Skip navigation

News from Attac France

Syndicate content Attac France
Attac s'engage pour la justice sociale et environnementale et mène des actions contre le pouvoir de la finance et des multinationales. Mouvement d'éducation populaire, l'association produit analyses et expertises, organise des conférences, des réunions publiques, participe à des manifestations… Attac est présente dans une cinquantaine de pays ; Attac France compte près de 10 000 membres et plus de 100 comités locaux.
Updated: 1 hour 41 min ago

Tou·te·s dans la rue le 8 décembre ! #GiletsJaunes #ClimateAlarm #RevancheLyceenne

Tue, 04/12/2018 - 12:54

« La colère des #GiletsJaunes est pleinement justifiée. Il y a un sentiment profond d'injustice sociale, fiscale et écologique dans ce pays ! »

Categories: Attac Planet

Pas de justice climatique sans justice sociale - Pas de justice sociale sans transition écologique

Tue, 04/12/2018 - 11:33

Alors que 2018 est la 4e année la plus chaude jamais enregistrée, les représentant·e·s des États réunis en Pologne pour le sommet international sur le climat (COP24) nous préparent une hausse du climat de plus de 3,5 ° avant la fin du siècle.
Le réchauffement climatique, c'est ici et maintenant !

Après les marches de septembre et octobre, sonnons l'alarme climatique le 8 décembre !

Nos colères sont multiples
En France, la politique d'Emmanuel Macron ne répond ni à la colère des gilets jaunes ni à l'appel urgent des citoyens pour une politique climatique à la hauteur de l'urgence !
Injuste sur le plan social, sa politique ne s'en prend pas aux premiers responsables des changements climatiques : les banques qui financent les industries fossiles, les multinationales qui poursuivent l'exploitation des terres et des ressources, l'agrobusiness qui détruit les sols, les compagnies de transport qui mettent toujours plus de marchandises sur les routes…

Les gilets jaunes expriment, avant tout, les difficultés de vivre et pointent l'hypocrisie gouvernementale : en 2019, sur les 37 milliards de recettes des taxes sur les carburants seuls 7 milliards d'euros seront affectés à la transition écologique. Cette politique économique et fiscale est profondément inégalitaire et injuste.

Basculer la fiscalité carbone sur les entreprises les plus polluantes

A court terme une mesure permettrait de répondre aux enjeux climatiques et sociaux. Attac propose un basculement de la fiscalité carbone sur les entreprises les plus polluantes, jusqu'ici largement exonérées de toute fiscalité carbone contraignante, et un moratoire sur toute nouvelle augmentation de la fiscalité carbone en direction des ménages, artisans et petites entreprises.

Avec ou sans gilet jaune, Attac appelle aux mobilisations du 8 décembre, pour :

• faire basculer les financements qui contribuent au réchauffement climatique dans le financement de la transition (sobriété énergétique et production d'énergie renouvelable) ;
• augmenter les mécanismes d'aide pour les ménages modestes et rénover les logements pour supprimer toutes les passoires thermiques ;
• soutenir le développement d'une agriculture locale et biologique ;
• renforcer les services publics et les commerces de proximité ;
• favoriser la création massive d'emplois liés à la transition
• développer les réseaux de transports en commun sur tout le territoire
• encourager le transport ferroviaire et les mobilités non polluantes
• en finir avec les accords de libre-échange qui ne sont pas climato-compatibles

Financer ce changement de cap, c'est possible !

• en mettant en place des taxes dissuasives sur les premiers responsables du changement climatique : les multinationales pétrolières, gazières et les banques qui les financent ;
• en stoppant le financement des fausses solutions ( nucléaire ou géo-ingénierie) ;
• en taxant fortement les transports aériens et maritimes ;
• en stoppant le développement de nouvelles zones commerciales et de grands projets inutiles et imposés ;
• en réduisant le pouvoir de la finance via une taxe sur toutes les transactions financières ;
• en rétablissant l'ISF et en récupérant l'argent détourné par les évadés fiscaux.

Photo : https://www.bricelegall.com

Categories: Attac Planet

Attac repeint la façade de la Caisse des Dépôts : Le LDDS ne doit plus financer la destruction du climat

Sun, 02/12/2018 - 13:14

Ce dimanche 2 décembre, jour de lancement de la COP 24, 50 militant·e·s d'Attac ont redécoré à leur manière la façade de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) à Paris. Les militant·e·s dénonçaient l'utilisation qui est faite par la CDC de l'épargne populaire, dans le cadre de la campagne nationale #PasAvecNotreArgent, à l'initiative d'Attac France et de 350.org [1].

Ils ont recouvert la façade vitrée avec du liquide noir, posé une vague noire sur le sol, déroulé une banderole « Les petits pas ça ne suffit pas » et collé des affiches dénonçant les investissements de la CDC dans des projets toxiques pour les peuples et la planète. En échos à la mobilisation pour le climat qui se prépare le 8 décembre (#ClimateAlarm) les militants ont également fait retentir « l'alarme climatique » par un concert de casseroles.

24 millions de personnes détiennent un Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS). La Caisse des Dépôts et Consignations collecte au moins 60% de la totalité de cette épargne, tandis que les banques privées peuvent en conserver jusqu'à 40% [2]. Si la CDC s'est récemment engagée à désinvestir du charbon [3], elle continue à investir dans des projets climaticides qui concourent à aggraver notre dépendance aux énergies fossiles. Pourtant placée sous le contrôle direct du Parlement, elle exerce des activités d'intérêt général pour le compte de l'État et des collectivités territoriales ainsi que des activités concurrentielles.

Pour Dominique Plihon, porte-parole d'Attac : « la CDC est incapable de nous garantir que l'intégralité de l'épargne collectée sur les LDDS ne sert pas à financer des projets destructeurs du climat. C'est un scandale. Le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) est explicite : pour contenir le réchauffement climatique à 1,5 ° C, nous devons renoncer à explorer de nouveaux gisements de charbon, de pétrole et de gaz. »

Clemence Dubois, de 350.org complète : « Avec l'accélération des dérèglements climatiques, nous n'avons plus la possibilité d'attendre. Il est urgent d'arrêter de financer les industries fossiles pour que le carbone reste où il doit être : dans le sol. A ce jour, rien ne garantit aux épargnant·e·s que la totalité de leur épargne finance des projets contribuant effectivement à la transition énergétique ou à la réduction de l'empreinte climatique. Cela entre en totale contradiction non seulement avec l'impératif climatique, mais aussi avec le label « développement durable et solidaire » mis en avant. »

Bruno Le Maire l'a lui-même reconnu le 27 novembre, à l'occasion du Climate Finance Day, considérant qu'il y avait « un peu tromperie sur la marchandise » sur le LDDS. Le Ministre de l'économie et des finances a indiqué qu'il voulait s'assurer que l'usage de l'argent placé par les épargnants français dans les LDDS « aille exclusivement à des investissements verts ». [4]

Assez de paroles, nous voulons des actes : Attac France et 350.org demandent au gouvernement et au parlement de mettre en place une réglementation contraignante pour que cesse ce scandale financier et climatique. Pour répondre aux attentes de la très grande majorité des français·e·s, Emmanuel Macron devrait reconnaître l'échec de ses choix politiques et amorcer une profond changement de cap déclarant un état d'urgence sociale, fiscale et climatique.

