Skip navigation

Attac Québec

Distribuir contenido
L'Association pour la Taxation des Transactions financières pour l'Aide aux Citoyens (ATTAC) est née de la volonté de rétablir un contrôle démocratique des marchés financiers et de leurs institutions. ATTAC mène des actions variées visant la reconquête, par les citoyennes et citoyens, du pouvoir démesuré que la sphère financière exerce sur tous les aspects de la vie politique, économique, sociale et culturelle.
Actualizado: hace 5 mins 18 segs

Soirée sur le FSM Montréal 2016 avec ATTAC

Vie, 27/05/2016 - 02:45

ATTAC-Québec invite ses membres et sympathisantEs à une soirée sur le Forum social mondial Montréal 2016 (FSM) le mardi 14 juin 2016, à 19 h, à Alternatives, au 3720, avenue du Parc (angle des Pins), 2e étage.

On y accueillera unE représentantE de l'équipe d'organisation du FSM Montréal 2016 qui nous présentera l'événement. On parlera de ce que les FSM représente pour ATTAC et des activités que différents groupes ATTAC du monde préparent pour celui de Montréal. On discutera de comment chacunE au sein d'ATTAC peut se mobiliser et s'impliquer pour faire de ce FSM une réussite et le lieu de belles rencontres qui dynamisent notre action militante !

Plus de détails à venir !

Categorías: Attac Planet

Manifestation contre le Partenariat transpacifique (PTP) le 6 juin à Montréal

Vie, 27/05/2016 - 01:45
Appel à l'action : nous ne voulons pas du PTP !

L'Honorable Chrystia Freeland organise une "Assemblée générale" sur le Partenariat transpacifique (PTP), le 6 juin à Montréal. Ensemble, accueillons la ministre du Commerce international pour lui montrer notre détermination à nous opposer à ce projet !

La souveraineté des peuples et l'avenir de la planète ne sont pas négociables !

Action #1

Quoi : Manifestation avec le "Cheval de Troie" de 6 mètres !
Quand : Lundi, 6 juin 2016, à 12 h 30
Où : Square-Victoria, devant le Centre de Commerce mondial (747 Square-Victoria à Montréal, Métro Square-Victoria)

Action #2

Quoi : Mobilisation citoyenne à l'Assemblée générale de la ministre Freeland
Quand : Lundi, 6 juin 2016, à 18 h 00
OÙ : Université Concordia à Montréal, auditorium #110 (1455 boulevard de Maisonneuve Ouest, Métro Guy-Concordia)

Cliquez ici pour participer à l'événement facebook

Pourquoi s'opposer au PTP ?

Le PTP est un mauvais accord au plan économique, social, politique, culturel et environnemental.

Le PTP, une charte du droit des multinationales
L'accord accorde des privilèges démesurés aux multinationales en leur donnant le pouvoir d'intenter des poursuites contre l'État pour renverser des politiques d'intérêt public qui menacent leurs profits. Ce sont des centaines de millions $ dont il s'agit, et c'est le contribuable qui paye en bout de ligne.

Le PTP ne créera pas d'emplois
Perte anticipée de 58 000 emplois au Canada, sans compter l'impact du PTP sur les emplois dans le secteur public et des services où oeuvrent majoritairement des femmes. Nivellement par le bas des conditions de travail dans tous les pays du PTP. Restriction du pouvoir des gouvernements de favoriser le développement et les emplois au niveau local.

Le PTP menace notre santé
L'accord renforce le monopole de l'industrie pharmaceutique et réduit l'accès à des médicaments bon marché. Combiné aux politiques d'austérité, le PTP favorise la privatisation des services publics et empêche de revenir en arrière.

Le PTP s'attaque à la souveraineté alimentaire
En ouvrant massivement les importations dans les secteurs agricoles sous gestion de l'offre, l'accord menace la survie des fermes familiales du lait, du fromage, de la volaille et des oeufs. On sacrifie l'agriculture de proximité et le développement de l'agro-écologie au profit d'une agro-industrie exportatrice et polluante.

Le PTP piétine la diversité culturelle et les libertés sur Internet
Ciment de notre vie en société et outil puissant pour bâtir un bien vivre-ensemble, la culture est pour la première fois soumise à la logique marchande et à la recherche du profit à tout prix. L'accord restreint nos droits et libertés sur Internet sous prétexte de protéger la propriété intellectuelle des firmes transnationales.

Le PTP : un frein dans la lutte contre le changement climatique
Les politiques environnementales - protéger l'eau, les forêts, la terre et l'air - sont vues comme des obstacles au libre commerce. L'accord favorise l'augmentation des activités extractives et leur transport, et menace une transition juste vers des énergies renouvelables.

Le PTP est un affront à la démocratie
Négocié en secret, l'accord restreint le pouvoir des peuples de décider de leur avenir, et celui des élu-e-s de gouverner et de légiférer pour l'intérêt public.

source : RQIC, Réseau québecois sur l'intégration continentale

Categorías: Attac Planet

Le libre-échange est-il notre meilleur avenir ? Un débat à écouter au Canal Savoir

Vie, 27/05/2016 - 01:37

Jacques B. Gélinas (cofondateur des Éditions Écosociété, essayiste et conférencier) et Claude Vaillancourt (président d'ATTAC-Québec, enseignant et essayiste) étaient les invités de l'émission Face à face, diffusée au Canal Savoir, pour débattre avec Stéphane Paquin (professeur à l'ENAP-École nationale d'administration publique) et Richard Ouellet (professeur à l'Université Laval) des enjeux du libre échange.

En rediffusion : dimanche le 29 mai à 20 h 30 et mardi le 31 mai à 20 h 30.
Pour visionner le débat, cliquez ici

Categorías: Attac Planet

Du nouveau dans l'équipe !

Vie, 27/05/2016 - 01:32

ATTAC-Québec est heureuse d'accueillir à Montréal un jeune volontaire français, Arthur Lauvergnier, qui nous appuiera dans les mois qui viennent dans la réalisation du travail entourant la participation des différents groupes d'ATTAC au Forum social mondial. Arthur a travaillé en soutien à différents projets d'ATTAC France au cours de la dernière année : les mobilisations pour la justice climatique et celles contre l'évasion fiscale (les faucheurs de chaises), entre autres.

Categorías: Attac Planet

Relance de la campagne pour une taxe Robin des bois en Europe. Envoyez leur un message sans tarder !

Mié, 25/05/2016 - 16:21

Nouvelle campagne importante pour faire pression sur les leaders européens qui se sont engagés à conclure un accord sur une taxe sur les transactions financières ambitieuse (TTF, ou Taxe "Robin des Bois") d'ici au 17 juin prochain. Ajoutons notre voix ! Les gens de tous les pays peuvent participer.

Ce sont 35 milliards d'euros minimum qu'une telle taxe pourrait engendrer. De l'argent qui pourrait être utilisé pour financer l'adaptation au changement climatique et la santé mondiale comme la lutte contre le sida, etc. Taxer les transactions financières freine la spéculation et ouvre la possibilité d'un régime fiscal international, ce pourquoi cette idée est si vivement combattue depuis des années. Le film « Le prix à payer » l'expliquait bien.
Disons aux responsables politiques pourquoi le moment de la taxe Robin des Bois est venu ! Envoyons leur ce message : http://bit.ly/1NzTj40

Categorías: Attac Planet

Claude Vaillancourt contre la religion économique

Sáb, 21/05/2016 - 16:35

Excellente recension du livre « L'âge économique » de Claude Vaillancourt dans Le Devoir du 21 avril 2016. « De courts essais toujours clairs, rédigés avec fougue et élégance » que les lecteurs et lectrices d'À Bâbord ! et de la revue Relations, entre autres, apprécient bien. « Le message central de ce fort recueil d'essais est troublant : l'économie, qui ne devrait être qu'un tremplin vers des fins humaines plus élevées, est devenue, sous la férule de gourous cupides et mesquins, notre nouvelle religion. » Lire la recension. Lire le communiqué

Categorías: Attac Planet

Grain de sable CKRL 89,1 FM - Saison en cours

Sáb, 21/05/2016 - 13:00

Au programme de la dernière émission : la Marche « Nous sommes plus forts que Monsanto » du 21 mai dernier ainsi que le projet Écosphère, qui se tient pour la première fois à Québec du 27 au 29 mai.

