte gratuitement à toutes et à tous, totalement en ligne ! En parallèle, si les normes de distanciation sociale le permettent, la journée du 15 octobre réunira des participants au Centre des sciences de Montréal.

Un nouveau moyen métrage réalisé par Brigitte Alepin, en collaboration avec Harold Crooks, sera présenté le 15 octobre, intitulé Rapide et dangereuse : Une course fiscale vers l'abîme. Voir la bande-annonce

Tous les détails concernant l'inscription (gratuite, c'est ouvert à tous), la programmation, les conférenciers, les concours, projets et événements spéciaux ici : https://taxcoop.org/

Merci de partager l'invitation dans vos réseaux en utilisant le ​#TaxCOOP2020

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Après la crise sanitaire, l'austérité n'est pas la solution : 10 milliards $ pour renforcer notre filet social !

Sat, 12/09/2020 - 14:43

Le document 10 milliards $ de solutions pour une société plus juste publié par la Coalition Main rouge en février 2020 a été mis à jour, un travail auquel Chantal Santerre d'ATTAC-Québec contribue activement. Les inégalités sociales restent grandes au Québec, comme la pandémie de la COVID-19 l'a démontré et, au lieu de recourir à l'austérité, il faut revoir la fiscalité afin de renforcer le filet social, le meilleur rempart en temps de crises.

En se privant volontairement de ressources qui sont pourtant disponibles, non seulement l'État ne peut lutter efficacement contre les inégalités, il ne peut non plus faire face efficacement au plus grand défi de notre époque : la lutte contre la crise climatique et les autres crises qui en découlent, comme la crise de la COVID-19.

Ces crises rendent visibles les conséquences du sous-financement des programmes sociaux comme l'aide sociale et le logement social. Elle vont, elles aussi, amplifier les inégalités sociales. L'État québécois a les moyens de renforcer notre filet social, mais il doit faire le choix politique d'utiliser la richesse collective à cette fin. L'heure est au réinvestissement massif !

Dans son document 10 milliards $ de solutions pour une société plus juste, la Coalition Main rouge propose 19 mesures qui permettent d'aller récupérer une partie de l'argent collectif qui nous échappe actuellement, que ce soit en modifiant certaines mesures fiscales ou en coupant des dépenses… mais pas celles dont on entend habituellement parler.

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L'éléphant dans la rue

Sat, 12/09/2020 - 14:39

Claude Vaillancourt, président d'ATTAC-Québec, signe ce texte à lire dans Le Devoir du 12 septembre.

« Il est de bon ton de critiquer Valérie Plante et son administration. On reproche à la mairesse d'être dans sa bulle, d'être « idéologique », de ne pas se préoccuper des commerçants et des automobilistes, d'avoir installé des chantiers partout en ville, de rendre Mont-réal invivable, voire de semer le chaos. En dehors de l'inconfort que procurent réellement certains changements récents, on peut s'étonner de constater à quel point les critiques ne tiennent pas compte du problème incontournable du réchauffement climatique. » Lire la suite

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Notre bulletin est en ligne, problème technique résolu

Sat, 12/09/2020 - 13:57

Bonjour,

Certains et certaines d'entre vous nous ont signalé un problème technique avec le nouveau numéro de notre bulletin L'Aiguillon, envoyé cette semaine. Nous les en remercions et avons finalement réussi à régler le problème, ça ne devrait plus se reproduire.

Pour éviter de vous envoyer à nouveau le bulletin, nous vous informons simplement que dans le courriel que vous avez reçu, en cliquant sur les titres des articles, une erreur se produit, mais vous pouvez accéder aux articles en cliquant sur ces liens (qui sont indiqués dans le courriel) :

Bulletin no 64 - Des suites à l'Appel : Ensemble dans l'action (PDF – 900.8 ko)
Bulletin no 64 - Des suites à l'Appel : Ensemble dans l'action (Version complète HTML)

Nous nous excusons de cet inconvénient et vous remercions de votre compréhension.

Bonne lecture !

L'équipe de L'Aiguillon

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Une monnaie écologique, Alain Grandjean et Nicolas Dufresne, Édition Odile Jacob, mars 2020

Thu, 03/09/2020 - 05:09
« Il faut savoir combiner le pessimisme de la lucidité et l'optimisme de la volonté ».