[1] Plus d'informations sur https://france.zerofossile.org/ldds/. La campagne a déjà recueilli plus de 15 000 soutiens via une pétition en ligne.

[2] Où va l'argent du LDDS, explications en un scéma

[3] La CDC annonce un désinvestissement du charbon - première victoire de la campagne Pas Avec Notre Argent

[4] Assez d'incantations, nous passerons à l'action lors de la COP24

Categories: Attac Planet

Climate Finance day : Comment verdir la finance mondiale ?

Sat, 01/12/2018 - 13:39

Dominique Plihon, porte-parole d'Attac France était l'invité de France 24 pour parler du Climate Finance Day, de la finance verte, de la prochaine COP 24, et des actions d'Attac dans le cadre de la campagne #PasAvecNotreArgent.

Climate Finance day : Comment verdir la finance Mondiale ?

Categories: Attac Planet

Les pays du G20 financent et organisent l'aggravation du réchauffement climatique

Sat, 01/12/2018 - 11:50

Réunis pour deux jours en Argentine, les chefs d'État ou de gouvernement des vingt pays les plus puissants de la planète sont mis à l'index : le G20, à lui tout seul, est en train d'entériner un réchauffement climatique supérieur à 3,2°C. A quelques jours de la COP24, les plus grands criminels du climat sont donc connus : ils sont 20. Et ils sont réunis à Buenos Aires.

Intoxiqués aux énergies fossiles et à la recherche de la croissance économique à tout prix, les pays du G20 représentent à eux seuls 80% de la consommation d'énergie dans le monde – et 78% des émissions de C02 – pour à peine 60% de la population mondiale. Le rapport publié par le PNUE en début de semaine est clair : les pays du G20 pris collectivement « ne sont pas sur la bonne voie » pour atteindre les objectifs qu'ils se sont eux-mêmes fixés pour 2030. Parmi les cancres on peut compter les États-Unis ou l'Arabie Saoudite, bien sûr, mais également le Canada et l'Union européenne qui se présentent pourtant bien souvent comme les « Champions du climat ».

Dans la réalité, il n'en est rien. Le G20, en matière de lutte contre les dérèglements climatiques, ressemble à une classe de cancres. Mettre à l'index Donald Trump et les États-Unis, comme cela est fait habituellement, est donc trompeur. C'est oublier que dans une classe de cancres, même le meilleur d'entre eux, reste un cancre. Ainsi, l'Union européenne, loin de l'image qu'elle souhaite donner d'elle-même, n'est pas en mesure de garantir que ses objectifs pour 2030 seront atteints. Et au sein de l'Union européenne, la France est loin d'être exemplaire, quoiqu'en disent les défenseurs du nucléaire dans le mix électrique du pays : ses émissions n'ont-elles pas augmenté de 3,2 % en 2017 par rapport à 2016 (contre une augmentation de 1,8% pour l'UE) ?

Ils sont 20. Ce sont 20 criminels du climat.

Il faut dire que les énergies fossiles représentent toujours 82% du mix énergétique des pays du G20, rappelle un deuxième rapport, publié par Climate Transparency. Des énergies fossiles largement subventionnées puisque les pays du G20 leur ont accordé 147 milliards de dollars en 2016 contre 75 milliards de dollars en 2007. Soit 96% d'augmentation ! La France n'est pas en reste avec 5,8 milliards de dollars. Les pays du G20 financent donc allègrement l'aggravation du réchauffement climatique. Tranquillement. Et en totale contradiction avec l'engagement pris en 2009 lors du 20 de Pittsbrugh, et renouvelé régulièrement depuis, qui consistait à supprimer ces subventions ou aides déguisés. Il n'en est rien. Au contraire.

Selon ce rapport, les émissions de gaz à effet de serre sont donc repartis à la hausse dans 15 des 20 pays du G20, les éloignant progressivement et irrémédiablement d'une trajectoire conforme aux objectifs de 2°C – et idéalement 1,5°C – pris dans le cadre de l'Accord de Paris. Rendons-nous compte : un objectif de réduction de 80% des émissions entre 2005 et 2050 – le minimum requis pour les pays riches – exige une réduction annuelle constante d'environ 3,5% par an durant cette période. Les pays du G20 en sont très éloignés et ils nous conduisent à eux tous seuls, sur un réchauffement climatique supérieur à 3,2°C.

Du théâtre pour sauver les apparences

Alors que les chefs d'État des pays du G20 devraient donc TOUS être mis à l'index pour leurs piètres résultats en matière de lutte contre les dérèglements climatiques, les commentateurs et principaux médias devraient nous réserver la mise en scène habituelle : d'un côté, les bons chefs d'État, ceux qui veulent que la lutte contre les dérèglements climatiques apparaisse dans le communiqué final et, de l'autre, celui, ou peut-être ceux, qui n'en voudront pas. Une scène identique à celle du G20 d'Hambourg l'année passée, ou à celles des G7 en Italie (2017) et au Canada (2018). Pour quel résultat ? Aucun, puisque les émissions de gaz à effet de serre de la plupart de ces pays ont augmenté en 2017.

Faut-il d'ailleurs faire la liste des G7 et des G20 qui ont pris des engagements en matière de lutte contre les dérèglements climatiques ? Le G8 de l'Aquila en 2009 n'avait-il pas annoncé en faire une priorité majeure, quelques mois avant l'échec de la conférence de Copenhague sur le réchauffement climatique ? Tous ces engagements, répétés année après année, peuvent être repris et analysés : aucun n'a été suivi d'effet et les pays du G20, pris dans leur globalité, sont les principaux responsables de l'aggravation des dérèglements climatiques.

Il y aura pourtant des commentateurs pour se féliciter, qu'en marge du G20 à Buenos Aires, quelques pays, autour de la France et de l'Union européenne, auront réaffirmé leur détermination à lutter contre le réchauffement climatique. Les mêmes commentateurs se féliciteront également d'un communiqué où le G19 (G20 moins États-Unis) mettra peut-être à distance Donald Trump sur le commerce international, renouvelant un soutien inconditionnel à la libéralisation du commerce. Sans même se rendre compte de l'incongruité d'une telle prise de position face à l'urgence climatique nourrie par cette libéralisation à outrance menée depuis plus de trente ans.

Un profond schisme de réalité entre urgence climatique et globalisation libérale

Relocaliser les circuits de production et de consommation, réduire les transports internationaux de marchandises, taxer le kérosène et le fioul lourd utilisés pour motoriser cette mondialisation des échanges, supprimer les règles de l'OMC qui aujourd'hui limitent les politiques de transitions énergétique adaptées aux territoires, défendre une agriculture paysanne et bio au détriment des politiques d'agro-exportations, … sont quelques-unes des mesures indispensables du point de vue de l'urgence climatique, mais qui, malheureusement, ne trouveront pas place dans le communiqué final du G20.