À écouter sur le blogue de l'émission. L'émission est en ondes à CKRL 89,1 FM à Québec les samedis de 13 h à 14 h. Page Facebook. Infos : attac.capitale@gmail.com

Voir en ligne : http://legraindesableqc.wordpress.com/
Categorías: Attac Planet

Table ronde : Paradis fiscaux, enfer des peuples

Mié, 18/05/2016 - 01:20

Avec :
Alain Deneault, auteur et enseignant en sciences politiques
Gabriel Ste-Marie, député de la circonscription de Joliette à la Chambre des communes et
Wedad Antonius, militante d'ATTAC-Québec

Le samedi 21 mai 2016 dès 11 h
Salle 200 du Centre St-Pierre, 1212 rue Panet, Montréal (métro Beaudry)
Entrée : 5 $ (gratuite sur présentation d'une carte étudiante)
Événement Facebook

Organisée par Génération nationale

Categorías: Attac Planet

Audiences sur le Partenariat transpacifique à Montréal

Jue, 12/05/2016 - 20:41

Le comité permanent du commerce international consulte présentement la société civile au sujet du Partenariat transpacifique (PTP) de façon sporadique et très limitée. Le 10 mai, à Montréal, Claude Vaillancourt, comme d'autres, aura 5 petites minutes pour présenter le point de vue d'ATTAC-Québec sur ces graves enjeux. Le mémoire que déposera l'association sera disponible ultérieurement.

Faites connaître votre opinion sur le ‪#‎PTP‬ sans tarder au Comité du commerce international de la Chambre à l'adresse suivante ciit-tpp-ptp@parl.gc.ca

Le Réseau québécois sur l'intégration continentale, la CSN, le SCFP-Québec, la Centrale des syndicats démocratiques, le CISO - Centre international de solidarité ouvrière et ATTAC-Québec ont fait connaître leur opposition à cet accord lors des audiences de cette semaine à Montréal et Québec.Lire le communiqué du RQIC : Le PTP, un mauvais accord à prendre ou à laisser : Des organisations québécoises se feront entendre aux audiences de Montréal et de Québec et aussi cet article du Devoir.

Un rassemblement a eu lieu à Montréal, lancé par le Conseil des Canadiens, Action citoyenne et Raging Grannies, pour dénoncer le PTP.

Categorías: Attac Planet

ATELIERS/CONFÉRENCES/FORMATIONS OFFERTS PAR ATTAC-QUÉBEC

Mar, 03/05/2016 - 21:30
Voici les activités que nous offrons à tous les organismes, syndicats, associations étudiantes et collectifs citoyens intéressés qui nous invitent à travers le Québec. Elles peuvent se décliner sous la forme d'ateliers ou de conférences. Les organismes sont simplement invités à participer à certains frais (cachet, déplacement, hébergement s'il y a lieu), selon leur capacité. Invitez-nous !

Pour plus de renseignements, contactez Baptiste Godrie, cliquez ici. Téléchargez notre dépliant

Notions de fiscalité, pour ne pas vous en laisser conter !

Dans un contexte marqué par l'austérité et une crise des finances publiques, alliant théorie et illustration à partir de la déclaration de revenus que les contribuables québécois remplissent chaque année, cette activité explore ces questions : Pourquoi des taxes et des impôts ? Quelles sont les notions essentielles pour comprendre notre système fiscal ? Quels sont les choix politiques derrière nos politiques fiscales ? Ce système est-il équitable ? Des pistes de solutions sont proposées pour montrer qu'il peut certainement être plus équitable.

Consultez et téléchargez le document d'appui, format powerpoint, disponible en bas de page.
Sur la photo : Roger Lanoue, Chantal Santerre

10 milliards de solutions fiscales

Formation de la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, à laquelle Chantal Santerre a contribué en tant que représentante d'ATTAC-Québec au sein de la Coalition. Elle présente des solutions fiscales simples et concrètes qui permettraient au gouvernement du Québec d'aller chercher 10 milliards de dollars pour financer convenablement nos services publics et programmes sociaux.

Consultez le document d'appui à cette formation.

L'empire du libre-échange

Le libre-échange est présenté par nos gouvernements comme étant indispensable et nécessaire pour relancer l'économie. Pourtant ses résultats sont le plus souvent désastreux pour les populations. Cette activité permet de comprendre les menaces pour la démocratie, l'environnement et nos services publics que cachent les accords commerciaux. Elle offre une argumentation pour les combattre et proposer les valeurs de coopération et de démocratie qui devraient plutôt guider les échanges entre les pays.

En lien avec le livre L'empire du libre-échange de Claude Vaillancourt, président d'ATTAC-Québec.

Les paradis fiscaux : une injustice fiscale

Les paradis fiscaux privent les États de milliards de dollars de revenus en facilitant l'évasion et l'évitement fiscaux. Conçue comme une introduction au sujet, cette activité permet de définir les paradis fiscaux, de comprendre les mécanismes des fuites fiscales et de bien saisir la dimension d'un des problèmes centraux de notre époque, qui suscite des mobilisations grandissantes.

Sur le sujet, consultez ce numéro de la revue Vie économique sur les paradis fiscaux auquel nous avons collaboré, et cette vidéo du groupe Échec aux paradis fiscaux.
Sur la photo : Claude Vaillancourt

Le piège de l'austérité

Partout dans le monde, les gouvernements appliquent des mesures d'austérité qui contribuent à accentuer les écarts entre les riches et les pauvres et à priver les populations de services publics et de programmes sociaux essentiels. Pourquoi les gouvernements appliquent-ils de pareilles politiques et comment celles-ci sont-elles indissociables du problème de la dette publique ? Explications et quelques solutions sont proposées pour sortir de ce piège.

L'économie verte : brader la nature pour sauver la finance ?

La crise de 2008 a éveillé, au sein de la classe dominante, des craintes quant à la pérennité d'un système financier à risque d'imploser. Avec la complaisance des institutions internationales, une idée a alors été lancée : l'économie verte. Sous prétexte d'amorcer une réforme écologiste de l'économie, ce concept vise avant tout à intégrer les processus biologiques et les services rendus par les écosystèmes au sein du capital en mal de nouveaux marchés. Et de renouveler, du même souffle, l'image d'un capitalisme de plus en plus contesté de par le monde. Cette activité permet de se prémunir contre les fausses solutions mises de l'avant pour résoudre la crise climatique et environnementale, permettant de mieux distinguer les bonnes.

Sur la photo : Dominique Bernier

Environnement et mondialisation

Nous le savons, depuis le début, la mondialisation des marchés se fait au détriment de la protection de l'environnement. Plusieurs clauses des différents traités commerciaux viennent en effet affaiblir considérablement la capacité des gouvernements de protéger l'environnement de façon efficace. Les traités de nouvelle génération prétendent régler ce problème. Mais qu'en est-il vraiment ? Cette activité permet d'y voir plus clair.

L'agriculture à la croisée des chemins : du modèle agro-industriel à la souveraineté alimentaire des peuples

Plus de détails à venir.

Équipe de formation :

Wedad Antonius, Dominique Bernier, Françoise Breault, Baptiste Godrie, Roger Lanoue, Chantal Santerre, Claude Vaillancourt

Quelques-uns des organismes qui nous ont invités récemment :

AFEAS-Racine, AmiEs de la Terre de Québec, Alliance des professeures et des professeurs de Montréal, Association des retraitées et retraités de l'enseignement (AREQ/CSQ), Centre d'éducation pour adultes La Croisée à Repentigny, Comité de solidarité de Trois-Rivières, Conseils centraux de la CSN (Montérégie, Centre du Québec, Montréal), SFPQ Montérégie, Québec solidaire Châteauguay, Solidarité populaire Estrie, Syndicat des enseignantes et enseignants du cégep Marie-Victorin. Découvrez en plusieurs autres ici.

