Skip navigation

News from Attac France

Syndicate content Attac France
Attac s'engage pour la justice sociale et environnementale et mène des actions contre le pouvoir de la finance et des multinationales. Mouvement d'éducation populaire, l'association produit analyses et expertises, organise des conférences, des réunions publiques, participe à des manifestations… Attac est présente dans une cinquantaine de pays ; Attac France compte près de 10 000 membres et plus de 100 comités locaux.
Updated: 1 hour 4 min ago

Attac France recrute

Fri, 09/11/2018 - 15:35

Communication et développement de la communauté des adhérent·e·s et donateur·trice·s (CDD janvier-juin 2019).

Categories: Attac Planet

À trois semaines de la tenue du prochain G20 à Buenos Aires, Attac est la cible du gouvernement argentin

Fri, 09/11/2018 - 14:57

À l'approche du G20 qui aura lieu les 30 novembre et 1er décembre prochain à Buenos Aires, la presse argentine s'est fait écho de la surveillance dont font l'objet un certain nombre de syndicats et organisations de la société civile de la part des services de renseignement argentins. Sont cités, entre autres, les syndicats CTA (Centrale des travailleurs d'Argentine) et CTEP (Confédération des travailleurs de l'économie populaire), et les ONG Attac Argentine, Jubilé Sud, le mouvement paysan Misiones, les Amis de la Terre et des mouvements écologistes et anti-extractivistes.

Parmi toutes ces organisations, Attac est désignée comme étant le principal organisateur de la semaine d'action qui aura lieu du 25 novembre au 1er décembre pour protester contre la présence à Buenos Aires des principaux leaders du monde. Ceux-là même qui continuent d'appliquer les recettes économiques néolibérales responsables, entre autres, du désastre économique et social qui affecte gravement la population argentine actuellement.

Dans ce contexte, nous tenons à dénoncer ces tentatives de diabolisation du gouvernement argentin qui, comme par anticipation, paraît vouloir imputer à Attac la responsabilité d'éventuels débordements pouvant advenir pendant les manifestations.

Attac et ses représentant·e·s qui se rendront prochainement à Buenos Aires pour participer aux débats organisés pendant cette semaine d'action ne doivent en aucune façon être tenus responsables d'éventuels débordements. Notre association présente dans de nombreux pays n'a en effet eu de cesse depuis sa création de dénoncer les effets désastreux des politiques néolibérales qui poussent les populations à la désespérance. Enfin, depuis vingt ans, nous menons nos actions et campagnes de façon non violente, par l'information et la sensibilisation du public, en particulier contre l'évasion et la fraude fiscale, l'impunité des multinationales et pour la justice climatique.

Paris, le 8 novembre 2018

Categories: Attac Planet

JEFTA : interpellez vos eurodéputé·e·s maintenant !

Fri, 09/11/2018 - 10:31

Démarrées en 2012, les négociations avec le Japon sont restées opaques jusqu'à leurs conclusions en septembre 2017. Un an plus tard, l'Accord de commerce entre le Japon et l'Union européenne (JEFTA) a été approuvé par le Conseil européen. Il doit être soumis à la ratification du Parlement européen entre le 11 et le 13 décembre prochain.

Or, seul le Parlement européen votera pour ou contre cet accord : à l'inverse du CETA, le JEFTA ne contient pas de partie sur les tribunaux d'arbitrages, les Parlements nationaux ne sont donc pas consultés. L'Union européenne négocie un autre accord en parallèle pour étendre les droits des investisseurs et l'instauration d'un mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États.

Alors que la Commission européenne justifie ce traité au nom de la croissance, espérant un gain de 0,76 % de PIB par an, une étude commanditée par le Gouvernement allemand prévoit quant à elle une croissance de 0,04 % du PIB de l'Union européenne. En revanche, les risques pour les citoyens sont réels :

  • Le JEFTA comporte un chapitre sur la coopération réglementaire, voie ouverte aux entreprises transnationales pour influer sur les réglementations nationales, notamment en matière d'agriculture, de droits sociaux, de protection de l'environnement, du consommateur et des données personnelles.
  • Il adopte l'approche des « listes négatives » pour la libéralisation des services : tout service qui n'est pas explicitement exclu de l'accord est considéré comme un marché ouvert. La défense des hôpitaux, écoles et transports publics n'est plus garantie si ces services ne sont pas explicitement protégés par les États.
  • Le JEFTA ne comporte pas de mécanisme de sanctions rendant contraignantes les normes sociales et environnementales référencées dans le chapitre sur le développement durable. Or le Japon n'a pas ratifié toutes les conventions fondamentales de l'OIT. Comment l'Union européenne peut-elle négocier un traité commercial avec un pays qui n'a pas signé la Convention 105 sur l'interdiction du travail forcé de 1957 ni la Convention 111 concernant la discrimination (emploi et profession) ?

Le Collectif Stop TAFTA-CETA France demande aux eurodéputé·e·s français·e·s de voter contre le JEFTA et de s'opposer à la logique des accords commerciaux secrets qui font passer les intérêts des entreprises avant tout !

Categories: Attac Planet

Le prochain sommet du G20 à Buenos Aires : ce qu'il nous dit de la marche du monde

Thu, 08/11/2018 - 16:42

Certes, les pays du G20 ont un poids économique largement dominant dans le monde (à eux seuls, ils représentent 85 % du PIB mondial, deux tiers de la population mondiale, 75 % du commerce mondial, 80 % de l'investissement global, etc.), mais il ne s'agit pas pour autant d'un gouvernement économique du monde. Enfin, de moins en moins…

Le G20 ou l'impossible coopération internationale ?

Certes, les pays du G20 [1] ont un poids économique largement dominant dans le monde (à eux seuls, ils représentent 85 % du PIB mondial, deux tiers de la population mondiale, 75 % du commerce mondial, 80 % de l'investissement global, etc.), mais il ne s'agit pas pour autant d'un gouvernement économique du monde. Enfin, de moins en moins…

Au cours de son histoire d'une vingtaine d'années (le G20 a été créé en 1999), il a surtout laissé sa marque en novembre 2008 lorsque, réuni à l'instigation de Nicolas Sarkozy et Gordon Brown, Premier ministre britannique d'alors, il a proposé une réponse à la crise financière et économique la plus grave que le monde ait connue depuis les années 1930. Réponse insuffisante, sans doute, mais qui a eu au moins le mérite d'accoucher du Conseil de stabilité financière chargé de coordonner le travail des régulateurs financiers au niveau international. Rassemblant les économies nationales ayant une importance « systémique », le G20 a fonctionné alors comme un forum de coopération économique. Il faut dire que la panique était violente qui incitait à se serrer les coudes…

Qu'en est-il aujourd'hui ? Où en est cette promesse unanime faite en 2008, de la Chine aux États-Unis, de renoncer aux mesures de protections commerciales ? Quid de cet esprit coopératif qui animait le G20 ? En réalité, les coups de boutoir portés par l'administration américaine depuis un an et demi en ont sérieusement entamé la crédibilité.

En outre, la conjoncture mondiale présente est tout sauf favorable : guerre commerciale déclenchée par Washington qui obscurcit les perspectives de croissance ; tensions sino-américaines, mais aussi entre les Américains et les Européens ; bras de fer avec l'Iran avec pour effet le renchérissement du prix du pétrole (passé de 30 dollars en 2016 à près de 80 dollars dernièrement). D'où la crainte d'un retour de l'inflation et d'une remontée rapide des taux d'intérêt. Certains perçoivent même dans la situation actuelle les signes précurseurs d'une nouvelle crise mondiale.

Au même moment, l'Argentine fait la manche auprès du FMI [2]

C'est dans ce contexte morose pour l'économie mondiale que va se tenir à Buenos Aires, du 30 novembre au 1er décembre, le prochain G20. Comble de l'ironie, l'Argentine du président Mauricio Macri, fervent adepte des recettes de l'économie néolibérale, passe actuellement un très mauvais moment. Avec un taux d'inflation de 25 % et une dette extérieure libellée à 64 % en dollars et en monnaies étrangères (en 2017, la dette publique argentine représente 53 % du PIB), l'Argentine est le pays le plus vulnérable de tous ceux du G20 !