Autant de propositions qui sont également bien souvent en contradiction avec les règles de l'OMC et la pratique de son organisme de règlement des différends (ORD) qu'Emmanuel Macron veut pourtant renforcer, plutôt que rénover à l'aune de l'impératif climatique, pour défendre une globalisation des échanges mise à mal par les saillies de Donald Trump. Malheureusement, trop rares sont les commentateurs à mettre en exergue cette contradiction, comme si l'on pouvait résoudre la crise climatique tout en continuant à vouloir approfondir la globalisation néolibérale.

Trop rares seront également les commentateurs pour suggérer une troisième voie qui puisse se positionner, en même temps, contre le repli identitaire de Donald Trump et contre une globalisation désastreuse qu'Emmanuel Macron défend, et en faveur de régulations qui fassent enfin primer l'urgence climatique, les droits sociaux, les droits humains, la protection de la biodiversité, sur le Business as usual. Voilà qui serait révolutionnaire et à la hauteur des enjeux.

Mais ce n'est pas à l'ordre du jour du G20. Ce G20 où siègent 20 criminels du climat, bien trop occupés à préserver les intérêts de leurs multinationales respectives dans la mondialisation néolibérale pour mettre en œuvre des politiques efficaces en matière de lutte contre les réchauffements climatiques.

Categories: Attac Planet

Chroniques du contre G20

Fri, 30/11/2018 - 13:09

Retrouvez dans cet article des photos, vidéos et compte-rendus des activités auxquelles participent des membres d'Attac France dans le cadre du contre-sommet organisé par la « confluencia fuera G20-FMI » en opposition à l'organisation du G20 à Buenos Aires en Argentine.

  • Interview de Marta Music, membre de l'espace de travail « mobilisations internationales » d'Attac France :

Canal Abierto :

journal TPA Noticias :

PNG - 448.6 ko

média Taz :

Categories: Attac Planet

Le G20 de Buenos Aires est marqué par la crise de la mondialisation libérale

Fri, 30/11/2018 - 13:02

Nous sommes passés d'une situation dominée par le sauvetage global et coordonné des banques, à celle d'une confrontation commerciale sérieuse entre grandes puissances. C'est pourquoi, contrairement aux concertations organisées lors des sommets de 2008-2009, puis à la volonté de coopération lors des réunions ultérieures, désormais les tensions qui se sont manifestées à Hambourg en 2017 sont destinées à se répéter.

La présidence Trump a introduit en effet dans les sommets un nouveau climat conflictuel, les États-Unis cherchant à recouvrer leur hégémonie au moyen d'une stratégie très agressive pour endiguer la montée de la Chine. Trump tente notamment de récupérer sa suprématie économique en utilisant la menace militaire et s'apprête à présenter un ultimatum à la Chine. Il va exiger la suppression du programme de la Route de la soie, le paiement des brevets, l'ouverture du système financier chinois et l'annulation de l'agenda 2025 de son programme d'intelligence artificielle. Pour cela, il a constitué un bloc militaire avec l'Inde, le Japon et l'Australie afin de faire pression sur toutes les défenses chinoises de la mer du Sud.

Il se retire des accords militaires nucléaires pour recréer un climat de guerre froide, renforce ses alliances avec les présidents va-t-en-guerre que sont Ben Salmane et Netanyahou et agrège maintenant Bolsonaro à sa stratégie. Son intention est clairement de réorganiser la mondialisation économique et financière sous l'hégémonie des États-Unis afin de répéter avec la Chine l'opération de Reagan contre l'URSS. Avec néanmoins une différence notable car il tente de contenir un rival en hausse et non en déclin, qui de surcroit joue avec les mêmes instruments capitalistes de la mondialisation.

Mais il a besoin que tout se passe bien pour lui : obtenir la neutralité de la Russie, emporter un Brexit favorable à son allié britannique, contrecarrer les réactions hésitantes de l'Allemagne et de la France et éviter une nouvelle crise financière mondiale qui viendrait enrayer la croissance actuelle de l'économie américaine.

Pourtant, bien qu'ils aient retrouvé une certaine autorité au plan géopolitique, les États-Unis continuent de perdre leur guerre économique avec la Chine. Les menaces et le langage de la force ne produisent pas leurs effets sur une Chine qui poursuit son expansion économique à la recherche du leadership mondial du libre-échange. Celle-ci maintient ses projets avec la Russie, tente une alliance avec l'Allemagne et l'Europe et entretient même des relations commerciales importantes avec l'Arabie saoudite, Israël et le Brésil, principaux partenaires de Trump.

Ce G20 représentera donc un nouvel épisode des tensions entre les États-Unis et la Chine et le document final – qu'il soit signé ou non – ne rendra pas compte de la teneur actuelle de ce conflit. Quant aux conséquences pour les peuples du monde, elles seront un véritable désastre car la militarisation s'accentue et de nouvelles guerres impériales se préparent, en particulier au Moyen-Orient. Et parce que l'offensive néolibérale contre les conquêtes sociales s'intensifie et que le FMI continue d'exercer son autorité sur les politiques d'ajustement. L'agenda environnemental a été complètement abandonné. Désormais, nous assistons au règne d'un nouveau climat idéologique fait de cynisme et de post-vérité, par lequel les puissants assument leur xénophobie et leur persécution des migrants.

Dans ce contexte détestable, les marches et manifestations prévues contre le G 20 sont non seulement justifiées mais nécessaires.

Au sein du G20, les pays latino-américains ne sont que des acteurs subordonnés

L'Argentine, le Brésil et le Mexique ne jouent aucun rôle significatif par rapport aux États-Unis, à la Chine, à l'Europe et à la Russie. Les économies latino-américaines sont un réel butin pour la mondialisation en ce qu'elles ont renforcé leurs modèles d'extractivisme, de régression industrielle, d'endettement et de dégradation sociale. Et cette subordination s'accentue encore avec la perte d'autonomie que génère la crise des BRICS et avec la soumission à l'empire qu'a imposée la restauration conservatrice en mettant fin à l'UNASUR (Union des nations sud-américaines).

Pour couronner le tout, il règne dans la région un néolibéralisme zombie, déconcentré et sans stratégie contre le virage protectionniste de Trump. Et avec Bolsonaro nous arrivent l'extrême droite dont le pouvoir effectif est aux mains de l'armée, du pouvoir judiciaire et des médias, un extractivisme généralisé en Amazonie, des bases militaires yankees et des privatisations.

Cependant, ce scénario régional n'est pas complètement en faveur de la droite. Il coexiste avec la victoire électorale du centre-gauche de López Obrador au Mexique et la permanence de l'axe stratégique entre le Venezuela, Cuba et la Bolivie. Certes, nous ne sommes plus à l'époque du Forum social mondial de Porto Alegre, de la défaite de la l'ALCA à Mar del Plata ou de l'impulsion de l'ALBA, mais ces semaines à Buenos Aires avec le récent forum de la pensée critique et ce sommet des peuples peuvent être le début d'une réponse populaire.