Commentaires de participantEs :

« Excellent atelier (sur la fiscalité). Je croyais assez bien maîtriser la matière et je me suis inscrite à l'atelier par curiosité. Finalement, comme d'habitude, j'ai appris de nouvelles choses, par exemple la question des paliers d'imposition et du taux d'imposition marginal. » Louise Constantin

« J'ai aimé la formule. L'atelier était intéressant et clair. J'ai aussi aimé l'apport des commentaires et la discussion avec les participants. » Éric Sirois

« L'atelier sur l'austérité était formidable. Les explications
étaient claires et nous avons trouvé réponses à plusieurs questions. »
Robert et Anne McBryde

« J'ai aimé votre façon de présenter avec vigueur et une bonne dose de pédagogie. Le principale des accords et non pas leurs noms et contenus divers , ce qui aurait mélangé nos cerveaux un peu, était un des bons éléments. » Ingrid Krause

Votre intervention sur Le piège de l'austérité a capté l'attention de l'auditoire et a largement contribué au succès de cette conférence. Votre présentation a été vivement appréciée par nos membres. Bertrand Guibord, Secrétaire général, Syndicat des professeur-e-s du Collège Marie-Victorin

Categorías: Attac Planet

Claude Vaillancourt, président d'ATTAC-Québec, présente un nouveau livre, L'âge économique, préfacé par l'économiste Ianik Marcil

Mar, 03/05/2016 - 01:34
Nouveau :

Excellente recension du livre « L'âge économique » de Claude Vaillancourt dans Le Devoir du 21 avril 2016. « De courts essais toujours clairs, rédigés avec fougue et élégance » que les lecteurs et lectrices d'À Bâbord ! et de la revue Relations, entre autres, apprécient bien. « Le message central de ce fort recueil d'essais est troublant : l'économie, qui ne devrait être qu'un tremplin vers des fins humaines plus élevées, est devenue, sous la férule de gourous cupides et mesquins, notre nouvelle religion. » Lire la recension

Le communiqué :

Pour diffusion immédiate

Publié chez M Éditeur, ce nouveau livre de Claude Vaillancourt dénonce avec virulence la priorité absolue accordée à l'économie dans notre société, aux dépens de valeurs aussi précieuses que la justice et la solidarité ainsi que d'autres savoirs et perspectives nécessaires à l'évolution humaine :

« L'économie nous est présentée comme une puissance, une force incontournable, une vérité indéniable à laquelle on doit tout sacrifier. Ce serait la voie de la raison, la seule logique pragmatique et implacable pour guider au mieux les moindres décisions concernant toutes les sphères de notre vie ; elle devient une obsession. »

Claude Vaillancourt a un parcours singulier : professeur de littérature, auteur de sept romans et d'un recueil de nouvelles, il s'intéresse aux réalités socio-politiques depuis longtemps, mais a commencé à s'engager activement dans le mouvement altermondialiste aux lendemains des mobilisations contre la Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA) au Sommet de Québec en 2001. Le sujet du libre-échange, en tant que système affaiblissant les démocraties, le respect de l'environnement et des droits humains ainsi que les services publics n'a cessé de l'intéresser depuis. Il y a consacré deux essais : Mainmise sur les services (Écosociété, 2006) et L'empire du libre-échange (M Éditeur, 2014). Il a aussi codirigé, avec Bernard Élie, les livres Sortir de l'économie du désastre (2012) et L'économie toxique (2015), chez M Éditeur.

Au sein d'ATTAC-Québec, une association établie dans plusieurs pays qui sensibilise et mobilise les citoyens au sujet des enjeux reliés à la mondialisation financière, Claude Vaillancourt est un conférencier et un auteur apprécié pour ses talents de vulgarisateur. De l'angle d'un observateur attentif, mais extérieur et curieux de ce qu'il découvre, il révèle avec constance, dans les divers articles et essais qui composent L'âge économique, les excès de cet âge et les questionnements que cela doit susciter.

Claude Vaillancourt travaille actuellement sur un ouvrage collectif, La dette du Québec, vérités et mensonges, qui paraîtra l'automne prochain.

L'économie est une chose trop grave pour être laissée aux économistes, nous dit-il au fond, à travers des écrits et un parcours où il appelle à démocratiser l'économie.

Le lancement du livre L'âge économique aura lieu le mercredi 4 mai de 17h30 à 19h30 à la Maison des écrivains, 3492 avenue Laval à Montréal. Vous y êtes les bienvenus.

Lire aussi le communiqué de M Éditeur

- 30 -

Si vous désirez une entrevue, radio, télé ou écrite, n'hésitez pas à contacter Jo Ann Champagne, (450) 229 4664, comjo@bellnet.ca

Source : ATTAC-Québec, 514 982-6606 poste 2258 quebec@attac.org
Twitter :https://twitter.com/ATTACQuebec
Facebook : http://www.facebook.com/ATTAC.Quebec
www.quebec.attac.org

Categorías: Attac Planet

29 avril : série d'actions chocs de la Coalition Main rouge pour dénoncer les paradis fiscaux

Sáb, 30/04/2016 - 19:07

ATTAC-Québec a participé à la manif-action de la Coalition Main rouge le 29 avril dernier, à Montréal, tant du côté de la manifestation qu'avec les militantes et les militants qui ont occupé une des succursales de la Banque Scotia et les bureaux de KPMG. Un autre groupe a aussi occupé le siège social de la Banque royale du Canada.

Ces actions ont été organisées par la Coalition Main rouge dans le cadre de sa journée nationale d'actions pour un réinvestissement massif dans les programmes sociaux et les services publics afin de demander des mesures concrètes pour lutter contre les échappatoires fiscales. Claude Vaillancourt, président d'ATTAC-Québec, agissait comme porte-parole aux côtés de Dominique Daigneault du Conseil central Montréal métropolitain de la CSN. Lire le communiqué de la Coalition. Voir ce reportage à CTV (en anglais). Photos : CCMM-CSN

Categorías: Attac Planet

Nouveau en librairies : « L'âge économique » de l'auteur Claude Vaillancourt, président d'ATTAC-Québec, avec une préface de l'économiste Ianik Marcil

Mié, 27/04/2016 - 01:34

Pour diffusion immédiate

Publié chez M Éditeur, ce nouveau livre de Claude Vaillancourt dénonce avec virulence la priorité absolue accordée à l'économie dans notre société, aux dépens de valeurs aussi précieuses que la justice et la solidarité ainsi que d'autres savoirs et perspectives nécessaires à l'évolution humaine :

« L'économie nous est présentée comme une puissance, une force incontournable, une vérité indéniable à laquelle on doit tout sacrifier. Ce serait la voie de la raison, la seule logique pragmatique et implacable pour guider au mieux les moindres décisions concernant toutes les sphères de notre vie ; elle devient une obsession. »

Claude Vaillancourt a un parcours singulier : professeur de littérature, auteur de sept romans et d'un recueil de nouvelles, il s'intéresse aux réalités socio-politiques depuis longtemps, mais a commencé à s'engager activement dans le mouvement altermondialiste aux lendemains des mobilisations contre la Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA) au Sommet de Québec en 2001. Le sujet du libre-échange, en tant que système affaiblissant les démocraties, le respect de l'environnement et des droits humains ainsi que les services publics n'a cessé de l'intéresser depuis. Il y a consacré deux essais : Mainmise sur les services (Écosociété, 2006) et L'empire du libre-échange (M Éditeur, 2014). Il a aussi codirigé, avec Bernard Élie, les livres Sortir de l'économie du désastre (2012) et L'économie toxique (2015), chez M Éditeur.

Au sein d'ATTAC-Québec, une association établie dans plusieurs pays qui sensibilise et mobilise les citoyens au sujet des enjeux reliés à la mondialisation financière, Claude Vaillancourt est un conférencier et un auteur apprécié pour ses talents de vulgarisateur. Il intervient régulièrement sur les enjeux du libre-échange, des paradis fiscaux, de la lutte contre les changements climatiques ainsi que sur les liens à faire entre ces sujets. Il agit aussi parfois comme porte-parole de coalitions telles la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics et Échec aux paradis fiscaux.

