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Attac Québec

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L'Association pour la Taxation des Transactions financières pour l'Aide aux Citoyens (ATTAC) est née de la volonté de rétablir un contrôle démocratique des marchés financiers et de leurs institutions. ATTAC mène des actions variées visant la reconquête, par les citoyennes et citoyens, du pouvoir démesuré que la sphère financière exerce sur tous les aspects de la vie politique, économique, sociale et culturelle.
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Lutte contre les paradis fiscaux : Bilan mi-figue mi-raisin pour le gouvernement libéral

Mar, 10/07/2018 - 18:17
En novembre dernier, reconnaissant qu'ils grevaient les finances publiques, le gouvernement Couillard a voulu se poser comme un leader dans la lutte contre les paradis fiscaux, grâce à son « Plan d'action pour assurer l'équité fiscale ». Par-delà le discours, où en est le Québec quant à la lutte contre les paradis fiscaux ?

Lire cette lettre collective d'Échec aux paradis fiscaux, publiée dans La Presse Plus (version courte) et dans Le Quotidien de Saguenay (version courte) du 10 juillet 2018, ainsi que dans Le Devoir (version longue) du 13 juillet 2018.

Claude Vaillancourt, président d'ATTAC-Québec, est l'un des 18 signataires.

VERSION INTÉGRALE

Lutte contre les paradis fiscaux : bilan mi-figue mi-raisin pour le gouvernement libéral
Par Samuel-Élie Lesage, coordonnateur du Collectif Échec aux paradis fiscaux

Les quatre dernières années ont été mouvementées sur le plan de la fiscalité : pas moins de quatre fuites médiatiques, dont les désormais fameux Panama Papers et Paradise Papers, ont révélé l'ampleur du recours aux paradis fiscaux, tandis que l'affaire KPMG a montré comment même nos institutions publiques peuvent favoriser le recours à la fiscalité offshore. En novembre 2017, à la suite d'importantes mobilisations et grâce à l'admirable travail de la Commission des finances publiques de l'Assemblée nationale, le gouvernement Couillard a reconnu que les paradis fiscaux grugeaient les finances publiques du Québec – un changement de ton important – et a voulu se poser comme un leader dans la lutte contre ces derniers grâce à son « Plan d'action pour assurer l'équité fiscale ». Mais au-delà du discours, où en est le Québec quant à la lutte contre les paradis fiscaux ?

Défense timide de l'équité fiscale
L'actualité récente montre que le gouvernement libéral a adopté des mesures sérieuses pour défendre l'équité fiscale au Québec. Le cas Netflix aura permis au gouvernement de gonfler ses muscles fiscaux en imposant la taxation de la vente électronique, Québec préférant faire cavalier seul plutôt que de suivre l'entêtement absurde du gouvernement fédéral à donner à Netflix un congé fiscal. Plus récemment encore, Québec créait un programme de rémunération des lanceurs d'alerte. Ces deux actions s'ajoutent d'ailleurs aux résultats concluants de Revenu Québec en matière de lutte contre la fraude et l'évasion fiscales, notamment pour les secteurs de la restauration et de la construction. Déjà, en 2014, Revenu Québec annonçait avoir récolté près de 3,9 G$ en récupération fiscale, soit un montant supérieur aux objectifs fixés à l'époque. Il n'est donc pas abusif de dire que, sous le gouvernement Couillard, la lutte contre l'évasion fiscale a connu une impulsion importante.

Malheureusement, la lutte contre l'évitement fiscal et les paradis fiscaux ne semble pas bénéficier de la même attention. Bien que le plan d'action gouvernemental contre les paradis fiscaux propose des mesures intéressantes comme l'embauche de spécialistes en fiscalité ou l'alourdissement des peines pour la fraude, ce plan ne permet pas de cibler ceux qui profitent des paradis fiscaux en toute quiétude.

Par exemple, il aurait été possible, comme le proposait la Commission des finances publiques, de modifier le registre des entreprises du Québec afin de casser l'opacité des paradis fiscaux en révélant qui sont les bénéficiaires ultimes des sociétés étrangères anonymes dotées d'une filiale au Québec. Aussi, si Québec se targue des succès de son programme de divulgation volontaire, où un fautif peut régulariser sa situation fiscale sans craindre un recours en justice, un tel programme envoie en fait le message que l'évitement fiscal, même s'il prive les finances publiques d'importantes ressources, reste impuni.

Finalement, le gouvernement a défendu les investissements économiques de la Caisse de dépôt et placement du Québec dans des paradis fiscaux, alors que ceux-ci ont pratiquement doublé dans les dernières années. De telles pratiques viennent légitimer les paradis fiscaux.

Dépendre du Canada

Quant à l'idée d'imposer les profits détournés dans les paradis fiscaux, Québec préfère s'en remettre à sa collaboration avec le gouvernement fédéral, arguant que les échanges d'informations entre eux deux permettront de mieux recouvrer les sommes perdues par l'optimisation fiscale abusive sans porter préjudice à la compétitivité fiscale québécoise.

Or, peut-on prétendre que le Canada est un partenaire sérieux quant à la lutte contre les paradis fiscaux ? De 2012 à 2016, les investissements canadiens dans les îles Caïmans ont augmenté de 166,7 %, ceux dans les Bahamas, de 288 % et ceux dans les îles Vierges britanniques, de 456,9 %. En février dernier, le Canada a signé deux accords d'échange d'informations avec Antigua-et-Barbuda et Grenade, permettant du même coup aux filiales de sociétés canadiennes situées dans ces pays d'acheminer au Canada des profits entièrement libres d'impôt chez nous. Aujourd'hui, le Canada entretient une vingtaine d'accords et de conventions fiscales avec des paradis fiscaux. Dépendre du Canada pour assurer la souveraineté fiscale québécoise semble donc une entreprise vouée d'avance à l'échec, car le Canada a surtout travaillé à rendre légal le recours aux paradis fiscaux.

Dans le contexte actuel, le Canada n'est pas un partenaire crédible pour la lutte contre les paradis fiscaux. En fait, le Québec peut agir seul et n'est pas obligé de reconnaître les conventions fiscales canadiennes conclues avec des paradis fiscaux, ainsi que l'ont démontré les travaux de la Commission des finances publiques. Qu'attend le gouvernement du Québec pour faire le pas ?

Se méprendre quant à la nature du problème de l'évitement fiscal

Il est indiscutable que le gouvernement libéral s'est engagé à lutter contre l'évasion fiscale et à garantir une certaine équité fiscale au Québec. Le problème, c'est que son action s'est orientée uniquement vers cet objectif. Or, l'évasion et l'évitement fiscaux sont deux phénomènes distincts : tandis que le premier est illégal, le second abuse de nos lois et reste strictement légal. Autrement dit, le gouvernement sous-estime gravement l'ampleur du recours aux paradis fiscaux. À cet effet, on peut supposer que les conclusions alarmantes de l'Agence du revenu du Canada, qui a calculé récemment que les riches canadiens ont placé près de 3 G$ annuellement en impôt dans les paradis fiscaux, s'appliquent aussi au Québec : nos finances publiques sont beaucoup plus durement touchées par les paradis fiscaux que le croit le gouvernement québécois.