Pourtant en 2017, une relative amélioration de la situation économique stimulée par une augmentation des dépenses publiques, et une campagne électorale agressive sur les réseaux sociaux dénonçant les gouvernements précédents comme autoritaires et corrompus, avaient permis au parti au pouvoir de remporter haut-la-main les élections législatives d'octobre. Mais, dans les jours qui ont suivi, conforté par ces résultats, le président Macri a lancé une série de réformes législatives d'ampleur dans les domaines du travail, de la sécurité sociale, de la fiscalité et des règles électorales afin d'accélérer son programme néolibéral. Seule la réforme des retraites a d'ailleurs été approuvée par le Parlement, en décembre 2017, dans un contexte de manifestations massives et d'une violente répression policière.

Contrairement aux promesses du gouvernement de faire de l'Argentine un « supermarché mondial », la libéralisation de ses échanges commerciaux a entraîné une augmentation des importations et un important déficit commercial. Parallèlement, l'augmentation des transferts de bénéfices des sociétés transnationales et la fuite des capitaux alimentée par la spéculation ont encore aggravé le déficit financier. Au même moment, les agences financières internationales, y compris le FMI, commençaient à mettre en garde le gouvernement argentin contre le danger qu'il y avait à augmenter constamment la dette extérieure, dans un contexte de réorientation des flux financiers vers les États-Unis.

Et en effet, six mois plus tard, la hausse annoncée des taux d'intérêt aux États-Unis plongeait l'économie argentine dans la récession (dévaluation du peso, inflation et fuite des capitaux). Plusieurs interventions erratiques de la Banque centrale argentine, entraînant une perte considérable de ses réserves, ne réussissaient pas à juguler la crise et, aux premiers jours de mai 2018, le président argentin annonçait publiquement le début de négociations avec le Fonds monétaire international (FMI).

Loin de résoudre la crise, ces négociations l'ont aggravée : entre mai et octobre, le peso argentin a été dévalué de presque 100 % ; l'inflation s'est accélérée et l'activité économique est entrée dans une récession de plus en plus grave ; la pauvreté, le chômage et la précarité de l'emploi ont augmenté ; la réduction des dépenses publiques dans les domaines sociaux s'est accélérée, contribuant à la détérioration de l'éducation, de la santé et du secteur productif.

En juin, un premier accord a été approuvé par le FMI. Puis, en septembre, après une nouvelle dévaluation, un deuxième accord a été renégocié de toute urgence aboutissant à un prêt total de 56 milliards de dollars. Entre les deux, le gouvernement s'est engagé à contenir radicalement le déficit budgétaire, il a ordonné la suppression des ministères de la Santé et du Travail en les réduisant au rang de secrétariats d'État, et s'est engagé à cesser ses émissions monétaires.

En réaction, manifestations et grèves générales se suivent

Ni la situation économique catastrophique, ni l'intensification de la répression ne réussissent à empêcher les réactions et résistances populaires. Depuis 2016, quatre grèves générales ont eu lieu et d'innombrables manifestations sectorielles ont envahi les rues. Dans les zones industrielles de Cordoba, Santa Fe et Buenos Aires, les licenciements, mises à pied et fermetures d'usines dans les secteurs de la métallurgie (3 000 licenciements) et de l'automobile (dont la capacité de production a été réduite de 50 %), ont déclenché des manifestations monstres et des barrages routiers.

Le secteur de l'enseignement n'est pas en reste dont les professeurs d'université ont fait grève pendant tout le mois d'août dernier pour obtenir des augmentations salariales et budgétaires, grève rejointe par les étudiants des dix principales universités du pays. Récemment, les syndicats d'enseignants et d'éducateurs, de médecins et d'agents de santé, le pouvoir judiciaire et l'administration publique ont annoncé une prochaine mobilisation unitaire et massive pour contrer les politiques d'ajustement.

Le 25 septembre dernier, les trois principales forces syndicales [3], Confédération générale du travail (CGT), Centrale des travailleurs argentins (CTA) et Confédération des travailleurs de l'économie populaire (TCPA – travailleurs précaires et de l'économie informelle) ont appelé à la deuxième grève générale de 2018. Le gouvernement fait d'ailleurs tout ce qu'il peut pour éviter que cette grève ait lieu pendant le G20…

Quant aux mobilisations féministes, elles ne cessent de prendre de l'ampleur. Avec le mouvement « Ni una menos », les femmes ont réussi à massifier la répudiation de la violence sexiste en Argentine. En octobre 2016, elles ont organisé la première grève générale contre le gouvernement Macri. Puis, cette année 2018 a été marquée par la lutte pour la légalisation de l'avortement qui a rassemblé près de deux millions de personnes dans les rues de Buenos Aires dans la nuit du 8 août. Les protagonistes de cette nouvelle vague du féminisme - qui combine à la fois la perception de la violence sexiste, de l'inégalité des sexes et du droit des femmes à disposer de leur corps et de leur désir - sont surtout les jeunes filles et adolescentes (on parle d'ailleurs de « révolution des filles »). Au-delà, ce sont les femmes syndicalistes, des mouvements sociaux et du milieu des arts et de la culture qui ont donné force à ce mouvement social, aussi hétérogène que massif.

Toutefois, différentes stratégies coexistent au sein de tous ces mouvements et la question de savoir quelle pourra être leur traduction politique, y compris dans une perspective électoraliste, est encore ouverte.

Les priorités du G20 : surtout ne pas fâcher le puissant partenaire du Nord

En tant que pays organisateur où se tiennent toutes les réunions dont plusieurs ont déjà eu lieu (finances, affaires étrangères, commerce…), l'Argentine a la possibilité de choisir les thèmes qu'elle juge prioritaires. Au programme du prochain G20 figurent donc :

  • Les questions liées à l'emploi, au numérique et à l'éducation, sous l'angle de l'avenir du travail à l'heure du numérique, avec un accent particulier sur la formation, dans l'objectif de réduire la fracture numérique et de permettre l'adaptation des compétences des travailleurs.
  • Le financement de projets d'infrastructure en faveur du développement, l'accent étant mis sur la mobilisation des financements publics et privés.
  • L'agriculture durable, avec un accent sur l'importance de la productivité des sols dans le respect des exigences environnementales et de la sécurité alimentaire.

Autrement dit, des priorités pour le moins consensuelles et qui évitent les sujets clivants comme le protectionnisme, la concertation sur les politiques monétaires ou la lutte contre le réchauffement climatique. Néanmoins, en marge de l'agenda officiel pourraient être abordés deux autres sujets d'importance : la relance des négociations sur le traité de libre-échange entre l'Union européenne et les pays du Mercosur et la réforme de l'OMC.

Vers une réforme de l'OMC ?

On assiste, depuis quelque temps, à un regain d'intérêt pour l'Organisation mondiale du commerce. Parmi les raisons de ce regain d'intérêt : l'enlisement des négociations du cycle de Doha pour le développement, les attaques de l'administration Trump à l'encontre de l'institution allant jusqu'à menacer d'en sortir – et plus globalement contre le multilatéralisme –, les propositions de réformes portées par cette même administration, ainsi que les mesures de politique commerciale engagées, selon des motifs différents, à l'encontre de la Chine, de l'Union européenne et de la Turquie. Rarement depuis 2008, les concurrences et rivalités interétatiques n'ont été aussi exacerbées et amplifiées par la multiplication des accords commerciaux bilatéraux et régionaux. Les règles de l'OMC datent de 1995. Or, durant ce quart de siècle, la mondialisation a radicalement transformé l'économie politique mondiale.

Réformer l'OMC donc. Une première réunion s'est tenue à Ottawa les 24 et 25 octobre dernier à laquelle participaient douze pays [4] plus l'Union européenne en tant que telle. Quelles ont été les pistes envisagées ? D'abord, renforcer le cadre réglementaire de l'OMC qu'on juge plein de failles. Puis améliorer la surveillance entre les États en les obligeant à mieux communiquer sur leurs pratiques commerciales, autrement dit les obliger à plus de transparence. Par exemple, on estime que la moitié des 164 États-membres de l'OMC ne communiquent pas sur les subventions publiques accordées à leur secteur industriel. Pourtant, quand il s'agit de sévir, il y a un outil qui fonctionne plutôt bien à l'OMC, c'est le système de règlement des différends. L'instance a été saisie des dizaines de fois depuis 1995... y compris ces derniers mois avec la guerre commerciale lancée par les États-Unis. Ces derniers n'apprécient d'ailleurs pas que les juges de l'OMC les rappellent à l'ordre lorsqu'ils imposent des mesures anti-dumping ou anti-subvention pour défendre leur industrie. Du coup, depuis plusieurs années (c'était le cas déjà avant l'arrivée de Trump), Washington bloque le renouvellement d'un juge de la cour d'appel de l'OMC qui règle les conflits commerciaux. Ce qui menace directement la pérennité de cette instance surchargée de dossiers.

