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Syndicate content Attac France
Attac s'engage pour la justice sociale et environnementale et mène des actions contre le pouvoir de la finance et des multinationales. Mouvement d'éducation populaire, l'association produit analyses et expertises, organise des conférences, des réunions publiques, participe à des manifestations… Attac est présente dans une cinquantaine de pays ; Attac France compte près de 10 000 membres et plus de 100 comités locaux.
Updated: 5 min 56 sec ago

En 2021, soutenez Attac !

Tue, 02/03/2021 - 15:13

Agir avec Attac, c'est s'engager en faveur de la justice sociale, fiscale et écologique !
Depuis plus de 20 ans, notre association lutte contre le pouvoir de la finance et des multinationales. Rejoignez-nous !

En 2021, Attac va continuer à se mobiliser pour la justice fiscale, afin que les entreprises multinationales et les plus riches payent leur juste part d'impôt.
Nous allons poursuivre notre campagne pour démasquer les profiteurs de la crise. Après nous être mobilisé·es contre Amazon et les ultra-riches, nous serons particulièrement attentifs au comportement des entreprises du CAC 40 lors de leurs Assemblées générales. Il est en effet intolérable que des entreprises qui ont bénéficié d'aides massives avec de l'argent public, sans contrepartie, versent des dividendes et continuent de mettre leur argent à l'abri dans les paradis fiscaux.

Nous avons besoin de vous !

  • Retrouvez trois façons d'agir avec Attac ici.

Vos dons et vos adhésions sont la garantie de notre indépendance. Découvrez en vidéo pourquoi nous avons besoin de votre soutien :

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Réponses aux contre-vérités assénées par les promoteurs du Traité sur la charte de l'énergie

Tue, 02/03/2021 - 10:03

Alors que les voix critiques du Traité sur la charte de l'énergie (TCE) se font chaque jour qui passe plus nombreuses et plus fortes, les promoteurs de ce Traité tentent désespérément de le sauver. Qu'ils soient membres du secrétariat du TCE, dirigeants de multinationales des énergies fossiles, arbitres ou avocats, ou encore représentants de gouvernements, ils multiplient les contre-vérités et approximations pour dénigrer les voix légitimes qui s'expriment afin de demander à l'UE et aux États-membres de se retirer du TCE. L'Aitec et Attac France co-publient un rapport de CEO, TNI et Powershift pour déconstruire ces intox sur la base des données et informations disponibles.

De manière générale, les partisans du TCE se divisent en quatre groupes : premièrement, les membres du secrétariat du TCE qui veulent que le TCE survive ; deuxièmement, les avocats et les arbitres gagnant de belles sommes grâce aux arbitrages investisseurs-États dans le cadre du TCE ; troisièmement, les multinationales de l'énergie qui peuvent utiliser le traité pour obtenir d'importantes sommes d'argent public et faire pression contre des réglementations qui réduiraient leurs profits ; et enfin, les gouvernements qui défendent trop souvent les intérêts des entreprises investissant à l'étranger.

Confrontés à des critiques de plus en plus fortes contre le TCE, de la part d'ONG et associations, de parlementaires et du grand public, les partisans du traité ont compris qu'il était difficile de défendre le statu quo. Leur objectif est désormais de maintenir, voire d'augmenter la portée du TCE, tout en permettant des changements superficiels pour apaiser les critiques. Dans ce cadre-là, ils multiplent les contre-vérités et intox. Raison pour laquelle l'Aitec et Attac France co-publient un rapport produit par CEO, TNI et Powershift pour déconstruire ces intox sur la base des données et informations disponibles.

Dans un contexte de polémique grandissante (lire notre brochure et voir la pétition européenne), ce guide a pour but d'aider les militants, citoyens, journalistes et décideurs politiques à contrer la propagande en faveur du TCE. Il liste les partisans du TCE et leurs arguments, et propose des contre-argumentaires, sources et données à l'appui.

Ci-dessous quelques exemples d'intox en images. Rapport complet à télécharger ici.

(Nous avions également publié un résumé de ce rapport en décembre 2020)

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Vers une taxation de l'épargne Covid ? Comment réformer l'assurance chômage ?

Mon, 01/03/2021 - 12:58

Aurélie Trouvé, porte-parole d'Attac, et Jean-Hervé Lorenzi, membre du Cercle des économistes étaient les invités des « débats de l'éco », dimanche 28 février.

Au programme :

  • Va-t-on vers une taxation de l'abondante épargne Covid ?
  • Comment réformer l'assurance chômage
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Comment imaginer un logement digne pour toutes et tous ?

Thu, 25/02/2021 - 18:18

Annick Coupé, secrétaire d' Attac France et Jean-Claude Driant, urbaniste en direct le 4 février dernier pour discuter de la question du logement et du sans-abrisme au coeur, en pleine crise sanitaire.

L'occasion également de revenir sur le « Manuel d'histoire du Futur » d'Attac qui propose des mesures concernant la question du logement en France et bien d'autres.

En partenariat avec la bibliothèque Aimé Césaire (14e)

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Lancement d'une pétition européenne : l'UE et la France doivent sortir du Traité sur la charte de l'énergie

Wed, 24/02/2021 - 10:08

Puissante arme aux mains des industriels des énergies fossiles, le Traité sur la charte de l'énergie (TCE) leur permet de dissuader et/ou sanctionner les pouvoirs publics désireux de lutter contre le réchauffement climatique et d'oeuvrer en faveur de la transition énergétique. Ce mardi 23 février, des dizaines d'organisations en Europe, dont plus d'une trentaine en France, lancent une pétition et une campagne qui exige de l'UE et de la France qu'elles se retirent du TCE dans les plus brefs délais, sans attendre la rénovation d'un Traité qui ne peut être amélioré.

Alors que l'entreprise multinationale allemande de l'énergie RWE vient d'annoncer recourir au TCE pour poursuivre les Pays-Bas concernant leur décision de sortir du charbon d'ici à 2030 [1], des dizaines d'organisations en Europe rendent publique une pétition appelant les gouvernements, parlementaires et institutions européennes à "sortir du traité sur la Charte de l'énergie et à stopper son expansion à de nouveaux pays" [2].

En France, dans le cadre de cette mobilisation visant à obtenir une décision claire avant la COP26 sur le climat qui se tiendra cet automne à Glasgow, ce sont plus de 30 organisations, parmi lesquelles 350.org, ActionAid France - Peuples Solidaires, Aitec, Alternatiba, Amis de la Terre, ANVCOP 21, Attac France, Bloom, CCFD-Terre Solidaire, le Collectif Stop CETA-Mercosur, Confédération paysanne, FNE, Greenpeace, LDH, Le Mouvement, Notre affaire à tous, Réseau action climat, We move Europe, XR France et Youth for climate, qui appuient et relaient le lancement de cette campagne [3].

Ce n'est pas la première fois que le Traité sur la charte de l'énergie, longtemps resté dans l'oubli, est utilisé par des investisseurs et entreprises du secteur des énergies fossiles pour protéger leurs intérêts au détriment de l'intérêt général et/ou dissuader les pouvoirs publics de prendre des mesures climatiques ambitieuses. Parmi des dizaines de cas, une entreprise britannique Rockhopper s'en prend à l'Italie à la suite de son moratoire sur les forages offshore, tandis qu'une entreprise canadienne Vermilion a fait pression sur le gouvernement français pour réduire l'ambition de la loi Hulot sur les hydrocarbures [4].

Depuis des années, les organisations de la société civile alertent sur le caractère nocif de ce Traité et appellent l'UE et les États-membres à s'en retirer au plus vite [5]. C'est possible, l'Italie l'a fait depuis 2016. Cela fait quelques mois que ces vives critiques s'étendent : 200 scientifiques ont récemment formulé une demande similaire [6], tandis que 250 parlementaires ont demandé à la Commission d'explorer la possibilité de se retirer conjointement de cet accord [7]. Les gouvernements espagnols et français ont également exprimé cette demande « d'étudier une sortie coordonnée de l'UE de ce traité » [8].

Ces prises de position interviennent alors que des négociations pour une « modernisation » du TCE ont débuté en 2020 et que quatre nouvelles sessions sont planifiées en 2021, la prochaine du 2 au 5 mars, sans obligation de résultat et sans date de fin de négociation [9]. Compte-tenu de l'opposition de plusieurs pays, dont le Japon, ces négociations ne produiront rien de plus que quelques modifications cosmétiques. Les propositions de l'UE sont d'ailleurs très largement insuffisantes [10].

Le temps presse. Le meilleur moyen d'obtenir un retrait conjoint à l'échelle européenne est d'augmenter la pression sur chacun des États-membres pour sortir de ce traité suranné, dangereux et climaticide. Par le lancement de cette pétition européenne, les organisations de la société civile donnent le coup d'envoi de plusieurs mois de campagne ayant comme point d'orgue les échéances de la loi climat européenne et la COP26 à Glasgow à l'automne 2021.

Signez et relayez la pétition

(Cette pétition est portée par des dizaines d'organisations en Europe, et plus d'une trentaine en France)


Aux gouvernements, aux parlements et aux institutions européennes,

Sortez du traité sur la Charte de l'énergie et stoppez son expansion à de nouveaux pays !

Ce traité permet aux entreprises des secteurs du charbon, du pétrole et du gaz d'entraver la transition vers un système énergétique propre. Désarmez les entreprises du secteur des énergies fossiles dès maintenant, afin qu'elles ne puissent plus empêcher les actions urgentes contre le réchauffement climatique.