En définitive, nous dressons un bilan mitigé de l'action du gouvernement Couillard quant à la lutte contre les paradis fiscaux. Le changement de ton, qui reconnaît publiquement l'existence des paradis fiscaux, et les efforts continus pour lutter contre la fraude illégale attestent que le gouvernement a œuvré pour une certaine équité fiscale. Malgré tout, le prochain gouvernement devra en faire plus, à commencer par reconnaître l'ampleur du problème du recours aux paradis fiscaux, puis en adoptant des mesures spécifiques, par exemple, en imposant les entreprises sur les profits réalisés au Québec, en modifiant les règles sur les prix de transfert qui empêcheront d'y recourir et finalement en assumant pleinement sa souveraineté fiscale, sans attendre le Canada pour agir.

Tant que le gouvernement agira contre les paradis fiscaux comme il agit contre la fraude illégale, il restera incapable de défendre sa souveraineté fiscale. Au final, c'est notre collectivité et son bien-être qui continuent d'en payer le prix.

*

Signataires du Collectif Échec aux paradis fiscaux :

Carolle Dubé, présidente de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) ; Lise Lapointe, présidente de l'Association des retraitées et retraités de l'éducation et des autres services publics du Québec (AREQ-CSQ) ; Luc Vachon, président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) ; Sonia Éthier, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) ; Jacques Létourneau, président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) ; Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) ; Daniel Boyer, président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) ; Nancy Bédard, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) ; Denis Bolduc, président du Syndicat canadien de la fonction publique Québec (SCFP) ; Christian Daigle, président général du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) ; Richard Perron, président du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) ; Guillaume Lecorps, président de l'Union étudiante du Québec (UEQ) ; Fred-William Mireault, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) ; Claude Vaillancourt, président d'ATTAC-Québec ; Élisabeth Gibeau, analyste des politiques sociales et fiscales à l'Union des consommateurs ; Estelle Richard, Les Amis de la Terre ; Gérald Larose, président de la Caisse d'économie solidaire du Québec.

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Lettre ouverte mondiale d'organisations de la société civile opposées au mécanisme de règlement des différents entre investisseurs et États - Ajoutez votre organisme à la liste des signataires

Vie, 29/06/2018 - 18:08

À l'occasion de la rencontre de la Commission des Nations Unies pour le droit commercial international (CNUDCI), quelques organisations ont pris l'initiative de la rédaction d'une lettre ouverte aux délégations des gouvernements membres de cette commission pour exprimer leur opposition à ce mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États (RDIÉ). Le CNUDCI a convenu de mettre en place un comité en vue de revoir les principes et les règles de ce mécanisme dans les accords commerciaux. Parmi les organisations derrière l'initiative, on retrouve Public Citizen, Friends of the Earth Europe, Center for International Environmental Law, Trade Justice Pilipinas, SOMO, Client Earth, notamment. ATTAC-Québec a signé. Lire la suite sur le site du RQIC. Pour ajouter votre organisme aux signataires, cliquez ici.

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Jue, 21/06/2018 - 22:39

Le livre La dette du Québec : vérités et mensonges d'Attac Québec. NOUVEAU ! La version numérique est aussi disponible

Procurez-vous aussi notre petit Guide de l'anthropocène. Changeons le système, pas le climat !

ÉQUIPE DU BULLETIN :
Monique Jeanmart : coordonnatrice
Jeanne Gendreau : assistante à la production
Wedad Antonius : Mise en page électronique

Pour toute suggestion, commentaire ou questions, veuillez vous adresser à Monique Jeanmart moniquejeanmart@videotron.ca

Pour des conférences, ateliers, présentations dans votre région

invitez ATTAC !

ATTAC-QUÉBEC - Association pour la Taxation
des Transactions financières et pour l'Action Citoyenne

3720, avenue du Parc, bureau 303
Montréal (Québec) H2X 2J1
quebec@attac.org

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Metamorphosis

Jue, 21/06/2018 - 22:39

Metamorphosis [1], un film qui est une ode à la beauté de la planète et à la créativité de ceux qui ont décidé de repenser les façons de faire pour contrecarrer la catastrophe environnementale qui nous menace.

Des images superbes - dramatiquement spectaculaires - nous montrent une planète qui vit des bouleversements profonds résultant de l'action humaine : de Venise aux îles Vanuatu en passant par la Californie ou l'Ouest canadien le film montre des désastres menaçants.

Mais partout aussi des artistes, des familles, des scientifiques, des agriculteurs qui inventent – à leur niveau – des alternatives qui font tache d'huile. En Californie, une famille transforme sa piscine en jardin auto-entretenu – micro système où abondent plantes, légumes, fruits, fleurs, insectes et oiseaux. Initiative imitée par des centaines de familles au point de déborder les frontières. Ailleurs, d'autres familles arrachent les gazons grands consommateurs d'eau pour redonner la terre à l'environnement naturel. A Milan, des architectes conçoivent des forêts urbaines verticales en couvrant les balcons d'arbustes et d'arbres réduisant le CO 2 dans l'atmosphère et protégeant des îlots de chaleur. A Los Angeles, une entreprise redonne espoir et dignité à des femmes immigrées : elles installent des panneaux solaires dans les quartiers les plus défavorisés pour procurer une énergie renouvelable et peu couteuse à ceux qui n'auraient pas les moyens de se la procurer.

Partout, des solutions créatives et ingénieuses fleurissent. Des gens repensent les façons de faire en agriculture, en recyclage, en jardinage, simplement dans leur vie quotidienne. Pour eux la bataille n'est pas perdue. Le monde est en devenir comme la chenille qui de chrysalide devient papillon. Chacun à sa manière contribue à faire surgir un monde nouveau porteur d'espoir.

Personnellement, j'y ai surtout vu une ode à l'action. La persévérance de personnes créatives, engagées à changer le monde, un geste à la fois, chacun à sa mesure. Ne jamais baisser les bras, mais croire que nos actions en se diffusant feront la différence.

[1] Canada 2018. Documentaire environnementaliste écrit et réalisé par Nova Ami et Velcrow.

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Quand acheter devient un geste innovant

Jue, 21/06/2018 - 22:39

Acheter un pain et en même temps subventionner un théâtre de quartier ou le fleuriste de la rue voisine ! Voilà le pari qu'ont fait quelques citoyen-ne-s quand ils ont mis sur pied un groupe de réflexion sur une monnaie locale complémentaire à Montréal.

Inspiré par des réalisations semblables à Nantes et au pays basque entre autres, le groupe s'est progressivement initié à ce concept qui est devenu réalité en mars 2018. Grâce à la collaboration de la Caisse Solidaire Desjardins, « l'îlot Montréal » a finalement vu le jour.

