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Attac s'engage pour la justice sociale et environnementale et mène des actions contre le pouvoir de la finance et des multinationales. Mouvement d'éducation populaire, l'association produit analyses et expertises, organise des conférences, des réunions publiques, participe à des manifestations… Attac est présente dans une cinquantaine de pays ; Attac France compte près de 10 000 membres et plus de 100 comités locaux.
Actualizado: hace 2 horas 30 mins

Grève mondiale pour le climat : c'est un changement de cap qu'il faut imposer

Vie, 24/05/2019 - 15:35

Ce vendredi 24 mai est organisée la deuxième grève mondiale pour le climat. Des dizaines de milliers de jeunes défilent en ce moment partout dans le monde à l'occasion de 1500 rassemblements dans 118 pays. Attac France soutient depuis son lancement la mobilisation des jeunes pour le climat en France.

À Paris, un cortège avec une abeille géante s'est élancé depuis la Place de l'Opéra pour dénoncer la toxicité des multinationales comme Bayer-Monsanto. Après avoir occupé leur siège mercredi 22 avril, les militant·e·s réclament la fin de l'impunité des multinationales, principales responsables des dérèglements climatiques. Au greenwashing généralisé porté par les décideurs politiques et économiques, il est urgent de substituer des décisions qui permettront à toutes et tous d'accéder à une vie décente sur une planète vivable.

Pour Maxime Combes, porte-parole d'Attac sur les enjeux climatiques, « face à l'urgence climatique, les experts sont unanimes, il est indispensable de repenser profondément nos modes de production, de consommation, de déplacement. Mais cette transition ne peut se faire sur le dos des plus démuni·e·s. Ni dans nos pays, ni dans les pays du Sud. Attac a formulé 14 propositions pour engager une véritable transition écologique et sociale. Or, derrière des mises en scène électorales, Emmanuel Macron et son gouvernement nous font perdre du temps : le "conseil de défense écologique" réuni ce 23 mai a accouché d'une souris. »

Pour Raphaël Pradeau, porte-parole d'Attac, « l'irresponsabilité des entreprises multinationales ne doit plus trouver asile dans l'irresponsabilité des États et des gouvernements. Face à leur inertie, renforçons et amplifions ces mobilisations citoyennes. Multiplions également, dans le même temps, les actions citoyennes contre l'impunité des multinationales. Elles mettent en péril la planète, la biodiversité et la santé des paysan·ne·s et des citoyen·ne·s en profitant de pouvoirs exorbitants qui leur ont été confiés au cours des dernières décennies. »

Attac, avec ses partenaires va continuer à se mobiliser pour une véritable transition écologique, juste socialement. De nouvelles actions contre l'impunité des multinationales seront organisées prochainement. Nous donnons également rendez-vous au contre-G7 que nous organiserons à Hendaye du 21 au 25 août pour se mobiliser face aux sept grands pyromanes de la planète.

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[Revue de presse] Occupation du siège de Bayer-Monsanto

Jue, 23/05/2019 - 21:32

Mercredi 22 avril, des militant·e·s d'Extinction Rebellion, de la Confédération Paysanne, de RadiAction et d'Attac ont occupé le siège de Bayer-Monsanto. L'objectif, montrer le vrai visage de cette multinationale toxique pour les citoyen·ne·s, les paysan·ne·s, la biodiversité et la planète. Pour ce faire, les activistes ont installé une scène de chaos environnemental et sanitaire en plein cœur du siège de la multinationale.

Sommaire A la télévision En vidéos

Opération « nature morte » contre les pesticides au siège de Bayer à Paris, L'Obs

Une scène de nature morte au siège de Bayer-Monsanto pour dénoncer l'impact de leurs produits sur la biodiversité pic.twitter.com/XTrMW8Jcl2

— Yahoo Actualités (@YahooActuFR) 22 mai 2019

Des militants au sol sont déguisés en abeilles alors que d'autres miment la projection de pesticides pic.twitter.com/rJlfEoMJZy

— Yahoo Actualités (@YahooActuFR) 22 mai 2019

pic.twitter.com/eGYVWOAxCV

— Yahoo Actualités (@YahooActuFR) 22 mai 2019

DIRECT - Des militants @attac_fr occupe le siège de #Bayer #Monsanto pic.twitter.com/3Zd8xkzAvZ

— Clément Lanot (@ClementLanot) 22 mai 2019

Les articles de presse

Crédits photos : Armand Lacroix

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Bayer-Monsanto : vous accompagner du champ jusqu'au cancer

Jue, 23/05/2019 - 17:35

Découvrez ci-dessous notre CV, élaboré en toute transparence.

Multinationale composée du géant chimique allemand Bayer et de l'entreprise agrochimique américaine Monsanto, acquise en juin 2018 pour 63 milliards d'€, nous sommes spécialisés en biotechnologie, chimie, semences OGM et pesticides.

Consultez notre CV ci-dessous, ou téléchargez-le en cliquant sur ce lien

Ensemble mettons un terme à l'impunité des multinationales :

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Vidéo : opération « Nature morte » au siège de Bayer-Monsanto

Jue, 23/05/2019 - 12:37

Retour en vidéo sur l'action menée mercredi 22 mai au siège de Bayer - Monsanto à La Garenne Colombes (Hauts de Seine).

???? Pour prolonger la révolte des abeilles, RDV vendredi 24 dans le cortège parisien de l'abeille géante ???? https://www.facebook.com/events/645528105912548/

Retrouvez la carte internationale des manifestations prévues pour la « grève mondiale pour le climat » ???? https://www.fridaysforfuture.org/events/map

???????? Avec Attac France (Officiel), Extinction Rebellion France, Ende Gelände France et la Confédération Paysanne

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Attac interpelle le Medef sur le libre-échange, les inégalités, l'évasion fiscale et le climat

Jue, 23/05/2019 - 12:22

Ce 22 mai, Esther Jeffers et Dominique Plihon, membres respectivement du conseil scientifique et du CA d'Attac, ont rencontré, à sa demande, Geoffroy Roux de Bezieux, président du Medef, qui était accompagné de Christine Lepage, responsable de la direction internationale et de Guillaume Leblanc, responsable de la direction des affaires publiques.

Les représentants d'Attac ont indiqué d'emblée qu'ils souhaitaient aborder quatre questions, au centre des objectifs d'Attac.

Attac a affirmé son opposition au libre-échange généralisé et, en particulier, aux traités de libre- échange entre l'Union européenne et les pays africains (APE), le Canada (CETA), le Japon (JETA) et les États-Unis-Unis (TAFTA). Attac considère que ces traités sont conclus d'abord dans l'intérêt des multinationales, et non dans celui des populations, car ils se traduisent notamment par un nivellement vers le bas des normes sociales, sanitaires et écologiques, et par une réduction de la souveraineté des États et de leur capacité de régulation. La réponse du Medef est qu'Attac se trompe de cible, car ces questions de normes sont secondaires, et le vrai défi est la montée en puissance de la Chine.

Attac a ensuite interpellé le Medef sur l'inégalité de genre au sein des entreprises, avec les écarts de salaires de 9% à travail égal entre les femmes et les hommes, et de 25% en moyenne tous postes confondus. Le Medef a répondu que cette question était en voie de résolution par la loi Pénicaud qu'il soutient. Attac a également interrogé le Medef sur la mise en place d'un congé paternité plus long, obligatoire et mieux rémunéré. La réponse du Medef est que cette mesure ne peut avoir lieu sans un allongement de la durée du travail.

Attac a, en troisième lieu, demandé au Medef d'expliquer comment il se positionne sur la lutte contre l'évasion fiscale qu'il déclare ne pas cautionner. Le Medef s'oppose à la fraude fiscale, mais pas à l'optimisation fiscale agressive, pourtant une source importante d'évitement fiscal des grandes entreprises. L'existence de cette évasion fiscale est considérée comme normale par suite du manque d'harmonisation des législations fiscales nationales, et du niveau excessivement élevé des prélèvements obligatoires en France.

Enfin, Attac a interrogé le Medef sur sa politique face à l'urgence environnementale et climatique, son président ayant évoqué publiquement la responsabilité sociale des entreprises à ce sujet. Attac a demandé si le Medef était favorable à l'obligation d'un reporting transparent et vérifiable des entreprises sur leurs objectifs de réduction d'émission de CO2, et sur la suppression des exonérations fiscales concernant les sites les plus polluants en France. La réponse du Medef est qu'il n'est pas climato-sceptique, qu'il est favorable à la taxe carbone, mais qu'une grande partie des difficultés provient du comportement des usagers, en citant les difficultés à appliquer une taxe sur le prix des canettes.

L'échange jugé « musclé » par Geoffroy Roux de Bezieux, qui a qualifié d' « irréalistes » les positions d'Attac, a montré sans surprise l'ampleur des divergences de vues entre le mouvement altermondialiste et le Medef.

Categorías: Attac Planet

Opération nature morte au siège de Bayer-Monsanto

Mié, 22/05/2019 - 09:39

Le mercredi 22 mai à 8h, 70 militant·e·s d'Attac, de la Confédération paysanne, d'Extinction rebellion et de RadiAction ont envahi le hall d'entrée du siège de Bayer-Monsanto France, à La Garenne-Colombes (Île-de-France), pour y installer une scène de chaos environnemental et sanitaire.

Vétu·e·s de combinaison blanches, les activistes ont dénoncé les ravages causés par Bayer-Monsanto qui engendrent une société toxique pour les paysan·ne·s, les citoyen·ne·s, la biodiversité et l'environnement.

Le 6 mai dernier, la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) publiait un nouveau rapport démontrant que « La nature et ses contributions à la vie des peuples se dégradent partout dans le monde ». Après le dernier rapport du GIEC, tout aussi alarmant, une chose est sûre : malgré les alertes, nous sommes en train de perdre la bataille pour une vie décente sur une planète vivable.

Si les transformations nécessaires ne vont pas assez vite, c'est notamment parce que des multinationales comme Bayer-Monsanto font passer leurs intérêts et les dividendes de leurs actionnaires avant celui des peuples et de la planète. Leurs lobbies influencent directement les gouvernements, trop faibles ou trop complaisants, dans le but de freiner toute législation qui entacherait leurs bénéfices. Leurs équipes n'hésitent pas à falsifier des études scientifiques, par exemple pour contrer la classification du glyphosate par le CIRC [1], comme « cancérigène probable » pour l'homme. Leurs communicants vont jusqu'à ficher illégalement les journalistes, activistes ou politiques pour mieux les influencer, les corrompre ou les faire chanter. [2]

Aujourd'hui, nous n'avons plus le luxe d'attendre. Il est urgent de mettre des multinationales comme Bayer-Monsanto hors d'état de nuire. Pour y arriver, nous devons accentuer la pression citoyenne pour que Bayer-Monsanto reconnaisse enfin la dangerosité de ses produits, pour que les victimes de ses produits toxiques obtiennent des réparations et, surtout, que se mettent en place les outils pour soutenir et accélérer la sortie des pesticides afin que les paysan·ne·s puissent travailler sans mettre en péril leur santé, la planète et la biodiversité.

