Skip navigation

News from Attac France

Syndicate content Attac France
Attac s'engage pour la justice sociale et environnementale et mène des actions contre le pouvoir de la finance et des multinationales. Mouvement d'éducation populaire, l'association produit analyses et expertises, organise des conférences, des réunions publiques, participe à des manifestations… Attac est présente dans une cinquantaine de pays ; Attac France compte près de 10 000 membres et plus de 100 comités locaux.
Updated: 1 hour 15 min ago

Des militants déguisés en loups s'invitent à Davos pour protester contre les « tribunaux d'arbitrage » du RDIE

3 hours 40 min ago

Des militant·e·s déguisé·e·s en loups se sont invité·e·s dans les rues de Davos, en marge du Forum économique mondial, pour protester contre le droit des entreprises à poursuivre les gouvernements en justice dans le cadre des dispositions controversées du mécanisme de règlement des différends entre Investisseurs et États (RDIE ou ISDS en anglais). Cette action s'est déroulée le 23 janvier à 13 h.

Les clauses du RDIE, présentes dans de nombreux accords de commerce et d'investissement, notamment dans l'Accord de partenariat transpacifique (PTP) et l'Accord économique et commercial global (AECG), permettent aux multinationales d'avoir recours à des tribunaux internationaux secrets afin d'intenter des poursuites à l'encontre des États si les gouvernements prennent des mesures qu'elles estiment entraver injustement leurs bénéfices.

Signez la pétition « Des droits pour les peuples, des règles pour les multinationales ».

La coalition « Stop RDIE », une alliance regroupant plus d'une centaine d'ONG, dont Attac, Greenpeace, Action Aid et l'Internationale des Services Publics, a organisé l'action afin de lancer une pétition adressée à l'Union européenne pour mettre fin à la promotion du RDIE.

Plus d'une quarantaine de sociétés figurant sur la liste des « partenaires industriels » du Forum économique mondial ont été impliquées dans des affaires de RDIE (voir ci-dessous) souvent destinées à saper ou à décourager les politiques progressistes, telles que les politiques relatives à la protection de l'environnement, la hausse du salaire minimum ou les mesures de santé publique.

Voici notamment quelques exemples :

  • En 2005, Cargill, un habitué de Davos, a poursuivi le Mexique en justice après la mise en place par le gouvernement d'une taxe sur le sirop de maïs riche en fructose en vue de faire face à l'obésité dans le pays. Cargill s'est appuyé sur les clauses de RDIE présentes dans l'ALENA pour obtenir plus de 70 millions de dollars de dommages et intérêts de la part du gouvernement mexicain. Cargill a profité du Forum économique mondial de 2018 pour lancer un projet de responsabilité sociale d'entreprise, en prétendant « aborder les problèmes sociaux grâce au pouvoir de l'alimentation ».
  • En 2015, Novartis a menacé de recourir au RDIE pour réussir à dissuader le gouvernement colombien de rendre plus accessible un médicament vital contre la leucémie grâce à des licences obligatoires. Ce médicament, qui a rapporté plus de 40 milliards d'euros de chiffre d'affaires à Novartis, est commercialisé pour plus de 15 000 dollars par an et par patient, soit le double du revenu moyen de la population colombienne.
  • En 2008, Dow Chemical a attaqué le Canada en justice après l'interdiction par le Québec de la production et la vente de pesticides nocifs. Dow Agrosciences a déclaré que le règlement du différend était une victoire, et les commentateurs ont constaté que cette affaire pourrait décourager d'autres gouvernements de progresser vers l'interdiction des pesticides au sein de leur propre pays.

Alex Scrivener, le porte-parole de la coalition, a déclaré :
« Alors que les PDG présents à Davos tentent de se présenter comme des bienfaiteurs devant les politiciens, nombre d'entre eux poursuivent les gouvernements en justice afin de mettre à mal les politiques progressistes dont nous avons besoin. Leur attitude n'est que pure hypocrisie. Le RDIE menace cruellement la démocratie, les droits humains et l'environnement. Les dirigeants de l'UE doivent profiter de Davos pour s'engager à mettre un terme à l'arbitrage entre investisseurs et État, et pour assurer plutôt la justice aux millions de personnes dans le monde qui sont victimes de violation des droits humains par les entreprises ».

Rosa Pavanelli, la Secrétaire générale de l'Internationale des Services Publics (et membre de la coalition), a déclaré :
« Dans un monde confronté à des défis majeurs, tels que le changement climatique et l'augmentation des inégalités, les entreprises multinationales ne devraient pas être en mesure de l'emporter sur la souveraineté nationale. Personne ne devrait avoir le droit de poursuivre les gouvernements pour des profits futurs. Nous devons mettre fin au RDIE et en permettant à chacun d'obliger les entreprises à rendre des comptes grâce à un traité des Nations Unies contraignant sur les entreprises transnationales et les droits humains ».

Renseignements généraux sur la campagne contre le RDIE et en faveur de la responsabilité des entreprises :

Nous formons une alliance de plus de 150 organisations, syndicats et mouvements sociaux, qui fait campagne en faveur de la mise en œuvre de règles sur la responsabilité des entreprises et contre le mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et État, un système de justice parallèle, partial et injuste uniquement en faveur des entreprises.

Le 22 janvier 2018, la coalition a lancé une pétition européenne dans 16 États membres de l'UE, réclamant à l'UE et aux gouvernements européens de mettre fin aux privilèges des entreprises en se retirant des accords de commerce et d'investissement existants qui contiennent des clauses de RDIE, et d'exclure ces clauses de tout accord futur.

La campagne demande également à l'UE et aux États membres de soutenir la conclusion d'un traité des Nations Unies contraignant sur les multinationales et d'adopter une législation nationale qui obligerait les entreprises transnationales à rendre des comptes pour violation des droits humains.

RDIE - FAITS PRINCIPAUX
  • Les affaires de RDIE ont donné lieu à l'octroi de 50 milliards de dollars américains de fonds publics à des investisseurs privés, soit un montant supérieur au PIB de la plupart des pays.
  • Ces vingt dernières années, le nombre d'affaires a littéralement explosé, passant de moins de 10 en 1994 à 608 en 2014. Parmi ces affaires, 80 % concernent des entreprises mondiales implantées aux États-Unis et en Europe.
  • Les entreprises américaines sont de loin les utilisatrices du RDIE les plus fréquentes, avec deux fois plus d'affaires que le deuxième pays ayant le plus souvent recours au mécanisme de RDIE. La plupart des procès sont gagnés par des investisseurs.
  • Des experts, dont le Juge en chef de la Haute Cour d'Australie, ont fait part de sérieuses préoccupations quant à l'indépendance et l'impartialité du RDIE.
  • La CJE a récemment statué que les affaires intracommunautaires concernant le RDIE sont « incompatibles avec le droit européen ».
  • La consultation publique de la Commission européenne sur le RDIE a montré que plus de 97 % des répondants et répondantes rejettent ces privilèges d'entreprise.
  • La Commissaire Européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a récemment décrit le RDIE comme « l'acronyme le plus toxique en Europe ». C'est l'une des raisons pour lesquelles l'UE tente actuellement de créer de nouveaux acronymes pour le RDIE : ICS et MIC.
  • Dans le cadre du RDIE, les investisseurs étrangers jouissent de davantage de droits que les entreprises et les citoyens et citoyennes locaux. Ils peuvent contourner les tribunaux nationaux et attaquer directement les États devant des tribunaux internationaux.
  • Les affaires de RDIE sont souvent portées devant des tribunaux secrets, constitués seulement de trois arbitres privés nommés en tant que « juges ». Ces arbitres ont, pour la plupart, travaillé par le passé pour les mêmes entreprises qui poursuivent les États.
  • Même si un gouvernement gagne le procès, une étude de l'OCDE de 2012 a révélé que les affaires de RDIE durent 3 à 5 ans et que le coût moyen par procès s'élève à 8 millions de dollars américains, certains procès coûtant même jusqu'à 30 millions de dollars américains.
  • Le gouvernement philippin a dépensé 58 millions de dollars américains en défendant deux affaires contre l'exploitant aéroportuaire allemand Fraport, soit l'équivalent du salaire annuel de 12 500 enseignants et enseignantes.
  • Un récent document de travail de l'OMC n'a trouvé aucune preuve empirique qui démontrerait que le RDIE stimule les investissements.
  • Le RDIE n'a ni système de précédents ni procédure d'appel, les décisions des arbitres étant par conséquent finales et parfois contradictoires.

En résumé, le RDIE est un système extrêmement coûteux, qui ne jouit d'aucune indépendance juridique, n'intègre ni précédents ni procédure d'appel, accorde des droits légaux abusifs aux multinationales qui disposent déjà d'un énorme pouvoir de marché, en se reposant sur des concepts juridiques non reconnus dans les systèmes nationaux ou inaccessibles aux investisseurs des pays.