Le collectif « Une Monnaie pour Montréal » a établi des règles de partage et de circulation de cette toute nouvelle monnaie en privilégiant le consensus comme forme de discussion à l'intérieur du groupe. [1]

Le quartier Rosemont-Petite-Patrie a été choisi pour la première expérimentation. Plusieurs projets novateurs dans différents domaines (environnemental, entrepreneurial, commercial, etc.) prennent forme dans ce quartier depuis une décennie, créant une tradition de projets pionniers et un flux d'énergie susceptibles d'accueillir la proposition d'une monnaie locale. Les premiers efforts seront donc concentrés dans ce quartier.

Actuellement, la phase préparatoire est terminée. Il faut maintenant établir un circuit de base pour expérimenter la circulation de la monnaie en recherchant 250 citoyens et 50 commerçants enthousiastes.

Audace ou utopie

Imaginer une monnaie parallèle à l'argent national semble audacieux, surtout pour un groupe citoyen qui doit défricher et déchiffrer une réalité considérée comme étant du ressort des experts. Démystifier le langage économique, est la première de ces étapes. Alain Deneault parle de la réappropriation de l'économie : « L'économie est une façon d'entrer en relation pour que la vie se perpétue » [2] En créant une nouvelle façon d'échanger des biens et des services - une nouvelle forme d'économie - le consommateur passif et endetté reprend du pouvoir sur sa vie quotidienne et devient un citoyen actif. Le rapport à l'argent est transformé ; l'argent n'est plus accumulé, emprunté, thésaurisé, il circule et peut devenir ainsi créateur de richesse sociale locale. L'argent est alors un outil d'échange et non une fin en soi.

Des écosystèmes se créent lors de cette nouvelle forme d'échanges : celui qui cultive une ressource (la farine par exemple) avec un boulanger qui, à son tour, paie ses collaborateurs en Îlots. Ceux-ci pourraient les dépenser dans une fruiterie, une brasserie locale, un restaurant, un cinéma, un théâtre, etc. Des chaînes, des boucles d'échanges s'installent ainsi dans la vie locale, de façon solidaire. Ces écosystèmes s'étendront nécessairement au-delà du quartier, rejoignant ainsi de plus en plus d'« échangistes », conscients de la richesse communautaire qu'ils générèrent. Tous ces écosystèmes reliés entre eux renforcent l'économie locale et pourraient susciter d'autres projets collectifs de l'ordre des communs.

C'est à ce niveau que réside la richesse de cette aventure car elle pourrait engendrer un mouvement de transformation sociale. Un mouvement qui se fait à tâtons, par petit pas, mais qui suppose une vision différente du rapport à l'économie, du rapport à l'échange et à la communauté.

On ne peut présumer de l'avenir de l'Îlot à ce stade-ci. La suite dépend des forces militantes et bénévoles qui se mobiliseront et de la qualité des réponses obtenues. Frapper aux portes des commerces de quartier et engager un dialogue avec eux, faire connaitre l'Îlot sur le plus de plateformes possibles, créer un mouvement de confiance et en augmenter le nombre en circulation, etc. voilà les tâches qui vont rassembler les militant-e-s dans un avenir proche. Ce noyau militant, à implication variable, est l'unique ressource du projet depuis le début.

Il y a environ 5000 monnaies locales dans le monde. Celle qui semble avoir la plus longue vie à date est le Hour d'Ithaca (NY) qui existe depuis presque 30 ans. Il y a des monnaies locales en France et au Canada qui fonctionnent mais leur élan n'a pas l'ampleur souhaitée. Au Québec, il y a quelques initiatives en progression (comme le Blé de Québec, le Laurentien de Val David), mais ces monnaies ne circulent pas encore.

Il faut une bonne dose d'utopie pour implanter un système local de rapports socio-économiques qui soit différent des rapports du « libre » échange à l'échelle mondiale. Le Collectif Monnaie Montréal contribue, quels que soient les résultats de l'entreprise, à créer un flux d'énergie nouvelle susceptible de se rattacher à d'autres projets novateurs tels le Bâtiment 7 et les nombreux paniers fermiers distribués et gérés par Équiterre, qui sont toutes des initiatives vraiment inspirantes.

Pour prolonger la réflexion : https://iris-recherche.qc.ca/blogue/les-monnaies-locales-outils-de-transformation-de-la-societe

[1] https://ilot-montreal.org/faqs

[2] https://itunes.apple.com/ca/podcast/thinkerview/id1196519121?l=fr&mt=2&i=1000410781128

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Le retour des communs

Jue, 21/06/2018 - 22:39

Le bulletin a souvent fait le constat que notre modèle de société nous engage dans une voie sans issue. Partout dans le monde domine un néolibéralisme qui a des conséquences désastreuses pour les populations et pour la planète. Partout on observe que les institutions existantes sont incapables de répondre de manière efficace et satisfaisante aux problèmes sociaux qu'il génère.

Parce que « dire non ne suffit pas » des groupes citoyens - de plus en plus nombreux et convaincus qu'aucune révolution ou héros providentiel ne les libérera de ce système dévastateur – décident de ne pas attendre qu'on leur donne le pouvoir, construisent avec patience et détermination des alternatives qui leur permettent de reprendre du contrôle sur leur vie. Parmi la multitude de ces expérimentions et innovations sociales, celle qui fait revivre un mode de gestion par « les communs » semble une voie prometteuse pour sortir du duo propriété privée/propriété collective dont nos sociétés sont prisonnières. En même temps, ces pratiques contribuent au vrai renouvellement de la gauche qui ne pourra se faire par des politiciens professionnels, mais par des gens qui luttent pour une autre société. Ce ne sont pas les solutions aux crises économiques qui changeront le monde, mais ces luttes de résistance qui montrent que l'on peut et que l'on veut vivre autrement.

Les « communs » se développent parce qu'un « groupe de citoyens déterminés inventent un système spécifique de pratiques sociales et de savoirs pour gérer une ressource ». [1]

. C'est à Elinor Ostrom – prix Nobel d'économie 2009 – que l'on doit la redécouverte de ce concept. Les « communs » remontent au droit coutumier dans l'Angleterre médiévale qui donnait aux paysans un droit d'accès (pour le pâturage) aux terres du Seigneur. Les débuts du capitalisme vont permettre au mouvement des enclosures de clôturer ces pâturages pour les réserver au seul bénéfice du Seigneur. Les travaux d'Élinor Ostrom montrent que les communs font partie - depuis des siècles – du quotidien de centaines de millions de personnes dans les pays pauvres gérant mieux les ressources que les pouvoirs publics ou les entreprises privées. Démonstration qui va à l'encontre du principe néolibéral qui veut que le marché soit le meilleur gestionnaire.