Nos quatre organisations appellent à participer à la grève mondiale pour le climat partout en France ce vendredi 24 mai. Mais marcher ne suffit pas et il faut amplifier les actions citoyennes pour lutter contre l'impunité de ces multinationales et engager des changements profonds des politiques publiques afin que nous puissions toutes et tous aspirer à une vie décente sur une planète vivable.

Récit de l'action :

Arrivés à 8h les militant·e·s ont occupé pendant 1h le hall central du siège de Bayer-Monsanto.
Des paysan·ne·s, et des activistes déguisés en abeilles ont ensuite réalisé un "die-in" pour symboliser l'impact des produits de Bayer-Monsanto sur leur survie.

Les abeilles étaient également venues rappeler qu'un tiers de la production alimentaire mondiale dépend des pollinisateurs qui sont victimes d'une hécatombe sans précédent du fait notamment de l'utilisation massive de pesticides.
Ces pollinisateurs ne sont pas les seules victimes de ces poisons. Le 13 mai 2019, le tribunal de Californie, a condamné Bayer-Monsanto a une amende de 2 milliards de dollars pour les cancers de Alva et Alberta Piliod, utilisateur et utilisatrice du Roundup. En France, en avril dernier, la cour de Justice de Lyon condamnait une fois de plus, Bayer-Monsanto pour l'empoisonnement de Paul François au pesticide Lasso. Ces condamnations doivent faire comprendre au gouvernement français que nous faisons bel et bien face à des pratiques toxiques.

Après les prises de paroles des quatre organisations les militant·e·s sont reparti·e·s avant 9h en laissant la scène symbolisant la « nature morte » installée dans le hall de Bayer-Monsanto.

Crédit photo : Elodie Sempere

[1] Centre International de Recherche sur le Cancer

[2] Voir l'article du Monde

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Vingtième numéro des Possibles, la revue éditée à l'initiative du Conseil scientifique d'Attac

Mar, 21/05/2019 - 11:35

Le vingtième numéro de la revue trimestrielle Les Possibles, éditée à l'initiative du Conseil scientifique d'Attac, est disponible. Retrouvez ci-dessous le sommaire de ce numéro et inscrivez-vous pour recevoir la revue.

Retrouvez le sommaire de ce vingtième numéro.

Les précédents numéro sont disponibles en ligne Numéro 1 ; Numéro 2 ; Numéro 3 ; Numéro 4 ; Numéro 5 ; Numéro 6 ; Numéro 7 ; Numéro 8 ; Numéro 9 ; Numéro 10, Numéro 11, Numéro 12, Numéro 13, Numéro 14 ; Numéro 15 ; Numéro 16 ; Numéro 17 ; Numéro 18 ; Numéro 19.

Éditorial : Notre drame de France (Jean-Marie Harribey, Jean Tosti)

L'embrasement de la cathédrale de Paris a réduit en cendres un pan du patrimoine commun de près de mille ans, mais il est intervenu juste au moment où s'effondre le modèle qui marque notre temps. Le temps où tout est ravalé au rang de moyens à faire de l'argent ; le temps où se dégradent les services publics, la protection sociale et le droit du travail ; le temps où le bien commun est laissé à l'abandon ou alors est marchandisé. Notre drame de France est là : l'actuelle présidence de la République est la pire de celles que nous ayons connues, parce qu'elle veut entériner à jamais la mainmise des marchés financiers sur le moindre espace social ou naturel, le ruissellement de la richesse du bas vers le haut et le renvoi de chacun à sa propre responsabilité des difficultés que la société lui inflige.

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Dossier : Lien entre l'évolution des rapports internationaux et la démocratie Tandis que le spectre de la guerre civile hante les États-Unis, (Yorgos Mitralias)

L'idée reçue qui veut que les Américains soient imperméables au socialisme a manifestement la vie dure dans la gauche européenne. En effet, trois ans après que le socialiste indépendant Bernie Sanders eut fait un carton, à tel point que la direction du Parti démocrate fut obligée de recourir aux pires tricheries pour le priver de sa victoire sur Hillary Clinton et de la nomination du parti à la présidentielle de 2016, force est de constater que la gauche européenne – de toutes sensibilités – continue de rester impassible devant la percée toujours plus spectaculaire des idées socialistes aux États-Unis. Alors, aucune surprise si elle montre peu d'intérêt pour les conséquences et les manifestations politiques et sociales de cette percée et n'arrive pas à profiter de leur impact en Europe et de par le monde.

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Trump, un impérialisme débridé (Pascal Boniface)

En annonçant, le 26 décembre 2018, que les États-Unis ne pouvaient plus être les gendarmes du monde – déclaration accompagnant l'annonce du retrait des forces spéciales américaines de Syrie et la diminution du contingent états-unien en Afghanistan –, Donald Trump a créé un choc dépassant en ampleur les habituelles secousses telluriques faisant suite à ses déclarations. Les alliés – européens, asiatiques et golfiques – ont de nouveau été atteints du syndrome de l'abandon.

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Une nostalgie maladive de tricontinentale ? (Bernard Dreano)

Les mouvements de gauche progressistes latino-américains ont toujours été confrontés à l'hostilité permanente de l'impérialisme américain et de ses affidés locaux. Les États-Unis sont intervenus directement (avec leurs forces armées ou via des milices) pour imposer des régimes plus ou moins fantoches, favorables à leurs intérêts, notamment en Amérique centrale et aux Caraïbes, et cela dès le XIXe et au début du XXe siècle.

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L'Amérique latine (Janette Habel)

L'Amérique latine vit un basculement géopolitique. L'hégémonie américaine connaît un déclin relatif, tandis que la pénétration économique chinoise s'approfondit. La baisse des prix des matières premières a entraîné une crise économique réduisant la base sociale d'appui des gouvernements nationaux populaires. Le gouvernement de Donald Trump est ses alliées de la droite radicale latino-américaine ont mis à profit les scandales de corruption touchant certains responsables politiques issus de la vague de gauche des années 2000 pour les discréditer, s'emparer du pouvoir et passer à l'offensive en mettant une œuvre une contre-réforme réactionnaire sociale et sociétale.

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Tournant conservateur et impasses des gouvernements « progressistes » en Amérique latine (Franck Gaudichaud)

Le sous-continent latino-américain est indéniablement entré dans une nouvelle période politique depuis quelques années, notamment depuis la mort d'Hugo Chávez en mars 2013 (et sa substitution par Nicolás Maduro) ; la défaite du kirchnérisme à l'élection présidentielle en Argentine, en novembre 2015 ; un mois plus tard, la large victoire de l'opposition au Venezuela lors des législatives, puis le coup d'État institutionnel contre la présidente Dilma Rousseff au Brésil, en août 2016, suivi par la déroute de son Parti des travailleurs (PT) aux municipales d'octobre de la même année ; la défaite d'Evo Morales au référendum pour sa possible réélection en Bolivie (février 2016).

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Le Brésil à reculons ? (Pierre Salama)

Prévoir un ou plusieurs futurs possibles pour le Brésil est aujourd'hui particulièrement malaisé pour deux raisons : l'une, spécifique, tient au contexte international particulièrement mouvant, l'autre, au choc politique que le pays connaît depuis l'élection d'un président désirant rompre avec le passé d'une manière particulièrement brutale et très souvent incohérente.

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Bienvenue dans la nouvelle révolution algérienne : un entretien avec Hamza Hamouchene (Hamza Hamouchene)

Entretien réalisé originellement en anglais par Omar Hassan avec Hamza Hamouchene pour la revue australienne Redflag, 17 avril 2019.

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La dangereuse trajectoire militaro-sécuritaire de la France (Claude Serfati)

« La capacité militaire de la France est au cœur de notre ambition », écrit Emmanuel Macron, dans sa « Préface » à La Revue stratégique de défense et de sécurité nationale 2017. Depuis quelques mois, les prises de position d'institutions internationales, parmi lesquelles l'ONU, la Cour européenne des droits de l'homme, et d'institutions nationales, mettant en garde contre l'accentuation sécuritaire et répressive du gouvernement Macron, se sont multipliées. Cet article propose une mise en perspective du dangereux cours militaro-sécuritaire emprunté par les gouvernements français depuis quelques années.

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Complicité de la France avec les dictateurs criminels en Afrique Centrale : Tchad, Cameroun (Odile Tobner)

Dans les pays francophones d'Afrique occidentale, il semble que les aspirations citoyennes arrivent à se manifester, avec des fortunes diverses, dans la vie politique. Le Sénégal, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le Bénin, ont connu des épisodes variés, parfois prometteurs, parfois décevants, parfois victorieux, parfois écrasés, mais qui permettent un véritable espoir de progrès, sous l'impulsion de mouvements populaires.

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Quand les multinationales s'autorégulent elles-mêmes (Isabelle Bourboulon)

Le 25 janvier dernier, la rupture du barrage désactivé de Brumadinho dans la région du Minas Gerais (« mines générales », en français) contenant 12,7 millions de m3 de déchets miniers a fait 300 morts et provoqué un tsunami de boue. L'entreprise minière Vale, propriétaire du barrage, s'est rapidement défendue par la voix de son président, Fabio Schvartsman, en ces termes : « Vale est un joyau brésilien qui ne peut être condamné pour un accident qui s'est produit dans l'un des barrages, aussi grande que fut la tragédie ». Faisant preuve d'un mépris souverain, M. Schvartsman est resté ostensiblement assis au cours de la minute de silence qui, en audience publique devant les députés, a salué la mémoire des victimes, alors que tous les autres participants s'étaient levés.

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Usine Ford : toujours en lutte contre la fermeture (Philippe Poutou)

L'homologation par l'État du plan de licenciements et de fermeture de l'usine Ford, le samedi 4 mars2019, a acté la fermeture de l'usine. Ni les médias ni personne n'en parlent plus publiquement. C'est comme si tout était plié, comme s'il fallait passer à autre chose. Comme si la liquidation de cette usine avec la disparition de ses 870 salarié.e.s directs,avec en plus celle d'environ 2000 emplois induits dans la région, n'était pas si grave et qu'on allait vite s'en remettre.

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La dérive vers un État autoritaire : quelles résistances organiser ? (Commission Démocratie d'attac)

Des milliers de manifestants blessés, dont des personnes mutilées à vie, des centaines de poursuites judiciaires et de condamnations immédiates, la répression du mouvement social, et singulièrement des Gilets jaunes, sont des faits désormais avérés. Syndicalistes, jeunes, journalistes, observateurs, street medics, autant de catégories directement impactées. Ce phénomène s'inscrit dans une tendance lourde de la gestion de l'ordre public en France, qui s'exerce historiquement et en premier lieu à l'encontre des quartiers populaires. Cette situation nécessite une stratégie de résistance d'envergure.