[1] Pays-Bas - La sortie du charbon attaquée par la multinationale de l'énergie RWE via le Traité sur la charte de l'énergie

[2] Exemple d'organisations en Europe : Attac Deutschland, Transparency Deutschland, PowerShift (Allemagne), Attac Spain, Campaña No a los tratados de Comercio e Inversión. Spain (Espagne), Finnish TTIP platform, Greenpeace Finland, FoE Finland (Finlande), Corporate Europe Observatory Europe Beyond Coal Campaign CAN Europe FoE Europe (UE), Handel Anders ! coaliti, Transnational Institute, SOMO (Pays-Bas), Attac Austria, Naturfreunde Deutschlands, IG Windkraft Österreich, ökonews.at (Autriche), TROCA (Portugal) etc

[3] Liste des organisations en France : 350.org, ActionAid France - Peuples Solidaires, Aitec, Alofa Tuvalu, Alternatiba, Amis de la Terre, ANVCOP 21, Attac France, Bloom, CADTM France, CCFD-Terre Solidaire, Collectif Stop CETA-Mercosur, Comité Pauvreté et Politique, Confédération paysanne, CRID, Emmaus international, FNE, Générations futures, Greenpeace, LDH, Le Mouvement, Notre affaire à tous, Pour un réveil écologique, Réseau action climat, Résilience France, Sherpa, Utopia, Veblen Institute, We move Europe, XR France, Youth for climate

[4] Le Traité sur la charte de l'énergie, l'accord qui protège les pollueurs, note d'information de l'Aitec et d'Attac France

[5] En décembre 2019, dans une lettre ouverte signée 278 syndicats et associations, dont le collectif Stop CETA-Mercosur et plusieurs de ses membres, ont appelé l'UE et les États-membres à se retirer du TCE

[6] En décembre, 200 scientifiques ont appelé] l'UE et les États-membres à se retirer du TCE

[7] Plus de 250 parlementaires appellent la Commission européenne et les États-membres à explorer la possibilité de se retirer conjointement de cet accord

[8] Lettre des ministres français Bruno Le Maire, Barbara Pompili, Franck Riester, Clément Beaune à la Commission européenne, annoncée fin décembre par tweet, que nous rendons.

[9] Programme des réunions du processus de modernisation

[10] Le Traité sur la charte de l'énergie, qui protège les pollueurs ne peut pas être modernisé ! Il faut en sortir. Le Traité sur la charte de l'énergie, qui protège les pollueurs ne peut pas être modernisé ! Il faut en sortir

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Signez la pétition : l'UE et la France doivent sortir du Traité sur la charte de l'énergie, ce Traité qui protège les pollueurs

Tue, 23/02/2021 - 10:27

Ce traité permet aux entreprises des secteurs du charbon, du pétrole et du gaz d'entraver la transition vers un système énergétique propre. Des dizaines d'organisations en Europe lancent une pétition pour exiger la sortie de ce Traité, afin que les entreprises du secteur des énergies fossiles ne puissent plus empêcher les actions urgentes contre le réchauffement climatique.

Le Traité sur la charte de l'énergie (TCE) est un traité peu connu, mais aux effets nocifs considérables : c'est une arme juridique puissante aux mains des investisseurs et entreprises du secteur des énergies fossiles leur permettant de dissuader et/ou sanctionner les pouvoirs publics lorsque ceux-ci veulent prendre des mesures favorables à la lutte contre le réchauffement climatique et à la transition énergétique. Ils utilisent pour cela une forme de justice parallèle (ISDS) très favorable, que le TCE leur garantit. Jugez par vous-même, parmi des dizaines de cas :

  • Les Pays-Bas décident de sortir progressivement du charbon : la multinationale allemande RWE les poursuit et réclame 1,4 milliard d'€
  • L'Italie interdit les plateformes pétrolières près des côtes : une entreprise britannique réclame jusqu'à 350 millions de dollars d'indemnisation
  • La France envisage de rogner sur les droits acquis des industriels des énergies fossiles ? Ceux-ci menacent d'utiliser le TCE et obtiennent l'affaiblissement de la loi Hulot sur les hydrocarbures.

Disons STOP ! Il est temps de sortir de ce Traité obsolète, dangereux et climaticide. Exigeons de l'UE et de la France qu'elles se retirent du Traité sur la charte de l'énergie dans les plus brefs délais.

Texte de la pétition :
Aux gouvernements, aux parlements et aux institutions européennes,

Sortez du traité sur la Charte de l'énergie et stoppez son expansion à de nouveaux pays !

Ce traité permet aux entreprises des secteurs du charbon, du pétrole et du gaz d'entraver la transition vers un système énergétique propre. Désarmez les entreprises du secteur des énergies fossiles dès maintenant, afin qu'elles ne puissent plus empêcher les actions urgentes contre le réchauffement climatique.

Résumé en vidéo : le TCE est nocif et il faut en sortir Quelques ressources en français sur le TCE (du plus récent au plus ancien) :
  • Présentation en 11 diapos des enjeux autour du TCE ;
  • Rapport de l'Aitec et d'Attac France « Le Traité sur la charte de l'énergie, l'accord qui protège les pollueurs », décembre 2020,
  • Publication « Rections les contre-vérités proférées par les promoteurs du
    Traité de la Charte de l'énergie », décembre 2020,
  • Le rapport des Amis de la Terre « Attaque en règle contre le climat : 10 raisons pour l'UE et les gouvernements de se retirer du Traité sur la Charte de l'énergie » de mai 2020,
  • Un rapport, intitulé « une insidieuse expansion », co-publié par CEO, TNI et SEATINI, qui relate la politique d'expansion mené autour du Traité sur la charte de l'énergie, avril 2020
  • Présentation détaillée de cas en français : Le cas Vermilion contre la France et le cas Rockhopper contre l'Italie
  • 280 organisations appellent les États de l'UE à sortir du Traité sur la charte de l'énergie, décembre 2019,
  • Une vidéo en français : Comment une entreprise multinationale veut saboter la décision des Pays-Bas de sortir du charbon.
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La crise de la COVID-19 : Attac exige que les riches du pays partagent le fardeau

Tue, 23/02/2021 - 10:10

Сommuniqué d'Attac Autriche : « Corona-Krise : Attac fordert Lastenausgleich von den Reichsten des Landes » Traduit depuis l'allemand.

Pourquoi avons-nous besoin de répartir les coûts ?

La crise de la Covid-19 a mis notre société devant des contraintes insoupçonnées. De nombreuses personnes vivent des souffrances profondes, que ce soit des caissier.es, le personnel soignant ou les le parents, qui doivent gérer leurs enfants dans des petits appartements. Nous tenons le coup ensemble et chacun.e fait sa contribution pour survivre aux temps difficiles.

Mais cela ne suffira pas pour surmonter la crise. Notre société s'apprête à faire face à des coûts exorbitants, résultat du virus lui-même, mais aussi de la crise économique qui viendra comme conséquence des mesures employées pour vaincre la pandémie. Le taux de chômage est déjà le plus élevé de toute l'histoire de la Seconde République (note du traducteur : c'est-à-dire en Autriche depuis 1945). Les premiers calculs des universités d'Oxford, de Cambridge et de Zurich montrent qu'aux États-Unis et en Grande Bretagne, les plus touchés par la crise sont les jeunes, les travailleurs aux emplois précaires et aux salaires les plus bas. A cela se rajoute l'augmentation du niveau de stress, de fatigue et des maladies mentales. Le système des soins 24/24 risque de s'effondrer. Le Gouvernement prévoit une enveloppe d'aides atteignant les 38 milliards d'euros. C'est plus que ce que l'État alloue annuellement pour les écoles, les universités, le transport, la police, les pompiers, la justice, les prisons et l'armée. Et ce n'est peut-être que le début.

Quelqu'un va devoir payer ces coûts

Ces dépenses nous poursuivront encore pendant des années et quelqu'un devra en prendre la charge. Lors de la dernière crise économique de 2008 c'était la population générale. C'était elle qui a payé pour les sauvetages des banques au bord de faillite par le biais des taxes sur les prêts et sur la valeur ajoutée, ainsi qu'à travers des coupures budgétaires dans l'éducation, la sécurité sociale et la santé. Si nous n'agissons pas maintenant, cela risque de se reproduire. Et alors ceux et celles qui sont aujourd'hui célébré.es en tant que héros et héroïnes, devront non seulement continuer à faire leur travail dangereux, mais aussi payer les pots cassés.

C'est ce qu'il faut éviter à tout prix. Voilà pourquoi Attac exige une répartition égalitaire des coûts avec les plus riches. Car ceux qui ont beaucoup se doivent de contribuer à la hauteur de leurs capacités.

L'argent nécessaire pour surmonter la crise est là. La richesse extrême d'un petit nombre d'individus a atteint en Autriche [1] des niveaux astronomiques :

  • 40 familles les plus riches du pays possèdent plus d'un milliard d'euros [2]
  • Le 1% des plus riches possèdent plus de 40% de richesses, ce qui représente environ 500 milliards d'euros [3]

Cette population des riches doit contribuer à l'effort de manière égalitaire. Ainsi pourrons-nous combattre la crise de manière solidaire, tout en faisant face aux autres menaces existentielles telles que la crise écologique. Cela peut paraître radical, mais ça a déjà eu lieu par le passé, notamment les contributions pour la répartition des coûts en Allemagne après la Seconde guerre mondiale (voir plus bas).