Partenaires industriels du Forum économique mondial ayant eu recours aux dispositions du RDIE pour poursuivre des gouvernements en justice

Extraits d'affaires :

  • Vattenfall, un exploitant de centrales nucléaires, réclame plus de 4 millions d'euros à l'Allemagne, suite à l'annonce par le gouvernement d'une transition vers la sortie du nucléaire. Vattenfall a également poursuivi le gouvernement allemand après la décision de l'autorité environnementale d'Hambourg d'imposer des contrôles de la qualité des eaux usées rejetées dans le fleuve par une centrale de Vattenfall. Vattenfall a soutenu que ces normes ont rendu le projet d'investissement non viable. En ayant recours aux dispositions du RDIE, l'entreprise a réclamé une indemnisation s'élevant à 1,4 milliard d'euros. L'affaire a finalement été réglée lorsque la ville d'Hambourg a accepté de revoir à la baisse les exigences environnementales précédemment fixées.
  • Chevron a attaqué en justice l'Equateur, qui avait tenté de faire payer l'entreprise pour la pollution et les conséquences écologiques dévastatrices des activités minières dans la région amazonienne.
  • Glencore a poursuivi le gouvernement colombien pour avoir limité l'expansion d'une mine de charbon à ciel ouvert polluante.
  • Engie a attaqué la Hongrie en justice après l'augmentation par le gouvernement des taxes sur les entreprises de l'énergie étrangères et la tentative de baisse des prix pour les consommateurs.
  • Mobil a intenté un procès au gouvernement canadien après que la province de Terre-Neuve-et-Labrador a essayé de garantir qu'un pourcentage des bénéfices de l'extraction gazière en mer soit réinvesti dans la recherche et le développement dans la région.
  • Total poursuit l'Ouganda pour avoir taxé l'achat de blocs d'exploration pétrolière.
  • Scotia Bank a réclamé à l'Argentine plus d'un demi-milliard de dollars pour des mesures prises pendant la crise financière argentine de 2002.
  • Mercuria, un négociateur de marchandises suisse, a poursuivi la Pologne via une filiale chypriote en raison de la mise en œuvre d'une directive européenne sur les stocks obligatoires de pétrole qui, selon eux, a eu une incidence négative sur leurs bénéfices.
  • Shell a attaqué en justice les Philippines, via une filiale hollandaise, curieusement nommée « Shell Philippines », en raison des tentatives du gouvernement visant à faire payer aux extracteurs de gaz en mer leur juste part d'impôts.
  • Créduit Suisse et Standard Chartered ont poursuivi le gouvernement indien pour « ne pas avoir protégé les emprunts des investisseurs ».
  • Siemens a poursuivi l'Argentine pour avoir annulé un contrat de sous-traitance des services publics après plusieurs échecs. Siemens a gagné plus de 200 millions de dollars américains.
  • En 2016, Novartis a menacé de recourir au RDIE pour réussir à dissuader le gouvernement colombien de rendre plus accessible un médicament vital contre la leucémie grâce à des licences obligatoires. Ce médicament, qui a rapporté plus de 45 milliards d'euros de chiffre d'affaires à Novartis, est commercialisé pour plus de 15 000 dollars par patient et par an, soit le double du revenu moyen de la population colombienne.
  • Cargill, qui vend des produits alimentaires, a attaqué le gouvernement mexicain après la mise en place d'une taxe sur les boissons contenant du sirop de maïs riche en fructose. Cette taxe visait à faire face à l'aggravement de la crise du diabète et de l'obésité dans le pays, le Mexique étant le deuxième pays de l'OCDE le plus touché par la crise après les États-Unis. Cargill a utilisé le RDIE dans l'ALENA pour réclamer plus de 70 millions de dollars de dommages et intérêts du budget du gouvernement mexicain. Lors du Forum économique mondial en 2018, Cargill s'est engagé à « aborder les inégalités sociales grâce au pouvoir de l'alimentation ».
  • Dow Chemical a poursuivi le Canada en justice après que le Québec a interdit la production et la vente de pesticides nocifs. Dow Agrosciences a déclaré que le règlement du différend était une victoire, et les commentateurs ont constaté que cette affaire pourrait décourager d'autres gouvernements de progresser vers l'interdiction des pesticides au sein de leur propre pays.
Liste complète des partenaires industriels du Forum économique mondial impliqués dans des affaires de RDIE en cours ou terminées :

Agility Telecommunications
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/793
Airbus
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/907
DP World
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/807
Iberdrola
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/901
Nissan
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/828
Puma Energy
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/820
Engie
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/712
Glencore
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/728
Shell
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/721
Vedanta
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/733
Arcelor Mittal
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/697
Greentech
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/634
Mobil
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/643
Total
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/657
Anglo American
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/605
RWE
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/586
Alghanim
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/527
Repsol
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/490
Vatenfall
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/467
Agility
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/422
Indorama
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/406
Merck
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/437
Chevron
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/341
Deutsche Bank
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/337
Dow
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/345
A.P. Møller-Maersk
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/336
Mercuria Energy
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/322
Turkcell
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/288
Eni
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/265
Cargill
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/204
ArcelorMittal
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/197
Saipem
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/207
ScotiaBank
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/209
ABN Amro
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/149
Credit Suisse
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/150
Standard Chartered
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/152
Telenor
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/158
IBM
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/94
Occidental
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/76
Siemens
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/77
AIG
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/72
UPS
https://investmentpolicyhub.unctad.org/ISDS/Details/51

Categories: Attac Planet

« Forger des alliances avec les millions de travailleurs et les militants de défense des droits en Chine »

3 hours 51 min ago

Entretien avec Dorothy Guerrero, responsable des politiques et du plaidoyer de Global Justice Now/Attac Grande-Bretagne, spécialiste de l'Asie et des politiques commerciales.

Peut-on parler de période de « démondialisation » à propos de la période actuelle, pourquoi ?

Comme certaines personnes le savent peut-être, j'ai travaillé pendant un temps pour Focus on the Global South, qui est une association sud-asiatique influente qui a adhéré à la démondialisation en tant que stratégie organisationnelle au début des années 2000 sous la direction de Walden Bello, un intellectuel reconnu dans le monde entier et à qui The Economist a attribué la paternité du terme. On m'a souvent demandé si je pensais que nous obtenons aujourd'hui ce que nous demandions. Cela s'explique par le sentiment grandissant que la mondialisation fait l'objet d'attaques de toutes parts ces temps-ci et par l'impression que le monde prend maintenant une direction opposée.
Les dits partenaires et alliés qui « battent » les États-Unis au jeu du commerce en amassant des excédents commerciaux ne sont pas des amis, mais sont plutôt des « grosses menaces » et des tricheurs qui profitent de « son » pays. Les processus et les plateformes tels que l'Accord de Libre Échange Nord Américain (ALENA) et l'Accord de Partenariat Transpacifique ont été abandonnés. Ces glissements reflètent des changements structurels majeurs qui sont en cours, comme en témoigne le fait que des pays européens et asiatiques sont maintenant en concurrence avec les États-Unis sur les plans économique, financier et commercial.

Une guerre commerciale des États-Unis avec le reste du monde n'est pas à exclure - cette guerre serait d'une ampleur que les les économies capitalistes les plus importantes n'ont pas connu depuis la dépression des années 1930. De manière paradoxale, il semble que Trump parvienne à faire en solitaire et selon une idéologie d'extrême droite nationaliste, ce pourquoi les associations altermondialistes se sont battues depuis longtemps dans une perspective internationaliste et de gauche à l'aide de manifestations de rue massives qui ont été accueillies à coup de lacrymogènes lancées par des forces de l'ordre surarmées, ainsi qu'à travers des interventions de l'intérieur à l'occasion des sommets mondiaux dès que cela était possible, bien que leurs motivations aient été différentes.
De façon remarquable, l'extrême droite a mené à bien une opération de vol politique de la critique au cœur du combat de la gauche. Le populisme d'extrême droite exploite un sentiment populaire largement partagé que l'« Establishment » ignorent le peuple et oublient même jusqu'à son existence, que les élites économiques gouvernent dans leur intérêt propre. Leurs propositions adoptent une position favorable à la gestion défensive et étatique de l'économie qui ne remettrait pas en cause la manière dont la richesse est créée ni les priorités politiques qui ont créé les inégalités. Dans le même temps, les moyens retenus pour résoudre les problèmes sont de fermer les frontières aux migrant·e·s.

Peut-on envisager aujourd'hui une démondialisation qui serait la conséquence des guerres commerciales et des restrictions imposées aux mouvements de personnes et de capitaux ? La mondialisation dépend de et produit aussi, un système complexe de régulation des flux internationaux, ainsi que l'imbrication des règles nationales à l'ordre international. Quelques régulations sont en train de changer, mais la balance ne penche absolument pas du coté de la démondialisation.
La mondialisation, qui subira peut-être quelques petits changements, se montrera résiliente, que cela nous plaise ou pas. L'économie politique dans son ensemble s'organise déjà (en fait depuis quelques décennies) à l'échelle globale. Ce sera très difficile - pour ne pas dire impossible - d'atteindre une retraite totale d'un monde dans lequel tant d'activités économiques sont désormais façonnées par les imbrications complexes formées par la valeur et les chaines de production internationales. Mais - et c'est un grand et important mais - il n'y a pas de fatalité à ce que la mondialisation soit néolibérale. Il est possible d'imaginer et de créer un type différent de mondialisation, d'autant plus si elle se fonde sur davantage de démocratie.