De l'angle d'un observateur attentif, mais extérieur et curieux de ce qu'il découvre, Claude Vaillancourt révèle avec constance, dans les divers articles et essais qui composent L'âge économique, les excès de cet âge et les questionnements que cela doit susciter. L'économie est une chose trop grave pour être laissée aux économistes, nous dit-il au fond, à travers des écrits et un parcours où il appelle à démocratiser l'économie.

Un lancement conjoint avec Normand Baillargeon, qui publie chez le même éditeur Propos sur l'éducation, aura lieu le mercredi 5 mai à 17 h à la Maison des écrivains, situé au 3492, avenue Laval (carré Saint-Louis), Montréal.

Lire le communiqué de M Éditeur

- 30 -

Source : ATTAC-Québec, 514 982-6606 poste 2258 quebec@attac.org
Twitter :https://twitter.com/ATTACQuebec
Facebook : http://www.facebook.com/ATTAC.Quebec
www.quebec.attac.org

Categorías: Attac Planet

Porto Alegre 2016 - Bilan des 15 ans du Forum social mondial

Vie, 22/04/2016 - 18:21

En février dernier, j'ai eu l'occasion de participer au Forum social thématique (FST) dressant le bilan des 15 ans du Forum social mondial (FSM) pour y représenter les mouvements sociaux luttant contre les dérives du secteur minier au Québec. En tant que militante d'ATTAC-Québec, j'ai pu assurer une présence de cette organisation altermondialiste, membre du réseau international ATTAC, lequel fait partie des entités fondatrices du Forum social mondial. Avec pour slogan Un autre monde est possible, c'est en 2001 à Porto Alegre au Brésil, qu'a eu lieu le premier Forum social mondial.

Ce Forum social thématique sur les 15 ans du Forum social mondial m'a permis de tisser des liens importants avec des organisations brésiliennes qui se préoccupent, tout comme la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine dont je suis co-porte-parole, des impacts du développement minier sur l'environnement et les gens. Mais ce qui ressort avant tout de cette expérience, pour moi, c'est le constat que les stratégies de domination des multinationales et de l'élite financière internationale ne connaissent pas de frontières. Il y a, en effet, plus de ressemblances que de différences entre la situation politique et économique du Brésil et celle du Québec.

Dans le cadre du FST, j'ai rencontré plusieurs chercheurs et activistes qui luttent contre l'industrie du nucléaire au Brésil, mais aussi en Bolivie, en Argentine et ailleurs en Amérique latine. Plusieurs d'entre eux envisagent de participer au Forum social mondial à Montréal, en août prochain, afin de créer un axe fort sur l'extractivisme. Cet événement d'importance sera une excellente occasion pour réseauter et construire des solidarités en vue d'exiger l'arrêt de la filière uranifère, le respect des droits de la personne et la protection de l'environnement à l'échelle mondiale. Signe que cette question préoccupe au plus haut point les militants d'Amérique latine, de nombreux ateliers sur la question ont eu lieu tout au long du FST. Citons notamment la conférence de Mme Raquel Rigotto, professeure et chercheuse au Département de santé communautaire à la Faculté de médecine de l'Université fédérale de Ceará, et coordinatrice du Centre de Frame - travail, environnement et santé, donnée conjointement avec Chico Whitaker, militant altermondialiste de renommée internationale et membre fondateur du Forum social mondial.

Une assemblée de convergence sur l'industrie minière a également été organisée par la CNTI, une centrale syndicale locale qui représente les travailleurs du secteur minier. Les intervenants ont dressé un portrait très critique de la façon dont fonctionne l'industrie minière, tant sur le plan social qu'environnemental ou économique. C'est avec grand intérêt que j'ai constaté que les problèmes associés au secteur minier brésilien sont sensiblement les mêmes que ceux que nous dénonçons au Québec, ce qui est somme toute peu surprenant dans un monde de plus en plus globalisé. Comme ici, le phénomène des portes tournantes entre l'industrie et le secteur public semble très marqué au Brésil, de même que la corruption et la complaisance étatique face à l'industrie qui en découle.

Les revendications portées par les ONG et les syndicats locaux sont également très similaires à celles qui sont mises de l'avant par la Coalition Québec meilleure mine :

• Plus de démocratie et de transparence ;
• Le droit des peuples d'être consultés, de consentir aux projets ou d'y apposer leur veto ;
• Des zones libres d'exploitation minière ;
• Des garanties financières pour la restauration des sites miniers à la fermeture ;
• Le respect des peuples autochtones ;
• L'utilisation de la meilleure technologie disponible et l'innovation dans toute la chaîne de production afin de minimiser les impacts.

J'ai également eu l'occasion de tisser des liens avec des organisations qui se sont impliquées dans le cadre du déversement de Bento Rodrigues, un village situé près de la ville de Mariana, dans l'état du Minas Gerais. Ce déversement, lié à la rupture d'un barrage de rejets provenant d'une mine de fer appartenant à une filiale de la multinationale Valeconstitue, avec près de 60 millions de mètres cubes de rejets, est le plus gros déversement de l'histoire de l'industrie minière. Il est intéressant de noter que Vale est aussi impliquée dans la construction du barrage du Belo Monte, un projet hautement contesté, qui délogerait plus de 25 000 autochtones de leurs territoires ancestraux en plus d'inonder un écosystème unique sur plus de 500 km2.

La catastrophe du Minas Gerais, vraisemblablement causée par la négligence de la compagnie, a complètement détruit le village de 800 habitants, a entraîné la mort de dizaines de personnes et a affecté plus d'un million de personnes provenant de 50 municipalités en aval, les privant d'eau potable ou de leurs moyens de subsistance. L'énorme coulée de boue toxique a engendré la contamination de plusieurs rivières, dont l'un des fleuves principaux du Sud-est brésilien - le Rio Doce - sur plus de 600 km, le rendant complètement stérile et détruisant totalement toute l'économie de la région. L'estimation officielle - somme toute conservatrice - des préjudices associés à ce déversement, s'élève à 5,2 milliards de dollars américains. L'ensemble des impacts associés à cette tragédie font en sorte que plusieurs analystes n'ont pas hésité à la qualifier de "Fukushima du Brésil".

Après le Forum social thématique, une visite aux abords du Rio Gualaxo do Norte, près de l'épicentre de la tragédie, m'a permis de constater l'ampleur de la dégradation environnementale associée à cette catastrophe, de même que la consternation et la colère de la population touchée.

En tant que militante d'ATTAC-Québec, je me suis intéressée à certains ateliers et grandes conférences portant sur les questions politiques et économiques. J'ai notamment assisté à une grande conférence portant le titre « Démocratie et développement en temps de coups d'État et de crise », qui bien que très axée sur l'actualité politique brésilienne, m'a permis de constater une fois de plus les similitudes quant aux stratégies mises en place par l'élite financière pour contrôler la politique dans les différents pays du monde. Dans le même sens, un atelier portant sur le « Monde du travail : l'austérité, la crise et le chômage », a démontré que les pratiques antisyndicales des gouvernements et des entreprises ne connaissent pas de frontières, mais forment une tendance lourde qui s'inscrit dans la panoplie de stratégies qui visent à affaiblir toujours plus les droits des travailleurs, les services publics et la démocratie au profit du marché et de la minorité possédante.

Enfin, un atelier a permis de tisser des liens importants entre toutes ces questions. Intitulé « Pour un système fiscal plus équitable : l'égalité de traitement entre les revenus ; propositions pour le secteur des industries extractives », cet atelier a permis d'aborder en profondeur la question d'une plus grande justice fiscale entre les entreprises et les individus. Au Brésil comme au Québec, l'industrie minière ne paie pratiquement pas d'impôt en raison de redevances excessivement basses sur les ressources exploitées et du recours aux paradis fiscaux. Elle bénéficie également de nombreuses subventions. Au final, l'exploitation minière se fait à perte pour l'État, qui au lieu d'en tirer un revenu doit payer pour voir extraire ses ressources non renouvelables. Or, ces ressources appartiennent de plein droit à la population des pays en cause. Il est odieux qu'à l'heure où les gouvernements mettent en place des politiques d'austérité qui affaiblissent les services publics et le filet social, l'on fasse reposer sur les peuples le financement du pillage de nos ressources par une industrie multimilliardaire.