Le fonctionnement de la répartition des coûts

La répartition exceptionnelle des coûts doit concerner les plus riches, les personnes ayant plus de 5 millions d'euros de patrimoine net (c'est-à-dire une fois les dettes soustraites). Les principes de base de la répartition des coûts :

  • La répartition exceptionnelle comprendra un abattement de 5 millions d'euros par personne. Le patrimoine restant sera imposé.
  • L'impôt initial sera de 10% (une fois soustrait l'abattement de 5 millions) avec un échelonnage allant jusqu'à 60% pour des fortunes de plus d'un milliard d'euros.
  • L'objet de l'égalisation sera le patrimoine total net, c'est-à-dire tous les types de possessions moins les dettes. Il y aura certaines conditions additionnelles ainsi qu'exceptions et plafonds pour les fonds propres des entreprises et les propriétés d'usage.
  • Une procédure internationale, ou du moins européenne, serait optimale. Si ce n'est pas possible, l'Autriche doit agir en pionnière, étant un pays de l'UE avec des inégalités des richesses particulièrement élevées.

De cette manière on peut récolter en Autriche entre 70 et 80 milliards d'euros, et ce selon les calculs les plus pessimistes. Les contributions des milliardaires représenteraient plus d'un tiers de cette somme.

Cette levée de fonds pour la répartition des coûts couvrirait les dépenses vitales pour les entreprises, l'emploi, la santé et la sécurité sociale. Et même au-delà, elle nous laisse la possibilité de faire des investissements importants dans le futur, c'est-à-dire dans la lutte contre le réchauffement climatique. La sortie de la crise de la Covid-19 ne peut en aucun cas être un retour au statu quo d'avant et doit nous amener vers un futur meilleur. Notre société doit devenir plus résiliente, juste et démocratique.

En plus de la répartition exceptionnelle des coûts du virus, il doit y avoir évidemment même dans les temps normaux une imposition à long terme des fortunes et des héritages, ainsi qu'une imposition juste des entreprises et des revenus des capitaux [4]

Exemple historique : la répartition des coûts en Allemagne en 1949

Il y a eu des précédents historiques d'États qui prélèvent des fonds sur les fortunes des plus riches lors de situations financières exceptionnelles. L'exemple le plus connu est celui de la répartition des coûts en Allemagne après la Seconde guerre mondiale. L'État a organisé un prélèvement de 50% sur les fortunes en espèces, en outils financiers et sur les fonds propres des entreprises. Cette répartition a fortement contribué à la reconstruction du pays et a été, selon l'Institut allemand de recherche économique, « un succès financier, économique et social » [5]

L'exemple allemand démontre qu'une telle répartition de coûts peut être menée avec succès et donne des moyens de combattre la crise efficacement.

Pourquoi une répartition des coûts de la crise de la Covid-19 ? Quatre raisons en bref.

Une telle répartition peut permettre de résoudre quelques problèmes économiques centraux :

  • La répartition fait de la sorte que le petit nombre des plus riches contribuent équitablement à l'effort de lutte contre la crise. Elle épargne ceux qui sont déjà touchés par la précarité, le chômage et la pauvreté, ainsi que ceux qui contribuent à l'effort par leur travail.
  • La répartition permet de diminuer les inégalités qui se creusent depuis des années et qui atteignent aujourd'hui des niveaux indécents. Ce serait un premier pas vers une imposition plus juste des fortunes.
  • La répartition stabilise le système financier gonflé hors proportion et volatile, en ôtant au casino l'argent du jeu.
  • La répartition rend possible des investissements vitaux et urgents dans le futur, notamment dans l'éducation, la santé et dans la réorganisation sociale et écologique de l'économie.
  • Сommuniqué d'Attac Autriche : « Corona-Krise : Attac fordert Lastenausgleich von den Reichsten des Landes »
  • Traduit depuis l'allemand : Kristina Hnatiuk

[1] https://www.jku.at/fileadmin/gruppen/108/ICAE_Working_Papers/wp72.pdf

[2] https://www.trend.at/wirtschaft/ranking-oesterreicher-10848600

[3] https://www.jku.at/fileadmin/gruppen/108/ICAE_Working_Papers/wp72.pdf

[4] Les exigences d'Attac pour une justice fiscale : https://www.attac.at/ziele/steuergerechtigkeit

[5] https://www.diw.de/documents/publikationen/73/diw_01.c.405699.de/12-28.pdf

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[A revoir] - Rencontre des revues #1 « D'où vient et où va le Green New Deal ? »

Fri, 19/02/2021 - 19:29

Ces deux dernières années, le terme de « Green New Deal » et les différentes propositions politiques qu'il désigne ont contribué à reconfigurer le débat, plus ancien, autour des moyens de la nécessaire révolution écologique et sociale.
Mais d'où vient le Green New Deal ? Et où va-t-il ?

Pourquoi ce terme s'est-il imposé dans le débat politique, d'abord états-unien et britannique, puis européen - et quelles sont les avancées et les limites de cette proposition dans ces divers contextes politiques ? Qu'en est-il en France, quelles sont les diverses versions du Green New Deal qui y sont en cours d'élaboration et de discussion, comment comprendre leurs rapports avec la perspective d'une écologie populaire et avec les mobilisations écologistes et sociales récentes ? Enfin, quels problèmes le Green New Deal soulève-t-il, qu'il s'agisse des rôles respectifs de l'État et des mouvements sociaux, du caractère démocratique de la planification, de son financement ou du rapport aux nécessaires transformations du travail ?

La séance débutera par trois interventions introductives, d'Esther Jeffers, Vincent Gay et Pierre Gilbert, et continuera sous la forme d'une discussion permettant la participation de toutes et tous.

Présentation des intervenant.e.s :
???? Esther Jeffers (économiste, membre d'Attac et de la revue Les Possibles)
???? Vincent Gay (sociologue, membre d'Attac et de la revue Contretemps)
???? Pierre Gilbert (politiste, membre de l'Institut Rousseau et de la revue Le Vent Se Lève)
???? Animation : Alexis Cukier (philosophe, membre d'Attac et de la revue Contretemps)

RDV le vendredi 26 février prochain, à 18h30 sur cette page !

???? A propos de la Rencontre des revues :

Cette séance s'inscrit dans un nouveau projet organisé par Attac France, Cerises la coopérative, Contretemps, Les Possibles, Le temps des lilas, Le Vent se Lève, Mouvements. Ces rencontres visent à faire connaître et mettre en discussion les publications de ces organisations et revues, pour contribuer à des objectifs de formation et d'élaboration d'analyses, idées et propositions communes. Plus précisément, il s'agit d'aborder, avec des chercheur·ses et des militant·es, des questions de portée internationale impliquant des thématiques entrées dans le débat récent dans la gauche radicale, anticapitaliste et écologiste en France, et renvoyant à des thématiques sociales et politiques émergentes, à des pratiques politiques en cours de renouvellement ou à de nouvelles propositions alternatives.

La précédente séance, sur les leçons politiques du Coronavirus, a abouti à la rédaction de cette note.

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Pour un avenir sans surveillance biométrique de masse - signez la pétition européenne

Wed, 17/02/2021 - 10:00

Le collectif « Reclaim your Face », lance aujourd'hui sa campagne contre la surveillance biométrique et notamment la reconnaissance faciale. Reclaim Your Face est composé de plusieurs associations de défense des libertés et menée par l'organisation européenne EDRi. Cette campagne prend la forme d'une « initiative citoyenne européenne » : il s'agit d'une pétition institutionnelle visant à recueillir 1 million de signatures au sein de plusieurs pays de l'Union européenne pour demander à la Commission d'interdire les pratiques de surveillance biométrique de masse.

En décembre 2019, l'OLN, accompagnée de 124 organisations, demandait déjà l'interdiction de la reconnaissance faciale sécuritaire. Nous avions souligné les dangers de cette technologie : le risque d'une surveillance permanente et invisible de l'espace public, nous transformant en une société de suspect·es et réduisant nos corps à une fonction de traceurs constants pour abolir l'anonymat dans l'espace public.

La surveillance biométrique ne se limite pas à la reconnaissance faciale. Un an après, notre demande d'interdiction n'a pas abouti et les techniques de surveillance biométrique se sont multipliées, notamment dans le contexte de la crise sanitaire. Alors que la police continue d'utiliser de façon massive la reconnaissance faciale à travers le fichier des Traitement des Antécédents Judiciaires (TAJ), plusieurs villes et administrations ont déployé des dispositifs de contrôle de température, de détection de port du masque ou des projets de vidéosurveillance intelligente pour suivre et tracer les mouvements sociaux.

La France n'est malheureusement pas le seul pays où se développe cette surveillance biométrique. En Italie, en Serbie, en Grèce ou aux Pays-Bas, l'État déploie plusieurs dispositifs qui promettent à l'Europe un avenir de surveillance automatisée permanente.

Des batailles contre la société de contrôle se jouent donc aujourd'hui : dans les mobilisations sociales contre les projets de loi sécuritaires, dans la lutte contre l'opacité qui entoure le déploiement de ces techniques, dans les tribunaux où sont contestées ces expérimentations de surveillance.

Chaque initiative compte. Cette pétition européenne a pour objectif de montrer le refus populaire massif et d'imposer un débat sur l'arrêt du déploiement de ces outils de contrôle, et nous l'espérons permettra d'obtenir un texte protecteur à l'échelle de l'Union européenne.

C'est un combat important contre des futurs où nos corps et nos comportement seraient en permanence scannées.

Demandons donc ensemble l'interdiction formelle de la surveillance biométrique : de la reconnaissance faciale sécuritaire, de l'analyse des émotions et des comportements par la vidéosurveillance, des prédictions automatisées en raison de caractéristiques physiques, de l'analyse automatisée biométrique de nos profils sur les réseaux sociaux, de l'analyse automatique de nos voix et de nos comportements pour nous contrôler.