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Pour des politiques en faveur des femmes dans l'Union européenne (Commission genre d'attac)

À l'heure du renouvellement du Parlement européen de mai 2019, Attac constate l'absence de propositions et d'avancées fortes de l'Union européenne en faveur de l'égalité femmes-hommes, et souhaite contribuer au débat en présentant plusieurs revendications. En plus des exigences universelles liées aux droits des femmes (liberté de disposer de son corps, droit à la contraception et à l'avortement, lutte contre la prostitution et contre toutes les violences) et pour lesquelles il reste encore beaucoup à faire, des mesures volontaristes sur quatre thématiques nous semblent incontournables pour parvenir à de véritables progrès dans la condition des femmes européennes : des services publics d'accueil de la petite enfance et d'aide à la prise en charge des personnes dépendantes, la mise en œuvre de mesures volontaristes pour l'égalité, un partage égalitaire de la prise en charge des enfants dans la sphère familiale, et le droit de vivre dans un environnement sain.

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Débats Sur la comparaison internationale des « dépenses publiques » : notre comptabilité nationale induit-elle en erreur ? (Francisco Vergara )

Une des questions les plus disputées chez les économistes est celle du rôle et de la taille que le secteur public doit avoir dans un pays riche et développé comme la France.
L'importance de cette question se comprend, car l'histoire des nations est remplie d'exemples d'un secteur (ou d'une branche) devenant trop grand, ou restant trop petit, freinant la croissance ou rendant l'économie plus vulnérable. Un cas récent est celui du « secteur des sociétés financières », dont la taille a doublé dans plusieurs pays pendant la vingtaine d'années qui a précédé l'effondrement économique de 2008.
Il est légitime donc de se demander si ce n'est pas aussi le cas, en France, du « secteur des administrations publiques ». Mais l'argument le plus souvent utilisé par ceux qui avancent cette thèse n'est pas sérieux.

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Du village à Megalopolis : pour une critique du gigantisme (Ilaria Agostini)

L'environnement de la vie humaine et non humaine, objet privilégié de l'urbanisme, est au centre des préoccupations écologistes. Entre les années 1970 et 1980, les écologistes ont identifié les principes théoriques qui auraient pu guider la gestion des villes et des territoires, et être mis en pratique dans des expériences micro-territoriales, germes d'autres mondes possibles.
Mais une idéologie dominante couronne Megalopolis comme la seule forme possible de vie ensemble. Politiquement incarnée dans la « ville-État », un néo-écosystème artificiel qui centralise le pouvoir économico-politique de macro-régions désertes, Megalopolis plonge la planète dans l'abîme de l'écocide.

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L'enjeu stratégique européen - Débats nécessaires et possibles dépassements de choix binaires piégés (Catherine Samary)

La proximité des prochaines élections européennes a catalysé la production de plusieurs ouvrages collectifs partageant une optique anticapitaliste et internationaliste, ainsi qu'une caractérisation radicalement critique de l'UE : c'est vrai du livre d'Attac-Copernic comme de celui du Collectif « Chapitre 2 » qui ont l'objet à Paris d'une présentation croisée le 13 mai. C'est également l'optique du recueil Europe alternatives démocratiques, Analyses et propositions de gauche que je voudrais commenter ici. Tous défendent l'idée – appuyée sur l'expérience de Syriza notamment – qu'une politique progressiste implique une confrontation et une rupture nécessaires avec les traités et politiques dominants.

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Les inégalités mondiales analysées par Branko Milanovic (Jacques Cossart)

Branko Milanovic a été, pendant plus de vingt ans, économiste au département de recherche de la Banque mondiale. Au cours de toutes ces années, les inégalités ont constitué le point nodal de ses préoccupations et investigations. Il publiait en 2016 Global inequality. L'édition française, Inégalités mondiales est préfacée par Thomas Piketty. En 2016, le livre fut classé dans le 12 top books du Financial Times, journal qui, pourtant, s'est récemment répandu en louanges de la politique à venir de Jair Bolsonaro !

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Les monnaies alternatives ? Mais alternatives à quoi ? (Alain Beitone)

Jérôme Blanc travaille depuis longtemps sur la monnaie et tout particulièrement sur les diverses expériences de monnaies alternatives. C'est ce terme qu'il utilise de préférence à celui de « monnaies locales » ou de « monnaies complémentaires » dans son livre Les monnaies alternatives. Sa connaissance étendue de ce domaine lui permet une présentation nuancée de la diversité des expériences réalisées. Elle lui permet également d'illustrer chacun des domaines étudiés par des exemples de mises en œuvre dans diverses régions du monde.

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Derrière les retraites, le travail. À propos du livre de Bernard Friot, « Le travail, enjeu des retraites » (Jean-Marie Harribey)

Chacun des livres de Bernard Friot est l'occasion de réfléchir à des questions cruciales pour comprendre la situation dans laquelle le capitalisme contemporain plonge les travailleurs. Je débats avec lui depuis une bonne vingtaine d'années. Nos chemins se sont croisés parce que nous avons, chacun de notre côté et comme beaucoup d'autres, tenté d'analyser la place du travail et des droits sociaux dans un système en crise. Pour ma part, au début dans le cadre d'une réflexion sur la soutenabilité sociale et écologique, puis à cause justement de la crise capitaliste, j'ai formulé une conception du travail productif dans la sphère monétaire non marchande, à l'encontre de la vision libérale mais aussi de la vision marxiste traditionnelle. De son côté, Bernard Friot, à partir de sa connaissance de l'histoire sociale, a procédé à une reformulation générale du sens de la cotisation sociale pour en faire le pivot d'une transformation communiste de la société.

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Revue des revues Revue des revues (Jacques Cossart)

Cette revue des revues aborde deux questions. La première concerne la dégénérescence progressive de la démocratie aux États-Unis. L'élection de Trump marque la mainmise des plus grandes fortunes sur la société. La seconde question porte sur le développement des inégalités dans le monde, dont la documentation est maintenant très abondante. Ces deux questions viennent conforter le compte rendu de lecture du livre de Branko Milanovic présenté dans la partie Débats.

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À l'attention des lecteurs, note sur le statut de la revue Les Possibles

La revue Les Possibles a maintenant quatre ans d'âge et sa diffusion progresse régulièrement. Nous rappelons qu'elle fut créée à l'initiative du Conseil scientifique d'Attac pour être un lieu de débat théorique sur la nécessaire transformation de la société, aujourd'hui minée par le capitalisme néolibéral. Dès lors, ouverte à toutes les personnes qui s'inscrivent dans cette perspective, elle est indépendante de l'association Attac, le contenu des articles est de la responsabilité de leurs auteurs et n'engage pas l'association. La diversité des sujets, des auteurs et des disciplines témoigne de la volonté de garantir le pluralisme des idées. Le choix des thèmes et le respect des règles du débat scientifique et démocratique sont assurés par un comité éditorial dont la composition figure à la fin du sommaire.
Le comité éditorial

Adresse

Attac, 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris

Directeur de la publication

Jean-Marie Harribey

Secrétariat de la rédaction

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Responsables techniques

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Contact avec la revue et soumission d'articles

Les propositions d'articles nouveaux ainsi que les contributions répondant à des textes publiés dans les numéros précédents de la revue doivent être adressées au secrétariat de la revue : revue-cs-secretariat@list.attac.org

La revue a noué un partenariat avec Mediapart à travers une « édition » créée sur ce site : http://blogs.mediapart.fr/edition/la-revue-du-conseil-scientifique-dattac. À chaque parution trimestrielle de la revue, un des articles sera mis en ligne sur Mediapart.

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Union européenne : décrypter et désobéir

Mar, 21/05/2019 - 08:47

Dans la cadre des élections européennes 2019, Attac a réalisé un dépliant pour décrypter le fonctionnement de l'Union européenne et proposer une stratégie pour mettre en œuvre une désobéissance aux traités européens. Vous pouvez télécharger l'intégralité de ce dépliant, en cliquant sur ce lien.

Sommaire Les lobbies

La puissance des lobbies a joué un grand rôle dans la construction européenne : les institutions communautaires sont sous leur influence et voient leurs décisions altérées. L'omniprésence des lobbies et leurs victoires révèlent un problème démocratique fondamental. Un pouvoir politique qui tend à satisfaire les intérêts privés, avant l'intérêt général, est par nature illégitime. Il est impératif de reconstruire un cadre de coopération entre États à l'échelle européenne qui traduit la volonté des peuples, afin de garantir l'échange et la solidarité entre les Européen·ne·s.

Un bon exemple de l'intervention des lobbies est le cas du glyphosate, pesticide cancérogène produit par Monsanto, dont l'interdiction est régulièrement reportée. Les travaux de la Commission s'appuient notamment sur une étude de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et une autre de l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA). Or l'EFSA et l'ECHA ne s'appuient pas sur des données publiques, mais sur des données venant de Monsanto. Monsanto a une force de lobbying très importante, comme les Monsanto Papers l'ont démontré.

Comment se construit une loi ?PNG - 87.7 ko Cliquez sur l'image pour afficher le dépliant en plein écranLes institutions de l'UE :PNG - 124.1 ko Cliquez sur l'image pour afficher le dépliant en plein écran
  • Conseil européen
    • membres : chef·fe·s d'État ou de gouvernement, président de la Commission européenne.
    • prérogatives : donner l'impulsion politique
  • Commission européenne
    • membres : fonctionnaires européens ; un·e commissaire par État membre
    • prérogatives : propose et met en œuvre les politiques de l'Union, soumet des directives et règlements, supervise l'application des lois
  • Le Conseil de l'UE
    • membres : ministres de chaque État membre
    • prérogatives : vote les directives et ratifie les traités internationaux
  • COREPER (COmité des REprésentants PERmanents )
    • membres : représentants permanents des États membres
    • prérogatives : prépare les travaux du Conseil de l'UE
  • Parlement européen
    • membres : élu·e·s par les citoyen·ne·s européen·ne·s
    • prérogatives : valide la composition de la Commission, adopte et modifie les propositions législatives, arrête le budget de l'UE
  • Cour de Justice de l'UE
    • membres : 28 juges, 11 avocats généraux
    • modalités de saisie : par la Commission, un État membre, le COR, une personne physique ou morale.
  • Comité des Régions
    • membres : 350 élus locaux ou régionaux
    • prérogatives : saisi pour avis pour tout projet législatif impactant les collectivités
  • Comité économique et social européen (CESE)
    • membres : représentants d'organisations de travailleurs et d'employeurs et d'autres groupes d'intérêts.
    • prérogatives : transmet des avis sur des questions européennes à la Commission, au Conseil de l'UE et au Parlement européen

La séparation claire des pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire) et l'existence de politiques validées par l'expression démocratique des citoyen·ne·s peinent à exister dans le cadre institutionnel de l'UE. Ce sont pourtant les conditions minimales de la démocratie. Commission européenne et Conseil européen peuvent ainsi se passer du contrôle citoyen.

Le vrai pouvoir exécutif est détenu par la Commission qui dispose de pouvoirs considérables (y compris dans la procédure législative). La Commission peut certes être censurée par le Parlement européen mais celui-ci ne maîtrise pas son ordre du jour. Le Parlement européen reste une institution avec trop peu de pouvoirs alors qu'il s'agit de la seule institution européenne élue au suffrage universel direct.