Finalement, l'expérience acquise tout au long de ce Forum social thématique m'a fait prendre conscience de l'importance de développer le plus possible les questions de l'extractivisme et de la justice fiscale lors du Forum social mondial à Montréal, en août prochain. J'ai la ferme intention de mettre à profit les contacts que j'ai eu la chance de créer au Brésil pour le faire.

Categorías: Attac Planet

La Bolivie : Un modèle social qui tient bon

Vie, 22/04/2016 - 18:21

« Nous sommes convaincus que le capitalisme n'est pas la solution pour la vie et encore moins pour l'Humanité. »
Evo Morales

En politique, chaque mouvement entraîne une réaction. C'est ce qui explique les nombreuses victoires récentes de la droite en Amérique du Sud. Les mouvances de gauche semblent en effet aux abois en Argentine, en Uruguay, au Vénézuéla et au Brésil. Un pays toutefois se démarque du lot : la Bolivie.

Depuis 2006, le pouvoir y est détenu par Evo Morales, le premier président amérindien de Bolivie, autrefois berger de lamas et cultivateur de coca. Le 12 octobre 2014, Evo Morales a été réélu pour la troisième fois, dès le premier tour avec 59,5 % des voix. Son parti obtient aussi la majorité des sièges du parlement. Il dirigera donc le pays pour 5 années supplémentaires, jusqu'en 2020

Si sa popularité résiste si bien à l'usure du pouvoir, c'est parce que Morales a misé sur des politiques sociales et nationalistes. En une décennie à la tête de l'État, il s'est assuré de nationaliser les ressources naturelles et les industries stratégiques, principalement celles liées à l'énergie et aux télécommunications. La Bolivie a aussi profité des prix élevés du gaz naturel exporté vers le Brésil et l'Argentine. Ces revenus ont servi à une redistribution de la richesse. Par ne donner qu'un exemple, Morales a fait augmenter le salaire minimum de 20 % au 1er mai 2014, en l'honneur de la Journée internationale des travailleurs.

Les résultats économiques sont spectaculaires pour ce pays qui était le plus pauvre du continent : l'économie croît chaque année depuis le début du mandat de Morales, et atteint même un pic de 6,78 % en 2013. La croissance dans les huit dernières années surpasse celle des trois décennies et demie qui ont précédé l'arrivée de la gauche au gouvernement en Bolivie. De plus, cette manne a profité à la majorité du peuple. De 2005 à 2011, le taux de la population vivant dans la pauvreté diminue de 60 % à 45 %. Le salaire minimum a grimpé de 87,7 %, les dépenses en santé, en éducation, en nutrition et en habitation ont augmenté de 45 %. Tout cela n'a été possible que parce que la Bolivie a fait la sourde oreille aux plans d'austérité proposés par les représentants du FMI qui vivaient grassement à La Paz de salaires non taxables. À l'encontre de toutes les thèses des partisans de l'austérité, le succès bolivarien (1) montre que l'investissement public massif dans les infrastructures favorise la productivité et l'investissement privé par la suite.

Toutes ces avancées permettent de relativiser la récente déconvenue d'Evo Morales lors de son dernier référendum. Morales comptait modifier la Constitution avec l'accord de la population, car elle ne permet que deux mandats présidentiels consécutifs. La Cour constitutionnelle lui avait permis de se présenter pour la troisième fois en 2014 puisque son tout premier mandat (2006-2010) précédait en 2009. Le 28 février, Morales a demandé aux Boliviens s'ils permettaient un quatrième mandat présidentiel consécutif (donc le pouvoir pour Morales de 2020 à 2025). Le peuple a voté non à une faible majorité : 51%. Cela garantit le départ de Morales en 2020 après un total de 14 ans au pouvoir.

En somme, Morales dispose de larges appuis et a un puissant atout : l'absence de figure d'opposition capable d'unir la droite et tous les votes de contestations, comme cela a été le cas au Venezuela et en Argentine. Son principal adversaire reste l'influence des États-Unis dans la région sud-américaine. En 2008, Morales expulse du territoire bolivien le DEA (Drug Enforcement Administration), qui aurait détruit des cultures de coca, alors que lui, ancien chef syndical de producteurs de coca, préférait la collaboration avec les cultivateurs. Selon le témoignage d'un informateur du DEA nommé Carlos Toro, le DEA menait une opération nommée Naked King, visant à associer le gouvernement de Morales au narcotrafic afin de salir son image. Le 1er mai 2013, Morales accuse l'USAID (Agence des États-Unis pour le développement international) de conspiration contre son gouvernement. Il l'expulse en affirmant que l'agence donnait de l'argent à des Boliviens pour qu'ils s'opposent au gouvernement en place.

Les leçons de la gauche bolivarienne (1) sont importantes. Une économie solide dépend des investissements de l'État dans les infrastructures. La gauche ne pourra toutefois pas compter éternellement sur les exportations comme source principale de prospérité. Une économie redistributive doit compter sur une économie moins sensible aux fluctuations des prix de matières premières. En effet, la manne gazière est pour l'essentiel terminée suite à la chute des prix du gaz en 2015. Le modèle bolivarien reste toutefois très inspirant pour ce qui est du commerce. En effet, la Bolivie a adopté un Traité de commerce des peuples permettant l'échange direct entre les marchandises – troc - produites par chaque pays. Ce troc empêche qu'une monnaie s'impose dans tous les échanges commerciaux et qu'un pays émetteur de cette monnaie en arrive à dominer tous les autres. C'est une alternative très intéressante lorsqu'on la compare aux actuels traités de libre-échange.
(1) Inspiré par le libérateur Simon Bolivar, « bolivarien » est le nom donné par Hugo Chavez – puis Evo Morales – aux réformes économiques, sociales et nationalistes implantées dans la société après leur accession au pouvoir.

Categorías: Attac Planet

Le Brésil : Un parti dans ses derniers retranchements

Vie, 22/04/2016 - 18:20

« Je suis la présidente qui a été élue par le peuple sur la base d'élections libres et équitables. »
Dilma Rousseff

Au Brésil, à l'inverse de la situation en Bolivie, on trouve un gouvernement de gauche empêtré dans de nombreuses crises. Comment se fait-il que des manifestants exigent le départ de Dilma Rousseff, la présidente tout juste réélue (octobre 2014), censée occuper son poste jusqu'en 2019 ?

Il faut d'abord revenir sur le modèle socialiste qui a été implémenté par Luiz Inácio Lula da Silva (président de 2003 à 2011). Ce populaire président a misé sur la simplicité même : donner de l'argent aux pauvres. Il a privilégié les mères dont les enfants allaient à l'école et dont la famille se faisait vacciner et voyait régulièrement un médecin. Ainsi, les programmes sociaux évitaient les coûts bureaucratiques et amélioraient la vie des plus pauvres. Lula expliquait que l'université formait de supposés experts incapables de comprendre les pauvres et terrorisés par l'idée de donner directement de l'argent aux nécessiteux. Son Parti des travailleurs (PT) a aussi lancé l'expérience municipale du budget participatif, pour inclure les citoyens et non les seuls élus dans l'élaboration des finances publiques.

Suite à un cancer de la gorge en 2011, Lula décide de ne pas se représenter et Dilma Rousseff, elle aussi membre du PT, le remplace à la présidence de l'État. Lula quittait le palais présidentiel avec un taux d'approbation de 80% auprès de la population, dû aux réussites économiques et sociales du pays. Dilma Rousseff a poursuivi le travail de son prédécesseur, ce qui a permis sa réélection en 2014, une victoire qui a confondu les médias occidentaux. Les progrès sociaux ont garanti sa victoire : chômage très bas, allocations familiales, logements sociaux, misère réduite à 1,7 % de la population…

Toutefois, un mécontentement latent prend déjà forme en2013, lorsque des citoyens descendent dans la rue suite à une hausse des prix des billets d'autobus. Ces hausses de tarifs ont été la goutte qui a fait déborder le vase pour ces manifestants, frustrés de voir les dépenses de l'État être accaparées par les Jeux olympiques plutôt que par les besoins de la population.