Pour rejoindre cette lutte, nous vous invitons donc à signer et à relayer cette pétition sur la page de campagne de la Coalition Reclaim Your Face :

Je signe la pétition !

Organisations signataires relais de la campagne en France
Organisations membres de l'OLN :
La Quadrature du Net (LQDN),
La Ligue des Droits de l'Homme (LDH),
Le Syndicat de la Magistrature (SM).
Le Syndicat des Avocats de France (SAF),
Le CECIL,
Creis-Terminal,
Globenet,
Ainsi que :
Le Mouton Numérique,
Lève les yeux,
Attac France

Pour aller plus loin :
Le texte de l'initiative validé par la Commission européenne et ses annexes disponibles ici en français : https://europa.eu/citizens-initiative/initiatives/details/2021/000001_fr

Le communiqué de lancement d'EDRi traduit en français :

"Initiative de la société civile en vue d'une interdiction des pratiques de surveillance biométrique de masse
Nous exhortons la Commission européenne à réglementer strictement l'utilisation des technologies biométriques afin d'éviter toute atteinte injustifiée aux droits fondamentaux. Nous demandons en particulier à la Commission d'interdire, en droit et en pratique, les utilisations indifférenciées ou arbitrairement ciblées de la biométrie pouvant conduire à une surveillance de masse illégale. Ces systèmes intrusifs ne peuvent être développés, mis en place (même à titre expérimental) ou utilisés par des entités publiques ou privées dans la mesure où ils sont susceptibles d'entraîner une atteinte inutile ou disproportionnée aux droits fondamentaux des personnes.

Il apparaît que certaines utilisations de la surveillance biométrique de masse dans les États membres et par des agences de l'UE ont donné lieu à des violations de la législation de l'UE en matière de protection des données et ont indûment restreint les droits des personnes, y compris le droit au respect de la vie privée, le droit à la liberté d'expression, le droit de manifester et le droit à la non-discrimination. Le recours généralisé à la surveillance biométrique, au profilage et à la prédiction constitue une menace pour l'état de droit et pour nos libertés les plus fondamentales.

Par cette ICE, nous prions donc instamment la Commission de proposer un acte juridique qui s'appuiera sur les interdictions générales prévues par le RGPD et la directive en matière de protection des données dans le domaine répressif et respectera pleinement lesdites interdictions, pour faire en sorte que le droit de l'Union interdise explicitement et spécifiquement la surveillance biométrique de masse.

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Brochure « Les 10 raisons de s'opposer à l'accord UE-Mercosur »

Fri, 12/02/2021 - 12:06

« Viande contre voitures : les 10 raisons de s'opposer à l'accord UE-Mercosur »

Jamais un accord de libéralisation du commerce n'avait été aussi contesté : selon un sondage publié le 10 septembre 2020, et réalisé dans quatre pays européens (France, Allemagne, Pays-Bas et Espagne) avec des résultats similaires pour chaque pays, près de 80 % des personnes interrogées veulent que cet accord entre l'Union européenne (UE) et les États du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay) soit abandonné. Le message est clair : ne plus approfondir la mondialisation néolibérale et productiviste au détriment du climat, de l'Amazonie et des emplois. Ce message porte dans l'opinion, et dans les institutions : les parlements autrichien, hollandais, irlandais et wallon se sont déjà prononcés contre cet accord, tandis que plusieurs gouvernements ont été conduits, sous la pression, à émettre de vives réserves.

Consultez notre brochure ci-dessous.
Pour l'afficher en plein écran, cliquez sur ce lien.

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Ce que le scandale OpenLux nous apprend du capitalisme français

Fri, 12/02/2021 - 12:01

OpenLux confirme que l'évasion fiscale est pratiquée de manière systématique par les ultra-riches et les entreprises multinationales, et apporte un éclairage nouveau sur le capitalisme français dont les fleurons sont massivement présents au Luxembourg.

Tout d'abord, ce scandale vient rappeler que le Luxembourg est un paradis fiscal de proximité, frontalier de la France et qu'il est nécessaire de se défaire du cliché représentant les paradis fiscaux comme de lointaines îles paradisiaques avec leurs plages et leurs palmiers. Le Luxembourg, mais aussi la City de Londres, Jersey, Monaco ou la Suisse, sont à nos portes..

Le silence des médias français détenus par des milliardaires épinglés dans le scandale OpenLux

OpenLux nous apprend également que 37 des 50 familles françaises les plus fortunées ont un compte offshore au Luxembourg. Cela reflète le caractère systématique de l'évasion fiscale pratiquée par les plus riches, le Luxembourg n'étant qu'un des nombreux paradis fiscaux existant.

Pourtant, alors que Le Monde a publié des articles toute la semaine sur ce nouveau scandale, la plupart des médias français sont restés silencieux sur cette affaire. Comment expliquer cet « oubli » ?

On comprend mieux pourquoi TF1, BFM, Le Parisien, Le Figaro ou Le Point n'ont pas couvert davantage le scandale OpenLux quand on sait que leurs riches propriétaires (respectivement Bouygues, Drahi, Arnault, Dassault et Pinault) y sont tous épinglés car ils détiennent des sociétés offshore au Luxembourg pour échapper à l'impôt.

Quel formidable paradoxe de voir des milliardaires utiliser leurs médias pour demander à réduire les dépenses publiques... tout en pratiquant l'évasion fiscale et en recevant des millions d'euros d'aides publiques de soutien à la presse ! On comprend dès lors pourquoi ces médias sont plus prompts àinviter Agnes Verdier-Molinié de l'IFRAP pour venir nous expliquer qu'il est urgent de réduire la dette publique plutôt que des représentants d'Attac pour expliquer qu'il faut faire payer aux riches leur juste part d'impôt et lutter contre l'évasion fiscale !

Il est ainsi cocasse de voir l'inénarrable Alain Duhamel pérorer sur BFM TV que « la France n'aime pas les riches » en omettant de préciser qu'il s'exprime dans un média détenu par un milliardaire épinglé parce qu'il possède des comptes offshore au Luxembourg pour échapper à l'impôt.

En revanche on peut saluer le travail du Monde, qui n'a pas hésité à publier une enquête sur la présence au Luxembourg de son actionnaire Xavier Niel.

Les entreprises du CAC 40 biberonnées d'aides publiques présentes massivement au Luxembourg

Engie, Sanofi, Total, Dassault, Renault, Vivendi, Danone... Ces entreprises du CAC 40 ont reçu des aides publiques massives pendant la crise, comme l'a montré le rapport Allô Bercy. Pourtant OpenLux montre qu'elles possèdent toutes des filiales au Luxembourg pour y pratiquer l'évasion fiscale !

Alors qu'Attac et de nombreuses organisations critiquaient des aides versées sans aucune contrepartie sociale, fiscale ou environnementale, on se souvient que Bruno Le Maire avait promis le 23 avril 2020 que les entreprises ayant leur siège ou des filiales dans les paradis fiscaux ne pourraient pas avoir droit à des aides publiques.
Dès ce jour, les organisations de la plateforme Paradis fiscaux et judiciaires dénonçaient un « effet d'annonce » et mettaient en garde : « Si le principe de refuser tout soutien public à des entreprises qui pratiquent l'évasion fiscale est fondamental, le dispositif défendu par le ministre devrait rester symbolique puisqu'il s'appuie sur une liste de paradis fiscaux quasiment vide, dans laquelle ne figure aucun paradis fiscal européen. »

OpenLux vient confirmer cette analyse : Le Monde a calculé que 29 des 37 groupes du CAC 40 ayant leur siège en France étaient aussi présents au Luxembourg, par le biais d'au moins 166 filiales, la plupart ne correspondant à aucune activité commerciale. Mais cela n'a pas empêché ces entreprises de bénéficier du chômage partiel ou de plans de soutien sectoriels puisque, pour la France comme pour l'Union Européenne, le Luxembourg n'est pas un paradis fiscal ! CQFD.

Résumons : les plus riches français, qui sont les grands gagnants de la politique fiscale menée depuis le début du quinquennat (suppression de l'ISF, flat tax...), sont les principaux actionnaires d'entreprises qui ont profité d'aides publiques massives (CICE, CIR, chômage partiel, plans de soutien) et de la baisse des impôts de production et de l'impôt sur les sociétés. Mais cela ne les empêche pas de multiplier les comptes au Luxembourg afin d'éviter l'impôt ! Il n'est donc pas étonnant que les médias français, détenus par les mêmes milliardaires, aient aussi peu évoqué le scandale OpenLux. Tâchons de nous en souvenir quand les mêmes médias viendront claironner qu'il est inéluctable de réformer les retraites pour faire des économies, qu'il est urgent de réduire les dépenses publiques afin de réduire la dette publique ou qu'il n'est pas possible de rétablir la justice fiscale en faisant payer aux riches et aux multinationales leur juste part d'impôt !

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Ce que le scandale OpenLux nous apprend du capitalisme français

Fri, 12/02/2021 - 12:01

OpenLux confirme que l'évasion fiscale est pratiquée de manière systématique par les ultra-riches et les entreprises multinationales, et apporte un éclairage nouveau sur le capitalisme français dont les fleurons sont massivement présents au Luxembourg.