Pour Élinor Ostrom, les communs peuvent émerger n'importe où et apporter des avantages significatifs dans la gestion des biens collectifs. « Ils existent dès lors qu'une communauté ou un groupe décide de gérer une ressource de manière collective, avec en vue un accès et une utilisation équitable et soutenable de celle-ci. » [2]

Biens publics, communs

Pour Christophe Aguiton [3] la délimitation entre les biens de la sphère publique et les communs tient dans le mode de gestion du bien et non dans sa nature. Les biens de la sphère publique sont toutes les activités non privatisées qui sont confiées par l'État à des institutions spécialisées – écoles, hôpitaux, institutions de service public, etc. dont le mode de gestion se définit par la délégation, par opposition aux communs qui sont des espaces d'implication citoyenne directe.

Les communs se caractérisent par un mode de relations sociales : c'est la gestion par un ensemble de personnes d'un bien matériel, immatériel ou de services. Ce n'est donc pas la nature d'un bien qui le rend communs, mais le fait qu'un ensemble d'acteurs s'organise et se gouverne lui-même pour obtenir des bénéfices collectifs durables par delà les intérêts individuels. Il se développe parce qu'un groupe de citoyens déterminés invente un système de pratiques sociales et de savoirs pour gérer une ressource au bénéfice du collectif. Un commun suppose donc 3 composantes : une ressource, une communauté d'acteurs et un ensemble de règles sociales qu'ils se donnent, les 3 éléments formant un ensemble intégré et cohérent.

Questionner la nature des communs permet d'en montrer l'actualité. À l'origine, ils étaient des biens naturels (forêts, pâturages), les travaux d'Elinor Orstrom montrent que pour des centaines de millions de personnes, la gestion commune de certains biens matériels (bois de chauffage, eau d'irrigation, baies sauvages, semences et.) continue de faire partie de leur quotidien et, le plus souvent, assure leur survie. Dans nos sociétés, récemment des biens immatériels – de l'ordre de la connaissance – se sont développés sur le modèle des communs. David Bollier montre comment Linux, Wikipédia « production par les pairs fondée sur les communs », qui mobilisent un grand nombre de personnes à travers des plateformes ouvertes, sont de l'ordre des communs. Leur modèle de base a donné naissance à un paradigme social qui a inspiré de nombreux projets collectifs. Ces nouveaux modes de faire communs démontrent le renouveau créatif et productif de ce système ancien.

Au Québec, la réalisation du Bâtiment 7 [4] par le « Collectif 7 à nous » montre l'actualité du concept pour une gestion collective de services de proximité répondant aux besoins de citoyens mobilisés pour lutter contre l'embourgeoisement du quartier Pointe-Saint-Charles. 10 ans de travail, de lutte ont été nécessaires pour vaincre les difficultés, les obstacles et les embuches qui attendent ceux qui veulent inventer la société de demain. Les nombreuses monnaies locales, qui se créent dans différentes régions du Québec, sont des outils de réappropriation de la chose économique et du tissu social par l'action citoyenne dans le but de favoriser l'achat local et de reprendre le contrôle du commerce de proximité. L'Îlot de Montréal, le BLÉ (Billet d'échange local) et les Heures à Québec, le Demi en Gaspésie sont des exemples d'actions en adéquation avec une vision alternative du mode de pensée dominant.

[1] David Bollier, http://docs.eclm.fr/pdf_livre/364RenaissanceDesCommuns.pdf p.23

[2] David Bollier, p.24

[3] Christophe Aguiton, Le monde qui émerge. Les alternatives qui peuvent tout changer. Attac Les liens qui libèrent, 2017, Chapitre 4.

[4] https://www.quebec.attac.org/spip.php?page=bulletin-html&id_rubrique=101

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Donald Trump veut-il mettre fin à la mondialisation ?

Jue, 21/06/2018 - 22:39

L'imposition de tarifs sur l'acier et l'aluminium par l'administration américaine suscite des émois dans le monde, particulièrement en Amérique du Nord, où le Canada et le Mexique tentent de renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). Un peu partout, on a l'impression qu'on est en voie de retourner au protectionnisme, donc en rupture avec les politiques libre-échangistes qui dominaient le cycle de mondialisation néolibérale amorcé dans les années 1980.

Quelle mondialisation ?

Parlons-en un peu de cette mondialisation. Depuis quarante ans, les élites politiques et économiques, inspirées par les États-Unis, ont délaissé les politiques keynésiennes des années d'après-guerre. Elles ont mis en place un cadre caractérisé par un changement dans les politiques de l'État, impliquant une réduction des charges fiscales des plus riches et des entreprises, également des politiques d'austérité traduite par une réduction concomitante des protections sociales. Cette réorientation a été pensée dans la perspective de relancer l'accumulation en élargissant les marges bénéficiaires.

Les accords commerciaux ont été et demeurent au cœur de ce projet néolibéral qui voulait réduire les contraintes au commerce mondial, non seulement en éliminant les tarifs douaniers, mais en offrant plus de droits aux entreprises contre la souveraineté des États. L'ALÉNA, signé en 1994, fut le premier accord de commerce de ce type et constituait un recul sur le plan des droits collectifs et de la souveraineté.

De manière générale, la mondialisation néolibérale a favorisé la mobilité du capital, pour profiter des contextes plus avantageux sur le plan des coûts de la main-d'œuvre. On associe cette mondialisation à une spirale vers le bas dans les conditions de travail.

Menaces sur les sociétés

Depuis quelque temps, des sociétés, des mouvements, voire, dans le cas de l'Amérique du Sud, des États, ont commencé à remettre en question ce cadre, entre autres à cause de l'instabilité sociale et économique que cela implique. Ici au Canada cependant, les gouvernements, y compris le présent gouvernement Trudeau, ont maintenu le cap, prétendant que le plus grave danger proviendrait du protectionnisme, plutôt que la dérèglementation néolibérale. Ottawa voudrait mobiliser la société pour appuyer le maintien des accords de libre-échange contre la catastrophe annoncée du protectionnisme, associé à la montée de la droite xénophobe en Amérique comme en Europe.

Il y a là un hiatus. Pour les secteurs concernés de la société civile, la seule critique du protectionnisme ne peut être le fondement d'une politique répondant aux besoins de la population. Il est important, en effet, de protéger certains secteurs, notamment les services publics, l'agriculture de proximité et la production laitière, les marchés publics, de même que le domaine de la culture et de l'éducation. Il s'agit de favoriser les secteurs qui s'inscrivent dans une perspective de développement et qui doivent rester sous la souveraineté nationale.

Par ailleurs, dans le présent contexte, les populations laborieuses pourraient faire les frais d'une guerre commerciale entre les différents protagonistes. Par exemple, les tarifs douaniers pourraient réduire les exportations du Canada, donc créer des pertes d'emplois. Parallèlement, cela pourrait créer une pression à la baisse sur les coûts de production au Canada et donc affecter négativement les conditions de travail. Dans un tel contexte protectionniste, le patronat canadien et québécois pourrait tenter de réduire le coût du travail pour protéger sa compétitivité.

Les consensus inavoués entre le protectionnisme et le libre-échangisme

Au final, la politique du Make America first again ne s'oppose pas, sur le fond, à la mondialisation néolibérale. La réforme fiscale de Donald Trump est en tout point conforme à la dérèglementation et au désengagement de l'État promus par le néolibéralisme. En réduisant le fardeau fiscal des grandes entreprises américaines, Trump vise à maintenir la position dominante des États-Unis sur la planète.