Les manifestations actuelles sont quant à elles dues aux allégations de corruption touchant le gouvernement du PT. Petrobras, une compagnie pétrolière publique à 51 %, aurait fabriqué un système de collusion dès 2004, accordant des contrats publics à diverses compagnies en échange de pots de vin, totalisant 3 milliards de dollars. Jusqu'à 200 millions de dollars de pots de vin auraient été versés au Parti des travailleurs. Lula a été éclaboussé par l'affaire. Son domicile, celui de son fils et l'Institut Lula qu'il a créé en 2011 ont été l'objet de perquisitions en mars dernier, en même temps que les immeubles de magnats de la construction accusés de corruption. Lula aurait reçu divers cadeaux : des maisons de campagne et de l'argent pour son Institut. La présidente Rousseff n'est pas épargnée, puisqu'elle est accusée d'avoir dissimulé des dépenses faites par des banques publiques, en 2014 et 2015.

Ces allégations et ces procédures d'enquête sont la cause des manifestations qui réclament le départ de Rousseff. Elles ont atteint des millions de participants, particulièrement nombreux à Sao Paolo, fief de l'opposition. Le juge Sergio Moro, chef de l'enquête sur le scandale Petrobras, est une figure populaire chez ces manifestants. Un processus de destitution a été enclenché contre la présidente Rousseff, qui sera soumise au vote du Congrès. Si la présidente est destituée, le vice-président Michel Temer, du parti centriste PMDB, deviendrait président du Brésil par intérim. Rousseff réagit aux scandales en donnant un ministère à Lula le 17 mars. Devenant chef de cabinet de la présidente, il obtient immédiatement une immunité judiciaire. Ce coup de théâtre est évidemment perçu comme un aveu de sa culpabilité par les opposants du gouvernement. Le 29 mars, le PMDB se dissocie du gouvernement du PT, et tous les ministres du PMDB démissionnent de leur poste.
Pour ce qui est des manifestations, une question se pose. Serait-ce une colère légitime instrumentalisée par une droite incapable de gagner démocratiquement ? Plusieurs manifestants réclament un nouveau coup militaire, comme seul remède pouvant mettre fin au pouvoir du Parti des travailleurs. Les rassemblements sont aussi galvanisés et promus par les médias privés du Brésil, pratiquement unanimement anti-Rousseff.

Pire encore, les catastrophes s'accumulent à une vitesse folle au Brésil, menaçant le succès des prochains Jeux olympiques dont le gouvernement de gauche s'enorgueillissait déjà. Le Brésil connaît une dépression économique, le PIB chute de 3,8 % en 2015, le chômage double et l'inflation dépasse les 10 %. Le désastre économique est dû aux dettes libellées en dollars américains qui se sont renchéries alors que les prix des matières premières exportées par le Brésil ont chuté. À cela s'ajoutent des inquiétudes suscitées par l'épidémie du virus Zika, apparu au Brésil en 2003. Pourtant, les experts ne sont pas certains que ce virus puisse causer la microcéphalie, et ses symptômes avérés sont bénins, ne durent qu'une semaine et n'apparaissent que chez le quart des malades.

La partie n'est cependant pas nécessairement perdue pour le gouvernement, pourvu qu'il continue à résister aux pressions. Il peut compter sur l'appui de sympathisants fidèles : 149 000 manifestants pro-Roussef sont dans la rue le 31 mars. La gauche peut encore convaincre les députés de voter contre la destitution de Rousseff. Lula, quant à lui, a remporté une victoire dans son bras de fer avec le juge Sergio Moro. L'affaire Petrobras a été retirée à Moro pour être confiée à la Cour suprême du Brésil, jugée plus impartiale. Enfin, une possible reprise économique est en vue pour le Brésil, suite aux investissements massifs dans les Jeux olympiques.

Categorías: Attac Planet

Pour ATTAC, c'est un moment stratégique pour la construction des résistances et des alternatives

Vie, 22/04/2016 - 17:22

Depuis sa création au début des années 2000, le Forum social mondial (FSM) constitue un moment important dans la dynamique du mouvement altermondialiste. Car il permet de rassembler les militants et les organisations venant des cinq continents de la planète. Symbole de la lutte contre le néolibéralisme dans laquelle le réseau des Attac joue un rôle d'avant-garde, le FSM témoigne qu'il est urgent de construire des alternatives.

Pour Attac France, nous vivons actuellement plus qu'une crise globale. Nous assistons à l'effondrement d'un modèle qui se voulait unique et universel. Cet effondrement tient au déchaînement aveugle de forces économiques et financières et à la complicité des États et des forces dominantes qui minent la démocratie en transformant la société et la nature en terrain de jeu pour les entreprises transnationales. De la même manière que le mouvement altermondialiste s'est opposé au principe thatchérien selon lequel il n'y aurait pas d'alternatives, il exprime aujourd'hui le refus des sociétés de se soumettre à la religion de l'argent. Car cette religion impose le dogme mortifère de la concurrence généralisée entre les peuples qui détruit les solidarités, et de croissance à tout prix qui détruit la planète, son climat et sa biodiversité. Pour Attac, les FSM sont un moment privilégié pour exprimer et faire converger ces résistances sociales et environnementales. C'est aussi un moment privilégié pour confronter les expériences de changement radical, et indiquer les chemins à partir desquels peuvent être construites les transitions vers ces « autres mondes » dont nous rêvons, les yeux ouverts, et malgré tous les obstacles.

En prenant place à Montréal en 2016, le FSM se tiendra pour la première fois dans un pays du Nord. Ce choix a une double signification. D'abord, dans la réalité, la représentation Nord – Sud est multiforme dans la structuration de nos sociétés : il y a un nord dans le Sud, et un sud dans le Nord. En second lieu, le Canada et sa province du Québec sont le lieu de luttes stratégiques en ce début de 21e siècle. C'est la lutte émancipatrice des étudiants québécois en 2012 – symbolisée par le carré rouge - contre une vision capitaliste de l'éducation. Ce sont également les mouvements de résistance citoyenne contre les traités de libre-échange, et contre l'extractivisme et la surexploitation de la nature.

Le réseau des Attac se mobilise pour le FSM de 2016 car il sera centré, comme les précédents, sur le combat des mouvements sociaux face à un système capitaliste mondialisé qui aggrave les injustices sociales, multiplie les guerres et les violences, met en danger la planète et affaiblit les libertés. Le FSM de Montréal sera ainsi organisé autour des principaux axes des luttes que nous menons à l'échelle locale et mondiale contre la finance prédatrice, le réchauffement climatique, l'extraction des énergies fossiles, les accords de libre-échange. Nous voulons participer activement à des ateliers, assemblées et conférences sur ces différents axes stratégiques, en collaboration avec Attac Québec et les organisateurs du FSM.

Il s'agira de continuer à construire une stratégie globale, fondée sur la solidarité des mouvements, et de rechercher ensemble des alternatives face à une mondialisation capitaliste en pleine crise. C'est le sens que nous donnons à notre participation à ce FSM de Montréal.

Categorías: Attac Planet

Forum social mondial (FSM) et environnement : l'unité retrouvée

Vie, 22/04/2016 - 01:23

Plusieurs grandes organisations environnementalistes se sont réjouies de l'entente signée à Paris à la suite de la dernière Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21). Elles considèrent que l'intention de maintenir le réchauffement climatique à moins de 20C est une victoire considérable, et que l'entente constitue à elle seule un bel exploit, puisqu'elle a réussi à rassembler 195 pays aux intérêts très diversifiés, parfois contradictoires.

Mais les militantes et les militants réunis au contre-sommet, d'abord à Montreuil, puis à Paris, prétendent que COP21 est un échec. Ils s'inquiètent surtout de l'absence de contraintes dans l'accord : une position de principe a peu d'impact si on ne prend pas des moyens fermes pour forcer les pays à la soutenir.