Parmi les cas litigieux figure celui de la Chine : celle-ci doit elle continuer d'être considérée comme un pays en développement par l'OMC et donc jouer avec des règles différentes ? C'est une question qui intéresse beaucoup de pays membres ou de ceux qui souhaitent adhérer à l'OMC.

Dans un communiqué à la langue de bois coutumière des instances internationales, les pays participant au sommet d'Ottawa déclarent : « La situation actuelle à l'OMC n'est plus viable. Notre volonté de changement doit s'accompagner de mesures : nous continuerons à lutter contre le protectionnisme, et nous nous sommes engagés politiquement à favoriser de façon pressante la transparence, le règlement des différends et l'élaboration de règles commerciales du XXIe siècle à l'OMC [5] ».

A priori, tous partagent globalement trois objectifs immédiats : permettre une désescalade de la politique unilatéraliste américaine et des mesures de rétorsion qu'elle suscite, trouver une solution au blocage du système de règlement des différends et favoriser une reprise des négociations commerciales à l'OMC.

Mais c'est ici que les choses se fragmentent entre : « ceux qui accepteraient de parler règlement des différends mais ne veulent pas parler subventions ni propriété intellectuelle ; ceux qui veulent bien parler industrie mais à condition que l'on parle aussi d'agriculture et de commerce électronique ; ceux qui ne veulent parler que d'agriculture ; ceux qui ne veulent parler de rien, car ils rejettent toute incursion de l'OMC en dehors d'un agenda de Doha désormais sub-claquant et de la règle du consensus de tous les membres [6] ». Bref, comme on le voit, il y a encore du pain sur la planche… Le sujet devrait revenir sur la table du G20 de Buenos Aires, porté notamment par Emmanuel Macron qui en attend « une feuille de route sur la réforme de l'OMC ».

[1] Outre l'Union européenne en tant que telle, le G20 regroupe 19 États : Afrique du Sud, Allemagne, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, États-Unis, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie, Turquie.

[2] Les données concernant la situation économique et sociale de l'Argentine sont extraites du rapport intitulé « Retour de l'Argentine au FMI : néolibéralisme, crise et conflits sociaux », publié par l'Institut de recherche sociale Tricontinental (cet institut revendique l'héritage de la Conférence tricontinentale du mouvement des pays non alignés créé dans les années 1960).

[3] Notons que le taux de syndicalisation en Argentine, 37 %, est un des plus élevés d'Amérique du Sud dont la moyenne est autour de 25 %.

[4] L'Australie, le Brésil, le Canada, le Chili, la Corée, le Japon, le Kenya, le Mexique, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, Singapour et la Suisse.

[5] Communiqué final de la réunion sur la réforme de l'OMC, Ottawa, 25 octobre 2019.

[6] Direction générale du Trésor, Brèves de l'OMC n°9 – 1er octobre 2018 : « Réforme de l'OMC : objectif Buenos-Aires ? »

Categories: Attac Planet

Ni victimes, ni entrepreneuses : mobilisations féministes contre le W20 à Buenos Aires

Thu, 08/11/2018 - 16:22

Alors que le groupe d'affinité de femmes du G20, le Women's 20 (W20), s'est réuni du 1er au 3 Octobre à Buenos Aires avec l'objectif de promouvoir l'autonomisation économique des femmes, le Forum Féministe contre le G20 a organisé en parallèle une série d'actions pour dénoncer la perspective néolibérale du W20 tout en proposant des alternatives issues des féminismes populaires.

« Pas en notre nom ». C'est le mot d'ordre du Forum Féministe contre le G20, qui a rempli la Place du Congrès de Buenos Aires avec des interventions artistiques, des performances, une foire de l'économie sociale populaire et des tables rondes pour dénoncer la venue du W20 (le groupe d'affinité de femmes du G20), critiquer ses politiques néolibérales et débattre des réalités des femmes, féministes, migrantes, indigènes, afro-descendantes et de la population queer latino-américaine. En d'autres mots, des réalités se trouvant aux antipodes de celles des femmes entrepreneuses, millionnaires, blanches et issues de milieux élitistes organisant le W20.

Créé en 2015, le W20 a pour but de proposer des recommandations aux leaders du G20 pour promouvoir la pleine participation économique et sociale des femmes dans le marché, leur inclusion financière et une réduction de l'écart entre les taux d'activité des hommes et des femmes. Cette année, son objectif principal est de promouvoir l'autonomisation économique des femmes à travers quatre axes : l'insertion professionnelle, l'inclusion numérique, l'inclusion financière et le développement rural. Autrement dit, le programme du W20 viserait à émanciper les femmes en augmentant leur employabilité et leur participation dans le marché du travail, et en facilitant leur accès à des microcrédits pour financer des projets d'entreprenariat.

Cependant, derrière ces discours de soi-disant « empowerment » (d'autonomisation), les politiques d'inclusion commerciale et financière préconisées par le W20 ne s'attaquent en rien aux racines structurelles de la domination capitaliste hétéro-patriarcale ainsi qu'aux inégalités et à la violence de genre. Il n'y a aucune remise en question de la division sexuelle du travail et de l'invisibilisation du travail domestique et de reproduction (pourtant indispensable pour faire tourner l'économie actuelle). On promeut l'intégration des femmes dans le marché du travail sans parler de leur double (ou triple) exploitation, de la précarité des emplois qui leurs sont offerts pour les « émanciper » ou du fait que l'augmentation du taux d'activité des femmes ne s'accompagne pas d'une plus grande participation des hommes dans le travail domestique. Les microcrédits, tant promus par le W20 et autres institutions telles que la Banque Mondiale et le FMI, serait censés permettre aux femmes d'investir dans des opportunités de marchés pour développer des micro-entreprises et sortir de la pauvreté. Or le fonctionnement des microcrédits ne fait que reproduire les dynamiques du système capitaliste financier mondial à une échelle micro-économique et provoque des cycles croissants d'endettement, de dépendance et d'appauvrissement impactant surtout les femmes, qui empruntent majoritairement pour assurer le fonctionnement de leur foyer et la subsistance de leurs familles.

C'est donc face au W20 et à sa perspective élitiste, néolibérale, binaire et hétérosexuelle que ces journées d'actions ont été organisées par le Forum Féministe contre le G20 - une convergence diverse, internationale et transversale de travailleuses féministes, militantes, syndicalistes, étudiantes, migrantes, femmes indigènes, afro-descendantes, paysannes, queer, lesbiennes, personnes non binaires, trans et travestis, entre autres. Basé sur des principes de féminismes populaires – c'est-à-dire produits depuis les bases – ce forum s'inscrit dans un processus de construction collective datant du Forum Féministe contre l'OMC, qui s'est tenu l'an dernier à Buenos Aires. Ce collectif, en constante expansion, a pour objectif de créer des espaces de résistance contre le capitalisme hétéro-patriarcal et la construction d'alternatives féministes radicales (à différencier du soit disant « féminisme » néolibéral, élitiste et eurocentrique). C'est dans ce cadre que s'inscrivent la réflexion et la critique collective des perspectives de genre et des politiques néolibérales du W20 et du G20, qui contribuent à soutenir l'actuel système socio-économique masculiniste, responsable non seulement de la violence structurelle, sexiste et raciste contre les femmes – et surtout des populations indigènes, afro-descendantes et queer – mais aussi de la destruction de la planète.

Les actions du Forum Féministe contre le G20 ont démontré que les femmes d'affaires ne sont pas les seules à pouvoir (et devoir) prendre la parole et qu'il existe des formes d'émancipations bien plus radicales et transcendantes que les fausses promesses d' « empowerement » du W20. Un féminisme qui se base sur les expériences et les connaissances de la vie quotidienne des gens pour construire des savoirs et des pratiques transformatrices. Un féminisme qui permet une analyse et une critique à la fois de l'organisation au sein des foyers et des politiques macro-économiques internationales contribuant aux inégalités de genre vécues au quotidien. Un féminisme centré sur les pratiques du care, des assemblées, de la sororité, de la solidarité, de l'empathie, de l'écoute attentive, de l'autoréflexion et du partage. Un féminisme qui nous permet non seulement de résister contre les effets dévastateurs du système actuel, mais aussi de repenser nos propres pratiques et modes d'organisations – y compris au sein des mouvements et collectifs dits les plus progressistes. Un féminisme qui conçoit l'économie et la société non pas au service des marchés, de la croissance et de la productivité mais au service des êtres vivants et de la nature.