Tout d'abord, ce scandale vient rappeler que le Luxembourg est un paradis fiscal de proximité, frontalier de la France et qu'il est nécessaire de se défaire du cliché représentant les paradis fiscaux comme de lointaines îles paradisiaques avec leurs plages et leurs palmiers. Le Luxembourg, mais aussi la City de Londres, Jersey, Monaco ou la Suisse, sont à nos portes..

Le silence des médias français détenus par des milliardaires épinglés dans le scandale OpenLux

OpenLux nous apprend également que 37 des 50 familles françaises les plus fortunées ont un compte offshore au Luxembourg. Cela reflète le caractère systématique de l'évasion fiscale pratiquée par les plus riches, le Luxembourg n'étant qu'un des nombreux paradis fiscaux existant.

Pourtant, alors que Le Monde a publié des articles toute la semaine sur ce nouveau scandale, la plupart des médias français sont restés silencieux sur cette affaire. Comment expliquer cet « oubli » ?

On comprend mieux pourquoi TF1, BFM, Le Parisien, Le Figaro ou Le Point n'ont pas couvert davantage le scandale OpenLux quand on sait que leurs riches propriétaires (respectivement Bouygues, Drahi, Arnault, Dassault et Pinault) y sont tous épinglés car ils détiennent des sociétés offshore au Luxembourg pour échapper à l'impôt.

Quel formidable paradoxe de voir des milliardaires utiliser leurs médias pour demander à réduire les dépenses publiques... tout en pratiquant l'évasion fiscale et en recevant des millions d'euros d'aides publiques de soutien à la presse ! On comprend dès lors pourquoi ces médias sont plus prompts àinviter Agnes Verdier-Molinié de l'IFRAP pour venir nous expliquer qu'il est urgent de réduire la dette publique plutôt que des représentants d'Attac pour expliquer qu'il faut faire payer aux riches leur juste part d'impôt et lutter contre l'évasion fiscale !

Il est ainsi cocasse de voir l'inénarrable Alain Duhamel pérorer sur BFM TV que « la France n'aime pas les riches » en omettant de préciser qu'il s'exprime dans un média détenu par un milliardaire épinglé parce qu'il possède des comptes offshore au Luxembourg pour échapper à l'impôt.

En revanche on peut saluer le travail du Monde, qui n'a pas hésité à publier une enquête sur la présence au Luxembourg de son actionnaire Xavier Niel.

Les entreprises du CAC 40 biberonnées d'aides publiques présentes massivement au Luxembourg

Engie, Sanofi, Total, Dassault, Renault, Vivendi, Danone... Ces entreprises du CAC 40 ont reçu des aides publiques massives pendant la crise, comme l'a montré le rapport Allô Bercy. Pourtant OpenLux montre qu'elles possèdent toutes des filiales au Luxembourg pour y pratiquer l'évasion fiscale !

Alors qu'Attac et de nombreuses organisations critiquaient des aides versées sans aucune contrepartie sociale, fiscale ou environnementale, on se souvient que Bruno Le Maire avait promis le 23 avril 2020 que les entreprises ayant leur siège ou des filiales dans les paradis fiscaux ne pourraient pas avoir droit à des aides publiques.
Dès ce jour, les organisations de la plateforme Paradis fiscaux et judiciaires dénonçaient un « effet d'annonce » et mettaient en garde : « Si le principe de refuser tout soutien public à des entreprises qui pratiquent l'évasion fiscale est fondamental, le dispositif défendu par le ministre devrait rester symbolique puisqu'il s'appuie sur une liste de paradis fiscaux quasiment vide, dans laquelle ne figure aucun paradis fiscal européen. »

OpenLux vient confirmer cette analyse : Le Monde a calculé que 29 des 37 groupes du CAC 40 ayant leur siège en France étaient aussi présents au Luxembourg, par le biais d'au moins 166 filiales, la plupart ne correspondant à aucune activité commerciale. Mais cela n'a pas empêché ces entreprises de bénéficier du chômage partiel ou de plans de soutien sectoriels puisque, pour la France comme pour l'Union Européenne, le Luxembourg n'est pas un paradis fiscal ! CQFD.

Résumons : les plus riches français, qui sont les grands gagnants de la politique fiscale menée depuis le début du quinquennat (suppression de l'ISF, flat tax...), sont les principaux actionnaires d'entreprises qui ont profité d'aides publiques massives (CICE, CIR, chômage partiel, plans de soutien) et de la baisse des impôts de production et de l'impôt sur les sociétés. Mais cela ne les empêche pas de multiplier les comptes au Luxembourg afin d'éviter l'impôt ! Il n'est donc pas étonnant que les médias français, détenus par les mêmes milliardaires, aient aussi peu évoqué le scandale OpenLux. Tâchons de nous en souvenir quand les mêmes médias viendront claironner qu'il est inéluctable de réformer les retraites pour faire des économies, qu'il est urgent de réduire les dépenses publiques afin de réduire la dette publique ou qu'il n'est pas possible de rétablir la justice fiscale en faisant payer aux riches et aux multinationales leur juste part d'impôt !

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OpenLux : réaction des organisations de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires

Thu, 11/02/2021 - 12:45

Alors que la crise économique déclenchée par la pandémie de COVID met sous pression les finances publiques des États, l'enquête publiée cette semaine par le Monde et 16 médias pointe à nouveau les dommages causés par le Luxembourg, paradis fiscal majeur au cœur de l'Union Européenne, et par les entreprises et les particuliers qui y dissimulent leur argent.

Cette enquête d'ampleur utilise pour la première fois des données publiques issues du registre sur les bénéficiaires réels des sociétés, dont la publicité est désormais obligatoire dans l'Union Européenne, notamment grâce à la pression des ONG. Elle montre cependant que les mesures de transparence doivent être complètes pour être utilisables, et que des réformes de fond demeurent indispensables pour lutter contre l'évasion fiscale des multinationales comme des plus riches, et que les paradis fiscaux cessent de nuire. Si certaines sociétés enregistrées au Luxembourg sont de simples coquilles vides destinées avant tout à faciliter les montages d'évasion fiscale, mais qu'elles ne peuvent être considérées comme frauduleuses dans le droit existant, c'est bien que le système fiscal est obsolète et que les lois doivent évoluer.

« L'enquête Open Lux démontre à quel point la transparence est indispensable pour lutter contre le blanchiment de capitaux et l'évasion fiscale. L'Union européenne a rendu obligatoire la création de registres publics des bénéficiaires réels des entreprises, registre qui a permis aux journalistes de mener leurs recherches. Mais l'enquête pointe aussi les progrès qui restent à faire pour que cette transparence soit vraiment opérante : elle est encore trop souvent sapée par des failles dans la législation, notamment une définition inadéquate de la notion de propriétaire réel, et des contrôles insuffisants. La France est en retard. Elle n'a toujours pas ouvert son registre en source ouverte. Or la capacité de la société civile à contrôler la régularité des informations sur les bénéficiaires réels, à l'instar de l'enquête OpenLux, dépend directement des modalités d'accès à ce registre. » déclare Sara Brimbeuf, responsable du plaidoyer flux financiers illicites à Transparency International France.

« La transparence fiscale des entreprises est également essentielle : 6 ans après les Luxleaks, on ne connaît toujours pas la répartition des impôts payés par les multinationales dans tous les pays où elles sont présentes ! Cette mesure est indispensable pour que citoyen-ne-s et journalistes puissent savoir si les entreprises payent suffisamment d'impôts au regard de leurs activités réelles, comme par exemple pour les nombreuses filiales du CAC 40 au Luxembourg. Une directive clé va être discutée à la fin du mois : les États doivent cesser de céder aux pressions des paradis fiscaux et de grandes entreprises, et s'engager pour une véritable transparence fiscale. Cela serait un progrès majeur. » affirme Lison Rehbinder, chargée de plaidoyer au CCFD-Terre Solidaire et coordinatrice de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires.

« OpenLux confirme que l'évasion fiscale profite aux plus riches et aux entreprises multinationales et qu'elle est systématique. Pourtant, alors que ce scandale montre à nouveau que le Luxembourg est un des plus importants paradis fiscaux au monde, l'Union Européenne refuse de le considérer comme tel, et exclut tous les paradis fiscaux membres de l'UE de sa liste noire. » ajoute Raphaël Pradeau, porte-parole d'Attac.

« Le système fiscal international demeure trop complexe, et inadapté aux réalités économiques du 21e siècle. On perd un temps précieux avec des réformes parcellaires et les paradis fiscaux comme les évadés fiscaux s'adaptent aux nouvelles législations. Il est nécessaire de réformer profondément l'impôt sur les sociétés, sur la base d'une taxation unitaire des multinationales, imposant l'ensemble des activités du groupe en fonction des activités réelles, et de l'associer à un taux minimum d'imposition. » conclut Quentin Parrinello, responsable plaidoyer à Oxfam France.

Crédit photo : Brice Le Gall

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« Loi séparatisme » : les libertés associatives en danger !

Tue, 09/02/2021 - 12:10

Des universitaires et des associations ont lancé un appel dans Libération le 21 janvier dernier. Pour eux, le texte proposé par le gouvernement et porté par Gérald Darmanin a pour objectif d'encadrer, contrôler et sanctionner davantage l'action associative. C'est une menace grave pour l'ensemble de nos libertés.

Après la proposition de loi sécurité globale, le projet de « loi confortant le respect des principes de la République », dite « loi séparatisme », constitue une atteinte sans précédent au socle de notre République et menace nos libertés les plus fondamentales.

Présentée par « le gouvernement comme une loi de liberté, elle n'impose en réalité que des interdits, de nouveaux délits pénaux et des contrôles de toute la population »*. Derrière une fausse justification sécuritaire se cache en réalité une véritable « loi anti-association » qui appelle une large mobilisation.