D'autres faiblesses de l'accord ont été soulevées : un financement insuffisant pour combattre les effets des changements climatiques et favoriser une véritable transition écologique ; des échéances trop longues pour évaluer les résultats, alors que le problème nécessite des réactions dans des délais particulièrement serrés. De plus, ces groupes ont dénoncé l'adhésion à de « fausses solutions », comme la bourse du carbone, ou la captation et le stockage du carbone dans le sol ou les océans.

Le milieu environnementaliste est donc sorti divisé de cette rencontre internationale. Plusieurs grandes ONG, comme Greenpeace et Sierra Club à l'international, ou Équiterre et l'AQLPA au Québec, ont suivi de près les négociations officielles qui se déroulaient au Bourget, en banlieue de Paris. Elles ont tenté d'influencer le résultat final par un lobbyisme allant à contresens de celui très persistant des grandes entreprises. Se considérant un peu comme partie prenante du résultat final, il devenait difficile pour elles de ne pas s'en réjouir.

Pour d'autres groupes, comme la Coalition Climat 21, ATTAC, les Amis de la Terre, Via Campesina, Alternatiba, les jeux étaient faits avant même l'ouverture de la conférence. Des brouillons de l'accord circulaient, et les longs mois de préparation du sommet permettaient de savoir quelle en serait l'orientation générale. Le résultat de la conférence a d'ailleurs été celui anticipé, même si certains s'étaient permis d'espérer une meilleure entente.

Il y a donc une unité à reconstruire au sein du mouvement environnementaliste. Les enjeux devant nous sont beaucoup trop importants pour que ce dernier puisse s'affaiblir à long terme par des divisions. Un point de vue semblait partagé par tous au lendemain de la COP21 : l'Accord ne permettrait pas d'arriver à des résultats satisfaisants sans une très importante pression populaire pour rappeler aux élus leurs engagements. Il serait donc possible de retrouver une certaine unité en stimulant des actions allant en ce sens.

Des cibles communes peuvent être rassembleuses. Au Québec, par exemple, il devient essentiel d'empêcher la construction de l'oléoduc Énergie Est. Le Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) considère qu'il faut laisser 80% des réserves de pétrole, de gaz ou de charbon sous terre. Puisque d'importantes mobilisations citoyennes ont empêché la construction de pipe-lines en Colombie-Britannique et aux États-Unis, il ne reste plus que le Québec comme voie de sortie au pétrole archipolluant des sables bitumineux. Bloquer ce projet nuirait considérablement à l'exploitation de cette ressource.

Le FSM à Montréal arrive ainsi à un moment approprié. La mobilisation contre l'oléoduc Énergie Est n'est pas seulement une lutte locale, elle peut rejoindre aussi les personnes de tous les pays qui jugent essentiel de réduire considérablement l'exploitation des énergies fossiles. En ce sens, il s'agit là d'une bataille symbolique qui, si elle est gagnée, peut en stimuler d'autres. Cette question devra rester omniprésente pendant le FSM.

Un FSM à Montréal, en se donnant comme lieu de rencontre important, pourrait éventuellement rapprocher les environnementalistes. Ce qui ne sera pas facile après les désaccords des lendemains de la COP21. Mais il faut espérer que la gravité de la situation et la mise en branle de projets communs pourront réunir les différentes factions. Ne serait-ce que pour ça, le FSM à Montréal trouve son entière justification.

Categorías: Attac Planet

Contact

Vie, 22/04/2016 - 01:12

Procurez-vous notre nouveau petit Guide de l'anthropocène.
Changeons le système, pas le climat

Pour toute suggestion, commentaire ou questions, veuillez vous adresser à Monique Jeanmart, coordonnatrice du bulletin
moniquejeanmart@videotron.ca

Mise en page électronique :
Myriam-Zaa Normandin http://www.zaa.cc

Découvrez aussi notre émission de radio Le Grain de sable

Pour des conférences, ateliers, présentations dans votre région

invitez ATTAC !

ATTAC-QUÉBEC - Association pour la Taxation
des Transactions financières et pour l'Action Citoyenne

3720, avenue du Parc, bureau 303
Montréal (Québec) H2X 2J1
quebec@attac.org

Categorías: Attac Planet

Forum social mondial 2016 à Montréal : Défis et opportunités du premier FSM au Nord

Vie, 22/04/2016 - 00:54

Du 9 au 14 août prochains, le Forum social mondial (FSM) se tiendra à Montréal, de l'UQAM à l'Université Mc Gill, en passant par le CEGEP du Vieux Montréal et le Quartier des spectacles. Pour l'édition 2016 de cet événement phare du mouvement altermondialiste, plus de 50 000 personnes sont attendues, dont les représentant-e-s de 5 000 organisations de 120 pays, pour participer à plus de 1 500 activités.

Pour la première fois de son histoire, ce grand rassemblement de la société civile mondiale visant à trouver des solutions aux problèmes de notre temps sera organisé dans un pays du Nord. Cela soulève de nombreux défis, mais offre aussi de grandes opportunités pour les mouvements sociaux et citoyens du Québec. Nous abordons ici ces différents enjeux à partir de trois questions.

1. Pourquoi tenir un FSM au Nord ?

Depuis son apparition en 2001, le FSM s'est toujours tenu dans un pays du Sud (Brésil, Inde, Venezuela, Mali, Pakistan, Kenya, Sénégal, Tunisie). La symbolique visait à opposer le Nord, où se concentre le pouvoir politique et économique mondial, au Sud, où se rassemble la majorité de la population qui vit sous le joug des puissances du Nord. Puisque le Forum économique mondial se tient chaque année à Davos (Suisse), symbole du paradis bancaire, alors le Forum social mondial devait se tenir au Sud, en commençant par Porto Alegre (Brésil), symbole de la démocratie participative. En opposant ainsi symboliquement la participation populaire des masses du Sud au pouvoir de l'argent de l'élite du Nord, on souhaitait illustrer la fracture du monde engendrée par la mondialisation néolibérale.

Or, le monde a évolué depuis 2001. Certes, fondamentalement la dynamique n'a pas changé et les inégalités sociales continuent de se creuser. Cependant, les crises qui se multiplient ébranlent l'ordre actuel. Alors que le modèle de la civilisation occidentale, industrialiste, individualiste et consumériste atteint ses limites sociales et écologiques, de nouveaux mondes émergents en Asie, en Amérique latine, avides de prendre enfin leur place.

Aujourd'hui, la distinction Nord/Sud ne fait plus sens. Il y a désormais du Nord au Sud et du Sud au Nord. La ligne de fracture majeure n'oppose plus des pays de part et d'autre de l'équateur, mais parcourt l'ensemble des sociétés, opposant des élites qui monopolisent richesses et pouvoirs, aux masses de gens qui survivent dans un monde sur lequel ils n'ont plus vraiment de prise. La démocratie a cédé la place à une oligarchie mondiale qui impose ses règles partout. La chose est devenue évidente depuis la crise de 2008, ce qui a provoqué une vague de mobilisations qui, depuis 2011, se répand aux quatre coins du monde (Printemps arabe, Indignés espagnols, manifestants grecs, mouvance Occupy de New- York, Tel-Aviv, Berlin, Rio, Montréal, Istanbul, Sarajevo, Hong Kong…). Les peuples bougent, manifestent, s'indignent et s'insurgent partout.

Il importe désormais de faire le lien entre toutes ces formes d'indignation, de faire converger l'ensemble de ces aspirations au changement. Nous pensons que le Forum social mondial, en tant qu'espace de rassemblement de toutes les forces progressistes qui souhaitent concrétiser ces autres mondes nécessaires en émergence, peut favoriser cette convergence.

Nous pensons qu'il est désormais temps que les peuples du Nord sortent de leur apathie et rejoignent le combat des peuples du Sud pour construire un monde différent. Car tel est l'un des buts du FSM : stimuler les luttes locales et renforcer la convergence des organisations de la société civile locale et globale pour insuffler un réel processus de transformation. Depuis sa création, le FSM s'est majoritairement tenu en Amérique latine, et cela a coïncidé avec la vague d'élections de gouvernements de gauche dans cette région du monde. Il ne faut pas voir là un lien de cause à effet. Cependant, cela témoigne de la grande vitalité des mouvements sociaux et des organisations de la société civile du Sud de notre continent, et surtout de leur capacité réelle à influencer le jeu politique et, finalement, les choix de société qui sont mis de l'avant.