Antonio Gramsci [1]

Dans sa chronique du 28 mars dernier, Stéphane Foucart, journaliste au Monde écrivait : « Avec le Covid-19 viendra donc peut-être le temps de la magie, où les liquidités pourraient apparaître là où l'on jurait qu'elles ne pouvaient plus se trouver. À l'occasion de la pandémie, la sorcellerie monétaire pourrait sortir du giron des banques commerciales et des banquiers centraux pour redevenir un instrument politique, un outil remis à sa juste place dans le fonctionnement de la société. La mise à l'arrêt de l'économie induite par la progression fulgurante d'une infection virale pourrait de fait engendrer les conditions d'un changement profond de politique monétaire – changement que nombre d'environnementalistes réclament, jusqu'ici en vain, – pour financer la transition écologique. C'est peut-être un virus qui fera la révolution que nous n'avons pas faite. »

Belle façon de présenter la réflexion importante de deux économistes Alain Grandjean et Nicolas Dufrêne, qui nous invitent à démystifier la monnaie afin de se l'approprier et d'en faire un bien commun afin qu'elle devienne un outil d'émancipation vers une économie respectueuse de nos obligations écologiques et humaines.

Cette réflexion est doublement pertinente, car elle nous est proposée alors que les gouvernements partout dans le monde engagent des milliers de milliards de dollars pour soutenir l'économie dans et au sortir de cette crise sanitaire. Cela ne manque pas de nous interpeller sur les options qui s'offrent à nous pour que le carcan de l'immense dette qui se profile ne paralyse pas l'action publique en faveur du climat au lendemain de cette pandémie alors que les besoins d'investissements seront massifs.

D'autant que nos gouvernements jusqu'ici ont fait la sourde oreille aux arguments des scientifiques quant à l'urgence d'investir volontés et moyens dans la lutte contre la destruction de la planète. Au moment d'écrire ces lignes, dans le contexte de la pandémie, on remet déjà en question les investissements du programme de l'Union européenne pour le climat (Green Deal) qui, pourtant, sont largement insuffisants pour atteindre l'objectif de ne pas dépasser le fatidique 1,5 °C de réchauffement.

Les auteurs relèvent que, selon le Fonds monétaire international (FMI), l'endettement public et privé a atteint 184 000 milliards de dollars en 2017, soit l'équivalent de 225 % du PIB mondial. L'endettement privé représenterait ainsi 115 000 milliards de dollars contre un peu moins de 70 000 milliards de dollars pour l'endettement public. Or, cette montagne de dettes accumulées prive déjà les États, et une partie du secteur privé, des moyens concrets d'agir. La raison de cet endettement massif n'est pourtant pas à rechercher du côté du gaspillage des dépenses publiques, ou du seul côté des cadeaux fiscaux faits aux plus fortunés aux dires des auteurs.

La raison profonde, toujours selon eux, est à rechercher du côté des mécanismes monétaires qui lient étroitement masse monétaire et endettement. Alors que de multiples explications de la dette publique sont évoquées : ralentissement de la croissance, taux d'intérêt souvent supérieurs aux taux de croissance, concurrence internationale entre États qui favorisent la baisse des prélèvements sur les bases fiscales les plus mobiles, inégalités qui poussent à l'endettement, mauvaise gestion publique, etc. ; aucune ne fait cependant le lien avec la manière dont la monnaie est créée, pourtant bien plus fondamentale, nous semble-t‑il, dans l'explication des causes profondes de la dette.

Les auteurs nous donnent des pistes pour comprendre l'incapacité du système monétaire et financier pour affronter les défis économiques et sociaux du moment. Il serait illusoire ainsi d'en fournir une démonstration étoffée en quelques lignes. J'en retiens quelques lignes pour alimenter votre curiosité.

• Le volume et l'orientation de la masse monétaire échappent complètement à la banque centrale, ce qui favorise une mauvaise allocation de la masse monétaire et l'apparition de crises financières ;

• Les banques centrales n'influent qu'indirectement et marginalement sur le volume de la masse monétaire ;

• Une grande partie de la monnaie centrale injectée par les banques centrales s'est retrouvée piégée sur le marché interbancaire et sur les marchés financiers. Tous les indicateurs confirment déjà cette tendance à la déconnexion entre activité économique réelle et dynamique des marchés financiers ;

• L'action de la politique monétaire est en grande partie paralysée par le filtre opéré par les banques entre la banque centrale et les acteurs économiques, ce qui constitue un obstacle majeur pour agir massivement en faveur de la transition écologique. Les autorités monétaires, dans le contexte actuel, n'ont pas la capacité d'agir pour mieux orienter le flux de création monétaire vers des activités productives et utiles à la société.

Ils nous offrent également une critique du principe de neutralité de la politique monétaire, lui-même appuyé sur le principe de libre concurrence, qui dans les faits, en favorisant les achats d'actifs financiers et en « gavant » les banques de liquidités ne fait qu'augmenter les richesses de ceux qui en possédaient déjà. Or, au contraire, nous avons besoin d'une banque centrale indépendante et démocratique qui doit œuvrer à augmenter les financements souhaitables vers des activités durables et vertes en plus de réduire les flux financiers vers des activités polluantes. « Neutralité monétaire, neutralité carbone et liberté complète du marché ne peuvent pas aller de pair », concluent-ils.