Désobéir !PNG - 135.8 ko Cliquez sur l'image pour afficher le dépliant en plein écran


Le cadre des traités, des directives et règlements actuels et leur versant néolibéral rendent impossible la mise en œuvre d'une transition écologique et sociale
. Pour autant, sortir de l'UE de manière unilatérale (Frexit) n'est pas l'option privilégiée par les altermondialistes car elle induit de multiples risques économiques et politiques. En outre, la dimension européenne reste pertinente pour traiter des enjeux écologiques et faire face au pouvoir des multinationales et des super-puissances.

3 leviers sont essentiels pour mettre en œuvre une autre coopération européenne dans l'intérêt des peuples : le levier institutionnel européen, l'action des mouvements sociaux, la rupture décidée au niveau national.

Le Parlement européen sert aujourd'hui de chambre d'enregistrement mais des eurodéputé·e·s peuvent y construire un rapport de force et des alliances. Ils peuvent jouer un rôle actif de contrôle et de dénonciation des politiques européennes en disposant d'une majorité pour bloquer l'avancée de certaines propositions législatives.

Face aux marchés financiers et aux pressions imposées par de multiples pays et lobbies, seule une mobilisation populaire d'ampleur pourra légitimer la désobéissance d'un ou plusieurs pays aux traités néolibéraux européens. Il est donc nécessaire de construire du lien entre les mouvements sociaux européens. Ceci nous permettra de porter largement une nouvelle conception de l'Europe, basée sur la solidarité entre les peuples et l'autodétermination.

La désobéissance, c'est-à-dire le refus d'appliquer les règles de l'Europe néolibérale au niveau national, est la clé de voûte d'une stratégie de rupture. Il faudra assumer l'ouverture d'une crise majeure, par la mise en place d'une politique nationale à l'encontre des règles de l'UE fondées sur la concurrence, l'austérité budgétaire et la protection des intérêts privés. Mais cela ne peut être synonyme de repli nationaliste ou identitaire. Il s'agit d'une désobéissance au nom de l'intérêt général, qui poursuive une politique de coopération internationale et de solidarité.

La carte des lobbies à BruxellesPNG - 726.2 ko Cliquez sur l'image pour afficher le dépliant en plein écran
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« La politique du Labour party s'appuie sur "l'ambigüité constructive" : ni blocage du Brexit, ni Brexit dur »

Mar, 21/05/2019 - 07:32

Fin février, un mois avant la date prévue de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (fixée au 29 mars), nous avons interrogé Josephine Grahl, syndicaliste britannique proche de Jeremy Corbyn.

Deux ans après le référendum sur le Brexit, quelle est la situation à un mois de la sortie officielle ?
Le Royaume-Uni connait une situation de crise qui se poursuivra certainement bien au-delà du 29 mars. L'accord de retrait négocié par Theresa May ne plait à personne – les Brexiteurs conservateurs de l'ultra-droite y sont opposés parce qu'ils sont contre le « backstop » qui préserve la frontière ouverte entre l'Irlande du Nord et la République irlandaise en cas de sortie sans traité commercial. Le gouvernement des conservateurs devenu minoritaire a le soutien de la DUP, parti d'extrême-droite des unionistes nord-irlandais. Le parti travailliste est opposé à l'accord car celui-ci proposait une sortie de l'union douanière, une sortie du marché unique, et peu de garanties sur les droits des migrant·e·s européen·ne·s et des ouvrier·e·s.

Le 15 janvier dernier, l'accord avait été refusé par le Parlement. Jeremy Corbyn avait alors proposé un vote de défiance, qu'il a perdu. Theresa May espérait alors que la menace d'un « no deal  » – sortie de l'UE sans accord – risquant de mener à une crise générale, notamment alimentaire et sanitaire, inciterait les parlementaires à voter son accord. La situation s'est par ailleurs compliquée avec la rupture de huit députés travaillistes (de la droite du parti) et trois conservateurs (relativement libéraux) pour former un groupe indépendant centriste au parlement. Ils ne font pas beaucoup de propositions positives ; ce qui unit ce groupe est son opposition au Brexit, mais ça complique l'arithmétique parlementaire. Il n'est par exemple pas clair, dans le cas d'un vote de défiance, si ce groupe voterait contre le gouvernement ou ferait abstention.

Est-ce que la question du Brexit dépasse les clivages politiques traditionnels ?
La majorité des électeurs conservateurs sont pour le Brexit et la majorité des électeurs travaillistes contre ; mais un sondage vient de montrer que « l'identité brexitaire » devient de plus en plus importante parmi les citoyen·ne·s britanniques. Le clivage conservateurs/travaillistes qui structurait depuis les années 1970 la vie politique britannique s'estompe pour laisser place à un autre clivage sur l'appartenance à l'Union européenne.

Comment ont réagi les syndicats et les mouvements anti-racistes ? 
Pour ce qui concerne les syndicats, la plupart d'entre eux sont opposés au Brexit, car d'importantes avancées pour les droits des ouvriers britanniques sont dues à l'Union européenne. Concernant l'autre point de votre question, il peut être noté que depuis le référendum, les incidents racistes se sont multipliés. Mais cela ne vient pas uniquement du Brexit. En 2012, le gouvernement de coalition conservateur-libéral avait introduit le «  Hostile Environment » (milieu hostile) aux migrant·e·s. Cela a par exemple conduit à ce qu'en 2018, des citoyen·ne·s du Commonwealth – en particulier ceux venant des Caraïbes – résidant depuis longtemps en Grande-Bretagne se sont vu refuser leur naturalisation malgré leur droit absolu à la citoyenneté britannique. Au même moment, le secrétaire d'État à l'Intérieur menait campagne invitant les migrant·e·s à retourner chez eux. Cela allait dans le sens d'une grande partie des électeurs qui ont voté pour le Brexit afin de limiter l'immigration.

Quelles sont les discussions à gauche ? Que ferait Jeremy Corbyn s'il gagnait les élections ?
La politique du Labour party s'appuie sur « l'ambigüité constructive » : ni blocage du Brexit, ni Brexit dur. Keir Starmer, nommé par Corbyn secrétaire d'État chargé du Brexit au sein du « cabinet fantôme travailliste », a précisé les conditions d'un accord de sortie, à savoir un Brexit très « soft » : maintien d'une union douanière et d'un régime proche du marché unique, défense des droits sociaux, sans restrictions sur la libre circulation. Un gouvernement travailliste pourrait aussi proposer un référendum sur l'accord final. Cette position serait probablement acceptée par l'UE. Le Brexit n'est pas un facteur important de division de la gauche ; les « brexiteurs » de gauche ne sont en effet qu'une minorité. Le clivage est plutôt entre les partisans d'un deuxième référendum, c'est-à-dire ceux qui soutiennent la campagne du « People's Vote », et ceux qui acceptent le résultat du premier référendum mais cherchent à obtenir la sortie la plus soft possible.

En ce début 2019, la situation politique est incertaine au Royaume-Uni. Des élections à brève échéance sont probables, mais avec des résultats imprévisibles, conservateurs et travaillistes étant au coude à coude dans les sondages. L'extension du processus de sortie, pour éviter le « no deal », prolongerait cette incertitude…

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Images de la marche mondiale contre Monsanto à Paris

Lun, 20/05/2019 - 15:09

Samedi 18 mai était organisée la 7e marche mondiale contre Monsanto. A Paris un cortège de plusieurs milliers de personnes s'est élancé depuis la Place de la République pour rejoindre la Place Stalingrad. Au sein de ce cortège des dizaines de militant·e·s d'Attac ont lancé « la révolte des abeilles contre Bayer-Monsanto » en distribuant un faux bon de réduction pour les produits Bayer-Monsanto et en défilant avec un char à 6 vélos sur lequel trônait une abeille géante.

Pour dénoncer l'impunité des multinationales climaticides et défendre la justice climatique Attac France appelle à participer à la 2e grève mondiale de la jeunesse pour le climat prévue ce vendredi 24 mai.

Crédits photos : Olivier Gollain et Elodie Sempere

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Dominique Plihon - Les stratégies illusoires sur l'Union européenne

Vie, 17/05/2019 - 19:03

Dans le cadre des élections européennes à venir, Attac vous proposera chaque semaine une nouvelle vidéo pour décrypter certains enjeux.

Aujourd'hui, Dominique Plihon nous parle des stratégies illusoires face à l'Europe néolibérale. Si réformer l'Europe à la marge n'est pas suffisant, la quitter n'est pas non plus une solution. Pour les économistes d'Attac, la désobéissance aux traités est donc nécessaire pour engager un rapport de force au sein des institutions et créer un nouvel idéal européen.

Réalisation : Guillaume Erceau

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Bayer-Monsanto : champion de l'impunité !

Vie, 17/05/2019 - 17:45

Pour dénoncer la responsabilité de Bayer-Monsanto dans les dérèglements climatiques et l'effondrement de la biodiversité, nous vous proposons faux bon de réduction, élaboré par la campagne « Stop à l'impunité des multinationales » qui dénonce l'impunité environnementale, fiscale, juridique et sociale de cette entreprise.

Merci pour nos résultats de 2018

+ 13 % de chiffres d'affaires soit 39 milliards d'€, dont 1,3 milliards d'€ en France
+ 8,7% de dividendes versés soit 2,611 milliards d'€

Notre secret ? C'est l'impunité !

Impunité fiscale

Prêts fictifs à des sociétés installées dans des paradis fiscaux comme le Panama ou les Bermudes ; délocalisation de nos bénéfices en Belgique pour payer moins d'impôts.

Impunité environnementale

Grace à nos produits phares : néonicotinoïdes tueurs de millions d'abeilles ; glyphosate destructeur de biodiversité, pyralène ou PCB dont la décontamination coûte des milliards d'€ aux collectivités.

Impunité sociétale

Falsification d'études scientifiques pour contrer la classification du glyphosate comme « cancérigène probable » pour l'homme par le CIRC* ; semences génétiquement modifiées imposées à des centaines de milliers de petits cultivateurs en Inde provoquant faillites et suicides.

Impunité juridique

Contestation de toute décision de justice qui nous condamne pour les atteintes à la santé humaine (cancers) comme à San Francisco pour le glyphosate, ou en France pour l'herbicide Lasso.

Nous remercions nos lobbyistes et avocats qui agissent pour nos seuls intérêts, les banques qui nous aident à dissimuler nos profits dans les paradis fiscaux et les gouvernements qui nous laissent faire.
Surtout merci à vous ! Cher·e·s client·e·s, qui continuez à utiliser nos produits malgré ces pratiques qui creusent les inégalités fiscales, sociales et environnementales.

Cela vous choque ? Vous voulez que ça change ?
Alors rejoignez la campagne « Stop impunité des multinationales ».

* Centre international de Recherche sur le Cancer

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Européennes : 561 candidat·e·s répondent à l'appel lancé dans le cadre de la campagne européenne “Stop impunité”

Vie, 17/05/2019 - 11:24

561 candidat·e·s aux élections au Parlement européen ont répondu à l'appel lancé par les 560.000 citoyens qui demandent “des droits pour les peuples, des règles pour les multinationales”. Ces candidat·e·s, issus de 8 listes différentes, s'engagent à promouvoir l'introduction de régulations contraignantes pour que les multinationales respectent les droits humains et l'environnement. 405 d'entre eux s'engagent également à mettre fin au système de justice d'exception dont elles bénéficient à travers les accords de commerce et d'investissement.