Au regard des gouvernements conservateurs et néolibéraux qui se multiplient en Europe et en Amérique du Nord, il est clair que la dynamique est totalement différente. Ce qui nous amène à penser que sur le plan du progressisme, ainsi que de la force politique des mouvements sociaux et de la vitalité de notre société civile, nous sommes dramatiquement sous-développés. En somme, pour changer le monde, les mouvements sociaux du Nord ont aujourd'hui besoin de la force de ceux du Sud.

Un peu comme les printemps arabes ont précipité les mouvements d'indignation et d'occupation en Europe et en Amérique du Nord, il est aujourd'hui temps que le Nord reçoive le FSM pour profiter à son tour de son énergie transformatrice. Nous avons besoin d'un évènement de grande envergure pour provoquer le changement, pour que la volonté d'en finir avec l'oligarchie et le néoconservatisme prennent le dessus. Nous sommes convaincus que c'est au cœur de l'empire qu'il faut désormais organiser un FSM et le faire dans un esprit de convergence et de complémentarité avec l'ensemble des initiatives progressistes qui émergent partout sur la planète. Imaginons quelques instants dans quel monde nous vivrions si des gouvernements progressistes à l'écoute des mouvements sociaux et citoyens étaient aux commandes de la majorité des pays du G8 ?

2. Pourquoi avoir choisi Montréal ?

En décembre 2013, lorsque nous avons soutenu la candidature de Montréal devant le Conseil international du FSM, le Québec est apparu comme l'endroit idéal pour tenir la première édition nordiste du FSM pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, l'immense vitalité des mouvements sociaux que révélait le printemps érable de l'hiver 2012 a convaincu. Les images de la jeunesse bravant durant des mois l'autorité d'un gouvernement totalement hermétique aux demandes sociales a donné de l'espoir à nombre d'activistes à travers la planète (et surtout dans les pays dits développés), qui se sont dit, au Nord aussi c'est possible de se mobiliser et de remporter des victoires. Non la jeunesse n'est pas apathique, et elle peut même être une véritable force de changement. Oui, il y a un avenir pour les mouvements sociaux. D'ailleurs, depuis les grèves étudiantes de 2012 au Québec, les luttes se poursuivent de manière ininterrompue. Mentionnons les mobilisations contre les politiques d'austérité, l'action des mouvements environnementaux et la mobilisation du mouvement syndical dans le cadre des négociations du secteur public.

L'autre élément important, c'est l'enracinement de l'altermondialisme et des forums sociaux au Québec. Depuis 2001, plusieurs centaines de Québécois-e-s ont participé aux différentes éditions du FSM partout sur la planète. Nous avons aussi déjà organisé deux forums sociaux québécois (2007 et 2009) qui ont rassemblé plusieurs milliers de personnes. Il existe par ailleurs une dynamique régionale des forums sociaux au Québec, puisque des forums sociaux locaux se sont tenus à Québec-Chaudière Appalaches, au Saguenay-Lac St-Jean, en Mauricie, en Outaouais, à Laval, dans Lanaudière, Montréal Nord, Anjou, au Bas-St-Laurent… Finalement, l'organisation du premier Forum social canadien (le Forum social des peuples à Ottawa en août 2014) a témoigné d'un nouveau déploiement de la mouvance altermondialiste au Canada. Ce forum a permis d'élargir la dynamique des forums sociaux à l'ensemble canadien et auprès des peuples autochtones. Nous disposons ainsi, au Québec et au Canada, des connaissances, des réseaux et de l'expertise nécessaires pour accueillir à notre tour le FSM.

3. Que pouvons-nous apporter de plus au mouvement altermondialiste en organisant le FSM chez nous ?

Le prochain FSM devra bâtir sur les acquis des Forums précédents : il sera à la fois un amplificateur des luttes locales, un espace de dialogue et de convergences des mouvements locaux et globaux et un moment de construction d'une compréhension commune des enjeux, esquissant des pistes d'action à tous les niveaux. Mais il devra aussi relever de nouveaux défis afin de dynamiser les luttes sociales au Nord et ailleurs, notamment en faisant la jonction entre les mouvements récents d'indignation et d'occupation (Printemps arabes, Printemps québécois, Occupy, Indignés, Idle No More…) et la mouvance altermondialiste qui se rassemble au FSM. Le FSM de 2016 doit faire la jonction avec les nouvelles pratiques de contestation sociale qui émergent depuis 2011. Il faut que ces multiples espaces de mobilisation sociale et politique dialoguent et se renforcent les uns les autres. Le FSM 2016 doit permettre de rapprocher les mouvements sociaux traditionnels (syndicats, ONG, groupes communautaires…) avec les nouvelles générations de militants, plus fugaces et spontanés, qui émergent actuellement. Ce pari du renouvellement des pratiques sociales de contestation et de mobilisation, nous entendons le relever grâce à la méthodologie que nous déployons tout au long du processus organisationnel du FSM 2016.

En effet, nous concevons le FSM 2016 comme un processus collectif et humain qui repose sur 5 grandes valeurs : l'inclusion et l'ouverture, la transparence, l'horizontalité, l'autogestion et l'indépendance. Il s'adresse à tous les citoyen-ne-s et organismes militants qui souhaitent s'y impliquer. Il entend, favoriser la convergence entre organisations et l'engagement militant personnel durant tout le processus organisationnel et pas uniquement lors de l'évènement, comme ce fut trop souvent le cas dans les FSM précédents. Concrètement, tout cela se réalise à travers l'implication des organisations et des personnes dans les 6 groupes de travail du Collectif FSM 2016, ainsi que dans les comités autogérés qui prennent en charge l'animation de thématiques spécifiques au sein du FSM 2016. À ce jour, plus de quinze comités autogérés sont en fonctionnement. Par ailleurs, le Forum pourra s'affirmer en tant qu'espace décentralisé et mondial, en utilisant le potentiel d'Internet pour favoriser la tenue d'activités à distance, mais en relation avec le FSM 2016.

Concrètement, le Forum social mondial dispose de trois qualités fondamentales. Tout d'abord, en tant que moment d'échange entre militants, activistes et citoyen-ne-s du monde entier, il permet de passer de la réflexion à l'action et, en ce sens, suscite une large prise de conscience des enjeux et des luttes en cours. Ensuite, en permettant aux activistes de se rencontrer, de se connaître et de se relier entre eux, le FSM constitue un formidable outil de réseautage, du niveau local à l'échelle globale. Finalement, comme espace de convergence entre organisations et mouvements autour de campagnes, d'actions et d'initiatives communes, le FSM nous rend plus fort et donne de la visibilité à toutes les luttes spécifiques.

Le FSM 2016 se tiendra au Canada dans un nouveau contexte politique. En effet, lors des élections d'octobre 2015, la population canadienne a chassé le gouvernement conservateur qui, depuis 10 ans, menait une politique économique ultralibérale appuyée sur un extractivisme prédateur et un fort conservatisme social. La lutte contre les sables bitumineux et les oléoducs au Canada, la mobilisation des peuples autochtones pour leurs droits, la force des mouvements sociaux contre les politiques d'austérité et le néolibéralisme, ont contribué à ce changement politique.

Il importe aujourd'hui de saisir l'opportunité de la tenue du FSM 2016 à Montréal pour dynamiser encore davantage les luttes et profiter de cet élan de solidarité internationale pour élargir nos bases militantes et promouvoir des actions concrètes. C'est le moment de partager avec la société civile mondiale et les mouvements sociaux d'ailleurs, nos luttes, mais aussi nos victoires, de manière à mutualiser nos expériences militantes, sortir de notre isolement et nous renforcer les uns les autres. Dans la construction de ces autres mondes en gestation, il importe d'apporter notre contribution. Parce que d'autres mondes sont nécessaires, et ce n'est qu'ensemble que nous les rendrons possibles.

Categorías: Attac Planet