La présence du G20 en Argentine est un peu insolite

L'Argentine est un hôte du G20 totalement inhabituel. Elle a été intégrée aux sommets comme une référence complémentaire de l'Amérique du Sud et y est complètement perdue. Mauricio Macri n'a obtenu l'organisation du G 20 à Buenos Aires que pour renforcer la restauration conservatrice – le sommet aurait aussi bien pu se dérouler ailleurs.

L'économie argentine est au bord de l'effondrement et au lieu de recevoir investissements et projets de développement, le pays en est à mendier des prêts, à régler ses dettes aux États-Unis, à échange des devises (Swaps) avec la Chine, et ne parvient même pas à discuter d'un traité commercial avec la France.

Le G 20 n'a rien à offrir à l'Argentine. Seul lui importe le FMI puisqu'elle est son vassal. Elle est dans la même situation que l'Ukraine ou la Grèce et sa présence au sommet est une fiction. Elle n'a aucune chance de négocier quoi que ce soit. Au plan international, Macri est maintenant sans importance puisqu'il a été remplacé par Bolsonaro. Au plan intérieur, le pays traverse un de ses pires moments : perte de prestige et faiblesse totale, perte absolue d'autorité, incapable même d'organiser la finale de la coupe 2018 entre River Plate et Boca Juniors…

Au niveau social, le pays est en pleine convulsion alors que se succèdent manifestations et mobilisations. Le virage répressif est brutal – deux militants de la CTEP (confédération des travailleurs de l'économie populaire) viennent d'être assassinés, la capitale est entièrement militarisée, des provocations sont organisées contre la communauté islamique, les mouvements sont infiltrés.

Pour nous, le sommet du G 20 est une nouvelle étape importante de notre lutte contre le FMI et sa politique d'ajustement, parce qu'une crise économique encore plus grave se profile pour 2019 - une catastrophe économique et sociale qui aggravera la régression sociale. Notre combat décisif est d'en finir avec l'ajustement du FMI. Pas seulement de défendre les salaires et les retraites, mais la souveraineté de nos ressources naturelles (notamment, le site de Vaca muerta d'extraction de gaz de schiste) qui risquent de servir de monnaie d'échange pour le paiement de la dette et des privatisations. C'est d'ailleurs pourquoi Macri a focalisé sa stratégie sur le secteur de l'énergie en augmentant les prix pour accroître sa rentabilité.

Par Claudio Katz, économiste argentin.
Intervention réalisée pour l'atelier « Alternatives systémiques et propositions »

Faculté des sciences sociales, Buenos Aires, 28 novembre 2018

Categories: Attac Planet

La politique de Macron ne répond ni à la fin du monde, ni aux fins de mois.

Fri, 30/11/2018 - 10:19

Sa taxe sur les carburants : une injustice fiscale en plus !
Cette taxe touche d'abord les plus précaires, qui n'arrivent déjà pas à boucler leur fin de mois : les carburants représentent 8% des revenus des 10% les plus pauvres, seulement 4% pour les 10% les plus riches !
Cette taxe s'ajoute à bien d'autres augmentations de charges pour celles et ceux qui peinent à boucler leurs fins de mois : baisse des aides pour le logement, augmentation de la CSG pour les retraités...
En même temps, le gouvernement a multiplié d'énormes cadeaux fiscaux pour les très riches, certains ont ainsi gagné des dizaines de milliers d'euros par an supplémentaires : suppression de l'ISF, plafonnement des taxes sur les revenus financiers, etc. Comme les gouvernements précédents, il ne fait rien ou presque contre l'évasion fiscale : les multinationales et les très riches extorquent au moins 60 milliards d'euros par an à l'État français.
Depuis 20 ans, les riches sont de plus en plus riches, les autres de plus en plus pauvres, avec de plus en plus de dépenses contraintes (logement, alimentation et cantines scolaires, électricité et gaz...). Et la politique d'Emmanuel Macron empire encore la situation.

Sa taxe sur les carburants : inefficace pour la transition écologique
Pour qu'elle soit efficace, cette taxe devrait pousser à moins conduire. Or c'est impossible puisque le gouvernement :

  • ne développe pas de transports en commun efficaces et peu chers : au contraire la réforme de la SNCF va fragiliser les lignes de train secondaires
  • poursuit la destruction des services publics et des commerces de proximité... alors que la France est déjà un des pays européens qui a le plus d'étalement urbain.

Pour qu'elle soit efficace, cette taxe devrait financer la transition écologique. Or c'est impossible puisque le gouvernement :

  • utilise seulement une toute petite partie de la hausse de la taxe sur les carburants pour la transition écologique
  • alloue un budget trop faible à la transition écologique et ne peut donc pas financer convenablement la rénovation des logements qui doit être accessible à tous, le développement des énergies renouvelables et propres, la transition de la production agricole...

Cessez de faire payer les pauvres, faites payer les riches et les grandes entreprises polluantes :

  • par une taxe carbone efficace et dissuasive sur les industries les plus polluantes, qui aujourd'hui polluent sans rien payer
  • par une taxe sur le kérosène (transports aériens) et le fioul lourd (gros navires)
  • par un moratoire sur toute nouvelle augmentation de la fiscalité carbone pour les ménages, artisans et petites entreprises, tant qu'il n'y aura pas de réduction forte des inégalités et de développement d'alternatives au tout-voiture et à l'étalement urbain.
Il est tout à fait possible de concilier le social et l'écologie, c'est même le seul moyen de vivre mieux, mais c'est l'inverse que fait Macron !
Categories: Attac Planet

La CDC annonce un désinvestissement du charbon - première victoire de la campagne Pas Avec Notre Argent

Thu, 29/11/2018 - 10:25

Lors du Climate Finance Day le 28 novembre, Eric Lombard, directeur de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), a pris des engagements pour mettre la principale institution financière publique française « au service de l'accord de Paris ».

Il a ainsi indiqué qu'à partir de 2019, la Caisse des Dépôts et Consignations n'investira plus - ni directement ni par l'intermédiaire de fonds - dans les entreprises dont l'exposition de l'activité au charbon dépasse 10% du chiffre d'affaires. Cette annonce est une première victoire importante de la campagne Pas Avec Notre Argent, portée par 350.org et Attac France, et dans laquelle se sont déjà engagés plus de 15 000 personnes.

C'est une avancée importante, au regard des places financières qui continuent d'investir encore massivement dans le secteur charbonnier. Le portefeuille des placements financiers de la CDC qui sera désinvesti s'élèvent à 150 milliards d'€.

Clémence Dubois, porte-parole de 350.org commente : « Le désinvestissement du charbon annoncé par la Caisse des Dépôts est salutaire. Le dernier rapport scientifique du GIEC montre pourtant que la sortie du charbon n'est qu'un palliatif. Pour se doter de la politique d'investissement qui nous est vitale, pas un euro de plus ne doit aller au charbon, mais pas plus au pétrole, ni au gaz. Si la CDC veut être perçue comme un chef de file dans la lutte contre le dérèglement climatique, elle doit rompre au plus vite avec les entreprises à l'origine de la crise climatique, qui continuent de bloquer la transition en multipliant les nouveaux projets. »

La CDC souligne dans son communiqué que les fractures sociales et territoriales et la lutte contre le dérèglement climatique sont intrinsèquement liées.