Alors que nous traversons actuellement une crise systémique dont l'ampleur et les impacts sont sans précèdent, il est devenu impératif de repenser et réinventer d'autres formes d'organiser nos sociétés, nos relations sociales et nos vies. Aujourd'hui, c'est bien le féminisme qui se positionne comme l'alternative systémique la plus puissante, la plus catalytique et la plus transversale. Les mouvements tels que Ni Una Menos, Me Too, la 2e grève internationale du 8 Mars, les campagnes pour la légalisation de l'avortement, les récentes mobilisations des femmes brésiliennes contre Bolsonaro (le candidat aux présidentielles de l'extrême-droite, misogyne, raciste et homophobe) et les actions du Forum Féministe contre le G20, entre autres, sont toutes des expressions de cette nouvelle vague féministe, en constante expansion à l'échelle locale, nationale et internationale, qui nous montre qu'un autre monde est en effet possible. C'est pourquoi déclarer que le futur – ou la révolution – sera féministe ou ne sera pas n'est pas seulement un slogan. C'est penser le féminisme comme étant le seul projet politique viable, la seule alternative possible, pouvant mettre un terme aux structures de domination et d'oppression du capitalisme, du patriarcat, du racisme, de l'anthropocentrisme et du productivisme, tout en assurant la pérennité de la vie sur Terre.

Categories: Attac Planet

Attac France soutient les grévistes de la faim mobilisés contre la construction du GCO

Tue, 06/11/2018 - 10:02

Le 22 octobre 2018, dix femmes et hommes ont entamé une grève de la faim pour exiger d'Emmanuel Macron et du gouvernement un moratoire sur la construction d'une nouvelle autoroute, le Grand Contournement Ouest de Strasbourg, et la remise à plat du dossier. Après deux semaines de jeûne, de multiples courriers et interpellations publiques, y compris par deux cents élus locaux de tous bords politique, et malgré la présence d'Emmanuel Macron à Strasbourg et dans la région ces 4 et 5 novembre, leurs demandes restent sans réponse.

Ce silence exprime le mépris et le désintérêt réels de l'exécutif pour celles et ceux qui, sur le terrain, protègent l'environnement, luttent contre les dérèglements climatiques et travaillent à des alternatives pour changer nos manières de produire, de nous déplacer et d'habiter. Une nouvelle fois, Emmanuel Macron et son gouvernement, en refusant de prendre au sérieux les objections et propositions des opposants au GCO, font la démonstration qu'il y a un gouffre entre la réalité des actes et les discours tenus : être le champions du slogan (#MakeOurPlanetGreatAgain, etc) ne fait pas de vous un « Champion de la Terre et du climat ».

A l'heure où le GIEC vient à nouveau de montrer qu'il faut procéder à des « transformations sans précédent » pour limiter le réchauffement climatique et réduire drastiquement les émissions dans les différents secteurs économiques, notamment celui des transports, construire une nouvelle autoroute est une aberration issue d'un temps où aligner des kilomètres de bitume était la seule boussole des politiques de (mal) aménagement du territoire. Sauf à nier ces exigences et se placer dans le camp du déni climatique, les pouvoirs publics doivent immédiatement arrêter de favoriser le transit routier de poids lourds à travers l'Europe, le tour en détruisant la biodiversité !

Contrairement à ce qu'affirme le ministre de la transition écologique et solidaire François de Rugy, il est encore temps, au nom de l'intérêt général, de stopper la construction de l'autoroute du Grand Contournement Ouest de Strasbourg et d'enfin étudier avec sérieux les propositions alternatives.

GCO : 200 élus appellent Macron à rencontrer les grévistes de la faim
Toutes les informations pour soutenir les grévistes de la faim
Pour comprendre les enjeux autour du GCO

Categories: Attac Planet

Protégeons nos lanceurs d'alerte partout en Europe !

Mon, 05/11/2018 - 14:57

L'Europe est en train de décider de la manière dont seront protégés, à l'avenir, les lanceurs d'alerte dans l'Union Européenne.
Concrètement, un projet de directive est actuellement débattu au Parlement Européen, puis sera négocié entre le Parlement et le Conseil Européen (les chefs d'État).

L'enjeu est de taille puisque ce texte, une fois voté, devra être appliqué par les 27 pays de l'Union. Cette directive nous donne enfin l'opportunité d'offrir une protection aux lanceurs d'alerte, qui voient leur vie basculer en révélant failles ou dysfonctionnements graves dans tous nos États.

Fraude fiscale, corruption, santé publique, sécurité ou environnement en danger, maltraitance d'enfants handicapés, combien de scandales n'auraient jamais été révélés sans le rôle décisif des lanceurs d'alerte ?

A l'heure où l'intérêt général est plus que jamais menacé par le poids des intérêts privés, la protection des lanceurs d'alerte est un enjeu essentiel ! N'attendons pas qu'il soit trop tard !

Nous avons un mois pour peser de tout notre poids sur le Parlement et trois mois pour convaincre les chefs d'État d'adopter une directive digne des meilleurs standards internationaux.

Aujourd'hui, les lanceurs d'alerte ont besoin de nous !

Signez cette pétition en faveur d'une protection ambitieuse des lanceurs d'alerte à l'échelle européenne

Quels sont les risques ?
  • Seuls 10 pays en Europe, dont la France, protègent les lanceurs d'alerte. Sans une législation européenne ambitieuse, les lanceurs d'alerte s'exposeront toujours à une inégale protection de part et d'autre des frontières. A voir leur vie basculer en étant licenciés, poursuivis, arrêtés, menacés ou même tués.
  • Cette directive pourrait si l'on n'y prend garde faire revenir la France en arrière ! En 2016, la mobilisation de la société civile a été décisive : le Parlement a adopté un des meilleurs régimes de protection des lanceurs d'alerte au monde. Ne perdons pas les acquis gagnés au terme d'un si long combat.

Le texte du projet de directive, même s'il est positif, comporte des failles préoccupantes, et le poids de ceux qui ont intérêt à l'amoindrir l'est tout autant… Mais il est encore temps d'agir ! Chaque signature compte pour créer un grand mouvement en faveur de la protection des lanceurs d'alerte dans l'Union Européenne.

Les parlementaires et les États membres peuvent libérer ou cadenasser la parole des lanceurs d'alerte. Aidons-les à faire le bon choix !

En signant cette pétition, je demande aux parlementaires européens et au gouvernement français de :

  • Ne pas remettre en cause les dispositions des États membres qui protègeraient mieux les lanceurs d'alerte que la directive

    La directive ne doit pas être utilisée pour supprimer ou minorer les droits acquis : elle doit inclure une clause de non régression pour les législations ou provisions plus favorables.

  • Adopter une définition plus large du lanceur d'alerte de façon à protéger tous ceux qui signalent ou révèlent une menace ou un préjudice pour l'intérêt général

    La protection prévue par le projet de directive se limite à la dénonciation des « activités illicites » et « abus de droit » : elle doit être étendue à l'instar de la France à ceux qui signalent ou révèlent une menace ou un préjudice pour l'intérêt général.

  • Ne pas contraindre le salarié à alerter en premier lieu son organisation. Il doit avoir le choix de saisir également les autorités

    Chaque citoyen français a le droit de saisir directement les autorités (ex.police/justice) notamment pour le signalement d'un crime ou délit. Ce droit est aussi reconnu par la jurisprudence européenne.

  • Prévoir la réparation intégrale des dommages subis par lanceur d'alerte

    La réparation ne peut être renvoyée au droit national, variable. La directive doit garantir une réparation intégrale des dommages, y compris les années de retraite perdues (France, RU)

  • Créer un fonds de soutien européen pour l'aide aux lanceurs d'alerte

    Alimenté par un pourcentage des fonds recouvrés et des amendes versées, ce fonds solidaire servira à aider les lanceurs d'alerte de tous domaines en cas de besoin.