Leurs propos sont enrichis d'une analyse de l'arme monétaire dans l'histoire (notamment la reconstruction économique de l'Allemagne, le New Deal américain, la politique monétaire expansionniste chinoise) qui leur fait conclure que la capacité des États d'intervenir repose sur leurs capacités à maîtriser et orienter la création monétaire. Par comparaison, disent-ils, « nous sommes aveuglés par nos principes idéologiques de marché libre et de neutralité de la monnaie qui nous empêchent de faire des choix, et de les financer efficacement ». Il est clair que la dimension écologique échappe à la logique du marché et que ce marché ne dispose pas non plus des outils financiers adéquats pour cela, malgré ce qu'on peut dire des obligations vertes.

À ce constat, ils proposent diverses pistes de solutions dont celle d'agir sur l'éligibilité des titres au refinancement de la banque centrale, démultiplier la force des banques publiques d'investissements, mais surtout une solution radicalement innovante à savoir l'introduction ciblée de monnaie libre (c'est-à-dire une création monétaire sans dettes en contrepartie), selon des mécanismes démocratiques faisant appel au caractère de bien commun de la monnaie. Ils nous proposent également d'imaginer un mécanisme de création monétaire à l'échelle mondiale (ils suggèrent que cela se fasse sous l'égide de l'Organisation des nations unies (ONU), notamment pour financer le Fonds vert, mais aussi pour réguler le système financier international.

Je leur laisse le mot de la fin :
« Il existe des opportunités importantes et des solutions concrètes pour réorienter la finance et la politique monétaire vers un développement économique durable et respectueux de la nature et des hommes. Si nous choisissons aujourd'hui de les ignorer, nous en serons redevables demain auprès des générations futures. »

Pour compléter la réflexion :
Les économistes atterrés (J-M. Harribey. E.Jeffers, J.Marie, D,Plihon, J-F. Ponsot, La monnaie un enjeu politique (Manuel critique d'économie monétaire), éditions du Seuil, janvier 2018.

Laurence Scialom et Baptiste Bridonneau, Terra Nova, Crise économique et écologique : osons des décisions de rupture, 2 avril 2020.
http://tnova.fr/notes/crise-economique-et-ecologique-osons-des-decisions-de-rupture

[1] Gramci Antonio, Cahiers de prison, Lettre à son frère Carlo écrite en prison, 19 décembre 1929, Éditions Gallimard, 1996, cité dans Une monnaie écologique p. 53

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L'obsession de la croissance

Thu, 03/09/2020 - 04:44

Alors que la COVID-19 continue ses ravages à travers le monde avec beaucoup plus d'acuité dans les Caraïbes, au Brésil et aux États-Unis, il est dramatique - mais finalement pas réellement surprenant - de constater comment les dirigeants politiques continuent de se référer à l'impératif productiviste de croissance et à la pensée économique traditionnelle pour envisager l'avenir en faisant fi des contradictions entre l'économie et l'écologie qui ne peuvent être plus évidentes qu'en ce moment, deux verrous qu'il faudrait pourtant faire sauter pour inventer une économie soutenable.

Les dirigeants politiques et économiques, plus par idéologie que par manque de connaissances, font abstraction presque complètement des constats de la dégradation rapide de l'écosphère : insensibles aux cris d'alarme successifs des scientifiques, rapport après rapport, mais aussi aux observations quotidiennes de la multiplication des conséquences de notre modèle économique : incendies majeures de forêts en Australie, au Brésil, en Californie, fonte du pergélisol en Sibérie et des glaces dans le Nord Canadien, agonie des glaciers presque en direct, canicules qui se succèdent, etc. Preuves de cet aveuglement idéologique, les propos du ministre de l'Environnement du Québec sur son rôle dans la relance économique et le dépôt du projet de loi 61 au Québec qui consacre cette obsession de la croissance, projet de loi qui méritera toute notre attention cet automne. Soulignons également les allégements fédéraux de la procédure environnementale sur l'exploitation du pétrole qui font en sorte que les pétrolières n'auront plus besoin de procéder à une étude d'impact et d'obtenir l'approbation de l'Agence canadienne d'évaluation environnementale (ACEE) avant d'amorcer leurs séries de forages en milieu marin au large de Terre-Neuve, « zone d'importance écologique et biologique » qui compte « une grande diversité, y compris plusieurs espèces en déclin ».

Selon les dernières informations disponibles (il faut ajouter les effets de la fonte du pergélisol et sa production de méthane), il faudrait maintenir une réduction annuelle des émissions de CO2 d'au moins 7,6 % au cours des 10 prochaines années pour atteindre les objectifs de l'accord de Paris. Sans compter la lutte à mener contre la dégradation des sols et de la biodiversité alors qu'il nous faudrait six planètes pour conserver notre mode de vie occidental.