« Il est urgent de reprendre le contrôle sur la finance pour la réorienter vers le financement de la transition écologique réellement juste. Pour aller plus loin, la transparence sera nécessaire : Bruno Le Maire a lui même reconnu qu'il y avait « tromperie sur la marchandise » sur le Livret de Développement Durable et Solidaire, qui finance encore le secteur du gaz et du pétrole et dont l'essentiel est géré par la CDC. La prochaine étape essentielle à franchir est donc de désinvestir complètement des énergies fossiles l'épargne populaire des 24 millions de titulaires d'un LDDS dans les plus brefs délais » ajoute Raphaël Pradeau, porte-parole d'Attac France.

Pour aller plus loin :
Categories: Attac Planet

350.org et Attac écrivent aux banques au sujet du LDDS

Wed, 28/11/2018 - 18:40

Ci-dessous, la copie du courrier adressé par voie postale aux banques françaises qui collectent et gèrent un partie de l'argent du LDDS

Monsieur,

Le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) est formel : pour maintenir le réchauffement planétaire en dessous de 1,5 ° C, nous devons renoncer à extraire davantage de charbon, de pétrole et de gaz. Avec l'accélération des dérèglements climatiques, nous n'avons plus la possibilité d'attendre, il est urgent d'arrêter de financer les industries fossiles pour que le carbone reste où il doit être : dans le sol.

En tant que banque collectrice du Livret de développement durable et solidaire (LDDS), vous avez la possibilité de conserver jusqu'à 40% de l'argent que vous collectez. 80% de cet argent est fléché vers le financement des PME, qu'elles aient des activités soutenables ou pas, 10% vers les travaux d'économies d'énergie dans les bâtiments anciens et 10% dont nous ne connaissons pas l'utilisation. En réalité, rien ne garantit à vos épargnant·e·s que leur argent finance des projets contribuant effectivement à la transition énergétique ou à la réduction de l'empreinte climatique. Cela entre en totale contradiction non seulement avec l'impératif climatique, mais aussi avec le label « développement durable et solidaire » vendu à vos client·e·s et cela pourrait constituer une forme de publicité mensongère.

C'est la raison pour laquelle nous souhaitons savoir si vous pouvez garantir à vos client·e·s :

  • qu'aucun euro du LDDS ne finance l'aggravation de la crise climatique. Si oui, comment ?
  • que l'argent de leur LDDS finance des projets contribuant effectivement à la transition énergétique ou à la réduction de l'empreinte climatique. Si oui, comment ?

Nous attendons des réponses précises et des engagements concrets que nous souhaitons communiquer publiquement.

Dans l'attente de vos réponses, nous poursuivrons notre travail de sensibilisation en menant de nouvelles actions citoyennes partout en France, notamment pendant la COP 24, du 2 au 14 décembre prochain.

Nous vous prions d'agréer nos sincères salutations,

350.org et Attac France

Categories: Attac Planet

350.org et Attac écrivent aux banques au sujet du LDDS

Wed, 28/11/2018 - 18:40

Ci-dessous, la copie du courrier adressé par voie postale aux banques françaises qui collectent et gèrent une partie de l'argent du LDDS

Monsieur,

Le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) est formel : pour maintenir le réchauffement planétaire en dessous de 1,5 ° C, nous devons renoncer à extraire davantage de charbon, de pétrole et de gaz. Avec l'accélération des dérèglements climatiques, nous n'avons plus la possibilité d'attendre, il est urgent d'arrêter de financer les industries fossiles pour que le carbone reste où il doit être : dans le sol.

En tant que banque collectrice du Livret de développement durable et solidaire (LDDS), vous avez la possibilité de conserver jusqu'à 40% de l'argent que vous collectez. 80% de cet argent est fléché vers le financement des PME, qu'elles aient des activités soutenables ou pas, 10% vers les travaux d'économies d'énergie dans les bâtiments anciens et 10% dont nous ne connaissons pas l'utilisation. En réalité, rien ne garantit à vos épargnant·e·s que leur argent finance des projets contribuant effectivement à la transition énergétique ou à la réduction de l'empreinte climatique. Cela entre en totale contradiction non seulement avec l'impératif climatique, mais aussi avec le label « développement durable et solidaire » vendu à vos client·e·s et cela pourrait constituer une forme de publicité mensongère.

C'est la raison pour laquelle nous souhaitons savoir si vous pouvez garantir à vos client·e·s :

  • qu'aucun euro du LDDS ne finance l'aggravation de la crise climatique. Si oui, comment ?
  • que l'argent de leur LDDS finance des projets contribuant effectivement à la transition énergétique ou à la réduction de l'empreinte climatique. Si oui, comment ?

Nous attendons des réponses précises et des engagements concrets que nous souhaitons communiquer publiquement.

Dans l'attente de vos réponses, nous poursuivrons notre travail de sensibilisation en menant de nouvelles actions citoyennes partout en France, notamment pendant la COP 24, du 2 au 14 décembre prochain.

Nous vous prions d'agréer nos sincères salutations,

350.org et Attac France

Categories: Attac Planet

Assez d'incantations, nous passerons à l'action lors de la COP24

Wed, 28/11/2018 - 11:27

A l'occasion du Climate Finance Day, Bruno Le Maire a feint de répondre à la campagne Pas Avec Notre Argent initiée par 350.org et Attac France afin que la totalité de l'épargne collectée par le Livret « Développement durable et solidaire » soit affectée à la transition énergétique. Plus de 15 000 personnes se sont déjà engagées dans cette campagne.

Le Ministre de l'économie a affirmé vouloir s'assurer que l'usage de l'argent placé par les 24 millions d'épargnants français dans les Livrets « Développement durable et solidaire » ira « exclusivement à des investissements verts ». « À ma grande surprise, ce n'est pas le cas. Il y a un peu tromperie sur la marchandise. Nous contrôlerons que ces fonds, centralisés à la Caisse des dépôts, sont bien investis dans des projets verts », ajoutait-t-il.

Pour Clémence Dubois, chargée de campagne pour 350.org : « Bruno Le Maire prétend s'étonner que l'épargne populaire pour le développement durable ne soit pas utilisée à ces fins et affirme vouloir mettre un terme à l'utilisation détournée de l'argent des détenteurs d'un LDDS. Il s'était pourtant fendu de la même déclaration il y a un an déjà. Pourquoi n'a-t-il rien fait entre temps ? Nous passerons donc de nouveau à l'action lors de la COP 24 pour dénoncer cette supercherie en ciblant les antennes locales de la Caisse des Dépôts et Consignations et les banques qui collectent l'argent du LDDS ».