Signataires :

  • Transparency International France,
  • Action Aid,
  • Adéquations,
  • Amis de la Terre,
  • Amnesty France,
  • Anticor,
  • Attac France,
  • Bloom,
  • CAC,
  • CFDT,
  • CFDT-Cadres,
  • CRID,
  • CRIIGEN,
  • Eurocadres,
  • Greenpeace,
  • LDH,
  • OCTFI,
  • On ne se taira pas,
  • Pacte civique,
  • Passeurs d'alerte,
  • ReAct,
  • RES,
  • Sherpa,
  • Sciences Citoyennes,
  • Syndicat de la Magistrature,
  • Survie,
  • UGICT-CGT,
  • TI-EU.
Categories: Attac Planet

Le débrief éco avec Dominique Plihon

Mon, 05/11/2018 - 11:55

Non à l'indépendance, quel modèle de développement économique pour la Nouvelle-Calédonie ?

Avec :

  • Dominique Plihon, économiste et porte-parole d'Attac France
  • Christian Saint-Etienne, membre du « cercle des économistes »
Categories: Attac Planet

Dominique Plihon invité sur France 24 : taxe GAFA et austérité en Europe

Mon, 05/11/2018 - 11:43

Dominique Plihon, économiste et porte-parole d'Attac France était l'invité de « la semaine de l'éco » sur France 24. Au sommaire : taxe sur les GAFA, austérité en Europe, Brexit et budget italien.

Le Royaume-Uni pourrait devenir, en 2020, la première grande économie du monde à taxer les géants d'Internet, désignés par l'acronyme GAFA - pour Google, Apple, Facebook et Amazon. Une taxe de 2 % sur certains services numériques qui pourrait rapporter plus de 450 millions d'euros par an. De son côté, la Commission européenne tente de mettre en place une taxe de 3 % sur une partie du chiffre d'affaires des GAFA.

« L'ère de l'austérité est en train de se terminer ! » a promis Philip Hammond, le ministre des Finances britannique, lors de la présentation du budget 2019 du Royaume-Uni. Le pays va pouvoir profiter d'une cagnotte fiscale inattendue pour reprendre les dépenses, après huit ans d'austérité. Sortir de l'austérité, c'est aussi ce que souhaite le gouvernement italien, dont le budget, qui table sur une nette hausse des dépenses publiques, a été rejeté par Bruxelles.

Avec :

  • Dominique PLIHON, Economiste, porte-parole d'Attac
  • Denis SIMONNEAU, Président du think-tank européen EuropaNova
  • Bénédicte PAVIOT, Correspondante France 24 à Londres
Categories: Attac Planet

Déclaration d'Attac en soutien à la mobilisation Rosa Parks : « Justice, Dignité ou rien »

Mon, 29/10/2018 - 14:47

Le 1er décembre 1955, Rosa Parks, une femme noire, couturière et militante des droits civiques, refuse d'aller s'asseoir à la place située à l'arrière du bus qui lui est assignée, dans le système de ségrégation raciale en vigueur aux USA. Ce jour-là, Rosa Parks, est restée assise devant, acte de résistance et d'exigence de dignité pour les personnes racisées.

En référence à cet acte historique, c'est une double mobilisation que proposent les associations de l'antiracisme politique et les organisations qui soutiennent cet appel les 30 novembre et 1er décembre prochain.
Deux journées de lutte pour protester contre les inégalités structurelles, le racisme, la ségrégation et le mépris permanent.

En opposition avec l'intérêt de la majorité de la population, la libéralisation de notre société et le démantèlement des acquis sociaux s'accompagnent d'attaques contre nos acquis démocratiques, d'une stratégie de recherche de boucs émissaires (migrant·e·s, populations Roms, musulmane, etc.), et d'une répression toujours plus violente de toutes formes de contestation. Les quartiers populaires et les populations racisées en sont les premières victimes. Ils sont aussi les plus vulnérables face aux pollutions et à la crise écologique. Les migrant·e·s sont instrumentalisé·e·s comme figure de « l'ennemi extérieur », mais aussi comme une menace de l'intérieur, contre les droits sociaux des « nationaux ».

Partout en Occident, les campagnes électorales placent pour l'essentiel au centre des débats, non pas l'inégale répartition des richesses, mais le supposé « problème des migrant·e·s » !. Les partis les plus ouvertement racistes et islamophobes prospèrent et parviennent à imposer leur agenda en détournant l'attention des vrais responsables de la précarisation vers des boucs émissaires.

Il nous faut ouvrir des horizons d'espoir dans lesquels chacune et chacun trouve toute sa place, une place faite d'égalité, de dignité, de respect et de justice.

Attac apporte son soutien à l'appel initié par le Collectif Rosa Parks :

« Parce-que notre antiracisme politique est résolument contre ce système néo-libéral, cet appel, initié par un « nous » de dignité, se termine par une exigence de soutien de « tous » .
Le 30 novembre 2018, contre le racisme et les inégalités sociales, on disparaît de nos lieux de travail, des facs, des écoles, des réseaux sociaux, des lieux de consommation.

Le 1er décembre, on réapparaît sur toutes les grandes places des villes, pour exiger Égalité et Dignité pour tous et toutes. »

Voir le site : http://rosaparks.webflow.io/

Categories: Attac Planet

#Pas lui, pas maintenant, jamais - Déclaration après l'élection de Jair Bolsonaro.

Mon, 29/10/2018 - 10:44

Nous voulons exprimer notre soutien et notre solidarité à tous les mouvements, aux militant·e·s, aux communautés marginalisées du Brésil qui se réveillent ce matin dans le cauchemar de Jair Bolsonaro élu président.

Aucun mandat électoral ne rend acceptable ou démocratique le fait d'accéder au pouvoir par la démonisation des adversaires, l'utilisation de l'étiquette « terroriste » pour discréditer les mouvements sociaux et les menaces sur les droits et les libertés des citoyen·ne·s désignés comme boucs émissaires des problèmes causés par l'économie mondialisée. Ceux qui s'adonnent à ces pratiques sont responsables des crimes les plus atroces du vingtième siècle.

Le racisme, le sexisme et l'homophobie de Bolsonaro, tout comme sa nostalgie d'une dictature militaire au Brésil, ont fait l'objet de nombreux commentaires au niveau international. Mais Bolsonaro ne constitue pas seulement une menace pour les droits (civiques et humains) des citoyen·ne·s brésilien·ne·s. S'il met en œuvre les politiques annoncées, elles vont creuser encore davantage les inégalités en appauvrissant celles et ceux qui sont déjà sous le seuil de pauvreté. Elles détruiront l'environnement et empêcheront les opposants de se faire entendre.

Lors de l'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis en novembre 2016, nous redoutions qu'elle n'encourage aussi ailleurs ceux qui se réclament de la xénophobie, du nationalisme et de l'autoritarisme. L'élection de Bolsonaro en est le dernier exemple en date. Il nous faut d'urgence construire une opposition mondiale à cette politique de haine et refonder l'internationalisme que nos mouvements ont pu susciter pour s'opposer à l'inhumanité de la guerre et du néolibéralisme. Nous ne pouvons admettre la normalisation de l'arrivée au pouvoir de figures comme Bolsonaro, Trump ou d'autres nationalistes à tendance dictatoriale.

Cette nouvelle forme de fascisme ne vient pas de nulle part. Ces dernières décennies, la mondialisation dominée par les multinationales et la finance a mis en pièce le tissu social un peu partout sur la planète. Quand la recherche du profit est l'objectif ultime de l'humanité, des pans considérables de la population mondiale se retrouvent marginalisés et incapables de se faire entendre. Des territoires énormes sont livrés à l'extraction dévastatrice. Ceux qui mettent en place de telles politiques mortifères apportent leur soutien à des Bolsonaro et des Trump pour étayer le pouvoir des 1%.

Nous voulons une transformation radicale du système mondial qui fasse passer les gens et la planète avant les profits des riches. Nous voulons un monde basé sur l'égalité, la reconnaissance plein et entière des droits humains et la soutenabilité environnementale. C'est là notre lutte au niveau international – le défi majeur que nous relevons en tant que citoyen·ne·s, communautés et mouvements. Ce ne sera pas facile, mais l'histoire nous montre que la victoire est possible si nous gardons vivants en nous l'espoir et la solidarité.

Un autre monde est possible.