Le 22 janvier 2019, en marge du sommet de Davos, était lancée la campagne européenne « Stop Impunité : des droits pour les peuples, des règles pour les multinationales ». Une pétition initiée à cette occasion a déjà recueilli plus de 560.000 signatures.

A l'occasion des élections européennes, les 200 organisations issues de 16 pays européens membres de cette mobilisation interpellent les candidat·e·s au Parlement européen.

En France, ce sont à ce jour :
561 candidat·e·s, issus de 8 listes (79 d'En Marche, 79 de la France Insoumise, 79 d'EELV, 79 du Parti Socialiste / Place Publique, 79 du Parti Communiste, 79 de Génération.s, 79 de l'UDI et 8 d'Urgence Ecologie) s'engagent à renforcer les législations contraignantes, au niveau de l'Union européenne et des Nations Unies, afin de protéger les droits humains et l'environnement face aux dommages causés par les entreprises.

405 d'entre eux (1 d'En Marche, 79 de La France Insoumise, 79 d'EELV, 79 du Parti Socialiste / Place Publique, 79 du Parti Communiste, 79 de Génération.s, 1 de l'UDI et 8 d'Urgence Ecologie) soutiennent également l'appel pour mettre fin à l'arbitrage investisseur-État, un système de justice parallèle qui permet aux multinationales d'attaquer les États et de remettre en cause des politiques publiques d'intérêt général

Il reste encore 9 jours aux autres candidat·e·s pour apporter leur soutien à ces propositions.

Les organisations françaises membres de la campagne Stop impunité reprendront contact avec les élu·e·s au Parlement européen afin qu'ils mettent en œuvre ces engagements durant la prochaine mandature européenne. Elles appellent dès à présent les futurs eurodéputés à inscrire ces propositions à l'agenda des discussions de constitution des groupes au Parlement européen et d'en faire des lignes rouges de la feuille de route de la prochaine Commission.

Pour en savoir plus :
  • Les engagements pris par les candidat·e·s sont à retrouver ici
  • Le texte de la pétition et le dossier de presse de janvier 2019 sont ici
  • Le site en français de la campagne : www.stop-impunite.fr
Les organisations françaises membres de la campagne :

ActionAid France - Peuples Solidaires, aGter, Aitec, Alofa tuvalu, Alternatiba, Amis de la Terre France, Attac France, Banana Link, Bizi, Bloom, CADTM, CCFD-Terre Solidaire, Ceras, CGT, Collectif Ethique sur l'étiquette, Collectif Roosevelt, Collectif Stop TAFTA CETA, Comité Pauvreté et Politique, Commerce Équitable France, Confédération paysanne, CRID, Emmaüs International, Fédération Artisans du Monde, Fondation pour la Nature et l'Homme, Fondation Copernic, foodwatch France, FSU, France Amérique Latine, France Libertés, France Nature Environnement, Greenpeace France, I-Buycott, Institut Veblen, Ligue des droits de l'Homme, Max Havelaar France, le Mouvement, Notre affaire à tous, ReAct, Réseau Foi & Justice Afrique Europe, Secours Catholique - Caritas France, Sherpa, Sum of us, Syndicat de la Magistrature, Terre des Hommes, Union syndicale Solidaires, Wemove

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Contre le G7, pour un autre monde. Mobilisations du 19 au 26 août à Hendaye-Irun !

Jue, 16/05/2019 - 11:59

Du 24 au 26 août, sept chefs d'États parmi les plus riches de la planète (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada) se retrouvent à Biarritz, sous la présidence de la France.

Ces sept puissances, marquées par la montée de politiques de plus en plus autoritaires et bellicistes, se retrouveront pour perpétuer un système au service des multinationales et des 1% les plus riches.

Ces politiques mettent le feu à la planète, augmentant les inégalités et la pauvreté qu'elles ont générées et qu'elles entretiennent, détruisant le vivant et le climat, au mépris des droits humains fondamentaux. Avec un cynisme à toute épreuve, leurs dirigeants déclarent se donner comme objectif la lutte contre les inégalités.

Face à l'écran de fumée de leurs beaux discours, nous leur opposerons l'urgence sociale, démocratique et écologique.

Du 19 au 26 août, des initiatives alternatives sont organisées au Pays Basque. Nous y construirons des alternatives solidaires, écologiques, féministes, anti-racistes, décoloniales, et anti-impérialistes. Nous appelons toutes et tous à se mobiliser à Hendaye-Irun face au G7 pour construire un autre monde !

*Le programme et le contenu des mobilisations seront communiqués prochainement.

Plateforme Alternatives G7
contact@alternativesg7.org
https://alternativesg7.org

Les organisations membres :
  • Action Aid France
  • Adéquations
  • Amis de la Terre
  • Attac
  • Artisans du Monde
  • CCFD-Terre Solidaire
  • Collectif Droits des Femmes
  • Confédération Paysanne
  • CRID
  • Emmaus International
  • Fondation Copernic
  • Fondation France Libertés
  • Ingénieurs sans frontières
  • Ipam
  • Marche Mondiale des Femmes
  • Mouvement de la Paix
  • Ligue des droits de l'Homme
  • Oxfam
  • Sherpa
  • Solidaires
  • Ritimo
  • Réseau Foi et Justice Afrique – Europe

Ce communiqué a été rédigé en concertation avec la plateforme basque G7-EZ !
G7 EZ ! - Plateforme Pays Basque
Non au G7, pour un autre monde
info@g7ez.eus
www.g7ez.eus

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Fiche : Pour des politiques en faveur des femmes dans l'Union européenne

Lun, 13/05/2019 - 18:11

À l'heure du renouvellement du Parlement européen de mai 2019, Attac constate l'absence de propositions et d'avancées fortes de l'Union européenne en faveur de l'égalité femmes-hommes, et souhaite contribuer au débat en présentant plusieurs revendications.

En plus des exigences universelles liées aux droits des femmes (liberté de disposer de son corps, droit à la contraception et à l'avortement, lutte contre la prostitution et contre toutes les violences) et pour lesquelles il reste encore beaucoup à faire, des mesures volontaristes sur quatre thématiques nous semblent incontournables pour parvenir à de véritables progrès dans la condition des femmes européennes :

  • des services publics d'accueil de la petite enfance et d'aide à la prise en charge des personnes dépendantes,
  • la mise en oeuvre de mesures volontaristes pour l'égalité,
  • un partage égalitaire de la prise en charge des enfants dans la sphère familiale,
  • et le droit de vivre dans un environnement sain.

Le texte intégral, rédigé par la Commission Genre d'Attac est à retrouver ci-dessous.

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Fiche : La politique migratoire européenne

Vie, 10/05/2019 - 19:07

À l'approche des élections européennes, Attac vous propose ce décryptage de la politique migratoire européenne.

Les différents traités définissant le fonctionnement de l'Union, prévoient la libre circulation des personnes et des biens.

Il est clair que la libre circulation des personnes est mise en place avant tout pour permettre un fonctionnement optimal du grand marché unique (voir fiche sur le commerce). Il s'agit d'abord de permettre la circulation de la main d'œuvre. Les frontières intérieures ont donc été supprimées. Il est possible de voyager de Brest à Tallinn sans traverser de postes frontières…

Cette possibilité est offerte à toute personne circulant en situation régulière (sauf les personnes en attente de réponse de leur demande de titre de séjour). Cependant nous avons pu voir récemment que les frontières entre les états de l'Union pouvaient se rétablir rapidement (entre la France et l'Italie par exemple). Mais, si la libre circulation des personnes est garantie, elle n'est pas sans poser un certain nombre de questions.

Les migrations au sein de l'Union

Le principal flux migratoire que nous pouvons observer au sein de l'Union, est interne à l'UE. Il concerne essentiellement et massivement une migration Est –> Ouest. L'existence de ce flux migratoire, énorme, confirme que la liberté de circulation des individus est d'abord une circulation de main d'œuvre. Les pays des Balkans, ceux de l'Est européen, mais aussi la Hongrie et l'est de l'Allemagne perdent de nombreux (ses) travailleurs et travailleuses. Toutes et tous sont attiré-e-s par l'Allemagne (de l'ouest) d'abord, mais aussi la Scandinavie, le Royaume Uni et dans une moindre mesure la France et le Benelux.

Les causes de ces migrations internes sont principalement liées d'une part, au développement de l'agriculture intensive à l'Ouest. Cette agriculture inonde les pays de l'Est européen, détruisant ainsi les tissus agricoles locaux. Les paysans concernés n'ont d'autre solution que l'émigration. D'autre part, les produits industriels importés massivement détruisent le tissu industriel des pays de l'Est beaucoup plus fragile. Comme les agriculteurs, les ouvriers n'ont d'autre solution que l'émigration vers les pays de l'ouest européen.

Ces migrations Est –> Ouest s'accompagnent la plupart du temps (et mécaniquement) d'une baisse importante de la natalité, donc d'un vieillissement de la population. Le Monde Diplomatique de juin 2018 (dans un très bon dossier sur les bouleversements démographique en Europe) évoque la perte de millions de personnes dans ces pays de l'Est. La Croatie pourrait perdre 25 % de sa population ! Tout comme la Lettonie ou la Bulgarie, la Bosnie et la Lituanie (-20%), la Moldavie (-17%) ou la Roumanie (-14%) ! Cette dépopulation entraîne un flux d'immigration dans les pays d'Europe centrale, notamment en provenance d'Ukraine. Ainsi la Pologne qui s'est opposée à accueillir des réfugiés dans le cadre de la politique des quotas proposée par l'UE reçoit proportionnellement plus de migrants que l'Allemagne.

L'addition de ces deux phénomènes, produit des effets catastrophiques sur le plan économique, social et bien sûr politique. La montée des mouvements xénophobes est une des conséquences.

L'Espace Schengen

L'Espace Schengen est le territoire défini par les accords et leur convention d'application signés à Schengen en 1995. L'accord, la convention d'application, et les réglementations qui en découlent ont été introduits dans le droit européen par le traité d'Amsterdam signé en 1997 et entré en application en 1999. Signés en 1985 et en 1990, les accords de Schengen autorisent la libre circulation des personnes et harmonisent les contrôles des voyageurs au sein de l'espace constitué par ces États. Cet espace comprend les pays de l'Union, moins la Bulgarie, Chypre, la Croatie, l'Irlande, la Roumanie et le Royaume Uni. Il faut ajouter des pays hors UE : l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse. Et il ne faut pas oublier bien entendu les micro-états que sont le Vatican, Monaco et Saint Marin.

Depuis l'intégration de l'Acquis de Schengen dans le droit communautaire en 1997, la coopération Schengen rejoint le cadre juridique et institutionnel de l'UE. A chaque mesure prise en application de la Convention de Schengen correspond une base juridique dans les traités européens. Dans ce domaine, la Commission européenne a le pouvoir d'initiative, le Conseil des ministres décide à la majorité qualifiée et la procédure d'adoption des actes en matière de visa, asile et immigration est la procédure législative ordinaire.