Le néolibéralisme et le libre échange ont fait échoué le rêve capitaliste

Les critiques du libre échange ont depuis longtemps mis en avant que bien que celui-ci soit un cadre qui permet l'accumulation de capital au niveau mondial et créer de la croissance économique, son inconvénient et un aspect crucial de sa double nature est qu'il produit aussi des inégalités dans les pays riches aussi bien que dans les pays pauvres. Il a également également pour conséquence la participation au phénomène du chômage et l'exploitation accrue du travail dans les économiques les plus faibles ainsi que la confiscation foncière. Les inégalités de revenu et de richesse entre pays et en leur sein se sont creusées au cours des trois dernières décennies.
L'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) existe et est un échec depuis plus de deux décennies maintenant parce qu'il est impossible de soutenir une croissance économie infinie sur une planète finie. Les ressources naturelles sont surexploitées et les dommages causés à la planète du fait d'une extraction de fossiles trop importante et du mode de production et de consommation actuel produit aujourd'hui des effets domino qui ont des conséquences tout à la fois prévisibles et imprévisibles.
La mondialisation de la finance et la financiarisation de toute chose est au cœur du néolibéralisme. Dix ans se sont écoulés depuis la crise financière du 15 septembre 2008, qui a commencé avec la chute de la banque d'investissement Lehman Brothers. Dix ans plus tard, les élites politiques et économiques n'en font qu'à leur tête et ne se montrent pas enclines à tirer les leçons de la crise. Cela s'explique par le fait que la finance néolibérale et le commerce sont au service de la même cause - faire en sorte que le capital puisse aller où il veut, quand il veut grâce à l'affaiblissement grave de la capacité de n'importe quel gouvernement à le réguler, le taxer ou le contrôler.
La nouvelle génération de partenariats complets de libre échange signifie des accords qui défendent les droits des investisseurs. Ils tirent leur cohérence des mécanismes de règlements des différends entre États et Investisseurs (Investor-State Dispute Settlement - ISDS) aussi dangereux qu'ils sont honnis. Ces mécanismes donnent le pouvoir aux entreprises multinationales de poursuivre les gouvernements quand elles estiment que leurs profits seront amoindris par les politiques étatiques dont le but est de protéger les droits des peuples et l'environnement. Cet ordre politique et économique mondial a conduit à l'émergence d'une économie du court terme, productrice d'inégalités, sujette aux crise et qui épuise la planète.
Les crises politiques mondiales et interconnectées ont augmenté les inégalités. La croissance économique en hausse n'a bénéficié qu'aux entreprises et n'a pas conduit le « développement » tant promis pour les pauvres. Les riches sont maintenant plus riches tandis que les pauvres sont plus pauvres. Tout ça parce que les priorités des gouvernements se mettent au service des intérêts des élites politiques et économiques.
La croissance économique n'est pas la réponse à la pauvreté. Si les gouvernements veulent résoudre le problème de la pauvreté, alors il faut davantage de politiques et de programmes dont les effets sont redistributifs et de mesures qui mettent fin aux inégalités qui ont été aggravées par le système capitaliste actuel. L'exploitation irresponsable de la planète au nom de la croissance infinie nous conduit droit à l'autodestruction. Les mouvements qui se battent pour la justice climatique et commerciale disent depuis longtemps que laisser le libre échange gouverner nos vies signifie que nous aurons besoin d'autres planètes à brûler.

Beaucoup de choses ont changé au cours des dix dernières années depuis la chute de Lehman Brothers, qui a enclenché la crise financière dont nous peinons encore à nous remettre. Le principal changement est la transformation de L'État en une institution plus autoritaire et répressive mais aussi plus soumise aux capital transnational.
Nos dirigeant.e.s refusent de tirer les leçons de la crise financière. Ils et elles nous ont trahi.e.s en prenant les mauvaises décisions et nous mettant sur la voie d'une prochaine crise. Nous ne devons pas oublier comment des États clés ont réagi à la crise il y a dix ans. Les principales économies mondiales ont sauvé les banques et les cadres financiers ont continué à toucher des salaires indécents. Alors que la crise continuait de détruire l'économie, toujours plus de pouvoirs étaient octroyés aux marchés. Les États-unien.ne.s ont été encouragés à consommer davantage et à acheter pour sauver l'économie états-unienne. L'Europe prit la voie de l'austérité en privant les citoyen.ne.s des aides sociales qui auraient pu aider les pauvres à survivre et à conserver leur dignité. Beaucoup n'ont pas su voir la leçon qu'a donné la Chine. Au lieu d'encourager les gens à ne devenir que des consommateurs, Pékin a voté et mis en oeuvre les plus gros plans de relance jamais vus en temps de paix et a ainsi sauvé non seulement sa propre économie mais également le reste de l'Asie.
Dix ans après la crise financière, les plus grosses banques ont triplé de volume, et les quelques régulations adoptées dans le but d'empêcher une future crise ont été annulées. Pourtant, aucun signal ne laisse penser que le système financier soit capable de s'auto-réformer.

Le libre-échange ne bénéficie qu'aux grandes entreprises

Le libre-échange se fonde sur les principes de création de profits par les entreprises et non sur ceux de services rendu à l'humanité et à la nature. L'OMC et divers accords de libre-échange (ALE) n'ont produit qu'un système commercial mondial où les profits et les avantages sont accaparés par quelques entreprises multinationales. Les rapports de l'OMC sur le commerce mondial le confirment. Dans l'économie capitaliste contemporaine, où 80 à 90 % de tous les investissements productifs sont réalisés par des sociétés privées à but lucratif, c'est le niveau de rentabilité du capital qui est le facteur décisif pour la croissance et non les dépenses publiques pour stimuler le développement.
Par le biais des règles de « libre-échange » de l'OMC, des accords de libre-échange et des traités d'investissement, les gouvernements ont assisté à la rédaction et à la mise en œuvre en partie d'une nouvelle constitution mondiale au service des entreprises multinationales. Les accords sur le commerce vont au-delà des questions relatives au commerce des marchandises. Ils traitent également de l'alimentation, de la santé, de l'emploi, de l'eau, de l'énergie, du climat, des terres, de la justice et de presque tous les domaines où les États souverains sont normalement censés gouverner. Nous constatons que les règles du commerce mondial, en particulier l'ISDS (les tribunaux d'arbitrage), l'emportent sur la souveraineté nationale et forcent les gouvernements à s'y conformer et à priver les pays de leurs espaces de délibération politique.
L'alternative progressive est d'approfondir la démocratie en assurant une gestion plus forte de l'économie par l'État et les citoyen.ne.s. Les crises multiples et systémiques ne seront pas résolues par le système même qui les a créées. Plutôt que davantage de croissance, nous aurions besoin de redistribuer les richesses déjà créées, tout en accueillant les migrant.e.s et en protégeant les mécanismes démocratiques.

Qu'en est-il de la question Nord/Sud ? Le « Nord » gouverne-t-il toujours le monde et si oui, pourquoi/comment ? Dans ce contexte, quelle est la position des BRIC ?

Comprendre ce qui se passe dans le processus d'expansion du capital chinois et dans l'intensification de la rivalité économique entre les anciennes puissances et les nouvelles puissances comme la Chine est crucial pour comprendre l'économie politique mondiale actuelle. La montée en puissance de nouvelles puissances ne signifie pas qu'il y a maintenant un nouveau leadership du Sud, loin de là. Les BRICS ne sont pas aussi cohérents aujourd'hui qu'à leurs débuts et avec leurs dirigeants actuels, ils ne contribuent pas à l'avènement d'une économie politique différente. Ils soutiennent plutôt le statu quo et en tirent profit, on ne pouvait sérieusement espérer de changements substantiels.

Il est également important de tenir compte de ce qui suit dans notre vision des BRICS : (a) les luttes de classe internes au sein des pays BRICS ; (b) les relations des pays BRICS entre eux ; et (c) les relations des pays BRICS avec les pays non BRICS du Sud. N'étant pas une experte de tous les pays BRICS, j'en parlerai plus tard en utilisant la Chine comme point central de l'analyse. Le Forum des peuples de Hong Kong de 2017 sur les BRICS a noté dans sa déclaration que « la Chine est maintenant devenue un moteur mondial de promotion d'un programme néolibéral : des accords de libre-échange à l'intégration transnationale menée par les entreprises ». Cette nouvelle configuration présente de nouveaux défis aux mouvements sociaux qui luttent pour la protection des droits humains et des conditions de vie.

Les BRICS imitent également le Nord dans sa façon de produire les richesses, ce qui passe par des investissements improductifs ou un « capital rentier ». Dans le chapitre sept de leur rapport 2017, les économistes de la CNUCED concluent qu'il y a eu "émergence d'une nouvelle forme de capitalisme rentier en raison de certaines tendances récentes :

  • des augmentations très prononcées de la concentration du marché et du pouvoir de marché qui en résulte pour les grandes entreprises multinationales
  • l'inadéquation et la portée de plus en plus limitée des pouvoirs réglementaires des États-nations, et l'influence croissante du lobbying des entreprises pour défendre les rentes improductives".