Crédit photo : Marcelo Camargo/Agência Brasil
Licence : Creative Commons 3.0

Categories: Attac Planet

Dix-huitième numéro des Possibles, la revue éditée à l'initiative du Conseil scientifique d'Attac

Thu, 25/10/2018 - 15:33

Le dix-huitième numéro de la revue trimestrielle Les Possibles, éditée à l'initiative du Conseil scientifique d'Attac, est disponible. Retrouvez ci-dessous le sommaire de ce numéro et inscrivez-vous pour recevoir la revue.

Retrouvez le sommaire de ce dix-huitième numéro.

Les précédents numéro sont disponibles en ligne Numéro 1 ; Numéro 2 ; Numéro 3 ; Numéro 4 ; Numéro 5 ; Numéro 6 ; Numéro 7 ; Numéro 8 ; Numéro 9 ; Numéro 10, Numéro 11, Numéro 12, Numéro 13, Numéro 14 ; Numéro 15 ; Numéro 16 ; Numéro 17.

Éditorial : Traversez la rue, vous serez dans la cour des miracles ! (Jean-Marie Harribey, Jean Tosti)

Il n'aura fallu que quelques mois pour que la baudruche du nouveau monde promis par Emmanuel Macron se dégonfle. Le président a sans doute compris qu'il ne convainc plus grand nombre. Il multiplie alors les provocations cyniques, voire les agressions verbales. On savait qu'il appelait à ce que chacun devienne milliardaire, on ne se serait jamais douté que, si l'on n'y parvenait pas, c'était à cause du « pognon de dingue » donné aux pauvres. Alors qu'il est si simple de traverser la rue pour trouver un emploi ! Doté d'un capital scolaire de très haut niveau – mais plus en économie financière qu'en économie sociale –, le président avait déclaré devant le Congrès à Versailles le 9 juillet 2018 : « la retraite n'est pas un droit pour lequel on a cotisé toute sa vie [mais] ce que les actifs paient pour les retraités ». Il est malin, mais il n'est pas plus doué en économie solidaire qu'en économie sociale : il utilise un fait exact (les actifs paient pour les retraités) pour dénier un droit fondamental.

Lire la suite

Dossier : La protection sociale Les privatisations du soin ( Philippe Batifoulier)

Le secteur de la santé connaît une multitude de réformes sans que la situation des hôpitaux s'améliore et sans avoir éradiqué des restes à charge (ce qui reste à la charge du patient après remboursement de la Sécurité sociale) parfois catastrophiques pour certains patients. Ces réformes ne combattent pas la trajectoire de privatisation du soin. Elles la confortent. Elles accentuent dès lors les inégalités tout en étant coûteuses en finances publiques.

Lire la suite

Pour une « nouvelle Sécu à 100 % ! (André Grimaldi )

Le gouvernement poursuit le processus d'étatisation progressive de la Sécurité sociale : transfert des cotisations salariales vers l'impôt, retour à l'équilibre grâce à la diminution des prestations et à la mise en déficit des hôpitaux, et, plus récemment, remise en cause de la règle de séparation du budget de la Sécurité sociale et du budget de l'État et de la compensation par l'État des exonérations de cotisations sociales qu'il accorde aux entreprises…

Lire la suite

Santé au travail : pas de prévention sans coercition : Premières réactions au Rapport Lecocq (Louis-Marie Barnier, Alain Carré, Selma Reggui)

Le gouvernement annonce vouloir réformer le système de santé au travail. Il propose que la négociation interprofessionnelle s'engage sur la base du rapport Lecocq [1], qualifié de « base satisfaisante ». Il faut donc analyser ce rapport. Ces réformes se situent dans le prolongement de la disparition des CHSCT, de la réforme de l'inspection du travail, d'une réduction des budgets alloués aux organismes de prévention des risques professionnels (INRS, CARSAT), et d'une Loi Travail fragilisant les travailleurs et leurs organisations. Les travailleurs doivent s'emparer de ce débat pour défendre leur droit à la santé. Tel est l'objectif de notre contribution.

Lire la suite

La Caisse accidents du travail-maladies professionnelles : une caisse basée sur le lien réparation/prévention (Marc Benoît)

Le rapport Lecocq représente une attaque du droit à la réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles en s'appuyant sur une fausse opposition réparation/prévention. Il remet en cause ce qui constitue le fondement de la Caisse accidents du travail-maladies professionnelles (AT/MP), ce lien entre une politique de réparation, définie par le code de la Sécurité sociale, et la capacité d'agir sur les choix des entreprises pour imposer des mesures de prévention des risques.

Lire la suite

L'Unédic saisie par les droits fondamentaux des travailleurs, Sur quelques débats de fond concernant l'assurance-chômage (juin 2018) (Louis-Marie Barnier)

Le texte très complet de la Note de la Fondation Copernic (2003) décrivant les nombreux épisodes de la vie mouvementée de l'Unédic nous évitera de reprendre toutes ses évolutions. Rappelons simplement ici que l'Unédic a été instituée par un accord collectif du 31 décembre 1958 [2], qui donne naissance à « un régime national interprofessionnel d'allocations spéciales aux travailleurs sans emploi de l'industrie et du commerce » (Art. 1). Cet accord tardif est provoqué par la prise de conscience de la nécessité d'avoir un instrument capable d'accompagner les restructurations industrielles, « lieu et instrument d'une régulation conjoncturelle » (Copernic, 2003, p. 49). La France est, de plus, le seul pays du Marché commun naissant, avec l'Italie, à ne pas avoir de régime d'assurance chômage (Bec, 2014, p. 191).

Lire la suite

Retraites des femmes, un enjeu décisif pour toute réforme (Christiane Marty)

Les réformes passées des retraites ont été menées au nom de l'équilibre financier des régimes. Aujourd'hui que le déficit des caisses est en voie de résorption (moyennant la baisse programmée des pensions et le départ plus tardif en retraite), c'est la recherche de l'équité qui est la principale raison invoquée pour remettre à plat le système de retraites. Le projet est de le transformer en un système par points, qui aurait vocation à unifier les différents régimes. « L'objectif est qu'à carrière identique, revenu identique, la retraite soit identique » a précisé Jean-Paul Delevoye, Haut commissaire à la réforme des retraites. Quid alors des mécanismes de solidarité qui permettent de compenser - un peu - les aléas de carrière et les basses pensions ? Quid des inégalités de pension entre les femmes et les hommes ?

Lire la suite

Politique familiale : quels objectifs et quels principes ? (Christiane Marty)

Depuis juillet 2015, les allocations familiales, réputées être le premier outil de politique familiale, sont modulées en fonction des revenus du foyer. Auparavant, toutes les familles avec deux enfants ou plus percevaient, quels que soient leurs revenus, la même somme pour le même nombre d'enfants. Les allocations n'étaient toutefois pas vraiment universelles du fait qu'une famille avec un seul enfant n'en percevait pas, et du fait que le montant de l'allocation par enfant était bien plus important (multiplié par 2,5) à partir du troisième enfant.

Lire la suite

Les droits de propriété intellectuelle : un danger pour la santé (Joan Rovira)

Les effets négatifs des droits de propriété des actifs incorporels (DPI) sur l'accès aux médicaments et le droit à la santé sont un sujet de préoccupation récurrent pour les citoyens et les responsables des systèmes de santé [3]. Au cours des dernières années, les médias ont mis l'accent sur les problèmes d'accès aux médicaments de traitement de l'hépatite C, non seulement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, comme c'est l'habitude dans ces cas, mais aussi dans les pays les plus riches.

Lire la suite

Débats André Gorz, philosophe anticapitaliste, critique du travail et précurseur de l'écologie politique (Françoise Gollain)

L'œuvre d'André Gorz est riche, complexe, marquée par des ruptures. Sa cohérence lui vient de son adhésion à la philosophique existentialiste qui représente le point d'ancrage de ses réflexions socio-écologiques. [4]

Lire la suite

Le camp progressiste doit se préparer à la prochaine crise financière (Cédric Durand)

Entretien réalisé par Romaric Godin pour Médiapart le 1er août 2018 dans le cadre de la série « Penser avec Marx (2/6) »

Entretien avec Cédric Durand sur la vision marxiste de la financiarisation de l'économie. Selon lui, elle n'est pas un moyen de régler les contradictions du capitalisme, mais de les déplacer dans le temps.