Les politiques, les entreprises et les médias, pour des raisons économiques, nous proposent au mieux une transition énergétique qui se résume le plus souvent à l'adoption d'un bouquet de technologies dites « vertes » : voitures électriques, bâtiments à énergie positive, énergies dites renouvelables. Elle consiste à nous faire croire qu'une transition sans douleur est possible. Continuez à consommer, ne changez pas vos habitudes puisque la technologie trouvera une solution aux problèmes écologiques ! Le capitalisme vert et le développement durable ne sont que des théories qui colportent une vision totalement irresponsable sur le plan politique à moyen et long terme, car elle fait porter sur les générations futures le poids de nos décisions. Dans ce modèle, il ne s'agit pas de réduire la consommation, mais de proposer simplement des objets et des services moins énergivores consommés en quantité croissante. Nous devons prendre conscience que notre confort est fondé sur le pillage de la nature, des peuples et sur les générations futures (externalisation des coûts sous forme de polluants, problèmes de déchets, etc.?)

Cette obsession de la croissance économique, mesurée par le PIB, passe par le renouvellement permanent et continu de nouveaux produits offerts aux consommateurs et consommatrices. Elle est fortement encouragée par les pouvoirs publics, car elle promet la création d'emplois qui génèrent des recettes fiscales (pourvu que les lois fiscales soient adéquates).

Pour reprendre les propos d'Éloi Laurent : « il faut constater que le PIB est borgne quant au bien-être économique, aveugle au bien-être humain, sourd à la souffrance sociale et muet sur l'état de la planète. La croyance dans la croissance est soit une illusion soit une mystification... Au lieu de se préoccuper de la croissance, les décideurs devraient se préoccuper du bien-être (le développement humain), de la résilience (la résistance aux chocs, notamment écologiques) et de la soutenabilité (le souci du bien-être futur) ». [1]

Ce n'est pas seulement la mesure qu'il faut remettre en question, c'est notre obsession pour la croissance qu'il faut revoir. Il faut en finir avec l'idée que toute activité économique, quelle qu'elle soit, « crée de la valeur ». Il faut en revenir à l'essentiel, le bien commun, et les politiques dites « de relance » n'ont de sens que si elles incluent des perspectives de long terme et engagent les réorientations indispensables de notre système économique comme le font remarquer nombre de critiques de notre système économique. Depuis le déclenchement de la pandémie, nous avons eu droit à une multitude de réflexions sur les possibles du monde « d'après » et un grand nombre de pistes concrètes pour sortir des crises auxquelles l'humanité est confrontée nous ont été proposées.

En fait, notre choix est assez simple, la croissance ou notre survie. Si nous voulons faire face à la catastrophe climatique et biosphérique, il faut changer le système. Les luttes sont multiples, mais aucune d'elles ne peut ignorer cet impératif.

[1] Laurent, Éloi, Sortir de la Croissance, mode d'emploi, Les liens qui libèrent, 2019

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Pour une sortie de crise sociale, écologique et démocratique

Thu, 03/09/2020 - 04:35

Dans « La Stratégie du choc : la montée d'un capitalisme du désastre » [1] , Naomi Klein analyse et documente comment les forces néolibérales utilisent les crises qui déstabilisent périodiquement nos sociétés pour faire avancer leur agenda politique et économique. Elle y recense de nombreux exemples, un peu partout sur la planète, où une telle stratégie a été employée pour forcer l'implantation de mesures antisociales qui auraient par ailleurs rencontré une vive opposition de la part de la société civile et des militant.e.s progressistes. En profitant de la peur, de la désorganisation et des traumatismes suivant le « choc », les profiteurs de ce monde arriveraient ainsi plus facilement à imposer leur volonté à l'ensemble de la société.

Le parallèle avec la situation que nous vivons actuellement n'est pas difficile à établir. La crise de la COVID-19 représente en effet un choc d'une ampleur et d'une envergure inédites depuis des générations : partout sur la planète, les morts s'accumulent, et les populations vivent dans la crainte d'être infectées par le virus. Nos habitudes ont été bouleversées, tant au plan de notre vie personnelle que de notre action citoyenne, ce qui déstabilise la société civile et complique le travail de résistance.

Il apparaît évident que la situation actuelle pourrait facilement être utilisée par la droite économique et politique afin de privilégier ses intérêts au détriment de ceux de la population en général. Les lobbys procapitalistes qui pèsent sur les gouvernements, au Québec, au Canada et partout dans le monde, chercheront sans doute à sortir « gagnants » de la crise – dans la mesure où une telle chose est possible. En tout état de cause, la crise pandémique et ses conséquences financières sur les États entraîneront inévitablement des changements, que nous le voulions ou pas. Les gouvernements se sont beaucoup endettés pour répondre à l'urgence sanitaire, qui a par ailleurs révélé les failles du système quand vient le temps de répondre aux besoins de la population, si bien qu'il faudra, d'une manière ou d'une autre, en prendre acte et réagir.