Contrairement à ce qui est avancé par ses promoteurs, ce nouveau texte liberticide ne concerne pas seulement les associations cultuelles et celles qui perçoivent des fonds publics, mais constitue une menace très grave pour l'ensemble des associations françaises. Nous, associations, collectifs et chercheur.es et avocat.es, organisés en coalition pour défendre et promouvoir les libertés associatives, tenons à alerter nos pairs, l'opinion publique et les parlementaires.
Le Conseil d'État l'a admis en premier : « les mesures du projet de loi concernent pratiquement tous les droits et libertés publiques » ! Ces libertés garantissent que, au delà du contrôle légitime de la légalité d'une association, l'État et ses représentants respectent l'indépendance d'action des associations. Un large pan de cette loi a pour objectif d'encadrer, contrôler et sanctionner davantage l'action associative, notamment en instituant un « contrat d'engagement républicain ». Ce contrat liste au moins dix « principes républicains » qui contraindraient uniquement les associations, sans aucune forme d'engagement réciproque comme l'a justement soulevé le Mouvement associatif. Le Conseil d'État, en chœur avec la Défenseure des droits, soulignent que ce contrat comporte des « notions sujettes à interprétations antagonistes » et des « incertitudes » qui ne manqueraient pas d'introduire de sérieux risques d'arbitraire. Par ailleurs, la Défenseure des droits s'inquiète de ce que ce projet participe d'un « renforcement global du contrôle de l'ordre social ». Contrat d'engagement républicain : « comment éviter que les entraves institutionnelles aux activités associatives, déjà nombreuses ? »

Dans la droite ligne de la loi sécurité globale, qui élargit les prérogatives de police à de nouveaux acteurs, Gérald Darmanin et le gouvernement voudraient insérer dans le contrat républicain une clause de « respect de l'ordre public » dont l'appréciation est juridiquement laissée aux seules forces de l'ordre et leur hiérarchie (préfet, ministère de l'Intérieur). Dans un contexte d'urgence et aussi de surdité des autorités aux revendications citoyennes, de plus en plus d'associations ou groupes militants ont recours à la désobéissance civile non violente qui pourrait demain être considérée comme un « trouble à l'ordre public ». Ces actions militantes n'en restent pas moins légitimes et parfois reconnues comme telles par les tribunaux au nom de la liberté d'expression comme en attestent les relaxes de décrocheurs de portraits d'Emmanuel Macron, tout en revendiquant aussi les libertés d'opinion et de manifestation chères aux associations, mais qui se trouvent aujourd'hui directement menacées par plusieurs dispositions de ce projet de loi encore en débat.

Au-delà de ces nouvelles dispositions, se pose aussi la question de leur application. Comment éviter que les entraves institutionnelles aux activités associatives, déjà nombreuses, souvent abusives et méconnaissant le droit, ne se multiplient à l'encontre d'acteurs qui interviennent – souvent de manière critique – dans le débat public ? En octobre 2020, l'Observatoire des libertés associatives tirait déjà la sonnette d'alarme avec le rapport « Une citoyenneté réprimée » qui documentait cent cas de répression anti-association.

Le non respect d'un contrat républicain aux contours imprécis, entraînerait des sanctions telles que la suspension ou le remboursement des subventions, véritable mise à mort financière pour des associations déjà précarisées (perte des contrats aidés, etc.).

Cela entraînerait aussi la perte d'un agrément indispensable pour agir en justice au nom des Français et de l'intérêt général, voire plus quotidiennement pour intervenir en milieu scolaire ou extra-scolaire. Plus localement cela pourrait signifier le refus ou la perte d'accès aux espaces et équipements publics.

« L'expression d'une défiance généralisée à l'encontre des associations et groupements de citoyens »

Le projet de loi, dans son article 8, élargit aussi les conditions pour prononcer la dissolution d'une association en remplaçant l'organisation de « manifestations armées dans la rue » par des « agissements violents contre les personnes et les biens », le terme d' « agissement » ouvrant là aussi un large champ d'interprétation. Certaines dispositions (art 18) censées mieux protéger les fonctionnaires et personnes dépositaires de l'autorité ne sont pas sans rappeler l'article 24 de la proposition de loi sécurité globale sur l'interdiction de diffuser des images des forces de l'ordre. D'autre part, les commentaires sur les réseaux sociaux d'adhérents de l'association pourraient être reconnus comme des éléments justifiant la dissolution d'une association, même si ces messages sont postés à titre personnel. Cette disposition fait peser des risques de « déstabilisation » sur des associations ciblées par des campagnes malveillantes en ligne, certaines personnes pouvant prendre la qualité de membres pour ensuite nuire à l'association.

Comment ne pas voir dans ces lois sécuritaires l'expression d'une défiance généralisée à l'encontre des associations et groupements de citoyens organisés pour faire entendre leur voix et agir pour l'intérêt général ?

Nous refusons que des associations soient arbitrairement dissoutes ou privées de financement sur des critères flous et infondés avec des possibilités de recours amoindries. Nous refusons également la stigmatisation que ce projet de loi fait peser sur des personnes de confession musulmane, en raison de leur croyance ou origines supposées, en laissant croire que ce texte de loi répondrait à des enjeux de sécurité ou de « vivre-ensemble ». Nous refusons qu'un pouvoir politique impose une interprétation moralisante et autoritaire des « principes républicains » déjà parfaitement exprimés dans notre devise nationale.

Le législateur français a construit au fil du temps des lois plus équilibrées qui ne demandent qu'à être appliquées. Nous surveillerons avec attention le débat parlementaire de ces prochaines semaines, tant sur le projet de loi séparatisme que sur la proposition de loi sécurité globale qui mobilise déjà largement, pour alerter les citoyennes et citoyens français sur cette dérive autoritaire que nous constatons avec effroi et inquiétude. Loin de contribuer à la sécurité et à la cohésion nationale, cette « loi séparatisme », si elle était votée, serait contre-productive et affaiblirait les principes républicains. Cette loi déstabiliserait l'ensemble des associations pourtant si essentielles face aux épreuves que nous traversons et pour notre démocratie.

Cet appel a été lancé à l'initiative des membres de la Coalition pour les libertés associatives.

Pour signer la pétition.

SignatairesAssociations
  • APPUII
  • Action Droit des Musulmans
  • Anticor
  • Alliance citoyenne
  • Attac France
  • Centre de Recherche et d'Information pour le Développement (CRID)
  • Collectif des Associations Citoyennes (CAC)
  • Combat Monsanto
  • Coordination nationale Pas sans Nous
  • Fédération des Arts de la Rue
  • France Nature Environnement (FNE)
  • Greenpeace
  • Groupe d'information et de soutien des immigré·es (Gisti)
  • IPAM
  • Immigration Développement Démocratie (IDD)
  • La Quadrature du Net
  • Mouvement Roosevelt France
  • ReAct !
  • Le réseau Sortir du nucléaire
  • Ritimo
  • Syndicat de la magistrature
  • Syndicat des avocats de France
  • VoxPublic
Universitaires
  • Julia Cagé – professeure adjointe au département d'Économie de Sciences Po Paris
  • Serge Slama – professeur de droit public, Université Grenoble-Alpes
  • Marie-Hélène Bacque – professeure d'études urbaines, Université Paris-Nanterre
  • Romain Badouard – enseignant et chercheur en sciences de l'information et en communication, Université Paris II Panthéon-Assas, CARISM et Institut Français de Presse
  • Guillaume Gourgue – enseignant et chercheur en science politique, Université Lyon 2, Laboratoire TRIANGLE
  • Marion Carrel – professeure de sociologie, Université de Lille-CeRIES
  • Karel Yon – chercheur en sociologie, CNRS, Université Paris Nanterre et CERAPS (Université de Lille
  • Marwan Mohammed – chercheur en sociologie, CNRS
  • Stéphanie Hennette-Vauchez, Professeure de droit à l'université Paris Nanterre et directrice du Centre de recherches et d'études sur les droits fondamentaux
  • Julien Talpin, chercheur en Sciences politiques, CNRS
  • Vanessa Codaccioni : Maîtresse de Conférence en science politique à l'université Paris 8
  • Jean-Louis Laville, Professeur du Conservatoire national des arts et métiers et chercheur au Lise (CNRS-Cnam)
  • Marie-Laure Basilien-Gainche – professeure de droit public, Université Jean Moulin Lyon 3 – membre honoraire de l'Institut Universitaire de France, membre de l'Institut des Migrations
  • Sébastien Milleville, Maître de conférences en droit privé, Université Grenoble Alpes
  • Charles-André Dubreuil, Professeur de droit public, Université Clermont-Auvergne
  • Diane Roman, Professeure à l'Ecole de droit de la Sorbonne
Avocat.es
  • Nabila Asmane
  • Nabil Boudi
  • Vincent Brengarth
  • William Bourdon
  • Emmanuel Daoud
  • Jérôme Karsenti
  • Raphaël Kempf
  • Adélaïde Jacquin
  • Stéphane Maugendre
  • Jeanne Sulzer

Crédit photo :
Auteur : Jacques Paquier
Licence Creative Commons 2.0

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Scandale fiscal « OpenLux » : et ça continue, encore et encore

Mon, 08/02/2021 - 12:24

C'est un nouveau scandale révélant l'ampleur de l'évasion et de la fraude fiscales que « Le Monde » et 16 autres médias révèlent ce lundi 8 février. Depuis 2008, ces scandales à répétition dressent le même constat : l'ampleur de l'évitement de l'impôt par des contribuables fortunés et des multinationales. De ce fait, il manque chaque année 80 à 100 milliards d'euros aux recettes publiques françaises.