Les accords de Schengen ont été la cible des réactions xénophobes de nombreux pays membres suite à la crise de 2015 sur l'accueil des réfugiés. Déjà en 2013 », ces accords avaient été renégociés pour permettre aux États de rétablir temporairement des contrôles aux frontières nationales en cas de « menace pour l'ordre public et la sécurité », en fait essentiellement pour interpeller des personnes migrantes. En 2015 plusieurs pays ont rétabli ces contrôles pour fermer leurs frontières aux réfugiés. La France n'est pas en reste puisqu'elle a militarisé sa frontière avec l'Italie pour refouler des migrants au mépris du respect de leurs droits fondamentaux : renvois sans respect des procédures légales, refoulement de mineurs isolés ou de demandeurs d'asile.

L'Agence Frontex a été créée en 2004 pour aider les États membres de l'Union européenne et de l'espace Schengen à sécuriser leurs frontières extérieures. Le budget et les moyens de cette agence ont été considérablement augmentés, et l'Union européenne a donné une priorité absolue à la lutte contre l'immigration « illégale ». Les migrants, toutes catégories confondues, sont considérés comme la source de risques, ce qui a justifié une politique de fermeture des frontières externes. Les modes de déplacement normaux ont été réduits par une politique restrictive de visas, contraignant les migrants à recourir à des voies de passages périlleuses, comme le montrent les plus 10 000 morts en Méditerranée depuis 2014. Cette politique livre les migrants aux passeurs, aux trafiquants et aux mafias.

L'Union européenne, sous l'impulsion de pays membres, a cherché à empêcher les migrants de venir en Europe en externalisant sa politique de contrôle aux frontières. L'accord UE-Turquie (2015) qui rémunère la Turquie pour retenir les migrants dans des camps et pour « réadmettre » sur son territoire les migrants dits illégaux expulsés des pays européens, a préfiguré une série d' »accords » avec des pays africains (Niger, Maroc, Libye,...). Ceux-ci en contrepartie de financements retiennent les migrants dans des camps dans des conditions indignes.

Le plus grand scandale a été l'accord passé avec les mafias libyennes pour que les garde côtes empêchent les sorties et pour enfermer les migrants dans des camps où ils sont livrés à l'esclavagisme et à la torture. D'une façon générale, l'enfermement des étrangers est devenu un élément essentiel de cette politique migratoire, qu'il s'agisse des « hotspots » en Grèce ou en Italie où ils sont détenus de façon arbitraire pendant des mois, ou de la politique des camps de rétention comme en France où des étrangers, voire des mineurs, sont illégalement privés de liberté.

Les migrations vers l'UE

Un·e migrant·e est une personne qui quitte le pays où elle est née pour aller vivre temporairement ou peut-être définitivement dans un autre pays. Cette migration peut avoir des causes différentes :

  • Des personnes migrent pour des raisons économiques, parce qu'il n'est plus possible de vivre décemment dans leur pays d'origine.
  • D'autres migrent pour des raisons politiques, parce que la guerre et/ou le régime en place chez elles leur rend la vie impossible.
  • Enfin, certaines personnes migrent parce qu'elles veulent découvrir et vivre dans d'autres pays, d'autres régions. Cette dernière catégorie de migrant·e·s ne représente qu'un nombre infime de personnes.

En règle générale, lorsqu'une personne souhaite migrer pour une raison économique ou de découverte, elle dépose une demande de séjour au préalable. Si cette demande est acceptée, la migration se passe sans difficulté. Si la demande est refusée et que la personne souhaite quand même migrer, elle rejoint alors le flux des réfugié·e·s, qui n'ont pas déposé de demande préalable.
Toutefois cette distinction entre « migrants économiques » qui auraient quitté leur pays par choix et les « bons réfugiés » contraints à l'exil par la guerre ou l'oppression politique sont discutables et faites surtout à des fins de tri par les pays d'arrivée pour légitimer le choix des personnes qu'ils accepteront ou rejetterons.

Nombre de migrant·e·s

Actuellement, le nombre total des migrant·e·s vers l'Europe est en forte diminution. Cette diminution fait suite à une très forte augmentation, notamment en 2015. Jusqu'en 2014, les entrées étaient limitées à environ 210 000 personnes par an. En 2015, ce sont 1 016 000 personnes qui sont entrées dans l'espace Schengen. En 2016 ces chiffres sont retombés à 363 000, à 172 000 en 2017 et 139 000 personnes en 2018 (source HCR). De son côté Eurostat annonce 649 855 dépôts de demande d'asile en 2017 (64 % de ces demandes sont déposées en Allemagne, Italie et France). Des chiffres très objectifs sont difficiles à obtenir. En effet, il y a souvent un mélange entre les arrivées clandestines (qui sont forcément estimées), les demandes d'asile, les autorisations de séjour délivrées, les étrangers vivant dans l'UE... Ces chiffres des entrants dans l'Espace Schengen sont à comparer aux presque 500 millions de personnes y habitant !

D'où viennent ces migrant·e·s ? Quelles sont les routes empruntées ?

Les migrations actuelles utilisent trois routes principales :

  • La route orientale qui permet le passage de la Turquie vers la Grèce
  • La route centrale de la Tunisie et la Libye vers l'Italie
  • La route occidentale depuis le Maroc vers l'Espagne.

La forte hausse des migrations de 2015 est essentiellement liée à la guerre de Syrie. C'est donc une majorité de syrien·ne·s et d'irakien·ne·s qui a fui par cette première route. Les deux autres routes concernent principalement des personnes originaires du sud-Sahara, du Soudan, d'Erythrée, d'Afghanistan.... La route la plus utilisée a d'abord été la route centrale. Depuis quelques temps (2018), c'est la route occidentale qui est la plus développée. Le changement de route utilisée pour les migrations est principalement lié à une plus grande étanchéité des frontières (turco-grecque dès 2016, et de l'Italie en 2018 avec le durcissement de la politique italienne.

Les législations en cours

Selon les règles européennes, lorsqu'un·e migrant·e arrive sur le territoire d'un État-membre de l'Espace Schengen, il doit faire une demande d'autorisation de séjour. Comme nous l'avons vu plus haut, ces demandes sont presque exclusivement des demandes d'asile. Dans cette demande il-elle doit expliquer les raisons qui l'ont forcé à quitter son pays ainsi que les risque qu'il-elle encourt à y retourner. Une commission statue ensuite pour accorder, ou non, ce droit d'asile.

Dès qu'une personne étrangère touche le sol d'un pays de l'Espace Schengen, elle doit déposer cette demande. Le dépôt de la demande la met alors en situation régulière, et il n'est plus possible de l'expulser. Mais elle doit déposer sa demande dans le premier pays par lequel elle est arrivée (règlement dit de Dublin), et elle ne doit pas quitter ce pays tant qu'elle n'a pas eu de réponse à sa demande. Si sa demande est acceptée, elle accède au statut de réfugiée. Elle dispose alors de la liberté de circulation prévue dans les accords de Schengen. Toutefois, elle n'accède pas automatiquement au droit de travail et d'installation dans tous les pays de l'Espace Schengen. Cette autorisation dépend de la législation propre à chaque état membre.

Si la personne est déboutée du droit d'asile, elle est peut être expulsée soit vers son pays d'origine si sa vie et sa liberté ne sont pas menacées, soit vers le pays par lequel elle est entrée dans l'UE. Cette dernière règle (dite de Dublin) a permis à de nombreux États, dont la France, de reporter sur la Grèce et l'Italie, par ailleurs victimes des politiques européennes d'austérité, le poids des arrivées de réfugiés.

Le droit d'asile se réduit comme peau de chagrin. En verrouillant l'accès des migrants à leur territoire, les pays européens leur interdisent du même coup le droit d'asile en violation de la convention de Genève sur les réfugiés. Par ailleurs, en systématisant des notions comme pays d'origine sûr », ou « pays tiers sûr », les États cherchent à faciliter les expulsions. Un grand nombre de déboutés du droit d'asile ne sont pas expulsés et deviennent des migrants « en situation irrégulière ».

Cette réglementation restrictive en ce qui concerne la liberté d'installation, produit deux effets :
Dans le cas de migrant·e·s économiques, il n'y a pas de dépôt de demande d'asile. Les personnes sont alors en situation irrégulière, ce qui constitue une main d'œuvre très bon marché. Selon les droits nationaux, des possibilités de régularisation existent. C'est le cas en France par exemple depuis la circulaire Valls du 28 novembre 2012 où il est possible d'être régularisé au bout de 3 ans de travail, ou 5 ans de présence et scolarisation des enfants depuis 3 ans. Comme les possibilités de régularisation sont faibles dans le pays d'arrivée, les arrivant-e-s vont plutôt poursuivre leur route vers les pays réputés avec un « meilleur » marché de l'emploi. Il y a donc une migration intra-européenne de ces personnes afin de tenter leur chance dans les pays scandinaves ou au Royaume Uni… Les mesures prévues pour « accueillir » dans l'UE les migrant-e-s sont définies par le règlement du Parlement européen et du Conseil européen du 26 juin 2013. C'est la traduction dans les textes des accords dits "Dublin III".


La révision du règlement de Dublin souhaité par la Commission achoppe sur les profondes divergences entre les États membres sur la politique d'accueil. Ce désaccord entre les États est parfaitement illustré par les échanges vifs entre Macron et Salvini, le premier reprochant au second sa politique de fermeture des frontières et de ne pas respecter le droit du sauvetage en mer, tandis que le second reproche au premier d'être hypocrite puisque la France a été un des pays européens les moins ouverts aux migrants lors de la vague de réfugiés et a laissé l'Italie se débrouiller avec, y compris avec le sauvetage en mer.

Chacun pour soi

En 2015, la Commission européenne a cherché à répartir les flux de réfugiés en imposant un plan d'accueil par quotas en fonction du PIB de chaque pays. Les pays d'Europe centrale (groupe de Visegrad) l'ont refusé. L'Allemagne était demandeuse, mais un pays comme la France, qui a accueilli un faible nombre de réfugiés, poussait mollement. Si on ajoute le fait d'avoir laissé à la Grèce et à l'Italie la charge de cet accueil, l'Union européenne a montré, comme dans le champ des politiques économiques, que l'égoïsme des intérêts l'emportait sur l'esprit de coopération. Le spectacle le plus pitoyable a été offert par les pays européens quand ils se sont déchirés pour savoir qui pouvait accueillir quelques dizaines de réfugiés de l'Aquarius. Sentant le risque d'une désintégration de l'UE sur ce sujet hautement symbolique, l'Allemagne et la France ont convoqué en 2018 une conférence pour organiser la « solidarité ». Devant l'opposition du groupe de Visegrad, ils ont proposé une « solidarité indirecte » par une participation au financement pour les pays qui ne font pas d'accueil. Cette proposition n'a pas rencontré d'assentiment. On parle aujourd'hui de « solidarité différenciée » qui regrouperait les pays qui le veulent. Mais cette voie conduit à une UE à plusieurs vitesses. Et la plupart des gouvernements s'accommodent de fait de la pression xénophobe pour justifier leur politique de fermeture des frontières.