Le projet de loi 61 de la CAQ - mis de l'avant sous le prétexte de la relance de l'économie - laisse clairement comprendre dans quelle direction le gouvernement québécois souhaite entraîner la population lors de la sortie de crise. Le premier ministre Legault a d'ailleurs annoncé son intention de le ramener lors de la session parlementaire de l'automne, en précisant bien qu'il n'hésiterait pas à employer le bâillon pour l'imposer, comme il l'a d'ailleurs fait à quelques reprises depuis son arrivée au pouvoir.. [2] C'est dire que les forces de droite sont déterminées à aller de l'avant, sans remettre en question le système qui nous a mené.e.s au bord du gouffre social, économique et écologique.

L'Appel pour un autre monde (L'Aiguillon no 63, mai 2020 ), tire en quelque sorte son origine de ces changements inévitables qui nous attendent. Quoi que nous voulions, la crise aura des conséquences. Cependant, ATTAC-Québec, à l'instar de nombreux groupes progressistes, militants et syndicaux, souhaite que ces changements se fassent dans le sens de la justice sociale, de la démocratie et de la protection l'environnement. Pas question de retourner à la routine pré-COVID, où les humains autant que la nature sont exploités outrancièrement au nom du profit de la minorité ! Ceci ne se fera pas automatiquement, ni spontanément : si nous souhaitons que les changements structurels qui découleront de la crise aient des effets positifs pour l'ensemble de la population, il faudra y travailler, nous regrouper et être mobilisé.e.s.

Depuis la publication de l'Appel, du travail a été effectué par différentes organisations, dont ATTAC-Québec, afin de créer le mouvement de convergence et de concertation qui permettra de lutter contre le retour de l'austérité, en faveur des services publics et de l'environnement. Bien qu'au moment d'écrire ces lignes ce travail n'est pas tout à fait effectué, il est solidement entamé. Nous avons la conviction que le mouvement de concertation qui s'annonce réussira à rallier largement les forces progressistes du Québec afin de façonner un avenir à la hauteur de nos aspirations.

Continuez à suivre la page Facebook et le site web d'ATTAC-Québec pour demeurer informé.e.s de l'avancement de ce projet. Les prochaines semaines seront cruciales : nous devrons être déterminé.e.s, mobilisé.e.s et solidaires pour éviter que la crise ne serve encore une fois à renforcer le système capitaliste qui nuit depuis des décennies autant à la planète qu'à celles et ceux qui y vivent !

[1] Naomi Klein, La Stratégie du choc : La montée d'un capitalisme du désastre, éd. Actes Sud, Paris, 2008.

[2] Le PL 61 a été abandonné officiellement le 19 aout. La présidente du Conseil du Trésor, Sonia Lebel, déposera une nouvelle version de ce projet de loi à la reprise des travaux parlementaires, le 15 septembre. Ce nouveau texte restera toutefois dans l'esprit du PL61, soit de favoriser la relance économique en accélérant la mise en chantier de projets d'infrastructure, et tiendra compte des amendements apportés en juin dernier, a assuré la ministre Lebel. (source, Radio-canada)

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Solidarité internationale et dettes des pays du Sud

Thu, 03/09/2020 - 04:35

La pandémie du COVID 19, tout comme la crise économique qui l'accompagne, met à jour, à nouveau, les inégalités entre différentes populations de la planète. Certes, le confinement et le rôle accru des États nationaux dans le déploiement des mesures d'urgence contribuent à ramener les préoccupations sur des initiatives nationales sécurisantes ! Néanmoins, tous n'ont pas les mêmes moyens pour faire face à la crise. Pour construire un Québec plus écologique et solidaire, il importe d'inscrire une démarche de sortie de crise dans une perspective de solidarité internationale. C'est pourquoi les enjeux entourant la dette des pays du Sud reviennent dans l'actualité, notamment à la faveur des événements dramatiques dont nous prenons connaissance.

La solidarité internationale, un combat politique du mouvement altermondialiste

On a trop longtemps associé la solidarité internationale au missionnariat religieux ou à la charité des « riches envers les pauvres ». Aujourd'hui, on la réduit trop souvent encore à « l'aide humanitaire ». Toutefois, il y a un autre type de solidarité internationale, associé au combat politique de transformation sociale.