L'ampleur de l'évasion et de la fraude fiscales est d'autant plus préoccupante que les révélations pointent les défaillances de mesures vantées par plusieurs gouvernements comme des progrès importants en matière de lutte contre l'évasion et la fraude fiscales. A propos du registre des bénéficiaires effectifs, censé mettre fin à l'opacité et identifier les propriétaires de véhicules juridiques utilisés dans les schémas d'évasion et de fraude fiscales, « Le Monde » parle ainsi de « transparence en trompe l'œil ». Cette défaillance s'ajoute au constat préoccupant dressé par la Cour des comptes européennes à propos de l'échange automatique d'informations, qu'elle juge « perfectible du point de vue de la surveillance, de la garantie de la qualité des données ainsi que de l'utilisation des informations reçues [1] ».

Ce nouveau scandale confirme que le Luxembourg est un des principaux paradis fiscaux de la planète : pour Attac, il faut mettre fin à l'hypocrisie consistant à ne pas intégrer ce pays (ni les autres paradis fiscaux européens comme les Pays-Bas ou l'Irlande) dans la liste noire des paradis fiscaux adoptée par l'Union européenne et la France.

Si ce nouveau scandale a une portée internationale, la France est concernée puisque 37 des 50 familles françaises les plus fortunées sont directement visées. Selon Vincent Drezet, membre du CA d'Attac France : « tout ceci confirme que l'évasion fiscale est un sport de riches et révèle l'insuffisance des mesures prises au cours de ces dernières années pour combattre l'évitement de l'impôt, tant en France (dont les administrations fiscales et douanières ne cessent de perdre des emplois) qu'au plan international. Et ce, alors que ces mesures ont été présentées aux citoyens comme étant efficaces. Le consentement à l'impôt ne peut malheureusement que sortir un peu plus affaibli de ce genre de révélations ». Comme l'indique très justement l'éditorial du Monde, « si les plus riches parviennent à échapper massivement à l'impôt et évitent de participer à l'effort collectif, au financement des infrastructures publiques, ne devient-il pas nécessaire de s'attaquer à cette forme majeure de séparatisme ? »

A l'heure où le gouvernement et ses relais ne cessent d'asséner qu'il faudra rembourser la dette Covid sans augmenter les impôts, donc en baissant la dépense publique, cette nouvelle affaire ne manque pas de saveur. A l'évidence, le cadre et les orientations fixées par le gouvernement à la « commission Arthuis », chargée de faire des propositions en la matière, sont à l'opposé de ce qu'il faudrait faire.

Selon Raphaël Pradeau, porte-parole d'Attac, « ces nouvelles révélations sur l'évasion fiscale pratiquée massivement par les plus riches et les multinationales confirment qu'il serait injuste de demander des efforts supplémentaires aux « Premiers de corvée » quand ceux qui peuvent le plus contribuer à l'impôt y échappent. Plutôt que de vouloir faire des économies sur les allocataires des APL, les chômeurs ou les futurs retraités, le gouvernement devrait lutter vraiment contre l'évasion fiscale et faire payer à chacun sa juste part d'impôt ! »

Pour Attac, qui vient de publier une note « Qui doit payer la dette Covid ? », il faut à court terme mobiliser tout à la fois l'outil monétaire et de la gestion de la dette et l'outil fiscal. Ainsi, reprendre le contrôle de la dette publique passe par un audit citoyen sur la dette, une restructuration et une annulation partielle de la dette détenue par la BCE en fonction d'objectifs écologiques, le financement monétaire des dépenses publiques prioritaires, et la réduction de la dette détenue par les créanciers étrangers. Par ailleurs, il s'agit d'instaurer une Contribution au remboursement de la dette Covid (CRDC) à la double caractéristique : elle serait acquittée par les ménages les plus riches et les grandes entreprises ; elle exempterait les pauvres, les classes moyennes et les PME qui ont payé un lourd tribut aux politiques de rigueur budgétaire et salariale depuis la crise de 2007-2008. Elle constituerait enfin une alternative au prolongement de l'injuste Contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS).

Plus largement, une réforme globale de notre système fiscal s'impose pour l'adapter aux réalités économiques (notamment en matière de numérique), restaurer la justice fiscale et financer les services publics dont la crise sanitaire a montré le rôle stratégique. Cela passe par exemple par :
• une taxation unitaire imposant l'ensemble des bénéfices d'un groupe avant de répartir le droit à imposer de chacun des États dans lequel il est installé et, sur ce modèle, harmoniser l'impôt sur les sociétés (IS) au sein de l'Union européenne en établissant un « taux plancher » afin de stopper la course de l'IS vers le bas,
taxer l'ensemble des transactions financières, y compris les produits dérivés,
• créer des registres publics des propriétaires réels des sociétés et des trusts, pour mettre un terme aux sociétés écrans, instaurer un cadastre financier mondial,
• renforcer la transparence et la coopération entre États au plan international et les services de l'État engagés dans la lutte contre la fraude fiscale et financière.

Crédit photo : Brice Le Gall

[1] Communiqué de la Cour des comptes européenne, « Rapport spécial 03/2021 : Échange d'informations fiscales dans l 'UE : le système est solide, mais sa mise en œuvre laisse à désirer », 26 janvier 2021.

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La France est-elle en train de se rallier à l'Accord UE-Mercosur ?

Tue, 02/02/2021 - 15:04

La France est-elle en train de négocier en catimini les conditions de son ralliement à l'Accord UE-Mercosur ? Selon un « document de travail » émanant du Ministère du commerce extérieur, la France semble accepter de sauver cet accord controversé, aux côtés de la Commission qui s'y emploie avec détermination : sous couvert de contreparties qui ne changent pas l'économie générale de cet accord inacceptable, la France accepte de ne pas rouvrir la négociation sur le contenu de l'accord. Le collectif national Stop CETA-Mercosur appelle le gouvernement à abandonner son double discours consistant à dire « Non » à Paris et à négocier à Bruxelles pour sauver l'accord. Il reprendra dans les jours prochains ses actions de mobilisation en ce sens.

Quelle est donc la position de la France sur l'accord UE-Mercosur ? Celle exprimée par la Ministre de la transition écologique Barbara Pompili disant « qu'il n'y aura pas d'accord avec le Mercosur au détriment de notre planète » ou celle du Ministre du commerce extérieur Franck Riester qui ne cesse d'affirmer qu'il ne veut pas « mettre 10 ans de négociations à la poubelle » ? Que vaut donc l'engagement pris par Emmanuel Macron le 14 décembre dernier devant les membres de la Convention citoyenne pour le climat indiquant que la France ne signera pas un accord avec le Mercosur et qu'il n'est pas question d'accepter « une déclaration annexe » qui viendrait compléter le contenu d'un accord inchangé ?

Ce gouvernement doit clarifier sa position et arrêter de se contredire ou d'adapter ses positions en fonction des circonstances. Récemment, Franck Riester déclarait à propos de l'accord sur les investissements UE-Chine « nous avons une ligne rouge : la ratification des conventions fondamentales de l'Organisation internationale du travail (OIT) » précisant que « les accords commerciaux servent aussi de levier pour faire avancer les sujets sociaux, pour lutter contre le travail forcé ». Que ce soit dans l'accord avec les pays du Mercosur ou dans celui entre l'UE et la Chine, rien de significatif ne permet de s'assurer du respect de cette ligne rouge.

Le document de travail [1] que le ministre du commerce extérieur a envoyé à tous les membres du Comité de suivi de la politique commerciale, et qui a déjà été publié par certains médias, fait plusieurs concessions majeures et inacceptables à la Commission européenne et aux États-membres favorables à une adoption rapide de l'accord : 1) accepter de ne pas rouvrir les négociations sur le contenu de l'accord ; 2) entériner le choix de la Commission européenne consistant à travailler sur une « déclaration des parties annexée à l'accord » qui ne saurait ni changer l'économie générale de l'accord ni avoir le même statut que l'accord lui-même.

Sur le fond, les « exigences additionnelles » proposées par le gouvernement sont doublement insatisfaisantes. Elles font d'abord l'impasse sur un nombre conséquent d'enjeux majeurs que soulèvent le contenu de l'accord et les négociations avec les pays du Mercosur : violation des droits humains, droits sociaux et droits des populations autochtones ou discriminées, déstabilisation des marchés agricoles et des économies locales, exportation massive de pesticides européens pourtant interdits d'usage en Europe, destruction d'emplois, satisfaction des intérêts des multinationales, etc.

Se focalisant sur le climat, la déforestation et les normes sanitaires, ces « exigences additionnelles » sont par ailleurs largement inoffensives et inapplicables parce que déclaratives et sans force exécutoire sur le contenu même de l'accord. L'exemple du CETA, dont le processus de ratification n'est toujours pas achevé, montre combien une déclaration additionnelle jointe à l'accord ne permet pas d'en modifier la logique, y compris sur le suivi et la bonne application des normes sanitaires.