Lire la suite

Marx et l'immigration : mise au point (Jacques Bidet)

Entretien inédit pour le site de Ballast, octobre 2018, par Julien Chanet
Socialismes et immigration : les divergences ne sont pas seulement d'actualité. En 1845, Engels avançait que l'immigration irlandaise a contribué, en Angleterre, à « abaisser le salaire et avec lui la classe ouvrière elle-même ».

Lire la suite

Migrations, puisqu'on en parle (Samy Johsua)

Est-ce que les migrant-e-s divisent la classe prolétaire, permettant au Capital de baisser les salaires ? Est-ce que « personne » ne quitte son pays natal volontairement ? Sur le moyen terme, l'immigration est-elle « une chance » pour le pays qui l'accueille ? Et enfin, pourquoi s'interroger sur ces questions conduirait-il obligatoirement à l'injonction de chasser les migrant-e-s et à fermer les frontières ?

Lire la suite

La Campagne Boycott, désinvestissement et sanctions (Imen Habib)

La Campagne BDS a été lancée en 2005 par plus de 170 associations de la société civile palestinienne, un an après l'avis de la Cour internationale de justice demandant la démolition du mur de l'apartheid en Palestine occupée.

Lire la suite

Dépasser la propriété productive (Benoît Borrits)

Je tiens tout d'abord à remercier Thomas Coutrot et Jean-Marie Harribey de leur travail de recension de mon dernier ouvrage Au-delà de la propriété, pour une économie des communs publié aux Éditions La Découverte. Ce travail participe de notre volonté commune de reprendre le contrôle sur notre devenir et donc, de se débarrasser du pouvoir de la propriété productive caractéristique du capitalisme. C'est dans cette perspective que j'entends ici répondre à ces deux textes pour à la fois préciser les points d'accord ou de divergence et bien souvent d'incompréhension dont je porte forcément une part de responsabilité en tant qu'auteur.

Lire la suite

La nature de la propriété des moyens de production génère des différences de démocratie (Thierry Brugvin)

Une des caractéristiques centrales du capitalisme réside selon Marx dans la propriété privée des moyens de production, avec l'accumulation, le marché, le profit... Marx explique que « c'est toujours dans le rapport immédiat entre le propriétaire des moyens de production et le producteur direct (…) qu'il faut chercher le secret le plus profond, le fondement caché de tout l'édifice social » [5]. Le dépassement du capitalisme suppose notamment un changement dans la nature de la propriété, qui est intimement lié à la démocratie économique. En fonction notamment du type de propriété dominante, il existe aussi différents types de système : capitaliste, socialiste, communiste. Il faut y ajouter ensuite d'autres critères, l'orientation de la production régulée, planifiée, les formes de la démocratie, etc.

Lire la suite

Sur l'indépendance de la Catalogne, en réponse au texte de Txetx Etcheverry (Caroline Knez Fernandez)

Je viens de lire l'article intitulé « Catalogne : construire de la base ce que le sommet nous refuse » de Txetx Etcheverry, publié dans Les Possibles, n° 15 (automne 2017).

Cette question du « processus » indépendantiste catalan me tient à cœur car je suis d'origine espagnole. J'ai de la famille en Catalogne, où j'ai passé toutes mes vacances d'été durant mon enfance et mon adolescence. Mes grands-parents ont émigré d'Andalousie en Catalogne à la fin de la guerre civile parce qu'ils étaient pauvres et « rouges », donc repérés comme dangereux et indésirables : c'étaient donc ce que l'on appelle des « charnegos » en catalan (le terme n'est pas anodin). Ma préoccupation n'est pas seulement affective, bien sûr. Un engagement bien à gauche fait partie de ma carte d'identité, or l'émergence des nationalismes et de l'identitarisme, relayés et soutenus par une partie de la gauche que certains appellent « identitaire », questionne de plus en plus profondément cet engagement.

Lire la suite

Revue des revues Revue des revues n° 18 (Jacques Cossart)

Les pauvres ne sont-ils pas responsables de leur sort ? On serait tenté de le croire à écouter le président de la République. Pourtant, d'un bout du monde à l'autre, les constats sont édifiants. Que l'on regarde les travaux de l'INSEE en France ou bien ceux du Fonds monétaire international (qui n'arrête pas de manger son chapeau sur bien des sujets), pauvreté, précarité et inégalités sont le lot de tous ces pauvres (ir)responsables. Tandis que, de sommet en sommet, les gouvernants… observent… le réchauffement du climat, la pérennité des paradis fiscaux et autres amusements mondiaux ou mondains, on ne sait.

Lire la suite

Categories: Attac Planet

Campagne #PasAvecNotreArgent : la pression s'accentue sur Bruno Le Maire pour exiger que le LDDS cesse de financer la destruction du climat

Thu, 25/10/2018 - 11:24

La campagne #PasAvecNotreArgent, lancée à l'initiative d'Attac et de 350.org, exige que le livret de développement durable et solidaire (LDDS) cesse de financer la destruction du climat.

Une pétition adressée à Bruno Le Maire et à la Caisse des dépôts et consignations (CDC) recueille à ce jour plus de 8 000 signatures et a reçu le soutien de nombreuses personnalités politiques, notamment de la part de :

  • députés : Delphine Batho (Génération écologie, ex ministre de l'écologie), Adrien Quatennens (France insoumise), Clémentine Autain (France insoumise), Elsa Faucillon (gauche démocrate et républicaine)...,
  • sénateurs : Fabien Gay (groupe communiste républicain citoyen et écologiste), Guillaume Gontard (groupe communiste républicain citoyen et écologiste)...,
  • députés européens : Yannick Jadot (EELV), José Bové (écologiste), Younous Omarjee (France insoumise), Marie-Christine Vergiat (PCF)...,
  • responsables politiques nationaux : Sandra Regol (porte-parole d'EELV), Pierre Laurent (secrétaire national du PCF), Martine Billard (secrétaire nationale du Parti de gauche).

Des organisations environnementales et des ONG, se sont également fait le soutien de cette initiative, parmi elles : Greenpeace, Oxfam, Alternatiba, le CRID, le SNESUP-FSU, ou encore le collectif à l'initiative des marches pour le climat du 13 octobre « Il est encore temps ».

Aujourd'hui en séance de « Question au Gouvernement » au Sénat, vers 15h10, le sénateur du groupe communiste républicain citoyen et écologiste Guillaume Gontard interrogera M. Bruno Le Maire, Ministre de l'Economie et des Finances sur l'engagement qu'il avait pris lors du One Planet Summit en déclarant que « désormais, chaque euro placé dans un livret développement durable et solidaire centralisé à la CDC sera associé à un projet contribuant effectivement à la transition énergétique ou à la réduction de l'empreinte climatique de notre modèle économique ».

Comme l'ont montré différentes publications [1] [2], il n'existe aujourd'hui aucune garantie réglementaire pour que l'épargnant·e soit sûr·e que 100% de son argent ait bien investi dans la transition écologique et solidaire, alors même que les conclusions du rapport du GIEC récemment publié illustrent une fois encore l'urgence à réorienter massivement la finance vers le financement de la transition écologique.

La campagne #PasAvecNotreArgent se poursuivra jusqu'à ce que des engagements fermes soient pris pour que le LDDS cesse de financer la destruction du climat.

[1] Le LDDS est-il vraiment durable et solidaire ?

[2] La Caisse des dépôts et consignations, financeur public des énergies du passé

Categories: Attac Planet

Taxe « Gafa » européenne : vraie avancée ou cadeau empoisonné ?

Wed, 24/10/2018 - 12:21

Dans une tribune au Figaro et devant deux commissions parlementaires de l'Union européenne, Bruno Le Maire a plaidé, ce mardi 23 octobre, pour l'instauration d'une « taxe sur les géants du numérique ». Décryptage par Attac France, Anticor et Solidaires Finances Publiques.

Le constat ne souffre aucun débat : les systèmes fiscaux existants sont dépassés par la numérisation de l'économie. L'impôt sur les sociétés est largement contourné car il ne prend pas en compte la dimension numérique. Ceci laisse donc le champ libre à certaines entreprises d'exercer leur activité dans un pays en étant installées dans un autre pays, de préférence « à fiscalité privilégiée ».