En effet, à l'ouverture du One Planet Summit en décembre 2017, Bruno Le Maire annonçait déjà que « chaque euro placé dans un LDDS centralisé à la Caisse des Dépôts sera associé à un projet contribuant effectivement à la transition énergétique ou à la réduction de l'empreinte climatique de notre modèle économique. » Bruno Le Maire réagissait alors au rapport publié par 350.org et l'Observatoire des Multinationales sur les investissements carbonés de la Caisse des Dépôts et Consignations.

« Alors que l'une des principales missions de la CDC est d'accompagner la transition écologique dans le pays, et qu'il est urgent de financer une transition juste et durable comme le montre avec force la situation actuelle, il est temps de s'assurer que les opérateurs publics ne financent plus des activités qui aggravent la crise climatique. », complète Maxime Combes d'Attac France.

Du 2 au 14 décembre, de nombreuses actions seront organisées à l'occasion de la COP24 et durant la mobilisation du 8 décembre. Nous exigerons une mesure simple, efficace pour le climat et la transition, et qui peut être mise en oeuvre immédiatement : pas un euro du LDDS ne doit manquer à la transition énergétique.

Categories: Attac Planet

Allocution d'Emmanuel Macron : Aucune « décision structurante et historique » pour la transition écologique et sociale !

Tue, 27/11/2018 - 17:01

Les « décisions structurantes et historiques » qu'Emmanuel Macron avaient annoncées ont fait long feu. Emmanuel Macron confirme sa politique économique et fiscale profondément inégalitaire et injuste, tout en refusant de changer de braquet en matière de transition énergétique. Ce qui devrait être fait aujourd'hui est repoussé à plus tard, sans que rien ne soit proposé pour répondre de façon structurelle au caractère injuste et inefficace d'une fiscalité carbone dont les entreprises les plus polluantes sont largement exonérées, comme le montre la note que nous publions ce jour : « basculer la fiscalité carbone sur les entreprises les plus polluantes et jusqu'ici largement exonérées ».

Le 16 octobre dernier, lors d'une allocution télévisée, Emmanuel Macron avait affirmé vouloir prendre rapidement des « décisions structurantes et historiques » en matière de transition énergétique et de lutte contre les dérèglements climatiques. Aucune des annonces rendues publiques par Emmanuel Macron et François de Rugy ce 27 novembre lors de la présentation des grandes lignes de la Programmation pluriannuelle de l'énergie ne peut malheureusement être qualifiée ainsi, l'exécutif préférant annoncer un changement dans la « méthode de travail » plutôt que prendre les décisions courageuses et visionnaires dont nous avons urgemment besoin.

Alors que les scientifiques ne cessent de répéter qu'il faut changer de cap aussi rapidement que possible, Emmanuel Macron a tenu à affirmer qu'il n'allait pas modifier le sien. Pour la nième fois, le Président de la République a annoncé la fermeture des trois dernières centrales à charbon du pays, qui ne représentent pourtant que 2,3 % de la capacité de production électrique installée (3000 MW) et à peine 1,4 % de l'énergie produite : les fermer ne pose aucun problème technique, l'enjeu est limité et la réduction des émissions attendue est assez faible.

« Nous devons sortir des énergies fossiles » claironne Emmanuel Macron, oubliant de rappeler que son gouvernement a autorisé la multinationale Total à forer au large de la Guyane pour trouver de nouveaux gisements de pétrole, qu'il a mis en œuvre le CETA qui n'est pas climato-compatible et qui favorise l'importation d'hydrocarbures, qu'il vient de confirmer la construction de sept nouvelles autoroutes dont le très contesté contournement ouest de Strasbourg et qu'il refuse de taxer le kérosène et le fioul lourd. On ne peut que regretter qu'aucune annonce relève l'ambition de la France en matière de lutte contre les dérèglements climatiques, ce que l'installation d'un haut conseil pour le climat – qui va contribuer à gaspiller le temps disponible – ne saurait masquer.

En matière de transition énergétique et de réduction de la part du nucléaire dans le mix électrique du pays, Emmanuel Macron se contente, pour l'essentiel, de repousser à plus tard ce qui devrait être fait maintenant : hormis Fessenheim, il n'aura pas à gérer la fermeture de centrales nucléaires pourtant vieillissantes dans le cadre de ce quinquennat et, comme chacun sait, ce qui est remis au quinquennat suivant est donc rendu très hypothétique. Il en découle de grandes incertitudes sur la capacité de l'État à tenir ses engagements en matière de déploiement des énergies renouvelables qui nécessite une forte réduction de la place du nucléaire dans le mix électrique.

Il est par ailleurs étonnant d'entendre Emmanuel Macron affirmer vouloir donner plus d'ambition à l'isolation des bâtiments existants quand sa propre loi de finance 2019 prévoit de priver l'Agence nationale de l'habitat de 130 millions d'euros de budget. Là où l'Anah devait recevoir 550 millions d'euros issus de la mise aux enchères des quotas de carbone, le gouvernement propose de réduire ce montant à 420 millions d'euros et de récupérer le restant pour financer le budget général et, donc, financer une politique fiscale favorable aux riches et au capital.

Enfin, Emmanuel Macron était attendu sur le dossier de la fiscalité carbone et de l'injustice sociale qui découle de l'application de la taxe carbone sur les carburants. Plutôt qu'apporter des réponses structurelles et des alternatives au tout-voiture et à l'étalement urbain, comme le rapprochement des services publics, la relocalisation des activités et le développement massif des transports en commun et mobilités douces, le Président de la République s'est contenté de proposer, sans la détailler, une mesure, une « taxe flottante » qui a fait la preuve de son inefficacité dans un passé récent.

Rien qui ne permette de répondre à la colère populaire exprimée par le « mouvement des gilets jaunes » et aux critiques suscitées par l'application d'une taxe carbone injuste sur le plan social, inefficace pour réduire les consommations à court-terme et épargnant le mode de vie extrêmement polluant des plus riches. Dans une note publiée ce jour, Attac France propose ainsi un basculement de la fiscalité carbone sur les entreprises les plus polluantes, jusqu'ici largement exonérées de toute fiscalité carbone efficace et contraignante, et, a minima un moratoire sur toute nouvelle augmentation de la fiscalité carbone en direction des ménages, artisans et petites entreprises. Le temps que soit mise en œuvre une politique fiscale redistributive permettant de réduire les inégalités, réduire l'empreinte écologique des plus riches et des entreprises les plus polluantes et développer les alternatives au tout-voiture et à l'étalement urbain.

Categories: Attac Planet

Basculer la fiscalité carbone sur les entreprises les plus polluantes et jusqu'ici largement exonérées

Tue, 27/11/2018 - 15:23

Le débat autour de la fiscalité carbone sur les carburants s'est focalisé sur son caractère injuste envers les ménages les plus pauvres, aggravant les inégalités existantes. Très peu à propos de son efficacité pour réduire la consommation de carburants, qui est pourtant plus que discutable. Quant à la fiscalité carbone portant sur les entreprises, elle a quasiment été éludée du débat – hormis dans sa composante kérosène et fioul lourd. Pourtant, les quelques 1400 sites industriels et polluants du pays sont complètement exonérés de la fiscalité carbone qui pèse sur la consommation des carburants, que les ménages, artisans et petites entreprises paient.