Ce document de travail ne fait aucune référence aux asymétries existantes, notamment économiques et sociales, entre l'UE et les pays du Mercosur et au fait qu'il ne saura contribuer au développement durable et équilibré de nos sociétés. Le chapitre sur le développement durable ne comporte pas de mesures concrètes pour contrôler l'application des normes internationales du travail, en particulier les conventions fondamentales de l'OIT sur le travail décent, la convention 87 sur la liberté d'association et la protection du droit syndical, la violation de la convention 98 sur le droit de négociation collective, l'absence de référence à la convention 169 sur la protection des peuples indigènes gravement menacés dans plusieurs des pays du Mercosur, ainsi que de toutes les conventions liées à la sécurité sociale. L'accord, dans son état actuel, ne prévoit aucun mécanisme de participation réelle des syndicats, ni de sanctions en cas de violation de ces conventions.

Comment le gouvernement peut-il faire l'impasse d'exiger une renégociation du contenu de l'accord alors que la Commission européenne vient tout juste de publier un rapport de recherche qui montre que les importations cumulées de douze accords commerciaux en cours de négociation, de ratification ou d'application vont complètement déstabiliser les marchés agricoles, au détriment des producteurs locaux et de toute relocalisation écologique et solidaire [2] ?

Le collectif national Stop CETA-Mercosur appelle Emmanuel Macron et le gouvernement à sortir de son double discours et à œuvrer à Bruxelles en faveur de l'abandon de l'accord et non à le sauver comme actuellement. Nos organisations appellent les collectivités territoriales à s'engager « en faveur de l'abandon de l'accord UE-Mercosur et en faveur de la relocalisation écologique et solidaire » en votant un vœu en ce sens comme l'ont déjà fait des milliers de collectivités en Europe [3]. Un outil électronique permettant aux citoyen.ne.s d'interpeller Emmanuel Macron et plusieurs ministres et déjà utilisé à l'automne sera relancé dans les jours prochains [4].

[1] Voici le docuement de travail du ministère rendu public par plusieurs médias

[2] Selon le rapport de la Commission, d'ici à 2030, les importations de bœuf de l'UE augmenteraient de 21 à 26 %, et celles de volaille de 22 à 29 %, sur des marchés déjà saturés. L'accord avec le Mercosur serait le plus grand contributeur de ces nouvelles importations : 44% pour le bœuf et 37 % pour la volaille : https://ec.europa.eu/info/sites/info/files/food-farming-fisheries/trade/documents/jrc-cumulative-economic-impact-of-trade-agreements-on-eu-agriculture_en.pdf

[3] Stop accord UE-Mercosur : demandons aux collectivités territoriales de s'engager

[4] Retour sur la mobilisation de l'automne 2020

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Les « premiers de corvée » ne paieront pas la dette Covid !

Tue, 02/02/2021 - 11:07

Les riches et les multinationales sont les profiteurs de la crise : à eux de payer la dette Covid !

Le gouvernement a donné mandat à la commission Arthuis de proposer des mesures pour une « remise en ordre des finances publiques », afin de rembourser la dette-Covid, sans augmenter les impôts (donc sans revenir sur la suppression de l'ISF et la mise en place du prélèvement forfaitaire unique ni sur la baisse de l'impôt sur les bénéfices des sociétés), grâce à « une gestion plus rigoureuse des dépenses publiques » et des « réformes structurelles », comme celle des retraites.

Attac publie ce mardi une note intitulée « Qui doit payer la dette Covid ? » pour déconstruire cette fausse évidence.

Pour Aurélie Trouvé, porte-parole d'Attac : « La dette-Covid ne doit pas être instrumentalisée pour renouer avec les politiques néolibérales et l'austérité budgétaire dont la crise sanitaire a démontré les effets tragiques sur les inégalités, sur l'hôpital public et notre système de santé. Il existe des politiques alternatives face à la dette-Covid, utilisant les leviers monétaire et fiscal, pour développer les politiques publiques nécessaires à notre avenir ».

Raphaël Pradeau, porte-parole d'Attac, s'indigne : « Tandis qu'un million de français sous tombés sous le seuil de pauvreté depuis le début de la crise du Covid, les milliardaires français ont déjà retrouvé leur niveau de fortune d'avant la crise. Il serait inacceptable que ce soient aux "Premiers de corvée" de rembourser la dette Covid, alors que celle-ci a été creusée par des aides massives accordées aux grandes entreprises multinationales sans contrepartie sociale, fiscale et écologique. Cela a favorisé une explosion des inégalités en faveur des actionnaires. C'est aux profiteurs de la crise de payer la dette Covid ! ».

Selon Dominique Plihon, co-rédacteur de la note : « Actuellement le coût de la dette publique diminue, même si la dette augmente, car l'État s'endette à des taux d'intérêt négatifs à la suite de la politique monétaire menée par la banque centrale. Pour Attac, l'objectif est de réduire l'emprise des marchés financiers sur les politiques publiques »

Reprendre le contrôle de la dette publique passe par (i) un audit citoyen sur la dette, (ii) une restructuration et une annulation partielle de la dette détenue par la BCE en fonction d'objectifs écologiques, (iii) le financement monétaire des dépenses publiques prioritaires, et (iv) la réduction de la dette détenue par les créanciers étrangers.

Pour Vincent Drezet, co-rédacteur de la note : « Il est également urgent de mobiliser la politique fiscale face à la crise. Nous proposons que soit instaurée une « contribution pour le remboursement de la dette-Covid » (CRDC), qui répond à l'objectif prioritaire de justice fiscale, et sera payée par les grandes entreprises et les ménages les plus riches. »

Contrairement à l'injuste CRDS (Contribution pour le remboursement de la dette sociale) que le gouvernement souhaite prolonger, la CRDC aurait une double caractéristique : (i) elle sera acquittée par les ménages et les entreprises ; (ii) elle exemptera les pauvres, les classes moyennes et les PME qui ont payé un lourd tribut aux politiques de rigueur budgétaire et salariale depuis la crise de 2007-2008.

Au-delà de la CRDC, dont l'objet est spécifique (payer la dette Covid), une réforme globale de notre système fiscal s'impose pour restaurer la justice fiscale et financer les politiques publiques dont la crise sanitaire a montré le rôle stratégique.

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[Note] Qui doit payer la dette Covid ?

Tue, 02/02/2021 - 11:01

Le gouvernement a nommé une commission sur « l'avenir des finances publiques », présidée par Jean Arthuis, ancien ministre des finances de Jacques Chirac. Son mandat est de faire des propositions sur la façon de rembourser la dette Covid, sans augmenter les impôts, grâce à « une gestion plus rigoureuse des dépenses publiques » et des « réformes structurelles ». Pour Attac, le mandat donné à cette commission indique clairement une volonté d'en rester aux politiques néolibérales, fondées sur l'austérité budgétaire, dont les effets dévastateurs sur le système de santé et sur les inégalités sont apparus clairement à l'occasion de la crise sanitaire et sociale causée par la pandémie.

Pour afficher la note en plein écran et/ou la télécharger, cliquez sur ce lien.

Pour Attac, il existe des politiques alternatives face à la dette Covid, utilisant de manière complémentaire les leviers monétaire et fiscal pour développer les politiques publiques nécessaires à notre avenir.

La baisse des taux d'intérêt orchestrée par la Banque centrale européenne (BCE) a permis de rendre soutenable à court terme la dette publique. Mais pour Attac, l'objectif doit être de réduire l'emprise des marchés financiers sur les politiques publiques, et en second lieu de proposer de mobiliser la politique fiscale en instaurant une « contribution pour le remboursement de la dette Covid » (CRDC). Cette dette est estimée à 234,8 milliards d'euros sur l'année 2020.

Dans cette note, Attac livre une approche nouvelle de la dette et propose l'instauration d'une Contribution au remboursement de la dette Covid (CRDC) pour une justice fiscale et sociale.

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[Note] Qui doit payer la dette Covid ?

Tue, 02/02/2021 - 11:01

Le gouvernement a nommé une commission sur « l'avenir des finances publiques », présidée par Jean Arthuis, ancien ministre des finances de Jacques Chirac. Son mandat est de faire des propositions sur la façon de rembourser la dette Covid, sans augmenter les impôts, grâce à « une gestion plus rigoureuse des dépenses publiques » et des « réformes structurelles ». Pour Attac, le mandat donné à cette commission indique clairement une volonté d'en rester aux politiques néolibérales, fondées sur l'austérité budgétaire, dont les effets dévastateurs sur le système de santé et sur les inégalités sont apparus clairement à l'occasion de la crise sanitaire et sociale causée par la pandémie.

Pour afficher la note en plein écran et/ou la télécharger, cliquez sur ce lien.

Pour Attac, il existe des politiques alternatives face à la dette Covid, utilisant de manière complémentaire les leviers monétaire et fiscal pour développer les politiques publiques nécessaires à notre avenir.

La baisse des taux d'intérêt orchestrée par la Banque centrale européenne (BCE) a permis de rendre soutenable à court terme la dette publique. Mais pour Attac, l'objectif doit être de réduire l'emprise des marchés financiers sur les politiques publiques, et en second lieu de proposer de mobiliser la politique fiscale en instaurant une « contribution pour le remboursement de la dette Covid » (CRDC). Cette dette est estimée à 234.8 milliards d'euros sur l'année 2020.

Dans cette note, Attac livre une approche nouvelle de la dette et l'instauration d'une Contribution au remboursement de la dette Covid (CRDC) pour une justice fiscale et sociale.

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[Vidéo] Ils ont profité de la crise, à eux de payer !

Mon, 01/02/2021 - 18:23

Depuis le début de la crise du Covid, la pauvreté et le chômage ont augmenté, mais ce n'est pas la crise pour tout le monde ... Les plus riches en sortent même renforcés alors qu'il faudra plus de 10 ans aux pauvres pour s'en remettre !

Rejoignez et Soutenez la Campagne #ProfiteursDeLaCrise

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