Parce que les crises créées par la mondialisation sont profondes et systémiques, nous avons besoin d'une restructuration économique beaucoup plus fondamentale. Ce que les BRICS doivent faire pour proposer un leadership différent qui profiterait au développement des autres pays et qui porterait un coup aux anciennes puissances et ainsi faire figure de pionniers :

  • Transformer le commerce international et veiller à ce que les accords commerciaux retirent les investissements des accords commerciaux. Cela signifie qu'il n'y aura plus d'ISDS ;
  • Pousser à la création d'un instrument international contraignant pour mettre fin à l'impunité des entreprises. Les gouvernements doivent soutenir le processus mandaté par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU qui est en train d'élaborer un traité contraignant de l'ONU sur les sociétés multinationales en matière de droits humains, ainsi que d'autres politiques visant à réduire le pouvoir des entreprises (dont les grandes banques qui étaient déjà jugées trop grandes pour faire faillite à l'époque et qui sont encore plus grandes pour faire faillite aujourd'hui) ;
  • Faire en sorte que les dix prochaines années soient porteuses de changement. Le libre-échange et les marchés financiers mondiaux doivent être réformés de fond en comble. Les parlements devraient se battre pour leur rôle de supervision des négociations sur le commerce et l'investissement et ne pas laisser des négociateurs non élus et responsables devant personne décider de notre avenir ;
  • Si nous voulons éviter que la crise financière de 2008 ne se reproduise, les banques « trop grandes pour faire faillite » doivent être démantelées. Nous avons besoin de régulations des marchés financiers, d'une taxe sur les transactions financières et de la fermeture des paradis fiscaux si nous voulons affaiblir le pouvoir de lobbying des institutions financières ;
  • Outre les crises financière et politique, la crise climatique doit être appréhendée d'une manière qui contribue à résoudre les crises financière et politique. Utiliser leur influence pour s'assurer que les pays riches font une transition appropriée et juste vers une économie décarbonée et qu'ils s'orientent eux-mêmes progressivement vers cette économie. Une part importante de ces investissements est constituée par les désinvestissements des combustibles fossiles ;
  • Les banques publiques, les caisses d'épargne locales et les coopératives devraient être soutenues car elles soutiennent efficacement les mesures respectueuses du climat, en particulier celles qui poursuivent l'intérêt public et qui sont sans but lucratif.
  • Davantage de ressources doivent être exclues des mécanismes de marché - nos services publics (éducation, santé, etc.) et nos ressources énergétiques.

Les États-Unis ne sont pas le seul pays riche à connaître d'énormes pertes d'emplois dans le secteur industriel. Les pertes d'emplois ont été similaires dans d'autres économies capitalistes développées au cours des 30 dernières années. Pour le Royaume-Uni, il faut chercher les explications du côté du changement de nature du capitalisme britannique en capitalisme rentier/financier - ou gagner de l'argent avec l'argent - et de la forte réduction de l'industrie manufacturière. D'autres pays semblables, comme l'Allemagne, n'ont pas perdu leurs industries manufacturières aussi rapidement et drastiquement que le Royaume-Uni.
Ce qu'il faut absolument comprendre, c'est que le déclin des États-Unis n'est pas dû au fait que d'autres partenaires commerciaux en ont profité par le biais d'accords commerciaux déloyaux. Les amis de Trump et lui-même, les patrons des grandes entreprises américaines, ont réduit à plusieurs reprises les coûts de main-d'œuvre aux États-Unis par la mécanisation ou en trouvant de nouvelles sources de main-d'œuvre bon marché à l'étranger pour produire des biens moins chers pour les États-Unis et d'autres marchés.

L'augmentation mondiale des inégalités de revenu et l'expansion de l'économie du divertissement, y compris ici au Royaume-Uni, sont le produit de la dépendance des capitalistes à l'accumulation des profits et à la mondialisation. C'est le résultat d'une politique « néolibérale » visant à empêcher l'augmentation des salaires et à augmenter les profits des actionnaires. Le protectionnisme promu par Donald Trump ne peut et ne reviendra pas sur cela. La question dépasse également le cadre du commerce ; ce qui importe davantage, c'est que les flux de capitaux à long terme s'orientent vers les secteurs productifs de l'économie plutôt que vers l'investissement dans des activités spéculatives.

A l'échelle du monde, ce n'est pas une bonne nouvelle que Trump et les fascistes pensent que les règles et les institutions ne comptent plus. Pour que la justice économique l'emporte, ces règles et institutions doivent changer ou être abolies et remplacées par de nouveaux processus plus démocratiques et plus justes.

Quel est le rôle de la Chine ?

Le fait que Donald Trump développe une politique américaine isolationniste et que le Royaume-Uni se concentre tout entier sur sa politique intérieure centrée sur son retrait de l'Union européenne a signifié que les deux champions du système commercial multilatéral ont apparemment abandonné leur rôle de leaders du processus de mondialisation. Beaucoup se sont demandé si le moteur de la mondialisation et si les équilibres de pouvoir sont en train de changer à l'Est, en particulier lorsque le président chinois Xi Jinping a fermement défendu le libre-échange et exhorté les dirigeants mondiaux à dire « non au protectionnisme » dans son discours lors du Forum économique mondial de Davos en 2017.

Compte tenu de sa taille, de son statut de deuxième économie mondiale et de son accession imminente à la première place mondiale, les actions de Beijing sont de plus en plus importants, en particulier dans les processus multilatéraux. La guerre commerciale Chine-États-Unis a inquiété les dirigeants mondiaux qui ont participé à la réunion du Groupe des Vingt (G20) de 2018. Au-delà des responsabilités incontournables des pays riches industrialisés, des engagements et des actions concertées sont essentielles pour résoudre la crise du réchauffement climatique. Il est très important de comprendre comment la Chine s'est tailléun nouveau rôle dans la phase actuelle du capitalisme mondial.

Il y a deux ou trois choses que beaucoup d'experts ne parviennent pas à ou évitent de souligner lorsqu'ils écrivent et parlent de la montée en puissance de la Chine : (1) que la planification de l'État a joué un rôle très important dans l'exploit considérable consistant non seulement à sortir la majorité de sa population de la pauvreté absolue, et nous parlons ici de centaines de millions de personnes, mais aussi à devenir la deuxième plus grande économie actuelle ; et (2) que la majorité des entreprises multinationales chinoises qui ont été pionnières et qui sont toujours à la tête de la croissance des investissements chinois à l'étranger sont publiques. Ces éléments sont essentiels pour comprendre non seulement le modèle de développement chinois, mais surtout la realpolitik de l'économie mondiale. La montée en puissance planifiée de la Chine, dont les principaux moteurs de l'investissement étranger sont les entreprises publiques, fait une grande différence. Cela donne aux pays du Sud l'impression que la Chine peut peut-être offrir une alternative quant au type de développement que les pays en développement devraient suivre.

Pour toutes ces raisons, les dirigeants et les penseurs des pays du Sud perçoivent l'ascension de la Chine de façon nuancée. On craint que leurs nouvelles relations avec la Chine n'aboutissent à une diplomatie du piège de la dette, les Chinois se remboursant en obtenant accès à leurs ressources naturelles et à leurs matières premières, ce qui, à son tour, couvre davantage les besoins énergétiques de la Chine et lui permet de continuer son expansion. Il y a de plus en plus d'oppositions de la part des mouvements citoyens contre leurs gouvernements au sujet des investissements chinois. Dans le même temps, certains pensent aussi que pendant trop longtemps, les pays de la périphérie ont subi des pressions pour ouvrir leurs économies à l'Occident en échange de prêts et d'investissements.

Le défi économique croissant que représente la Chine pour la domination américaine est particulièrement évident en Amérique du Sud, qui a traditionnellement été fortement influencée par Washington. Les échanges commerciaux et les investissements de la Chine dans la région se sont intensifiés au moment de la grande récession de 2008. Dans l'actuel 13e plan quinquennal du gouvernement chinois, il est prévu d'investir 250 milliards de dollars en investissements directs et environ 500 milliards de dollars en échanges commerciaux dans la région. La Chine est déjà le principal partenaire commercial de l'Argentine, du Brésil, du Chili et du Pérou ainsi que de l'Uruguay et de la Bolivie. Cela signifie que 90 % des pays d'Amérique du Sud ont la Chine pour premier partenaire commercial.

On a de plus en plus le sentiment que si la Chine s'est engagée sur la voie capitaliste, elle s'est aussi engagée sur la voie impérialiste, bien qu'il s'agisse d'un capitalisme d'État chinois. Elle se présente de manière stratégique comme un concurrent à la domination japonaise, européenne et nord-américaine dans des industries clés alors même que la conscience de classe parmi les travailleur.euse.s du monde entier et particulièrement en Chine est en baisse. L'expansion capitaliste chinoise et les tentatives du Parti communiste chinois de forger une alliance avec des régimes répressifs doivent être bien comprises.

Pour les mouvements sociaux, les principales questions consistent à savoir si les nouveaux pouvoirs et la richesse des entreprises chinoises et de l'État chinois sont au service des intérêts des travailleur.euse.s et des pauvres en Chine, ainsi que dans les pays du centre et de la périphérie où il investit et fait du commerce. Dans le cas contraire, comment pouvons-nous exprimer nos inquiétudes au sujet du pouvoir croissant des entreprises en général et éliminer l'asymétrie de pouvoir entre les gouvernements, les entreprises et les citoyen.ne.s ?

Le Pont et la Route de la Chine

L'initiative chinoise « la Ceinture et la Route » (Belt and Road Initiative (BRI)) qui va coûter plusieurs milliards, plus connue comme projet Route de la Soie, est à ce jour le partenariat économique mondial le plus important. L'initiative ambitieuse et gigantesque représente à la fois la politique étrangère, la stratégie économique et de développement, la stratégie sécuritaire et la politique d'infrastructures combinées en un seul projet. A ce jour, elle met en réseau 69 pays d'Asie, d'Europe et d'Afrique et a récemment été rejointe par des pays d'Amérique latine. Le premier pays latino-américain à avoir signé est le Panama, qui n'a établi des liens avec la Chine qu'en 2017. Il a été suivi par Antigua-et-Barbuda, Trinidad et Tobago, et, plus récemment, la Bolivie. C'est désormais le partenariat économique mondial le plus important, encore plus important que tous les accords de libre échange existants en termes d'étendue.