Aujourd'hui, l'altermondialisme renouvelle cette solidarité plus internationaliste comme un combat politique anti-systémique, en opposition à la domination mondiale du néolibéralisme et du capitalisme. Elle participe à la lutte contre les inégalités sur la planète et de ce fait exige qu'on mette fin aux pratiques en violation des droits humains et destructrices de l'environnement. Ces inégalités ne sont pas le résultat d'un phénomène naturel, mais celui d'un processus d'accaparement de richesses et de pouvoir au détriment des peuples et de la planète.

Agir en solidarité internationale au Québec et au Canada, c'est soutenir le mouvement de boycottage, de désinvestissement et de sanctions (BDS) contre Israël, les luttes contre l'extractivisme, notamment celles qui impliquent des investissements canadiens comme ceux de la Caisse de dépôt en Colombie, les manifestations contre les interventions militaires américaines en Iran, le libre exercice de la souveraineté des pays du Sud contre les droits des transnationales dans le libre-échange. Les campagnes d'aide humanitaire ou les pressions pour la libération de dissidents politiques en Chine, au Chili ou en Arabie Saoudite, conservent toute leur pertinence, mais elles sont d'autant plus importantes qu'elles s'inscrivent dans un combat politique anti-impérialiste, en opposition au capital mondialisé et au néolibéralisme, qu'il soit chinois ou occidental.

Pour faire face aux défis de la pandémie, de la crise économique et aussi ceux liés aux changements climatiques, une profonde remise en question des systèmes de production et de consommation est à l'ordre du jour. Alors que les pays occidentaux disposent de moyens énormes pour soutenir leur économie, les pays du Sud peinent à contrer la pandémie et l'augmentation de la pauvreté.

Accroître les budgets d'aide internationale ne suffira pas, étant donné les exigences du point de vue même humanitaire. Aussi, cette aide est souvent intégrée aux politiques commerciales des pays du Nord envers le Sud, quand elle n'est pas carrément une aide liée. Les populations des pays du Sud doivent disposer de moyens pour agir en pleine souveraineté. Dans ce cadre, soutenir l'annulation des dettes des pays du Sud vise à briser « un des nœuds qui fait tenir le vieux monde, celui qui résiste à la décolonisation, qui maintient la dépendance et qui renforce les discriminations » [1].

Les enjeux entourant le remboursement de la dette par les pays du Sud

Les ententes de remboursement de la dette entre les pays du Sud et les institutions internationales de la mondialisation néolibérale comme le Fonds monétaire international (FMI) ou la Banque mondiale ne tiennent plus. Il est impossible pour ces pays de respecter les exigences de remboursement, un mécanisme central de mise en œuvre des politiques d'austérité. La remise en question du remboursement de la dette et la contestation des dettes illégitimes sont des conditions nécessaires pour engager une sortie de crise égalitaire et respectueuse des réalités et de l'exploitation qu'ont subie ces pays dans le passé.

Selon les évaluations d'une ONG européenne, les quarante-six pays africains aux revenus parmi les plus faibles dépensent quatre fois plus pour rembourser la dette qu'en santé (7,8 % du PIB contre 1,8 %) [2]. Par ailleurs, Oxfam estime que les conséquences de la présente crise sanitaire et économique pourraient précipiter un demi-milliard de personnes dans la pauvreté [3] . On parle aussi d'un recul énorme de la fréquentation scolaire. Pas surprenant de constater qu'une coalition de 205 organisations de la société civile du monde entier demande l'annulation de tous les paiements de dette extérieure en 2020 et des financements additionnels d'urgence qui ne créent pas de nouvelles dettes [4].

Par ailleurs, la suspension du service de la dette lancée par le G20 en avril dernier prend des allures de résistance à l'annulation des dettes et de défense des privilèges des pays impérialistes. Selon un rapport du Réseau européen sur la dette et le développement (Eurodad), les critères pour limiter la générosité de la mesure excluent les pays du Sud parmi les plus touchés par la pandémie ! Aussi, le rapport évalue que la mesure du G20 ne concerne que 3,65 % des paiements de dette en 2020 par les pays en développement et ne fait que les reporter, sans les annuler ! [5]

L'annulation des dettes extérieures pour l'année 2020 pour 69 pays classés par le Fonds monétaire international (FMI) comme pays à faible revenu leur permettrait d'économiser jusqu'à 25 milliards US. À comparer aux milliers de milliards investis dans les pays du Nord pour soutenir l'économie domestique, il s'agit d'une somme modeste tout compte fait.

L'actualité du combat en solidarité internationale demande d'agir maintenant concernant la dette des pays du Sud, afin de susciter le développement d'une résistance mondiale aux politiques d'austérité que le FMI, la Banque mondiale et les classes politiques des différents États voudront mettre en place avec la sortie de crise. Les enjeux concernant les dettes des pays du Sud s'inscrivent au cœur du combat pour la justice sociale et climatique.