Les entreprises polluantes et soumises au marché carbone européen profitent en effet d'un prix de la tonne carbone bien plus faible et de facilités auxquels les ménages, artisans et petites entreprises n'ont pas accès : les plus gros pollueurs du pays sont en fait très faiblement concernés par la fiscalité carbone, la plupart d'entre eux recevant l'essentiel – et voire même la totalité – de leurs quotas d'émissions gratuitement. Alors que le principe « pollueur-payeur » est appliqué aux ménages, artisans et petites entreprises c'est le principe « pollueur-payé » qui prédomine lorsqu'il s'agit des entreprises les plus polluantes.

Inefficace, au moins à court terme, injuste socialement, la fiscalité carbone est donc également à géométrie variable et rompt le principe d'égalité de traitement. Raison pour laquelle cette note propose un basculement de la fiscalité carbone sur les entreprises les plus polluantes et, a minima, un moratoire sur toute nouvelle augmentation de la fiscalité carbone en direction des ménages, artisans et petites entreprises, le temps que soit mise en œuvre une politique fiscale redistributive permettant de a) réduire les inégalités b) réduire l'empreinte écologique des plus riches et des entreprises les plus polluantes c) développer les alternatives au tout-voiture et à l'étalement urbain.

Categories: Attac Planet

Lignes d'Attac n° 114

Mon, 26/11/2018 - 16:38

Le 15 septembre, nettoyons les banques
Secret des affaires et fraude fiscale
Sauve qui poule !
Thomas Coutrot, libérer le travail
Dossier : Fête des 20 ans d'Attac

Sommaire :

  • Il y a dix ans, la chute de Lehman Brothers…
  • 10 ans après la crise, prenons le contrôle de la finance
  • Le prochain G20 aura lieu dans une Argentine minée par le néolibéralisme
  • Inscrivez-vous pour l'Université d'été !
  • Quand le secret des affaires accompagne la fraude fiscale
  • Nous faisons partie d'Attac tout en étant quelque peu différents ! James O'Nions, chargé de campagnes, Global Justice Now (GJN)
  • Rectificatif Lignes d'Attac #113 article page 6 au sujet de la ligne Lyon-Turin
  • NDDL incarne un laboratoire de la convergence des luttes Anahita Grisoni, sociologue et urbaniste, membre du collectif “Des plumes dans le goudron”
  • Forum social mondial 2018 à Salvador de Bahia
  • L'AlterVillage d'Attac 2018 : 10 – 14 juillet à Terre Blanque
  • Sauve qui poule une bataille pour défendre un modèle agricole paysan
  • Les énergies citoyennes et l'exemple des Centrales villageoises du Pays d'Arles
  • Libérer le travail Entretien avec Thomas Coutrot
  • A VOIR A LIRE : Jean Ziegler ou l'optimisme de la volonté, Nul homme n'est une île, On a 20 ans pour
    changer le monde
    , La France des Belhoumi, Se défendre, La Jungle de Calais.
Categories: Attac Planet

Lignes d'Attac n° 114

Mon, 26/11/2018 - 16:38

Le 15 septembre, nettoyons les banques
Secret des affaires et fraude fiscale
Sauve qui poule !
Thomas Coutrot, libérer le travail
Dossier : Fête des 20 ans d'Attac

Sommaire :

  • Il y a dix ans, la chute de Lehman Brothers…
  • 10 ans après la crise, prenons le contrôle de la finance
  • Le prochain G20 aura lieu dans une Argentine minée par le néolibéralisme
  • Inscrivez-vous pour l'Université d'été !
  • Quand le secret des affaires accompagne la fraude fiscale
  • Nous faisons partie d'Attac tout en étant quelque peu différents ! James O'Nions, chargé de campagnes, Global Justice Now (GJN)
  • Rectificatif Lignes d'Attac #113 article page 6 au sujet de la ligne Lyon-Turin
  • NDDL incarne un laboratoire de la convergence des luttes Anahita Grisoni, sociologue et urbaniste, membre du collectif “Des plumes dans le goudron”
  • Forum social mondial 2018 à Salvador de Bahia
  • L'AlterVillage d'Attac 2018 : 10 – 14 juillet à Terre Blanque
  • Sauve qui poule une bataille pour défendre un modèle agricole paysan
  • Les énergies citoyennes et l'exemple des Centrales villageoises du Pays d'Arles
  • Libérer le travail Entretien avec Thomas Coutrot
  • A VOIR A LIRE : Jean Ziegler ou l'optimisme de la volonté, Nul homme n'est une île, On a 20 ans pour
    changer le monde
    , La France des Belhoumi, Se défendre, La Jungle de Calais.
Categories: Attac Planet

Fête des 20 ans d'Attac

Mon, 26/11/2018 - 16:37

Fête des 20 ans d'Attac

photographies : Brice Le Gall, Valentin Drean et Florence Lauzier

Categories: Attac Planet

Fête des 20 ans d'Attac

Mon, 26/11/2018 - 16:37

Fête des 20 ans d'Attac

photographies : Brice Le Gall, Valentin Drean et Florence Lauzier

Categories: Attac Planet

#ClimateAlarm ! Mobilisons-nous le 8 décembre pour la justice sociale et le climat

Mon, 26/11/2018 - 14:51

Le changement climatique n'est ni pour demain ni pour après-demain, ses conséquences se font déjà sentir ici et maintenant. Combiné avec l'effondrement dramatique de la biodiversité et la multiplication des pollutions, il est un défi majeur alors que des points de rupture potentiellement irréversibles sont déjà ou seront bientôt franchis.

Des manifestations ont eu lieu dans toute la France les 8 septembre et 13 octobre derniers, à l'appel de citoyen·ne·s, réseaux, mouvements, ou associations. Une nouvelle journée de manifestation aura lieu le samedi 8 décembre. Plus de 130 événements sont déjà répertoriés en France et l'étranger sur cette page d'un trop célèbre réseau social.

Cette mobilisation se prépare dans un contexte national particulier : la mobilisation des « gilets jaunes » contre l'augmentation des taxes sur le carburant et plus globalement contre la politique du gouvernement Macron, les injustices fiscales et leurs conséquences sur le pouvoir d'achat. Les gilets jaunes expriment, avant tout, les difficultés de vivre quand se cumulent les coûts croissants du transport pour toutes celles et ceux contraints de prendre leur voiture pour travailler ou accéder aux services publics, la hausse du prix du gaz, la baisse des aides au logement, l'augmentation de la CSG ou la baisse des pensions des retraité·e·s. Ils pointent également l'hypocrisie gouvernementale : en 2019, sur les 37 milliards de recettes des taxes sur les carburants seuls un peu plus de 7 milliards d'euros seront affectés à la transition écologique.