La BRI se compose de deux éléments principaux : d'abord d'un point de vue terreste la « Silk Road Economic Belt » (SREB), la ceinture économique de la route de la soie et, ensuite, d'un point de vue maritime la « Maritime Silk Road » (MSR), route de la soie maritime. Les 'ceintures' incluent des pays situés le long de la route de la soie originelle, qui traverse l'Asie centrale, l'Asie occidentale, le Moyen-Orient et l'Europe. La route de la soie maritime, en tant qu'initiative complémentaire, avait pour objectif d'encourager les investissement et la collaboration en Asie du Sud, en Océanie et en Afrique du Nord, par le biais de projets autour de la mer de Chine méridionale, de l'océan pacifique sud et de la zone plus large de l'Océan indien. Elle va conduire à la construction de routes énormes, de ponts, de gazoducs, de ports, de voies ferrées, de centrales électriques, et va aussi comporter des accords commerciaux et d'investissements. Cela ne fait aucun doute que tout cela change les contours du développement de la coopération internationale au développement et affecte aussi de manière indéniable la géopolitique de l'énergie.

Quand la Chine a commencer à utiliser la diplomatie d'influence en direction des pays en développement en Afrique, en Asie et en Amérique latine en accordant de l'aide, des prêts et des investissements, la plupart des critiques (essentiellement de la part des pays occidentaux) se sont concentrées sur la manière dont les investisseurs chinois soutiennent des régimes douteux dans les pays en développement (ce que de nombreux gouvernementaux occidentaux ont fait et continuent de faire). Les investissements et prêts chinois sont attractifs dans la mesure où ils permettent la réalisation d'infrastructures nécessaires dans de nombreux pays en développement. En même temps, Pékin n'exige pas des États-partenaires qu'ils changent leurs politiques intérieures et s'engagent auprès des États quelle que soit leur situation interne.

Néanmoins, les inquiétudes grandissent quant aux effets de la diplomatique de la dette. Pour les États endettés, elle se traduit souvent par la perte des biens publics pour lesquels ils s'étaient endettés du fait de l'incapacité des gouvernement à rembourser les prêts. Le port d'Hambantota au Sri Lanka est devenu le symbole de la manière dont le BRI peut se transformer en échec. Le gouvernement sri-lankais a dû mettre en location le port d'Hambantota dans le cadre d'un bail d'une durée de 99 ans après qu'il n'a pas pu faire face au remboursement de la dette contractée pour la construction de ce que Bloomberg a appelé un « éléphant blanc à 1 milliard de dollars ». Les fonds chinois font désormais le tour de l'Asie et construisent des méga-projets d'infrastructures en se substituant à d'anciens prêts et sources de financement. Quelques membres de gouvernements commencent à être inquiets. Pourtant, à ce stade, seul le Premier ministre malais, Mahathir Mohamad s'est opposé officiellement à la poursuite de prêts par la Chine. Lors de sa visite à Pékin en 2018, il a déclaré que les grands projets négociés par l'administration précédente devaient être annulés, retardés ou renégociés. L'investissement chinois en Asie et en Océanie a cru de façon continue de 5,68 millions de dollars en 2005 à 38,01 milliards de dollars en 2017.

Ces dernières années, la croissance des investissements chinois en Europe et dans d'autres pays développés à été notable. Les investissements étrangers chinois en Europe sont désormais neuf fois plus importants qu'aux États-Unis. La Chine a acheté ou investi des actifs pour la somme de 318 milliards de dollars au moins au cours des 10 dernières années. Les principales destinations sont l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France, et rien ne laisse penser que cela va s'arrêter dans un futur proche. Au vu la nature opaque de ce type d'accords commerciaux et d'investissements et leurs implications pour l'intérêt général, comment le public peut-il avoir l'assurance que les droits des peuples ne sont pas vendus par les négociateurs qui donnent la priorité à la suprématie du marché aux dépens des droits humains,de l'intérêt général et de la protection de l'environnement ?

Est-ce que cela va bénéficier aux populations défavorisées en Europe et en Chine ?

A ce moment charnière pour la démocratie qui se voit mise à l'épreuve à l'échelle globale, comment cette nouvelle puissance qu'est la Chine peut-elle jouer un rôle positif ? Plutôt que de créer des divisions basées sur des arguments nationalistes qui diabolisent la Chine, les mouvements sociaux progressistes en Europe devraient explorer des voies qui mènent à des terrains d'entente communs avec les millions de travailleur·euse·s et les militant.e.s des droits humains en Chine de manière à accroître les préoccupations et revendications internationales pour davantage d'égalité à l'échelle mondiale, la fin des injustices, de l'exploitation des travailleur·euse·s et la destruction de la planète.

Les efforts actuels de l'UE qui se concentrent sur l'ouverture aux investissements et qui permettent la réduction des standards sociaux et environnementaux montrent que les politiques néolibérales de l'UE sont pensées principalement pour promouvoir les pouvoirs illimités des entreprises multinationales. Les accords commerciaux et d'investissement actuels ne font pas grand chose pour régler les problèmes causés par la crise économique et financière à laquelle font face les pays européens. Les nouveaux rapports de force de l'économie globale et les défis créés par l'extrême droite représentent de nouveaux défis pour les organisations qui se battent pour la justice sociale et qui luttent pour protéger les droits fondamentaux et des conditions de vie dignes pour chacun.e.

Mettre en cause ce pouvoir du pouvoir (chinois ou non) ne doit en aucun cas prendre la forme de mesures populistes ni d'attitudes hostiles vis-à-vis de la Chine qui ne font que nourrir les peurs et la haine mutuelles. Pour les mouvements sociaux, les questions principales consistent à se demander si les nouveaux pouvoirs et la récente richesse des entreprises chinoises/de l'État chinois bénéficient aux travailleur.euse.s et des plus pauvres en Chine et en Europe. Si tel n'est pas le cas, comment pouvons-nous faire connaitre nos inquiétudes au sujet du pouvoir croissant des entreprises en général et nous débarrasser de l'asymétrie de pouvoir entre les gouvernements, les entreprises et les peuples ?

Categories: Attac Planet

Aurélie Trouvé, invitée du 28 minutes d'Arte

Tue, 22/01/2019 - 12:32

Aurélie Trouvé, porte-parole d'Attac, était l'invitée du 28 minutes d'Arte lundi 21 janvier pour revenir sur la « taxe GAFA » promise par Bruno Le Maire.

Categories: Attac Planet

Interdisons les tribunaux d'arbitrage – un monde pour les gens par pour les profits

Tue, 22/01/2019 - 11:13

Les sociétés multinationales et les gros investisseurs menacent nos services publics, notre accès à l'eau et à une énergie renouvelable, ainsi que les protections conquises pour les travailleurs, les consommateurs et l'environnement. Dans les nouveaux traités de commerce, les grandes sociétés peuvent avoir recours à une juridiction spéciale pour investisseurs (règlement des différends entre investisseurs et états, ou RDIE, en anglais ISDS) pour remettre en cause des lois ou règlements qui protègent les gens et la planète mais réduisent leurs bénéfices.

Cela s'est déjà produit ici en Europe : des procès devant ces tribunaux privés ont été intentés contre la renationalisation de services de santé, l'amélioration de critères environnementaux et l'arrêt de la construction d'une mine d'or qui allait empoisonner (littéralement) l'existence des populations. Partout dans le monde, des multinationales attaquent des états qui veulent augmenter le salaire minimum, vendre des cigarettes dans des emballages suscitant la répulsion ou exiger que l'eau et l'énergie soient vendues à un prix accessible pour tous.

Ces tribunaux d'arbitrage privent nos représentants élus du pouvoir d'exercer leur devoir par rapport à leurs électeurs. Elles font prévaloir l'obsession du profit sur nos droits démocratiques. Ce ne sont pas des tribunaux publics accessibles à tous, mais des juridictions spéciales qui ne sont en fait accessibles qu'aux plus riches et vouées au ‘droit' de générer des bénéfices.

Nous exprimons notre solidarité avec les gouvernements qui ont décidé de ne pas se soumettre à ces juridictions, dont l'Équateur, l'Afrique du Sud, l'Indonésie, la Tanzanie et la Bolivie. Nous espérons, en tant que mouvements sociaux de partout dans le monde, que nos campagnes pourront inciter d'autres gouvernements à les rejoindre.

Nous exigeons que nos gouvernements cessent immédiatement d'inclure des juridictions privées dans les traités de commerce et qu'ils abolissent cette clause là où elle existe. Nous prenons note de la décision de la Cour européenne de Justice stipulant que ces juridictions contredisent le droit de l'Union. Les gouvernements européens ne devraient pas non plus essayer de les imposer à d'autres pays ni tenter de réformer le système. Il faut l'abolir, point !

Le réseau des Attac a joué un rôle clé dans les campagnes contre les accords entre l'UE et les États-Unis (TTIP) d'une part et entre l'UE et le Canada (CETA) d'autre part. La vague de protestations contre ces accords était notamment nourrie par l'opposition de la population à la notion même de tribunaux d'arbitrage privés. Nous nous engageons, dans le cadre d'une campagne européenne et internationale, à mettre un terme à l'inclusion de la clause sur les tribunaux d'arbitrage et à la faire supprimer là où elle existe.

Categories: Attac Planet

Dossier de presse : stop à l'impunité des multinationales

Tue, 22/01/2019 - 10:46

Consultez le dossier de presse de la campagne « Des droits pour les peuples, des règles pour les multinationales ».

Categories: Attac Planet

Stop impunité ! Des droits pour les peuples, des règles pour les multinationales

Tue, 22/01/2019 - 10:29

Une coalition de plus de 150 organisations de 16 pays européens rend publique ce mardi 22 janvier une pétition pan-européenne demandant aux dirigeants européens de mettre fin au système de justice d'exception dont bénéficient les entreprises multinationales et d'introduire des régulations contraignantes pour qu'elles respectent les droits humains et l'environnement.