Selon le cadre fiscal actuel, une société dont le siège est hors de France est imposable à l'impôt sur les sociétés en France lorsqu'elle y dispose d'un établissement stable, c'est-à-dire lorsque cette entreprise exploite en France un « établissement », y réalise des opérations par l'intermédiaire de représentants n'ayant pas de personnalité professionnelle indépendante, ou encore lorsque les opérations effectuées en France y forment ce que l'on nomme un cycle commercial complet. Si cette approche, qui est celle des textes standards internationaux, paraît logique, elle ne correspond plus aux activités économiques structurées par le numérique car leur localisation est difficile à établir, n'étant pas celle des activités traditionnelles.

Le contournement fiscal des grandes firmes numériques (les « GAFA ») a été chiffré : selon des estimations de la Commission européenne, leur niveau d'imposition ne représente en moyenne que 8,5 % à 10,1 % de leurs profits dans l'Union européenne, alors qu'il atteint entre 20,9 % et 23,2 % pour les sociétés dites « classiques ».

Dans un contexte où les affaires d'évitement de l'impôt, par voie d'optimisation agressive et/ou de fraude, se multiplient et choquent légitimement des opinions soumises à la rigueur budgétaire, la question de l'adaptation de la législation fiscale au numérique est posée. Elle n'est pas seulement politique, elle est de fait géopolitique : de longue date, les grandes firmes américaines ont largement bénéficié de l'inadaptation des règles et de la complicité de certains États pour conquérir les marchés européens, capter des richesses, les transférer dans des paradis fiscaux et, finalement, les rapatrier aux États-Unis avec la bénédiction de Donald Trump.

Initialement demandé par quelques États dont la France, le projet de taxation de ces entreprises au chiffre d'affaires annuel supérieur à 750 millions d'euros au niveau mondial et 50 millions d'euros au sein de l'Union européenne est désormais porté par la Commission européenne qui veut envoyer un signal politique aux citoyens… et aux Américains.

Concrètement, il s'agit d'imposer leur chiffre d'affaires au taux de 3 %, pour un rendement estimé à 5 milliards d'euros. Pour éviter une potentielle double imposition, cette taxe, additionnée à l'impôt sur les sociétés, ne pourra excéder l'impôt sur les sociétés (IS) normalement dû. Enfin, cette taxe devrait être « temporaire » dans l'attente d'une éventuelle harmonisation de l'IS avec l'assiette commune consolidée (ACCIS). Entre 120 et 150 entreprises seraient concernées pour une application éventuelle de cette taxe en 2020.

Cette taxe ressemble davantage à un « coup politique » du gouvernement français, qui a porté ce projet, qu'à une réforme fiscale, car elle pose plusieurs problèmes.

  • Tout d'abord, son articulation avec l'IS la rendra moins efficace et rentable qu'annoncé.
  • Elle complique les discussions sur une éventuelle harmonisation de l'IS au niveau européen, au risque de retarder son application.
  • En outre, elle ne vise que quelques dizaines d'entreprises sans répondre de manière structurelle et durable au défi posé par la numérisation de l'économie.
  • Enfin, elle focalise le débat sur un point certes important de l'évitement de l'impôt, mais néglige, voire oublie les autres formes de contournement de l'impôt (utilisations légales ou abusives des régimes préférentiels, prix de transfert etc.).
La taxation unitaire : seule solution globale et efficace

La méthode la plus classique de contournement de l'impôt consiste à créer une filiale dans un pays à la fiscalité très avantageuse, et d'y détourner artificiellement les profits réalisés là où l'entreprise réalise son activité via les prix de transferts. Comme ces prix concernent l'utilisation d'actifs immatériels qui ne sont pas vendus sur un marché concurrentiel, leur calcul est difficilement contestable, et les gros groupes internationaux en profitent [1]. Cela est d'autant plus aisé que les autorités des États ne sont pas regardantes sur les méthodes utilisées, ou sur l'origine des fonds.

Une solution pour lutter contre ces formes d'évasion fiscale consiste à considérer une entreprise comme une unité unique, et non une somme d'entités juridiques séparées. Les impôts auront pour base de calcul l'entreprise dans son ensemble. On parlera alors de « taxation unitaire ».

Plus précisément, on va utiliser trois indicateurs qui permettront de connaître l'activité réelle d'une entreprise dans un pays donné, rapportée au total de l'entreprise :

  • un indicateur d'activité réelle (par exemple le nombre d'employés, ou les salaires versés),
  • un indicateur des immobilisations matérielles (machines, locaux, etc.) qui ne tiendra pas compte des droits de propriété et brevets, qui sont aisément délocalisables,
  • un indicateur de l'activité commerciale (par exemple le chiffre d'affaires).

L'objectif est simple : donner une image fidèle de la présence réelle d'une entreprise sur un territoire donné.

La taxation unitaire reste bien plus facile à mettre en place que l'ensemble des propositions qui ont été explorées. Elle répond notamment particulièrement bien à la problématique des prix de transfert, puisque ceux-ci seraient neutres dans le calcul de l'impôt. En outre, elle aurait l'avantage de diminuer considérablement le rôle des paradis fiscaux.

Cette méthode peut être appliquée par un seul pays, mais aurait beaucoup plus de sens si elle était appliquée par l'ensemble des pays du monde, a minima par les pays de l'Union européenne.

[1] Comment McDonald's ampute les revenus des salarié·e·s et les recettes du Trésor public

Categories: Attac Planet

Cédric Herrou en procès contre le préfet des Alpes-Maritimes

Mon, 22/10/2018 - 09:46

Retour sur les faits, par Cédric Herrou :
Le lundi 22 octobre 2018 à 13h30 au Tribunal correctionnel de Nice aura lieu le procès initié contre moi par le préfet du département des Alpes-Maritimes, Georges-François Leclerc, pour injure publique.

Attac France apporte son soutien total et sans réserve à Cédric Herrou.

Le 11 juin 2017, plus d'une centaine de personnes en migration, d'exilés, sont chez moi, à Breil-sur-Roya, afin d'accéder à leurs droits et déposer ainsi une demande d'asile.

Comme d'habitude, j'informe par email la gendarmerie du village de notre départ pour le lendemain, avec une note particulière au préfet des Alpes-Maritimes, pour lui préciser que le transport doit, selon la loi, être à sa charge. Je ne reçois aucune réponse écrite du préfet mais une réponse physique, et offensive, de sa part : le lendemain matin, l'accès au train pour les demandeurs d'asile est bloqué par la police ferroviaire ainsi que par la gendarmerie mobile, un dispositif jusqu'alors jamais vu en gare de Breil sur Roya.

A ce moment, le 12 juin 2017 à 10h30, je publie sur ma page Facebook Cédric Herrou la phrase suivante : « Peut-être le préfet des Alpes-Maritimes pourrait s'inspirer des accords avec la SNCF pendant la 2e guerre pour le transport des juifs pour gérer le transport des demandes d'asile… bref »

S'inspirer du pire pour faire le meilleur...

Mon but était de lancer l'alerte et provoquer un débat public afin que le préfet se penche enfin sur notre vallée, sur notre situation, et nous aide à trouver des solutions adaptées.

Après cela, nous avons dû prendre la route durant 3 jours à travers les montagnes afin de rejoindre Nice à pieds. Partout sur la route, nous avons été accueillis à bras ouverts, les citoyens se sont mobilisés. Enfin les demandeurs d'asile sont arrivés à Nice et se sont inscrits auprès de la PADA (Plateforme d'accueil des demandeurs d'asile).

Le préfet a porté plainte après cette publication pour injure. Je serai donc en procès pour avoir vexé un préfet alors que notre vallée subit depuis 3 ans les conséquences d'une gestion catastrophique de la migration.

Depuis plusieurs mois, nous dénonçons un harcèlement policier sans précédent (50 gendarmes mobiles se relayant autour de mon domicile afin de l'observer 24/24, des cameras disposées autour de mon domicile en toute irrégularité). Ce procès ne saurait détourner l'attention de l'opinion publiques des véritables problèmes que nous connaissons dans la vallée, tout particulièrement l'atteinte grave et manifestement illégale qui est régulièrement portée au droit des exilés de présenter une demande d'asile, et qui a déjà valu la condamnation à cinq reprises du préfet par le Tribunal administratif.

Le 22 octobre prochain, je plaiderai mon innocence face au préfet. Soyons nombreuses et nombreux à dénoncer ces atteintes graves aux droits fondamentaux.

Merci à toutes et tous,
Cédric Herrou

Categories: Attac Planet