Cette mobilisation se prépare aussi dans un contexte international particulier puisqu'au même moment aura lieu la COP24 (24e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques), organisée cette fois-ci en Pologne. Cette COP sera l'occasion de faire un triste bilan des engagements climatiques nationaux pris lors de la COP 21 à Paris : pas assez ambitieuses, trop lentes à se mettre en oeuvre, pas financées, les politiques climatiques ne sont pas à la hauteur des enjeux. La société civile doit sonner l'alarme climatique pour dénoncer le dramatique retard pris par les États pour contenir le réchauffement climatique. Elle doit faire pression sur les gouvernements pour qu'une transition juste pour les peuples et la planète soit enfin mise en œuvre.

Pour Attac, le 8 décembre marque aussi une nouvelle étape de la campagne #PasAvecNotreArgent : nous souhaitons mener des dizaines d'actions de désobéissance civile partout en France pendant la COP 24 pour exiger que l'argent du livret de développement durable et solidaire (LDDS) ne puisse plus contribuer à la destruction de la planète et à l'aggravation du réchauffement climatique. Localement, il est possible d'imaginer des liens entre ces actions et les marches climat, par exemple en faisant sonner l'alarme climatique devant nos cibles : Caisse des dépôts et consignations, les banques climaticides comme BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole ou HSBC (téléchargez le kit ressources pour mener des actions LDDS.

Attac appelle aux mobilisations du 8 décembre et propose un véritable changement de cap pour être à la hauteur des enjeux sociaux et climatiques auxquels nous sommes confronté·e·s :

  • faire basculer les financements qui contribuent au réchauffement climatique dans le financement de la transition, notamment les politiques de sobriété énergétique et la production d'énergie renouvelable ;
  • augmenter les mécanismes d'aide pour les ménages modestes et rénover les logements pour supprimer toutes les passoires thermiques ;
  • accélérer la transition dans les territoires en soutenant les collectivités locales et en encourageant les initiatives citoyennes ;
  • soutenir le développement d'une agriculture locale et biologique ;
  • renforcer les services publics et les commerces de proximité ;
  • favoriser la création d'emplois liés à la transition et accompagner les mutations professionnelles dans les industries qui devront nécessairement décroître (pétrolière, chimiques, nucléaires...) ;
  • développer les réseaux de transports en commun sur tout le territoire : plus propres, plus denses, moins chers ;
  • encourager le transport ferroviaire (pour le transport de marchandises et de passagers) et les nouvelles mobilités : vélo, covoiturage, vélopartage, autopartage... ;
  • en finir avec les accords de libre-échange qui ne sont pas climato-compatibles (CETA, TAFTA, Jefta...).
  • arrêter les coups de rabots injustes sur les retraites ou les aides au logement.

Financer ce changement de cap, c'est possible !

  • en régulant strictement, y compris par de lourdes taxes dissuasives, les premiers responsables du changement climatique, les multinationales pétrolières, gazières et les banques qui financent encore les énergies fossiles ;
  • en stoppant le financement des fausses solutions comme le nucléaire ou la géo-ingénierie ;
  • en faisant contribuer les transports aériens et maritimes à la lutte contre la pollution via une taxe sur leurs combustibles et un durcissement des normes anti-pollution sur leurs carburants ;
  • en arrêtant d'encourager le développement de nouvelles zones commerciales et de grands projets inutiles et imposés ;
  • en réduisant le pouvoir de la finance via une taxe sur toutes les transactions financières ;
  • en rétablissant l'ISF et en récupérant l'argent détourné par les évadés fiscaux.
Categories: Attac Planet

Analyse : la finance verte, une promesse illusoire ?

Mon, 26/11/2018 - 13:00

Tout juste un an après le One Planet Summit organisé par Emmanuel Macron et à l'occasion du « climate finance day » organisé à Paris du 26 au 28 novembre, Attac France tient à rappeler, comme nous l'avons montré dans de récentes publications, que la finance verte est au mieux une goutte d'eau dans un océan de finance non verte.

PNG - 287.8 ko

Dix ans après la crise, la finance n'est toujours pas sous contrôle. Nocif, dérégulé et instable, le système financier représente une menace sur notre avenir collectif. La financiarisation du secteur énergétique entrave la possibilité de contenir le réchauffement climatique en deçà de 2°C. Les financements nécessaires pour mettre en œuvre une transition énergétique mondiale sont toujours absents.

Quant aux promesses des promoteurs d'un « verdissement de la finance », elles paraissent dérisoires : trois ans après la COP 21, banques et investisseurs continuent de financer la destruction de la planète et mettent sur pied des instruments inappropriés, inefficaces et dangereux. Reprendre la main sur la finance, voilà le défi auquel nous faisons face, pour accélérer sans attendre la transition écologique et sociale.

« Zéro finance nocive, zéro évasion fiscale, zéro fossile », telle est la ligne d'horizon vers laquelle il faut se projeter.
Consulter le dossier « Reprendre la main sur la finance plutôt que lui confier la planète et notre avenir », octobre 2018


JPEG - 56.9 ko

Les financements nécessaires pour mettre en œuvre la transition énergétique mondiale, rendre l'économie mondiale soutenable et faire face aux conséquences des dérèglements climatiques sont colossaux. Ils sont généralement estimés dans une fourchette allant de 2 à 5% du PIB mondial, soit plusieurs milliers de milliards de dollars annuels. Estimation qui ne tient pas compte de l'ensemble des Objectifs du développement durable (ODD), adoptés par l'Assemblée générale des Nations-Unies en septembre 2015 : leur réalisation implique de débloquer d'importants financements additionnels pour des secteurs qui en sont faiblement dotés tels que l'accès à l'eau, la protection des populations et de l'environnement ou la santé. Ces besoins interviennent dans un contexte de disette budgétaire et de désengagement progressif des États qui se limitent souvent à renommer « climat » des financements historiquement dévolus à l'aide au développement.

La transition énergétique mondiale implique donc un transfert massif des investissements jusqu'ici orientés vers les secteurs industriels dépendant des énergies fossiles vers des secteurs climato-compatibles tels que les énergies renouvelables ou l'efficacité énergétique. Si l'on en croit les dernières données disponibles, le défi est de taille puisque les investissements dans les énergies renouvelables étaient en baisse de 23 % en 2016, tombant à 242 milliards d'euros, soit leur niveau de 2010. Tandis que les investissements dans les énergies fossiles, bien qu'en baisse également, représentaient encore 708 milliards de dollars en 2016, soit 42% de l'ensemble des investissements dans le secteur de l'énergie. En 2016, chaque fois que l'économie mondiale a investi un dollar dans les énergies renouvelables, trois dollars l'ont été dans les énergies fossiles.

L'un des principaux défis est donc d'utiliser les leviers politiques, économiques et financiers, qu'ils soient déjà disponibles ou qu'ils faillent les inventer, pour accélérer sans attendre une transition vers des investissements sobres en carbone. « Shifting the trillions » – déplacer les milliers de milliards de dollars – répondent en cœur les promoteurs de la « finance verte » qui explique que la création de nouveaux marchés et outils financiers verts vont permettre de relever ce défi.
Consulter le rapport « la finance verte est-elle vraiment verte ? »

Categories: Attac Planet