Aujourd'hui au-delà des désaccords actuels, libre-échangistes et protectionnistes s'entendent, d'abord et avant tout, pour restaurer les taux de profit. De ce point de vue, il se pourrait que Washington impose à Ottawa et à Mexico un « néo-ALÉNA », qui irait encore plus dans le sens de la dérèglementation, notamment dans le domaine numérique et des marchés publics, en phase avec les intérêts des grandes entreprises et de l'industrie pétrolière américaine.

Le véritable enjeu nous apparaît donc ailleurs. Les accords de libre-échange dans leur formulation actuelle, pas plus que le protectionnisme, ne répondent aux impératifs de reprendre le chemin d'une politique économique axée sur les besoins des gens, dont le but premier doit être de réduire les inégalités dramatiques qui confinent des pans entiers des populations à la pauvreté systémique, à la précarité et à l'exclusion. Parallèlement, il est urgent de réduire l'exploitation sans limites des ressources naturelles qui menace la vie sur terre.

Ronald Cameron est coordonnateur d'Attac-Québec et Pierre Beaudet est professeur au département de sciences sociales de l'Université du Québec en Outaouais.

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Un G7 près de chez vous !

Jue, 21/06/2018 - 22:39

Lorsque Justin Trudeau a annoncé, l'année dernière en Italie, que le prochain G7 aurait lieu dans Charlevoix, nous avons immédiatement compris quelles en seraient les conséquences. L'évènement attirerait les grands médias de partout dans le monde. Il y aurait un déploiement sans pareil de forces policières et la sécurité deviendrait une obsession. Et pour nous, il serait impossible de laisser passer la rencontre sans manifester notre opposition aux politiques défendues par ce groupe.

En tant qu'association altermondialiste, Attac a toujours été aux premières loges pour dénoncer les politiques néolibérales du G7 et répéter à quel point ce club sélect de pays est illégitime. Il était donc de notre devoir de tenter de regrouper les organisations et les individus qui partagent notre point de vue et de planifier des actions non-violentes pendant le sommet. La dernière assemblée générale d'Attac a permis de lancer le mouvement, après qu'une résolution en ce sens ait été adoptée.

Tout est maintenant mis en branle. La Coalition pour un forum alternatif au G7 a été créée. Elle organise 12 heures d'activités, incluant un rassemblement, une conférence, une manifestation et un spectacle d'humour du Front commun comique contre le G7 (avec, entre autres, Fred Dubé et Guillaume Wagner). Je me permets de souligner le travail indispensable à la coordination de Ronald Cameron, membre du CA, qui a mis ses grandes capacités d'organisateur au service de l'évènement.

Les reproches qu'on peut adresser au G7 sont très nombreux ! Nous avons choisi de mettre de l'avant le problème des inégalités [1] . Le G7 crée une inégalité de facto entre les pays, puisqu'il rassemble derrière des portes closes quelques grandes puissances, alors que les autres pays sont rejetés. Ce groupe se permet pourtant de promouvoir des politiques affectant l'ensemble des populations dans le monde. Le G20, une version élargie du G7, à qui on ne confie plus rien d'important, reproduit le même problème, en excluant par exemple tous les pays d'Afrique, à l'exception de l'Afrique du Sud.

Les choix idéologiques du G7 ont surtout beaucoup contribué à accentuer les inégalités sociales, et cela depuis la création du groupe en 1995. Celles-ci continuent à s'accroître d'année en année, sans que le G7 n'entreprenne quoi que ce soit pour corriger la situation. Ce groupe refuse de mettre à l'ordre du jour des solutions à sa portée : éliminer la concurrence fiscale, éradiquer les paradis fiscaux, mettre en place une taxe sur les transactions financières et taxer le commerce électronique.

Pourtant, parmi les thèmes mis de l'avant par la présidence canadienne, on ose parler d'une « croissance économique profitable à tous » (c'est nous qui soulignons). Le G7 a toujours été un obstacle à l'atteinte de cet objectif, et rien ne laisse entendre qu'il y parviendra un jour, s'il ne remet pas en cause ses choix idéologiques. Ce groupe est depuis trop longtemps le champion des paroles en l'air et des promesses non tenues. Voilà pourquoi il demeure essentiel de continuer à manifester notre opposition au G7, avec constance, avec fermeté, pacifiquement, contre vents et marées s'il le faut.

[1] https://www.quebec.attac.org/spip.php?page=bulletin-html&id_rubrique=101

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Heureux qui comme Ulysse…

Jue, 21/06/2018 - 22:39

J'ai profité de la présente année pour assouvir une grande passion chez moi, celle des voyages. J'ai eu la chance extraordinaire des personnes de l'Occident aisé de pouvoir parcourir le vaste monde pendant des mois, avec le minimum de contraintes, contrairement à la majorité des gens sur cette terre, limités par les frontières, les visas, les revenus insuffisamment élevés et autres contraintes bureaucratiques ou de différente nature. Le chemin sera long avant d'en arriver à un peu plus de justice dans ce domaine…

Mélanges de thérapie et d'aventures, plus efficaces que tous les antidépresseurs, les voyages sont pour ceux qui les aiment une grande bouffée d'oxygène dans une vie sévèrement soumise aux contraintes d'un travail qui relève de trop souvent de l'obsession, dans notre monde axé sur la performance.

Qui voyage s'instruit et s'enrichit, dit-on. Aujourd'hui, toutefois, tout voyageur est la plupart du temps confiné à l'univers étroit du tourisme, auquel personne ne peut échapper, même dans la saison la plus creuse. Le touriste est inévitablement un envahisseur, mais surtout une inépuisable ressource, qui fait vivre une industrie aux mille facettes, toujours plus développée. Ce touriste, il faut l'isoler, l'encadrer, lui faire voir ce qu'il veut bien voir, très souvent lui cacher le vrai visage du pays visité (après tout, il doit se détendre, s'amuser, ne pas trop se confronter aux dures réalités des peuples qu'il visite). Et il faut bien sûr, si possible, lui faire cracher un maximum de fric. Donner du rêve et assurer sa survie, dans des conditions souvent difficiles, voilà le grand contrat social qui régit l'univers du tourisme, surtout dans les pays où une grande partie de la population est victime de pauvreté.

Le point de vue du touriste sur le pays visité demeure ainsi très limité. Même s'il connaît la langue parlée, s'il suit les médias locaux et entre en contact avec des personnes bien informées, ses connaissances demeureront hasardeuses. Toutes ses informations seront partielles et partiales, et il sera difficile de séparer parmi elles le bon grain de l'ivraie. Il en résulte souvent une grande insatisfaction pour les personnes captivées par la politique et concernées par la justice sociale : prendre le pouls d'un pays, bien connaître sa situation demande du temps, de l'étude, de très bons contacts et plus encore. Ce que permet rarement un voyage presque toujours trop rapide.