Lancée en marge de l'ouverture du sommet de Davos, et au lendemain de la réception à Versailles de 150 dirigeants d'entreprises par Emmanuel Macron, la campagne « Des droits pour les peuples, des règles pour les multinationales », dont la pétition n'est que le premier volet, vise à mobiliser largement les citoyens tout au long de l'année 2019 autour d'objectifs atteignables :

  • révoquer les clauses d'arbitrage entre investisseurs et États dans les traités existants ou en cours de négociation ;
  • appuyer les négociations et la ratification d'un traité onusien sur les multinationales et les droits humains, ainsi qu'adopter une directive européenne sur le devoir de vigilance.

Plus de quarante entreprises « partenaires industriels » du Forum économique mondial de Davos sont impliquées dans des règlements d'arbitrage investisseurs-États (ISDS). C'est par exemple le cas de Total contre l'Ouganda, et de Vattenfall contre l'Allemagne. Une action est organisée ce mercredi 23 janvier, dans les rues de Davos.

Plus de 3400 traités et accords protègent en effet les investissements des multinationales tandis qu'aucun texte international juridiquement contraignant ne garantit le respect des droits humains et de l'environnement par les multinationales.

Pour les organisations impliquées dans cette campagne, il est temps d'inverser cette tendance et de mettre fin à l'impunité dans laquelle ces entreprises opèrent en les rendant juridiquement responsables des impacts de leurs activités, ainsi que de ceux de leur filiales, fournisseurs et sous-traitants. Cela permettra de donner accès à la justice aux travailleur.e.s et communautés affectés dans le monde entier.

A l'échelon français, 42 organisations se sont déjà engagées dans cette campagne.

Categories: Attac Planet

Merci d'avoir signé la pétition !

Mon, 21/01/2019 - 23:58

Stop à l'impunité des multinationales !

N'attendez plus, passez à l'Attac en 2019.

Categories: Attac Planet

[Pétition] Stop à l'impunité des multinationales !

Mon, 21/01/2019 - 23:57

Une coalition de plus de 150 organisations de 16 pays européens rend publique ce mardi 22 janvier une pétition pan-européenne demandant aux dirigeants européens de mettre fin au système de justice d'exception dont bénéficient les entreprises multinationales et d'introduire des régulations contraignantes pour qu'elles respectent les droits humains et l'environnement.

Categories: Attac Planet

Le Conseil d'administration

Mon, 21/01/2019 - 14:01

L'association est dirigée par un Conseil d'administration de 35 membres (21 représentant·e·s des adhérent·e·s direct·e·s et 14 représentant·e·s des Fondateurs). Le Bureau rassemble les élus qui s'occupent du suivi du fonctionnement quotidien de l'association en appui avec l'équipe du siège, dans le cadre des orientations fixées par le Conseil d'administration et l'Assemblée générale.

Membres actifs
  1. Anne-Marie Alary
  2. Laurence Boubet
  3. Martine Boudet
  4. Vincent Bruyère
  5. Françoise Clément
  6. Annick Coupé
  7. Vincent Guerpillon
  8. Florence Lauzier
  9. Frédéric Lemaire
  10. Huayra Llanque
  11. Isabelle Michaud
  12. Rozenn Perrot
  13. Alice Picard
  14. Dominique Plihon
  15. Christine Poilly
  16. Raphael Pradeau
  17. Daniel Rome
  18. Gilles Sabatier
  19. Aurélie Trouvé
  20. Flavia Verri
Membres issus du collège des fondateurs
  1. AC ! ; (Alain Coudert, Carl Pivet)
  2. AITEC ; (Hélène Cabioc'h)
  3. Artisans du Monde (Anne Peissik-Lemery) ;
  4. Confédération paysanne (Cécile Harroué) ;
  5. CRID (Bernard Salamand) ;
  6. DAL ;
  7. MRAP (Augustin Grosdoy) ;
  8. SNES (Daniel Rallet) ;
  9. Snesup (Julien Rivoire)
  10. Sud Ptt (Nicolas Galepides)
  11. Syndicat de la Magistrature
  12. Union syndicale Solidaires (Didier Aubé).
Categories: Attac Planet

Aurélie Trouvé invitée de la matinale de BFM

Mon, 21/01/2019 - 11:08

Aurélie Trouvé, économiste et porte-parole d'Attac était l'invitée de la matinale de BFM TV, ce lundi 21 janvier à 8h20.

Face à Laurent St Martin, député LREM, Aurélie Trouvé est venue présenter les conclusions du rapport d'Attac et de l'Observatoire des multinationales : « les grandes entreprises françaises : un impact désastreux pour la société et la planète ».

Categories: Attac Planet

Le rapport d'Attac sur le CAC40 vu dans la presse

Sun, 20/01/2019 - 14:57

Ce dimanche 20 décembre, Attac, en partenariat avec l'Observatoire des multinationales publiait son rapport « les grandes entreprises françaises : un impact désastreux pour la société et la planète ».

Révélation de l'information en « exclusivité » par France Info et le JDD : Ailleurs dans la presse :Dépêche de l'AFP : Presse régionale
Categories: Attac Planet

« Taxe GAFA » : on continue l'enfumage

Sun, 20/01/2019 - 11:01

Il fallait bien que le gouvernement envoie un signal pour montrer qu'il est à l'écoute des citoyens exigeant la justice fiscale. Promise depuis déjà quelques mois, la fameuse taxe sur les GAFA devrait être introduite en France début 2019, d'après les annonces faites par le ministre Bruno Le Maire le 17 décembre, et confirmées aujoud'hui dans les colonnes du « JDD ». Devant l'urgence de devoir faire une annonce, le gouvernement a relancé l'idée de cette taxe en France, son application à l'échelle de l'Union européenne apparaissant compromise.

Le sentiment d'injustice lié à l'évasion fiscale massive pratiquée par les multinationales, notamment celles du numérique, ne cesse de progresser dans nos sociétés. Pourtant, si l'expression « taxe GAFA » - en référence aux géants du numérique que sont Google, Amazon, Facebook et Apple - est alléchante, l'ambition de cet impôt semble limitée, comme le montre son rendement modique estimé à 500 millions d'euros. Selon toute probabilité, la taxe devrait être portée à 3% du chiffre d'affaires des entreprises du net.

Beaucoup d'agitation pour pas grand-chose.

Les GAFA ont déjà trouvé la parade : « Le problème estime Raphaël Pradeau, porte-parole d'Attac, c'est que les GAFA déclarent leurs revenus dans des pays où elles échappent à l'impôt, comme l'Irlande ou les Pays-Bas. Par exemple les deux filiales d'Apple en France déclarent un chiffre d'affaires inférieur à 800 millions d'euros, alors qu'on estime leur chiffre d'affaires réel à au moins 4 milliards ! Taxer leurs revenus en France est donc une fausse solution au problème. »

Depuis plusieurs années, Attac mène des actions pour dénoncer l'impunité fiscale dont jouissent des multinationales comme Apple. « Les multinationales doivent payer leur juste part d'impôts dans les pays où elles exercent leurs activités. Or on a vraiment l'impression qu'une fois encore, en ce qui concerne la question fiscale, le gouvernement brasse de l'air » commente Aurélie Trouvé, porte-parole d'Attac.

Une autre inconnue concerne le panel des entreprises concernées : comment savoir quelles entreprises vont effectivement relever de cette taxe ? Doit-on limiter la liste aux entreprises ayant un certain niveau de chiffre d'affaires ? Elle ne viserait alors que quelques dizaines d'entreprises sans répondre de manière structurelle et durable au défi posé par la numérisation de l'économie.

De vraies solutions existent

Attac s'insurge contre ces propositions inadaptées. « Pourquoi inventer des usines à gaz, dont la pertinence et l'efficacité posent vraiment question, alors qu'il existe une solution plus simple et plus équitable : la taxation unitaire », explique Dominique Plihon, porte-parole d'Attac. Attac propose cette solution depuis déjà longtemps, sans que le gouvernement français ne s'y intéresse. Cette méthode consiste à considérer une entreprise comme une unité unique, et non une somme de filiales séparées, dont certaines sont dans les paradis fiscaux. Avec cette mesure, qui ne demande que de la volonté politique, les multinationales ne pourront plus échapper à l'impôt car celui-ci aura pour base de calcul l'entreprise dans son ensemble.

Categories: Attac Planet

Dominique Plihon invité sur France Info pour présenter le dernier rapport d'Attac

Sun, 20/01/2019 - 08:03

Dominique Plihon était l'invité de la matinale de France Info à 7h40 pour présenter le dernier rapport d'Attac et de l'Observatoire des multinationales : « Les grandes entreprises françaises : un impact désastreux pour la société et la planète ».

Cliquez sur l'icône ci-dessous pour écouter l'interview.

WAV - 44.7 Mo

WAV - 44.7 Mo

Categories: Attac Planet

Les entreprises du CAC40 payent-elles plus d'impôts aujourd'hui qu'en 2010 ?

Sat, 19/01/2019 - 23:59

Les entreprises du CAC40 payent-elles plus d'impôts aujourd'hui qu'en 2010 ? Combien d'années faut-il à un·e salarié·e d'une entreprise pour gagner autant que son patron ? Visuellement, ça représente quoi l'écart de revenu annuel entre le patron de l'Oréal et une personne qui touche le SMIC ? On répond à ces questions en schémas ci-dessous.