Le drame libanais et la dette !

Au moment d'écrire ces lignes, le nombre de morts continue d'augmenter après les terribles explosions dans la ville de Beyrouth, où vivent 30 % de la population libanaise. La ville est dévastée à moitié, plus de 300 000 personnes sont sans abris et le nombre de blessés est de plus de 7 000 ! Plus de la moitié de la population du pays se retrouve sous le seuil de la pauvreté. La cause de la déflagration, soit l'accumulation non sécuritaire de matières dangereuses, est à mettre en relation avec les coupures drastiques que les gouvernements successifs ont appliquées à la population, en protégeant la corruption mise en place depuis des années. Les mobilisations de l'automne dernier, qui ont réussi à chasser le chef de la corruption, Michel Aoun, semblent pouvoir se répéter, alors qu'une dizaine de députés ont démissionné et que de nouvelles élections sont appelées par le nouveau gouvernement de technocrates qui n'aura duré que trois mois.

Au cœur de la crise économique est la question de la dette. Pour la première fois de son histoire, juste avant la pandémie début mars, le Liban s'est déclaré en défaut de paiement de 1,2 milliard de $. La dette totale s'élève à 92 milliards de $, soit 170 % du PIB, alors qu'elle n'était que de quelques milliards à la fin de la guerre en 1990. Depuis, le Fonds monétaire international est sur place pour trouver une solution, non pas pour annuler la dette, mais la « restructurer », pour éviter que le pays ne se retrouve à nouveau en défaut de paiement. Si le peuple libanais réussit à chasser à nouveau son gouvernement, le moins qu'on puisse faire c'est qu'il puisse agir sans avoir à traîner une dette qui l'en empêche !

[1] Gustave Massiah, Allocution lors de la cérémonie de lancement de l'Appel pour l'annulation de la dette africaine dans le cadre de la Covid-19, Dakar, 23 juin 2020 http://alter.quebec/le-lancement-de-lappel-pour-lannulation-de-la-dette-publique-africaine-est-un-evenement-majeur/

[2] Milan Rivié, Jeu de dupes sur la dette des pays pauvres —Le Club de Paris marginalisé au bal des créanciers, Le Monde diplomatique, juin 2020, https://www.monde-diplomatique.fr/2020/06/RIVIE/61866 .

[3] Plateforme Dette et développement, Covid-19 : Annuler la dette pour sauver des vies, Paris, 15 juillet 2020. https://dette-developpement.org/Covid-19-Annuler-la-dette-pour-sauver-des-vies

[4] Collectif, Déclaration commune des 205 organisations de la société civile du monde entier, Un jubilé de la dette pour lutter contre la crise sanitaire et économique du Covid-19, mardi 7 avril, https://dette-developpement.org/Un-jubile-de-la-dette-pour-lutter-contre-la-crise-sanitaire-et-economique-du?var_hasard=6762433145e8c2515b76f2 .

[5] Plateforme Dette et développement, Les limites de l'Initiative de la suspension du Service de la Dette du G20, le jeudi 16 juillet 2020, https://dette-developpement.org/Les-limites-de-l-Initiative-de-Suspension-du-Service-de-la-Dette-du-G20

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L'utilité des finances publiques pour réduire notre empreinte écologique.

Thu, 03/09/2020 - 04:34

En ce temps de pandémie, on entend beaucoup parler de celle-ci comme une opportunité pour faire des changements importants au niveau économique afin de permettre que la relance se fasse dans le respect de l'environnement et favorise l'atteinte des cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Le 28 avril 2020, dans une lettre d'opinion publiée dans le New York Times, M. Guterres, secrétaire général des Nations unies, proposait six orientations ayant un impact positif sur le climat que devraient considérer les gouvernements dans leurs plans de relance de l'économie.
1. Les investissements des gouvernements doivent accélérer la sortie du carbone pour tous les secteurs de l'économie.
2. Il faut que les sommes investies par les gouvernements servent à créer des emplois verts et à aider des entreprises qui ne polluent pas et qui font du développement durable
3. Il faut que la fiscalité permette une transition économique juste.
4. Il faut investir dans des projets qui prennent en compte les risques climatiques, cesser de subventionner l'industrie des énergies fossiles et faire payer les pollueurs.
5. Le système financier doit dans l'ensemble de ses décisions prendre en considération l'impact sur l'environnement dans l'évaluation des risques et des opportunités. Les investisseurs ne peuvent pas continuer d'ignorer le prix payé par notre planète pour la croissance économique non durable.
6. De la même manière que le coronavirus ne respecte pas les frontières, les GES font de même. Aucun pays ne peut réussir seul. Il faut s'unir. L'isolement est un piège.