Un cas particulier : Pérou vs Équateur

C'est donc conscient de toutes ces limites que je me permets une courte réflexion sur deux pays que j'ai visités et qui m'ont fasciné, l'Équateur et le Pérou. Deux pays qui ont beaucoup en commun : un niveau de vie assez semblable, une géographie similaire, avec de vastes paysages andins, une grande forêt amazonienne peu peuplée, une côte du Pacifique qui regroupe une population nombreuse. Certes, l'Équateur est plus petit et se trouve quelque peu en périphérie de ce qui fut autrefois le vaste empire inca, puis le cœur de la colonisation espagnole dans la région. Mais surtout, en ce qui nous concerne, le Pérou est un indéfectible allié des États-Unis et un adepte des politiques néolibérales, alors que l'Équateur se distingue par ses politiques de gauche depuis l'arrivée de Raphaël Correa en 2007.

Il serait donc tentant de voir dans ces deux pays, du point de vue de la justice sociale, le bon et le mauvais élève. Mais la réalité, comme toujours, est un peu plus compliquée. Pourtant, ce qui frappe le visiteur en Équateur, c'est le nombre important de nouvelles infrastructures : gare routière rutilante, superbe aéroport à Quito, belles routes, hôpitaux modernes, alors qu'il existe peu d'équivalent au Pérou. Dans les banlieues de ce dernier pays, en particulier, on observe une flagrante pauvreté, des rues non pavées et poussiéreuses, des chiens errants et misérables… On peut donc penser qu'en Équateur, la richesse est mieux distribuée, ce qui n'est pas faux. Le pays a aussi profité d'une importante manne pétrolière (qui a cessé depuis de tomber), et s'est beaucoup réendetté, si bien que le problème de l'endettement, qui avait été en partie réduit par une politique audacieuse de Correa, est redevenu menaçant.

Mais le problème principal du gouvernement est d'avoir considéré tous ses opposants comme des adversaires à combattre et de s'en être pris plus particulièrement au mouvement social. Il est ainsi parvenu à affaiblir un grand nombre d'associations qui le contestaient pour de bonnes raisons par des ONG que lui-même finançait et qui se montraient forcément très complaisantes. Gouverner à gauche, mais en réprimant le mouvement social et en tordant le cou à la démocratie n'est certes pas ce qu'on attend d'un gouvernement progressiste. Le nouveau gouvernement de Lenine Moreno ne se montre pas aussi autoritaire et est même parvenu, par le biais d'un référendum aisément gagné, à empêcher tout retour à la présidence de Correa. Mais cela s'est fait au prix d'un rapprochement avec la droite qui en inquiète plusieurs.

Au Pérou, les inégalités sociales semblent plus visibles aux yeux des visiteurs. Des problèmes très graves nous ont été signalés, comme le budget de l'éducation publique, qui demeure près de 3% du PIB. Un si faible financement se fait aux dépens de tout le monde dans le pays : autant des élèves et des étudiants, qui peuvent ainsi difficilement avoir accès à une éducation de qualité, du personnel dans les écoles, qui gagne un salaire nettement insuffisant, et la population toute entière, pouvant difficilement profiter d'un savoir assez répandu pour permettre un meilleur développement.

Mais la réaction s'organise, bien que ce soit dans des conditions difficiles. À Puno, sur le bord du lac Titicaca, j'ai été témoin de deux journées intenses de grèves et de manifestations. Bien qu'il soit difficile de prendre l'exacte mesure de la vigueur du mouvement social, il m'a semblé que les Péruviens ne se résignent pas complètement à leur sort. La démission du premier ministre Pedro Pablo Kuczynski pour cause de corruption, au moment où je m'y trouvais, reste un signe que tout n'est plus permis dans ce pays, de la part des élites dominantes.

À circuler au Pérou et en Équateur, nous avons souvent l'impression de voyager dans des pays de géants. Tout y est d'extraordinaires dimensions : les volcans, les montagnes, les plateaux, les déserts, les vestiges du passé… Mais aussi les problèmes qui assaillent les populations : la corruption, la pauvreté, les atteintes à la démocratie. Venir à bout de ces problèmes est un défi colossal qu'il leur faut relever, avec un certain avantage pour l'Équateur, du moins pour le moment.

Persistance du néolibéralisme

Mais ce qui m'a surtout frappé au cours de mes pérégrinations, c'est de voir à quel point le néolibéralisme ressemble à un phœnix qui renaît sans cesse de ses cendres, et cela malgré l'insatisfaction qu'il entraîne et les catastrophes qu'il provoque. Cette situation a été dénoncée à l'Université d'été européenne des mouvements sociaux tenue à Toulouse en août dernier. Peu importe le pays dont il est question, il reste toujours des budgets à compresser, des services publics à privatiser, des accords de libre-échange à conclure. Ce système économique avance comme un char d'assaut, lentement et sûrement, imperturbable, à l'abris de tout. On sentait, pendant cette université d'été, une forme de découragement. D'autant plus que par un grand malentendu, c'est l'extrême-droite qui profite le plus de l'indignation généralisée. Et cela même si elle ne remet pas vraiment ce système en cause, ne propose rien d'efficace pour renverser la situation, et ne peut au contraire que la rendre pire.

Les difficultés de l'économie sont particulièrement grandes dans les pays du sud de l'Europe. Un ami d'Attac en Grèce nous a fait part des sacrifices des Grecs aux lendemains de la terrible crise dont ils commencent à peine à se relever : une perte généralisée du tiers de leurs revenus, déjà pas très élevés auparavant, en ce qui concerne les salaires et les retraites. Même les services offerts à la population, beaucoup moins efficaces qu'auparavant, perdraient quelque chose comme le tiers de leur efficacité. Mais des liens sociaux très forts dans ce pays ont réussi à éviter la catastrophe et ont permis aux gens d'encaisser de terribles coups.

De façon inattendue, parce qu'on a beaucoup moins parlé de cette région, le sud de l'Italie porte peut-être les marques plus visibles d'une crise qui n'en finit plus. La Sicile en particulier est victime d'un dépeuplement que vient compenser en partie une importante immigration africaine. Cette immigration comble de grands besoins, si bien que le racisme semble moins présent qu'ailleurs dans le pays ou en Europe. Mais le problème de la pauvreté demeure bien réel, l'économie est très fragile et la région, un peu ostracisée par le reste du pays — on l'a vu pendant les dernières élections en Italie — reçoit un faible soutien étatique.

À voyager ainsi dans de nombreux pays, on se dit qu'il ne serait pas si difficile de s'arranger pour que les choses aillent beaucoup mieux pour tant de gens. La soumission de ceux qui gouvernent aux classes dominantes a un peu partout la même conséquence d'empêcher les réformes axées sur les besoins réels des populations. Cela, bien sûr, on le sait en restant chez soi. Mais on l'éprouve aussi, avec force, à se déplacer longuement, même saisi par la fascination et le plaisir constants que procurent les voyages.