Tous les schémas présentés ci-dessous sont extraits du rapport : « Les grandes entreprises françaises : un impact désastreux pour la société et la planète », publié par Attac France en partenariat avec l'Observatoire des multinationales. Cliquez sur les schémas pour les agrandir.

Combien d'années faut-il à un·e salarié·e pour gagner autant que son patron en une année ?

JPEG - 1006.1 ko

(Source : documents de référence des entreprises, chiffres officiels pour 2017)Le partage des bénéfices du CAC 40 sur l'exercice 2017

JPEG - 454.3 ko

(en milliards d'euros / Source : l'Observatoire des multinationales, Le véritable bilan annuel des grandes entreprises françaises).Les entreprises du CAC40 payent-elles plus d'impôts aujourd'hui qu'en 2010 ?

JPEG - 664.5 ko

Malgré une augmentation de leur chiffre d'affaires et des dividendes versés aux actionnaires, les entreprises du CAC40 versent moins d'impôts en 2017 qu'en 2010 et diminuent leurs effectifs salariés.

(Évolution en pourcentage entre 2010 et 2017 des chiffres cumulés des entreprises du CAC 40 / Source : les documents de référence des entreprises)Des rémunération exorbitantes pour les patrons des grandes entreprises

JPEG - 1.5 Mo

(Niveau moyen de rémunérations annuelles des patrons, en millions d'euros / Source : documents de référence des entreprises, chiffres officiels pour 2017 / Détail, en cliquant sur ce lien)
Categories: Attac Planet

Nouveau rapport d'Attac : « Les grandes entreprises françaises : un impact désastreux pour la société et la planète ! »

Sat, 19/01/2019 - 23:59

Attac France, en partenariat avec l'Observatoire des multinationales, publie ce rapport qui synthétise le véritable bilan des entreprises du CAC 40 en matière de justice sociale, justice écologique et justice fiscale.

A l'occasion du Forum économique mondial de Davos 2019 et de la deuxième édition du « Choose France summit », Attac France fait une série de propositions concrètes lesquelles, si elles étaient mises en œuvre par les pouvoirs publics, contribueraient à répondre aux exigences de justice sociale, fiscale et climatique, aujourd'hui portées par la majorité de la population.

Dans ce rapport il est révélé qu'entre 2010 et 2017 : les impôts versés par les entreprises du CAC 40 ont baissé de 6,4 % en valeur absolue, alors que leurs bénéfices cumulés ont augmenté de 9,3 % et les dividendes versés aux actionnaires de 44 % en valeur absolue également sur la même période, tandis que leurs effectifs en France ont baissé de 20 %.

  • Quelle justice sociale alors que les profits des grandes entreprises françaises, les dividendes et les rémunérations des hauts dirigeants s'envolent quand les effectifs mondiaux stagnent et qu'ils diminuent fortement en France ?
  • Quelle justice climatique alors que les émissions de CO2 des sites les plus polluants du pays ont augmenté de 5 % en 2017 et que ces émissions, notamment issues d'entreprises du CAC 40, échappent largement à la fiscalité carbone ?
  • Quelle justice fiscale alors que les entreprises du CAC 40 ont plus de 2 500 filiales dans les paradis fiscaux et payent moins d'impôts aujourd'hui qu'en 2010 ?

Pour afficher le rapport en « plein écran », cliquez sur ce lien.

Aidez-nous à diffuser ce rapport sur Twitter.

Categories: Attac Planet

Marches pour le climat : ancrer dans la durée les mouvements pour la justice climatique

Fri, 18/01/2019 - 11:28

Depuis septembre 2018, un mouvement pour le climat s'affirme et devient visible dans l'espace public en France. Alors que les marches du 8 septembre ont bénéficié de l'émotion suscitée par la démission de Nicolas Hulot, celles du 13 octobre (légèrement moins nombreuses, 120 000 personnes contre 150 000 en septembre) ont confirmé cette dynamique ; et à l'heure où nous écrivons, la préparation de la marche « alarme climatique », le 8 décembre, au moment où s'ouvrira la COP24 en Pologne, est une preuve supplémentaire de l'ancrage dans la durée de cette mobilisation, qui résonne avec la montée des inquiétudes quant aux changements climatiques.

Climat et inégalités sociales, déclencheurs de mobilisations

Mouvement multiforme, ce qui est en construction dans les marches pour le climat est un mouvement jeune, à la fois parce que récent, parce que composée de jeunes, et parce qu'animé en partie par de néo-militants. Il s'appuie sur des pratiques d'organisation qui restent à bonne distance de bon nombre d'organisations structurées, même si des collaborations plus ou moins durables sont envisagées avec Alternatiba, Attac, 350.org ou Solidaires, tandis que la plupart des ONG environnementales sont absente de l'organisation des marches. Adhérer à une association, à un syndicat ou à un parti politique n'est plus la porte d'entrée privilégiée vers l'action et l'agenda des mobilisations peut être dissocié de celui des organisations. Cette distance vis-à-vis des organisations et la volonté de s'organiser et de se mobiliser sans elles, ou du moins sans leur donner la priorité, semble dessiner une tendance forte et variée, puisqu'on la retrouve dans les publics aussi différents que les organisateurs des marches pour le climat et les gilets jaunes. Ces deux mouvements ne peuvent être envisagés séparément, ils manifestent deux grands types d'inquiétudes qui traversent notre société, et face auxquels Attac comme de nombreux mouvements sociaux cherchent à apporter des réponses : une ambitieuse politique pour le climat ne pourra qu'être une ambitieuse politique de réduction des inégalités sociales et de la pauvreté, au risque sinon de devenir une écologie autoritaire, libérale et anti-sociale.

Un nécessaire changement de cap

Dénicher l'hypocrisie de Macron quant à sa politique fiscale, dont un des premiers actes après son élection a été la suppression de l'ISF, c'est également dénoncer l'hypocrisie de sa politique écologique et énergétique : abandon de l'objectif de réduire à 50 % la part du nucléaire dans la production d'électricité ; confirmation du permis d'hydrocarbures pour Total en Guyane ; abandon de la taxe sur les transactions financières négociée dans le cadre d'une coopération renforcée à l'échelle de l'Union européenne, censée contribuer à la lutte contre le changement climatique ; absence de taxation du kérosène pour le trafic aérien ; non-respect de l'avis défavorable de la commission d'évaluation des impacts climatiques et environnementaux du CETA ; absence de développement du fret sur le rail, etc. Les annonces d'Emmanuel Macron du 27 novembre enfoncent le clou : confirmant la politique pro-nucléaire de son gouvernement, il ne met rien en œuvre pour favoriser une transformation des modes énergétiques, ne s'attaque pas au transport de marchandises sur route, et n'apporte aucune réponse aux exigences des gilets jaunes. Pourtant, alors que la taxe carbone payée par les particuliers n'a aucune efficacité en matière de réduction d'émissions de gaz à effet de serre, un transfert massif de la fiscalité carbone sur les entreprises polluantes, et le plus souvent exonérées, serait un premier pas vers une fiscalité écologique et socialement juste [1].

Comprendre les articulations, identifier les responsables

Les marches pour le climat questionnent donc les formes d'organisation, les revendications et les messages politiques qui sont formulés. Si, souvent, la cause climatique apparait consensuelle, son cadrage médiatique étant porteur d'une idée d'uniformité des responsabilités, des responsables et des victimes [2], des mobilisations collectives prolongées peuvent permettre la production d'un autre discours, reposant tout autant sur le sentiment d'urgence que sur la nécessité de s'attaquer aux causes du phénomène. Pour le dire autrement, les changements climatiques ne sont pas un problème pour de lointaines générations futures, c'est un problème de l'ici et maintenant. Par ailleurs, il existe une incompatibilité entre le sauvetage du climat et la préservation d'un système dominé par la finance, les énergies fossiles, le culte de la croissance et la libre concurrence. En ce sens, les politiques, à l'instar d'Emmanuel Macron, qui se prétendent « pro climat » tout en accentuant les politiques libérales sont à combattre. De plus, à l'échelle planétaire ou plus locale, tout le monde n'est pas impacté de la même façon par les changements climatiques et les dégradations environnementales : la lutte contre les changements climatiques doit être une lutte pour la justice sociale ; de même, il existe des responsables des changements politiques, ils sont nombreux, et c'est contre eux que doit se diriger notre colère. La révolution énergétique que nous défendons n'est donc pas seulement, et pas d'abord, un changement technologique, elle implique un changement plus global dans tous les secteurs productifs pour avancer vers la sobriété. La géoingénérie et tous les jokers technologiques ne peuvent être une solution, et sont là avant tout pour reculer le moment de prendre des décisions d'ampleur. Dès lors, les changements climatiques sont un problème global qui ne peut trouver de solutions dans des formes de repli local/national(iste) mais appelle au contraire le déploiement d'une solidarité internationaliste. La résolution, même partielle, de la question climatique ne viendra que de mobilisations et d'initiatives massives et multiformes.