Le solde migratoire

Sur 512 millions d'habitants, l'Union européenne compte 22 millions de citoyens non-européens, soit environ 4% de sa population (chiffres Eurostat 2016). Un chiffre bien en deçà de la part des étrangers aux États-Unis, qui atteint environ 13%. 17 millions de personnes résidant dans un pays de l'Union européenne ont quant à elles la nationalité d'un autre État membre. Une grande partie de ces non-nationaux, soit 12 millions de personnes, réside en Allemagne, tandis que le Royaume-Uni, l'Italie, l'Espagne et la France en enregistrent chacun entre 6 et 8 millions. Mais au regard de la population nationale, la proportion la plus élevée de non-nationaux se trouve au Luxembourg, avec 46% de la population totale. La plus faible se trouve en Pologne avec moins de 2% de la population étrangère. En France, le nombre d'étrangers représente 12% de la population, un chiffre situé plutôt dans la moyenne basse des pays européens.

Chaque année, le nombre d'arrivées vers l'UE est plus important que le nombre de départs. Ainsi, en 2016, le solde migratoire, différence entre le nombre de personnes entrées et sorties au cours de l'année, a été de 1,5 million de personnes pour l'Union européenne. En conséquence, alors que l'accroissement naturel (naissance / décès) est négatif pour la deuxième année consécutive, la population de l'Union européenne a tout de même augmenté. Le solde migratoire est donc l'élément principal de la croissance démographique européenne depuis le début des années 1990. Au 1er janvier 2018, il y avait 512,6 millions d'habitants dans l'Union Européenne (à 28 pays). En un an, elle a gagné plus d'1 million d'habitants (1,1 M), soit une augmentation de 0,2 %.

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Fiche : L'Europe et l'évasion fiscale

Vie, 10/05/2019 - 18:31

Une Europe solidaire a besoin d'une politique fiscale commune !

Une Europe solidaire a besoin d'une politique fiscale commune !

L'évasion fiscale et le dumping fiscal sont des problèmes européens faits maison

Luxembourg, Pays-Bas, Irlande, Malte, Chypre - des États membres de l'UE figurent parmi les paradis fiscaux les plus actifs. L'Allemagne est également l'une des destinations les plus populaires pour les flux financiers non transparents, en particulier en provenance des pays du Sud, avec l'aide desquels le blanchiment d'argent et la fraude fiscale sont pratiqués à une échelle gigantesque . En outre, on trouve parmi les paradis fiscaux une douzaine d'autres territoires d'outre-mer principalement britanniques et néerlandais, tels que Jersey, Curaçao et les îles Vierges britanniques.

Les paradis fiscaux sont au cœur de l'Union européenne. En effet, la politique de concurrence a fait de l'UE l'un des piliers de la concurrence fiscale mondiale. Le pionnier a été l'Irlande, qui applique un taux d'imposition de 12,5 % sur les bénéfices des sociétés depuis 2004. Chypre, l'Estonie et la Bulgarie offrent désormais des taux d'imposition aussi bas et les taux d'imposition des principaux pays industrialisés ont également été progressivement réduits. La France n'est pas en reste : le taux de l'impôt sur les bénéfices des sociétés a baissé de moitié depuis les années 1980 passant de 50% à 28% en 2019 et atteindra 25% en 2022.

Blocus des institutions européennes : le principe de l'unanimité dans la politique fiscale

A ce jour, il n'existe pas de politique fiscale européenne commune. De nombreuses initiatives ont échoué en raison du principe de l'unanimité en matière fiscale. Alors que le Parlement européen réclame depuis 18 ans une loi uniforme sur l'impôt des sociétés (avec l'approbation de la gauche), de nombreux gouvernements bloquent le Conseil européen ou le Conseil pour les Affaires économiques et financières parce qu'ils défendent l'idéologie de la concurrence fiscale.

Résultat : l'évasion fiscale, le blanchiment d'argent prospèrent au profit d'une minorité de riches et des multinationales

En particulier, le déplacement comptable des bénéfices par le biais des prix de transfert manipulés, de paiements d'intérêts, de droits de licence et de brevets, d'assurances, etc. conduit souvent à des taux d'imposition très faibles pour des sociétés multinationales telles que Apple, IKEA, Amazon et Nike. En outre, il existe de nombreuses lacunes et de nombreux accords spéciaux. Pendant des années, Apple a bénéficié d'un taux d'imposition dans l'UE en dessous de 1%. Mais des entreprises françaises comme Total, ou allemandes telles que BAYER, BASF, E-ON et SAP jouent également dans le concert des évasions fiscales. Selon les estimations du Parlement européen, les États membres de l'UE perdent environ 1000 milliards d'euros par an à cause de l'évasion fiscale.

Le faible niveau d'imposition du revenu et du patrimoine, conjugué à l'évasion fiscale et au blanchiment d'argent, entraîne une concentration croissante de la richesse entre des mains de moins en moins nombreuses. La richesse des milliardaires croît quatre fois plus vite que la richesse totale. Au fur et à mesure de cette évolution, la confiance dans la démocratie et sa promesse initiale d'une politique juste grâce à l'impôt sont détruites.

Nous avons besoin d'une politique fiscale européenne commune !

Pour surmonter les nombreux défis posés par la transition écologique et sociale, nous avons besoin d'une politique fiscale européenne commune qui ne tolérera plus les tentatives nationales isolées au détriment de tous les États membres. Nous demandons que les cinq exigences suivantes soient appliquées au niveau européen :

  • Fiscalité à l'échelle du groupe : les États membres de l'UE doivent enfin se mettre d'accord sur une base commune pour l'imposition des sociétés multinationales. Avec un impôt unitaire (la directive européenne est appelée ACCIS), le bénéfice global d'une entreprise multinational doit être réparti entre les pays dans lesquels elle exerce son activité. Chaque État pourrait alors imposer la partie des bénéfices qui relève de son territoire. Ce qui conduit à stopper les transferts fictifs de bénéfices dans les paradis fiscaux.
  • Taux minimaux d'imposition à l'échelle de l'UE : afin d'éviter l'exploitation de taux d'imposition différents d'un pays de l'UE à l'autre, il est nécessaire de fixer des taux d'imposition minimaux sur les bénéfices des sociétés à l'échelle de l'UE.
  • Impôts progressifs sur le revenu, le patrimoine et les bénéfices : afin d'arrêter la concentration croissante de la richesse au profit d'une minorité, et la concentration des entreprises - en particulier dans l'économie numérique - la richesse, le revenu et les bénéfices doivent être imposés selon un barème tel que cette tendance s'inverse. Enfin l'introduction d'une taxe sur les transactions financières est nécessaire pour stopper la spéculation et la prédation financières.
  • Plus de transparence : les nombreux scandales de ces dernières années ont été découverts presque sans exception par des journalistes, des ONG et avec l'aide de lanceurs d'alerte. La transparence s'impose ! C'est pourquoi nous demandons des reporting publics pays par pays sur les activités des entreprises, des registres publics des entreprises, des rapports sur les stratégies fiscales des groupes d'entreprises, des échanges internationaux de données sur les comptes étrangers, etc.
  • Droit pénal fiscal : Les délits fiscaux ne sont plus des délits insignifiants. L'évasion fiscale ne doit pas en valoir la peine. C'est pourquoi nous demandons la fin de l'impunité fiscale par le renforcement du droit pénal fiscal. Les lois doivent également garantir la protection des lanceurs d'alerte.

La politique néolibérale de l'UE, qui repose sur le dogme de la concurrence, doit prendre fin. Pour lutter contre la fragmentation sociale et les inégalités croissantes, nous avons besoin de plus de coopération entre les États et les autorités européennes. Pour une Europe juste et écologique fondée sur la solidarité, nous avons besoin de ressources publiques - pour l'éducation, la santé, la lutte contre la pauvreté et le changement climatique. Ces ressources existent, mais elles sont aujourd'hui confisquées par une minorité de riches et par les multinationales. Nous sommes déterminés à mettre fin à la concurrence et à l'évasion fiscales pour que cesse l'injustice fiscale et sociale !

Cette fiche préparée pour les élections européennes de 2019 a été rédigée en collaboration avec Attac Allemagne.

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Appel contre l'ALECA entre l'Europe et la Tunisie

Vie, 10/05/2019 - 17:33

Texte de l'appel contre l'ALECA, projet d'accord de libre-échange entre l'Union européenne et la Tunisie.

Les organisations qui veulent signer l'appel peuvent écrire à : no-aleca@riseup.net (premiers signataires en fin d'article)

L'Union européenne est en négociations avec la Tunisie pour un accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA). L'Europe veut ouvrir l'ensemble du marché tunisien à ses entreprises, et imposer ses normes juridiques. Cet accord risque d'aggraver la situation socio-économique de la Tunisie pour ne profiter qu'aux multinationales européennes, notamment françaises.

Nous, organisations et mouvements de lutte européens, dénonçons l'ALECA et son caractère violemment néocolonial. Solidaires des organisations tunisiennes opposées à cet accord, nous soutenons leurs mobilisations contre les politiques libérales imposées par l'Europe.

L'ALECA, quand libéralisme rime avec colonialisme

L'ALECA est la dernière étape de la longue histoire coloniale entre l'Europe et la Tunisie. La question de la terre, en particulier, a souvent été au cœur de ce rapport. Grâce à l'indépendance du 20 mars 1956, la Tunisie récupérait ses terres agricoles expropriées. Mais les colons européens restaient accrochés à de vastes domaines et, le 12 mai 1964, le président Bourguiba promulguait la loi dite « d'évacuation agricole » pour interdire aux étrangers de posséder des terres. Sous la dictature de Ben Ali, les « terres domaniales » récupérées aux colons seront parfois attribuées à des proches du régime, et elles connaîtront une vague de privatisations sous la pression du FMI. Lors du mouvement révolutionnaire de l'hiver 2010-2011, la population a voulu se réapproprier ses richesses nationales, dont les terres agricoles. Mais la dynamique de concentration des terres, d'export et d'intensification de l'agriculture, au détriment de la paysannerie garante de la souveraineté alimentaire, n'a pas pu être remise en cause. L'ALECA rendrait de nouveau possible l'exploitation des terres agricoles tunisiennes par des multinationales européennes.

D'autre part, l'Europe a pour but de trouver de nouveaux débouchés pour ses excédents agricoles. Certains secteurs de l'agriculture tunisienne (élevage, céréales, et certaines huiles végétales) seront remplacés par des importations européennes. La Tunisie va donc augmenter sa dépendance pour les aliments de base et perdra de sa souveraineté alimentaire. Selon l'UTAP (Union tunisienne de l'agriculture et de la pêche), 250 000 agriculteurs sont menacés de disparition.