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G7 : bravo à toutes et à tous, belle mobilisation !

Mié, 13/06/2018 - 16:30

MERCI À TOUTES ET TOUS POUR VOTRE SOUTIEN ET VOTRE PARTICIPATION LE 9 JUIN À QUÉBEC EN MARGE DU G7 !

Pour revoir en images et vidéos la journée, ainsi qu'avoir un aperçu de la couverture média, rendez-vous sur les médias sociaux, le site web, la page Facebook de la Coalition pour un forum alternatif au G7 ainsi que la page Facebook d'Attac-Québec.

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Victoire du côté d'Attac France !

Jue, 07/06/2018 - 23:17

Nous vous avons déjà parlé des actions des faucheurs et faucheuses de chaises en France. Voici les dernières nouvelles concernant la militante Nicole Briand, qui était poursuivie pour avoir participé, avec une dizaine de militant·e·s, à une réquisition citoyenne de chaises afin de dénoncer l'activité de BNP Paribas dans les paradis fiscaux. Dans son jugement du 7 juin 2018, le tribunal de Carpentras reconnait qu'elle a mené une action de désobéissance civile, sans intention délinquante, qui ne saurait « être caractérisée comme du vol ». C'est une victoire pour l'ensemble des militant·e·s venu·e·s à Carpentras demander la #RelaxePourNicole et l'ensemble des citoyen·ne·s qui luttent pour la justice fiscale.

Pour Raphaël Pradeau, porte-parole d'Attac France : « Aujourd'hui, la justice reconnnaît que réquisitionner une chaise dans une banque qui pratique l'évasion fiscale ne peut pas être considéré comme un vol. Après le jugement du TGI de Paris en février 2018, affirmant que les actions d'Attac dans les magasins d'Apple relèvent de l'intérêt général, cette nouvelle décision judiciaire favorable nous encourage à continuer et amplifier les actions de désobéissance civile contre les banques et les multinationales qui organisent l'évasion fiscale. Face à l'inaction et à la complaisance des États, l'action citoyenne entreprise par Attac est reconnue, au travers de ce jugement, comme nécessaire et légitime. »

Lire le communiqué d'Attac France

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Attac en 2018, 20 années de luttes et ça va continuer de plus belle !

Jue, 07/06/2018 - 23:00

Le 2 juin, à Paris, Attac-France célébrait les 20 ans d'ATTAC avec un programme bien rempli ! D'autres groupes locaux en France soulignent aussi l'événement.

Attac a en effet été créée en juin 1998, à la suite de l'appel d'Ignacio Ramonet dans Le Monde Diplomatique pour s'opposer à la mondialisation financière et à la spéculation qui dévastent alors les pays dits « émergents » d'Asie. Définie par ses fondateurs comme une « association d'éducation populaire tournée vers l'action », elle est aujourd'hui présente dans une trentaine de pays et existe au Québec depuis l'année 2000. Composante majeure du mouvement altermondialiste, Attac met l'accent sur la solidarité internationale pour lutter contre l'emprise de la finance sur nos sociétés.

Nous vous invitons à parcourir cette page spéciale, qui contient articles et entrevues au sujet des défis et victoires de l'association, dans une perspective assez centrée sur Attac France.

Joyeux 20 ans ATTAC !

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Trump et la fin de la mondialisation

Mié, 06/06/2018 - 19:27

« L'imposition de tarifs sur l'acier et l'aluminium par le gouvernement américain suscite des émois dans le monde, particulièrement en Amérique du Nord, où le Canada et le Mexique tentent de renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Un peu partout, on a l'impression qu'on est en voie de retourner au protectionnisme, donc en rupture avec les politiques libre-échangistes qui dominaient le cycle de mondialisation néolibérale amorcé dans les années 1980. »

Lire ce texte complet cosigné par Pierre Beaudet et Ronald Cameron, respectivement professeur au Département de sciences sociales à l'Université du Québec en Outaouais et coordonnateur d'Attac-Québec, publié dans Le Devoir.

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BLOGUE « Bonne chance G7 ! »

Mar, 05/06/2018 - 15:38

« Les conversations seront lourdes derrière les portes closes du Manoir Richelieu. Peut-être que le G7, lieu d'un pouvoir illégitime, sera confronté à ses limites et se posera quelques questions sur son existence ? »

Lire ce nouveau billet de Claude Vaillancourt dans le Huff Post Québec et dans le Journal des Alternatives.

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Pourquoi se mobiliser face au G7 ? Le G7 accentue les inégalités !

Lun, 04/06/2018 - 18:21
Depuis ses tout débuts, le G7 contribue grandement à l'existence d'un monde très inégal. C'est là une raison importante de se mobiliser le 9 juin à Québec pour faire entendre la voix du 99 % de la population.

Petite histoire du G7


En 1975, le président français Valéry Giscard D'Estaing réunit au château de Rambouillet les chefs d'États des pays dits les plus industrialisés (les États-Unis, le Japon, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Italie et la France). Sous la pression du président états-unien Gerald Ford, le Canada est invité à se joindre au groupe l'année suivante, entre autres pour empêcher que la partie européenne ait trop de poids. Deux grands problèmes justifiaient ces rencontres : l'inflation et l'insubordination des puissances pétrolières. La Russie se joint au groupe qui devient le G8 de 1996 à 2014.

Devant la montée en puissance de pays comme la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud, et à cause de la crise économique des années 2007-2008, on a créé le G20, incluant 20 pays parmi les plus importants. Mais à cause de l'incapacité de ce groupe de s'entendre sur des solutions efficaces aux problèmes économiques, l'ordre du jour de ses réunions s'est considérablement réduit et l'attention est à nouveau portée sur le G7.

Le G7 et les inégalités

Le G7 est un club sélect et exclusif

Il faut pour y adhérer être une puissance économique occidentale. Dès le départ, le G7 est remis en cause pour son illégitimité. Il établit une hiérarchie entre les pays, qui distingue ceux qui sont puissants, idéologiquement bien alignés, et rejette ceux qui ne le sont pas.

Les politiques néolibérales adoptées par les pays de G7 ont grandement accentué les inégalités sociales

En soutenant le libre-échange, la dérèglementation, l'austérité budgétaire, les pays du G7 ont contribué à ce que les inégalités sociales soient en constante croissance et à un niveau jamais atteint depuis près de cent ans.

Le G7 refuse de s'intéresser à la justice fiscale

Les pays du G7 pourraient au moins assurer une plus grande justice fiscale : mettre fin au paradis fiscaux, éliminer la concurrence fiscale entre les pays, mettre en place une taxe sur les transactions financières. Ils en auraient le pouvoir mais refusent d'aborder ces sujets.