Des campagnes pour donner du sens à l'engagement

Ces quelques principes irriguent nos luttes, à différentes échelles, autour de cibles variées. Du côté des campagnes, celles recensées sur le site www.ilestencoretemps.fr montrent la diversité et la pertinence des actions menées par des organisations : Attac et 350.org sur le désinvestissement des énergies fossiles des sommes du Livret de développement durable et solidaire (LDDS) ; les Amis de la Terre qui ciblent les banques privées comme la Société générale ; ou encore la mobilisation pour stopper le projet d'extraction aurifère en Guyane. Il s'agit là de campagnes de moyen terme, qui peuvent obtenir des victoires, tout comme les mobilisations en cours contre les grands projets inutiles (autoroutes, aéroports, nucléaire, etc.) qui cristallisent depuis plusieurs années des enjeux majeurs, notamment sur les effets de l'aménagement du territoire sur les changements climatiques, en lien avec la défense des terres agricoles. Ce sont également des campagnes qui posent la question de l'articulation entre différentes modalités d'engagement. Sans perdre de vue les logiques systémiques, il s'agit de donner du sens à l'engagement de chacun·e, qui peut s'effectuer à différentes échelles et s'envisager dans des cadres nécessairement collectifs, ouvrant la voie à des élaborations démocratiques et collectives des pistes stratégiques, revendicatives, d'action… sans attendre un quelconque homme providentiel derrière qui se ranger.

Déployer des alternatives locales
Les marches pour le climat posent également la question de l'échelle de l'action, et de la façon de s'ancrer localement. Les mobilisations de ces dernières années contre les grands projets inutiles ont démontré la force que pouvait avoir la préoccupation pour le territoire, sa défense, sa préservation et son amélioration. Or, le nombre limité de communes portant des projets territoriaux réellement alternatifs illustrent les difficultés et les verrous qu'il faut lever, souvent parce que les réglementations nationales ou internationales ne sont pas adaptées ; il peut alors s'agir d'utiliser les interstices du système politique et économique tel qu'il existe pour déployer des alternatives locales, tout en s'appuyant sur elles pour faire évoluer les réglementations qui empêchent leur généralisation (exemple : la revendication du 100 % bio et local dans la restauration collective de nos territoires peut s'articuler à une bataille pour obtenir l'abandon des règles de passation des marchés publics qui restreignent cette possibilité dans les traités internationaux et européens.)

Redéfinir les politiques climatiques sur une base sociale et populaire

Le « comment agir » pose également la question de « qui agit ? ». Or, dans bon nombre de mobilisations pour le climat, certaines préoccupations sont souvent évacuées, en particulier celles qui concernent la vie chère, la précarité, mais également la question du travail et des travailleurs et travailleuses, alors que le thème du travail est au cœur des préoccupations de millions de personnes, à la fois à travers la question de l'emploi et celle de la qualité du travail, du sens qu'on lui donner. Ce que montrent les gilets jaunes, c'est que les capacités de mobilisation et de production de discours politiques ne sont pas réservées aux publics habitués des mobilisations écologistes. Cette mobilisation ne peut que nous faire réfléchir quant aux formes d'action utilisées, à l'enthousiasme qu'elle soulève dans une grande partie de la population et aux questions qu'elle pose en matière de redistribution des richesses et des pouvoirs. Elle interroge également les façons de concilier ce qui est souvent présenté, à tort, comme des enjeux inconciliables ; c'est là tout l'enjeu de redéfinition des politiques climatiques sur une base sociale et populaire.

Un mouvement pour le climat qui existe dans la durée sera forcément pluriel, avec des nuances quant à ses objectifs de transformation sociale. Or, si on prend au sérieux l'ampleur des changements climatiques, c'est bien à un changement de civilisation qu'il faut nous préparer. Et si les effets des changements climatiques sont déjà là, si la catastrophe est déjà en marche, le pire est encore évitable. Et face au pire, notre imaginaire collectif doit pouvoir dessiner un autre futur, à la fois viable et enviable, en un mot désirable, donnant du sens à nos engagements et à nos luttes.

[1] Voir la note publiée par Attac « Basculer la fiscalité carbone sur les entreprises les plus polluantes... » https://www.attac.org/l/fiscalitecarbone

[2] Voir Jean-Baptiste Comby, La question climatique. Genèse et dépolitisation d'un problème public, Raisons d'Agir, 2015.

Categories: Attac Planet

Notre-Dame-des-Landes : la lutte pour les communs continue !

Thu, 17/01/2019 - 14:35

Un an déjà de poursuite de la lutte !
Attac a salué en janvier 2018 la formidable victoire collective qu'a représenté l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, après plusieurs décennies de lutte menée opiniâtrement par une région entière d'une part (paysans, voisins, Acipa, associations, syndicats, partis politiques, naturalistes, élus, experts) et, d'autre part, par les nouveaux habitants dits « zadistes » venus sur la zone pour la défendre contre le bétonnage, par l'occupation, soutenus par 200 « collectifs NDDL ». Attac44, puis Attac France, ont affirmé très vite leur soutien sans faille.

Ce combat exemplaire a entraîné dans un tsunami inattendu de réflexions et d'actions les « composantes » du mouvement, à travers l'organisation et animation des réseaux GPII, les réflexions sur l'aménagement du territoire, la dénonciation des mensonges d'état, celle des partenariats publics/privés, celles des pieuvres telles que Vinci. Des échanges et vécus (souvent rugueux) sur la diversité des tactiques face à la violence d'État ont alimenté les évolutions. Partage de savoirs, d'expériences, échange non marchand (non-marché, prix libre), approvisionnement des luttes locales et des squats ont concrétisé la solidarité. Et toujours en fil rouge, le soin du bocage, de ses mares, de ses haies et de ses zones boisées, de toute sa biodiversité en fait, moyen de la lutte contre le réchauffement climatique… Comment DéfendreHabiter un bocage vivant, à préserver ? Tout ceci a donné vie et chair à une pratique des communs sortant des rêveries ou des vœux pieux pour devenir réalité. C'était inacceptable pour l'ordre néo-libéral !

Après l'annonce de l'abandon, un pouvoir revanchard a voulu écraser la zad. D'où son exigence immédiate d'un retour à « l'état de droit » et son refus obsessionnel de tous projets collectifs sur la zone. Pas de nouveau Larzac ! 2500 gardes mobiles pour attaquer la zone ! Une défense pied à pied s'est développée sur le terrain.

Vu l'évolution de la situation, un fonds de dotation (https://encommun.eco/) a été créé cet automne pour acquérir la propriété collective des terres agricoles, bâtis, forêts … afin d'en garantir un usage conforme aux valeurs de la zad, et de pérenniser tout ce que « la zad » représentait de novateur et de porteur d'espoir.

Ce fonds a besoin d'être abondé très vite, pour qu'il puisse se positionner comme acquéreur dès les mises en vente. Attac relaie l'appel à fonds auprès de tous ses adhérents et de ses membres fondateurs et invite ces derniers à faire de même.

La construction et la défense des communs se poursuivront en outre à travers les fêtes, les rassemblements, les chantiers collectifs...

Attac partagera avec tous ses acteurs cette autre phase de l'aventure qui démarre.

Categories: Attac Planet

Davos : le véritable bilan des multinationales françaises

Wed, 16/01/2019 - 12:34

Les multinationales vont se réunir à nouveau à Davos du 22 au 25 janvier 2019 en invitant les dirigeants politiques en totale collusion avec elles. Pour le mouvement altermondialiste, cet évènement annuel, largement médiatisé, est une provocation car cette oligarchie est responsable de la crise économique, sociale et écologique.

L'Observatoire des multinationales a publié, en juin 2018, un rapport très instructif sur « Le véritable bilan annuel des grandes entreprises françaises ». En s'appuyant sur ce travail, Attac va publier à l'occasion du sommet de Davos, et du « Choose France Summit » une analyse sur le coût de « nos chères multinationales » pour la société et la planète. L'accent sera mis sur trois types de coûts.

En premier lieu, les multinationales françaises contribuent aux inégalités sociales et au chômage : de 2010 à 2017 : les dividendes des sociétés du CAC 40 ont augmenté de 44%, les rémunérations patronales de 32%, les salaires moyens de 22%, leurs effectifs mondiaux de 2.4% … et leurs effectifs en France ont baissé de 20%. Ainsi, le chiffre d'affaires de Michelin a augmenté de 22%, tandis que ses effectifs en France décroissait dans les mêmes proportions ; le salaire moyen d'un patron du CAC40 était de 4.68 millions d'euros en 2017 ; autre exemple, il faut 251 ans pour un salarié de Carrefour pour gagner autant que son PDG, 201 ans dans le cas de Renault, …

Deuxième coût pour la société : les entreprises du CAC40 sont les championnes de l'évitement fiscal : selon la direction du Trésor, le taux d'imposition effectif brut des grandes entreprises était en 2014 de 26%, contre 32% pour les PME. En 2017, le CAC40 avait 16 240 filiales, dont 2 469 localisées dans des territoires identifiés comme des « paradis fiscaux et judiciaires », soit une moyenne de 427 filiales par groupe.

Last, but not least, les dégâts écologiques de « nos multinationales » sont considérables : en 2017, 22 entreprises du CAC40 ont déclaré des émissions de gaz à effet de serre en hausse. 1.29 milliard : c'est le nombre de tonnes de gaz à effet de serre émises dans l'atmosphère par 37 groupes du CAC 40, selon l'Observatoire des Multinationales. Ce qui équivaut aux émissions combinées de la France, de l'Allemagne et des Pays-Bas.

Plus d'informations sur multinationales.org.

Categories: Attac Planet

Le débrief éco du 13 janvier 2019 avec Aurélie Trouvé

Wed, 16/01/2019 - 11:23

Le thème du "débrief éco" du 13 janvier : « Gilets jaunes : y-a-t-il une fatalité au chômage de masse ? Des idées pour le Grand débat national. »

Avec :

  • Aurélie Trouvé, porte-parole d'Attac
  • Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes
Categories: Attac Planet