Les mesures proposées par M. Guterres font ressortir le fait que le marché ne parvient pas à prendre en considération le climat et que les gouvernements doivent intervenir. Cela voudrait dire que le marché n'est pas la solution à tout ? Que le marché n'est pas optimal ? Que le marché n'est pas omnipotent ?

Le concept de marché

Il est communément reconnu qu'il arrive que le marché ne parvienne pas à être optimal, en raison de ce que les économistes appellent des défaillances ou des inefficiences du marché. Cela se produit lorsque le mécanisme de fixation des prix ne parvient pas à bien allouer les ressources. Cela arrive dans au moins sept cas de figure. Celui qui nous intéresse ici se produit lorsque l'action d'un agent économique a des conséquences sur un ou des tiers qui ne sont pas partie prenante de l'action : une telle inefficience du marché est ce qu'on appelle une « externalité ».

Plus précisément, une externalité survient lorsque les coûts et/ou les bénéfices provenant d'une activité économique ne sont ni assumés par, ni ne bénéficient aux, selon le cas, personnes impliquées dans cette activité. Une externalité ainsi entendue peut être positive ou négative.

L'éducation publique et assumée par tous est un exemple « d'externalité positive » : les employeurs qui bénéficient de cette main-d'œuvre qualifiée en retirent en effet des bénéfices sans en assumer les coûts.

Une « externalité négative » survient quant à elle, par exemple, lorsqu'une entreprise déverse dans une rivière des contaminants. Elle bénéficie alors de l'économie liée au fait de produire à moindre coût en n'assumant pas le coût de traiter les contaminants. Le prix de ce produit ne reflète donc pas le coût social qu'impliqueront la décontamination de cette rivière et la perte de la jouissance d'une eau non polluée.

On reconnaît généralement que le réchauffement climatique dû aux émissions de GES est la pire et aussi la plus préoccupante des externalités négatives. Elle est la pire notamment pour sa gravité et parce qu'elle est causée par l'activité humaine en général ; et c'est la plus préoccupante parce que nous ne détenons pas l'information au sujet de l'impact écologique des actions que nous posons. Cela a pour conséquence d'encourager des comportements qui vont à l'encontre de choix rationnels qui pourraient être faits par les consommateurs s'ils avaient toute l'information concernant les émissions de GES des produits qu'ils consomment.

Nous constatons donc ici que le mécanisme de prix, contrairement à ce que dit le modèle théorique, ne parvient pas à jouer adéquatement son rôle, qu'il n'est pas transparent et qu'il nous empêche même de faire les choix collectifs qui s'imposent. Il nuit donc au fonctionnement d'une saine démocratie.

Les mesures proposées par M. Guterres demandent que l'intervention des États et de l'ensemble des agents économiques pour relancer l'économie prenne en compte l'impact sur l'environnement. En ce temps de pandémie, l'intervention des États est justement revenue à la mode. Cela va, on l'espère, nous permettre de sortir de la crise sanitaire : mais cela pourrait aussi pallier à l'inefficience du marché et contribuer à nous sortir de la crise environnementale.

Comment prendre en compte le climat ?

Au cours des dernières décennies, des réglementations pour inciter les pollueurs à utiliser des équipements moins polluants ou à diminuer leurs émissions ont connu un relatif succès. Des taxes environnementales sont aussi tenues par certains comme un moyen d'intervention pouvant être efficace dès lors qu'elles apportent un incitatif financier à émettre moins de GES. Mais peu importe le moyen que l'on met en place pour internaliser les externalités, le plus difficile est de déterminer la valeur de tous les impacts négatifs qu'elles peuvent générer.

Les économistes reconnaissent que lorsque le marché est inefficient, l'intervention étatique est justifiée et légitime. La science nous fournit une gamme d'options pour ce faire et réduire les émissions de GES. Une action gouvernementale ferme et délibérée est nécessaire pour imposer ces mesures et nos gouvernants doivent donc agir. L'État possède le pouvoir de légiférer. Comme nous le disions précédemment, il peut limiter par des lois les émissions de GES ; il peut aussi percevoir des taxes et mettre sur pied des incitatifs financiers pour diminuer les émissions de GES, soit par l'amélioration des technologies, mais aussi par la reforestation.

Nous avons donc des moyens pour agir contre la pire des externalités, le réchauffement planétaire. Ce qui fait défaut, c'est la volonté politique d'agir : M. Guterres fait un pas dans la bonne direction en faisant appel aux États. Il nous revient donc à nous, comme citoyens, de faire pression sur nos gouvernements pour qu'ils agissent, et qu'ils le fassent rapidement.

Parce que le marché à lui seul, par définition, n'y parviendra pas. Plus profondément, cela signifie aussi qu'il nous faudra renoncer à cette mortifère utopie d'une croissance illimitée.

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