G7 version 2018 : de belles promesses

Comme toujours, cette année, le G7 cherche à montrer patte blanche et à lancer des propositions séduisantes. Peu de gens peuvent être en désaccord avec le programme de la présidence canadienne : « promouvoir l'égalité des sexes, l'autonomisation des femmes, l'énergie propre et la croissance économique profitable à tous. » Rien ne nous indique toutefois que ce programme sera suivi :

  • Le G7 s'est fait une spécialité des promesses non remplies. Ses intentions ne sont jamais suivies par la mise en place de mesures concrètes et contraignantes.
  • En 2005, au sommet de Gleneagles en Écosse, le G8 a lancé pour une rare fois une promesse chiffrée : 50 milliards de dollars à l'aide au développement. On ne s'est même pas approché de loin de ce montant.
  • Le bilan du G7 demeure très négatif : soumission aux vœux des grandes entreprises, fixation sur les mêmes choix idéologiques et incapacité d'entendre les critiques. Sans oublier l'accroissement majeur des inégalités.

Que faire alors ?

Il est essentiel de remplacer le G7 par un autre type de Forum, beaucoup plus légitime et qui n'exclurait aucun pays. Pourquoi ne pourrait-on pas, par exemple, s'inspirer de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques et créer, sur le même modèle, une conférence sur les inégalités sociales ?

Il est essentiel de continuer à se mobiliser contre le G7 et ses politiques. Pour faire entendre à ses membres, entre autres, que les inégalités de toutes sortes sont inacceptables et qu'il est urgent de trouver des solutions efficaces pour les éliminer.

Source : site de la Coalition CFA/G7

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En campagne pour contrer le démantèlement de notre filet social : nouveau dépliant de la Coalition Main rouge

Vie, 01/06/2018 - 17:14

La Coalition Main rouge s'est doté d'un plan d'action en vue de la campagne électorale québécoise de septembre et a produit un dépliant mis à jour de sa campagne Viser la justice sociale. Nous vous invitons à le découvrir et à le distribuer largement.

À la veille des élections générales au Québec, exigeons des partis en lice qu'ils s'engagent à récupérer notre trésor collectif auprès des plus nantis en instaurant une fiscalité plus progressive, et à réparer les dégâts causés aux services publics et aux programmes sociaux en y réinvestissant adéquatement !

Dépliant web pour lecture en ligne
Dépliant pour impression maison
Dépliant pour impression professionnelle
Dépliant en noir et blanc

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4,5 milliards de dollars d'investissements publics dans Kinder Morgan, c'est non !

Mar, 29/05/2018 - 21:11

Québec, le 29 mai 2018 – Quarante groupes issus du milieu environnemental, citoyen, syndical et des Premières Nations dénoncent vigoureusement le rachat du pipeline Trans Mountain de la compagnie texane Kinder Morgan pour 4,5 milliards $ annoncé ce matin par le gouvernement de Justin Trudeau. Le gouvernement fédéral échoue à être le leader de la lutte aux changements climatiques qu'il se targue d'être à l'international.

En devenant propriétaire du pipeline Trans Mountain, le gouvernement fédéral tourne définitivement le dos au respect de l'Accord de Paris et va à l'encontre de ce que nous dicte la science du climat. Alors qu'il y a plus que jamais urgence d'investir dans une transition énergétique juste, respectueuse des Premières Nations, des travailleurs-euses et des communautés, ce gouvernement fait clairement le choix de continuer à enfoncer l'économie canadienne dans une énergie du passé.

Le 15 mai, plus de 120 personnalités publiques et organisations, représentant au total plus de deux millions de sympathisants à travers le Canada, publiaient une déclaration affirmant leur opposition au projet Trans Mountain et exhortaient le gouvernement à investir dans une transition écologique juste. Aussi, ce dimanche, nous étions plus de 1000 personnes, malgré la pluie, rassemblées à Montréal pour dire non à Kinder Morgan. Ces événements s'inscrivent dans un mouvement pancanadien d'opposition à ce projet que le gouvernement Trudeau ne peut continuer à ignorer sans bafouer le droit des Premières Nations et des communautés à donner leur permission ainsi que le droit des provinces en matière de protection de leur environnement. La mobilisation continue.

INFORMATIONS

Anne-Céline Guyon – coordonnatrice du Front commun pour la transition énergétique

(581) 989-0815

Voir la liste complète des signataires, dont ATTAC-Québec fait partie, en cliquant ici

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Dans le journal Métro : « La société civile organisera son G7 alternatif »

Dom, 27/05/2018 - 21:53

Pendant que les sept dirigeants les plus puissants du globe seront réunis dans deux semaines à La Malbaie, des groupes citoyens, syndicaux et communautaires organiseront un G7 alternatif et festif pour promouvoir une autre vision du monde. (...)

« Le G7, c'est le champion des promesses non tenues, de la soumission aux intérêts des entreprises et de l'incapacité d'écouter des critiques. C'est pour ça qu'on veut être présent, pour faire part de nos critiques », plaide le président de l'Association pour la taxation des transactions financières pour l'aide aux citoyens (ATTAC Québec), Claude Vaillancourt. Lire cet article paru dans le journal Métro.

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Dans La Presse, Le Soleil, Le Droit : « SOMMET DU G7 À LA MALBAIE Mobilisons-nous contre les inégalités ! »

Jue, 24/05/2018 - 09:30

Un texte collectif signé par 20 organisations dont nous sommes, publié dans La Presse +, Le Soleil et Le Droit, invitant à manifester contre le G7, le 9 juin.

« Le Sommet du G7 réunit chaque année le club des sept pays parmi les plus riches de la planète. Il se veut un forum à l'enseigne de la coopération. Utilisera-t-on cette collaboration pour traquer les voyous de la finance qui profitent sans vergogne des paradis fiscaux ? Sans surprise, cette question n'est pas à l'ordre du jour ! » Lire le texte au complet

Ronald Cameron et Claude Vaillancourt d'ATTAC-Québec sont aussi cités, parfois mal, dans cet article de La Presse du 23 mai. Le ton est malheureusement trop négatif. Manifester est un droit et plusieurs l'exerceront face à un G7 qui doit être remis en question ! Lire « G7 : les gens ont peur de manifester »

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Dernier appel pour réserver une place dans un autobus de la Coalition pour un Forum alternatif au G7 le samedi 9 juin !

Mié, 23/05/2018 - 18:40

Des autobus en provenance de Montréal et Trois-Rivières convergeront à Québec le 9 juin pour le Forum 12 heures uni-e-s face au G7, faisant des trajets aller-retour dans la même journée.

De MONTRÉAL, tous les départs sont au plus tard à 9 h samedi. Un autobus partira de la CSN (1601 De Lorimier, métro Papineau) et un autre de l'Alliance des professeures et professeurs de Montréal (8225 boul St-Laurent, à 10 min. du métro Jarry). Nous vous suggérons d'amener votre lunch et votre bouteille d'eau. C'est gratuit et l'aller-retour s'effectue dans la même journée le 9 juin. Deux retours de Québec seront possibles : après la manifestation et après le spectacle.

Pour réserver votre place, cliquez ICI.

Pour le formulaire de réservation de places dans un autobus partant de TROIS-RIVIÈRES, cliquez ICI

Sherbrooke : il n'y aura pas d'autobus partant de Sherbrooke.

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