Mais l'agriculture n'est que l'un des secteurs sinistrés par le libéralisme. En 1995, un accord d'association entre l'Europe et la Tunisie ouvrait l'industrie à la concurrence. Résultat, en deux décennies, des centaines d'entreprises et presque un secteur entier, le textile, disparaissaient. Pendant ce temps, les entreprises européennes s'implantaient en Tunisie où elles bénéficient de privilèges dignes d'un paradis fiscal et d'une main d'œuvre au rabais. Le chômage de masse, et la pauvreté, qui touchent la Tunisie sont liés à ces mécanismes de domination économique. Loin d'avoir tiré les enseignements des mouvements insurrectionnels qui ont agité le pays depuis une décennie, l'Europe poursuit son projet indigne en Tunisie.

De nouveaux privilèges pour l'Europe et les multinationales

Avec l'ALECA, l'Europe conserve sa mainmise sur la Tunisie en exportant son modèle économique. Les règles de concurrence sont calquées sur le modèle européen dans la recherche d'une concurrence « pure et parfaite ». Les subventions sont progressivement supprimées, les prix des produits de base ne peuvent plus être fixés par l'État et les aides publiques sont accordées selon les critères européens, avec un contrôle direct de la Commission européenne durant cinq années. De plus, l'ALECA contraint la Tunisie à adopter les normes de l'Europe : un produit algérien ou chinois qui ne les respecte pas ne pourrait pas rentrer en Tunisie. Il s'agit donc de créer un marché tunisien exclusivement réservé aux produits européens.

L'ALECA contient aussi une clause d'arbitrage qui permet aux multinationales d'attaquer les États devant un tribunal spécial, placé au-dessus des justices nationales. Ces multinationales pourraient annuler des mesures d'intérêt général (de protection sociale, de santé, environnementale…), en Europe comme en Tunisie. Cette disposition a déjà coûté des centaines de millions de dollars à des États qui avaient tenté de réglementer l'économie pour protéger l'intérêt général. Le système de l'arbitrage place les profits des multinationales au-dessus des droits fondamentaux. Il a été dénoncé par les mobilisations européennes contre le TAFTA et le CETA et doit disparaître. Il serait intolérable de l'imposer à la Tunisie.

Une impasse pour les problèmes de la Tunisie

Avec l'ALECA, les exigences productivistes de l'exportation mettront plus de pression sur les ressources naturelles tunisiennes, et notamment l'eau alors que la Tunisie est déjà en stress hydrique. La situation se détériore avec les changements climatiques provoqués en grande partie par l'industrie polluante ou l'agriculture intensive promues depuis des décennies par l'Europe. L'ALECA est donc contraire aux défis actuels et risque d'empirer une situation écologique critique.

En parallèle, l'UE poursuit sa politique de contrôle des frontières. A l'origine, l'ALECA ne prévoyait pas de faciliter la mobilité des travailleurs tunisiens. Le marché du travail européen utilise une main d'œuvre immigrée peu qualifiée, comme les centaines de milliers de sans-papiers, dans le nettoyage ou la restauration. Mais, pour s'assurer du soutien du gouvernement tunisien, l'Europe promet la création d'un nouveau visa avec des conditions de séjour simplifiées pour une catégorie de privilégiés. La logique libérale et coloniale, c'est la possibilité de voyager pour une poignée de business man et de cadres chargés de donner une belle image des « liens historiques » entre l'Europe et la Tunisie, pendant que la majorité de la population fait face aux refus de visas ou fait l'expérience périlleuse du passage clandestin des frontières. Dans ces logiques de maîtrise libérale et répressive des migrations, la Tunisie est maintenue en bas de la division internationale du travail.

Comme tous les accords de libre-échange, l'ALECA est synonyme d'exploitation pour toutes les populations, une exploitation économique et néocoloniale pour la population tunisienne. Les bénéfices économiques ne concerneront que quelques grandes entreprises et l'accord pourrait aggraver le problème du chômage et des inégalités en Tunisie.

Le processus de l'ALECA est en cours. Des réformes libérales sont déjà imposées par les plans d'endettement du FMI et de l'Union européenne : indépendance de la Banque centrale tunisienne, code d'investissement favorable aux multinationales, baisse des subventions, loi sur les normes sanitaires et phytosanitaires…

Il est donc essentiel de se mobiliser contre l'ALECA car c'est un prolongement des politiques néocoloniales européennes et françaises. De plus, le même projet a vocation à être proposé à l'ensemble des pays de la Méditerranée : le Maroc, premier pays avec lequel l'UE a entamé les négociations, les a interrompues en 2014 sous la pression de la société civile marocaine, le temps de mener une étude d'impact ; l'UE est également en phase de discussion préalable à des négociations avec la Jordanie et l'Egypte. Bloquer l'ALECA, c'est contrer le projet libre-échangiste et impérialiste de l'Europe dans toute la région.

Nous demandons :
  • L'arrêt des négociations entre l'UE et la Tunisie autour de l'ALECA
  • Le respect de la souveraineté de la Tunisie
  • La fin du pillage des ressources naturelles de la Tunisie et des privilèges fiscaux pour les entreprises européennes
  • L'annulation des dettes odieuses contractées par l'État tunisien auprès de l'UE sans l'accord du peuple tunisien
  • Les libertés de circulation et d'installation pour tous
Premiers signataires :

France :
1) Association Survie
2) Les Amis du Monde Diplomatique
3) Confédération paysanne
4) Aitec-IPAM
5) Attac France
6) Les Amis de la Terre

Italie :
1) Fairwatch
2) Stop TTIP CETA Italia Campaign

Belgique :
1) Comité pour l'abolition des dettes illégitimes (CADTM)
2) Corporate Europe Observatory (CEO)
3) Entraide et fraternité

Irlande :
1) Keep Ireland Fracking Free
2) FÍS NUA

Espagne :
1) Attac Spain

Autriche :
1) Anders Handeln
2) Attac Austria

Le site du collectif : https://noaleca.home.blog/

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Contribution pour une transition écologique, sociale et féministe

Vie, 10/05/2019 - 15:07

À l'approche du G7 de Biarritz, Attac France, aux côtés de nombreuses organisations féministes françaises, co-signe cet ensemble de propositions destinées à alimenter le débat public.

Mouvements sociaux en France, appel mondial des jeunes sur le climat, « grand débat » officiel et
débats alternatifs menés par des organisations de la société civile… de nombreuses propositions sont
publiées en ce moment pour prendre en compte à la fois des inégalités sociales et de l'urgence
écologique[1]. Même les réunions entre gouvernements de pays riches affichent la lutte contre les
inégalités et l'environnement comme des priorités. Ainsi la lutte contre les inégalités sociales et
environnementales, l'égalité entre les femmes et les hommes, la préservation du climat et la transition
écologique constitue des priorités indiquées par la présidence française du G7, qui se tiendra du 24 au
26 août à Biarritz[2].

Pour alimenter le débat public, les organisations signataires de ce texte souhaitent transmettre leurs
propositions[3]. Elles résultent de leur expérience et de leur réflexion sur une réelle intégration de la
perspective féministe dans les enjeux sociaux, environnementaux et économiques. Comme l'objectif
de transition écologique, celui de l'égalité femmes-hommes nécessite de revoir l'ensemble des
politiques publiques et exige notamment : la préservation de services publics de qualité et accessibles
à toutes et tous pour l'éducation, la santé[4], la parentalité, l'accueil de la petite enfance, le soin aux
personnes dépendantes, les transports collectifs ; un accès à un travail décent[5] et à la protection
sociale ; une fiscalité équitable et une juste répartition des richesses.

Or, actuellement, les injustices environnementales et les injustices sociales se combinent, affectant de
façon disproportionnée les groupes sociaux les plus précarisés par les mises en concurrence, la
concentration des richesses, le commerce inéquitable. Parmi eux, un grand nombre de femmes
subissent de multiples discriminations (violences et harcèlement, racisme, lesbophobie, obstacles dans
l'accès à l'emploi, inégalités de salaires et de retraites, mises en danger liées à la situation de
migration, âge, handicap, inégalités en milieu rural, précarité énergétique).
Nous proposons donc quelques recommandations, non exhaustives, pour aider à la résolution de ces
injustices et garantir l'ensemble des droits humains, en précisant qu'elles s'adressent à la fois aux
politiques publiques nationales de la France et de l'Union européenne (et gagneraient à être mises en
oeuvre par d'autres pays), mais aussi à leurs orientations pour le développement[6] et les relations
commerciales, dans la mesure où celles-ci ont des impacts sur les pays défavorisés

Retrouvez le document en intégralité ci-dessous.
La liste de ses signataires est actualisée à cette adresse.

1 : Présentation de débats et propositions citoyennes en France : http://www.adequations.org/spip.php?article2533
2 : Un G7 contre les inégalités, https://www.elysee.fr/g7 ; Informations sur le G7, le Women7 et les positions d'organisations de la société civile : http://www.adequations.org/spip.php?rubrique423. Site W7 : https://www.feministscount.org/
3 : Texte à l'initiative du collectif d'associations féministes sur les enjeux internationaux, animé notamment par Adéquations, Commission genre d'Attac France, Réseau féministe Ruptures
4 : Avec la mise en oeuvre de stratégies pour la santé environnementale intégrant l'interdiction des substances toxiques comme par exemple les perturbateurs endocriniens.
5 : La réflexion sur le travail doit intégrer le soutien et la revalorisation du secteur de l'économie sociale et solidaire, et la prise en compte du genre dans ce secteur, où les femmes sont très majoritaires (68% des salarié-es de l'ESS en France) mais leur situation précaire (État des lieux de l'égalité femmes-hommes dans l'ESS, CN-CRESS 2019)
6 : Notamment la mise en oeuvre de la Convention pour l'Elimination de toutes les discriminations à l'encontre des femmes dans tous les pays (CEDEF – CEDAW)

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Aurélie Trouvé : « Il faut désobéir aux traités »

Lun, 06/05/2019 - 13:05

Cet article a initialement été publié sur Politis par Erwan Manac'h.
Vous pouvez y accéder en cliquant ici.

Changer l'Europe sans pour autant précipiter la France vers la sortie : Attac veut mobiliser sur une troisième voie, impliquant la construction d'alliances avec d'autres pays. Faut-il sortir des traités ?

Aurélie Trouvé : Il faut désobéir. Aux traités, mais également à toutes les règles qui empêchent de mener une politique progressiste, en rupture avec le néolibéralisme économique. Il ne s'agit pas de désobéir à toute l'Europe, mais de rompre avec les règles qui ne vont pas dans le sens de l'intérêt général. Nous devons cesser de penser que nous ne pouvons pas mener telle ou telle politique parce que l'Europe nous en empêche.
Les gouvernements et les collectivités locales doivent enfreindre certaines règles extrêmement contraignantes. En premier lieu, le carcan budgétaire de l'UE, matérialisé par la règle des 3 % de déficit, qui empêche toute politique budgétaire ambitieuse. Cela pourrait également passer par la mise en place d'une politique de contrôle des capitaux.

Autre exemple : la France vient d'annoncer qu'elle s'opposait à la reprise des négociations commerciales avec les États-Unis. Mais elle ne dispose pas d'une minorité de blocage et ne pourra donc pas empêcher l'adoption d'un accord de libre-échange qui s'appliquera sur son sol. Dans un tel cas de figure, nous devons chercher des alliances pour nous y opposer et, éventuellement, prendre des décisions contre l'avis de l'UE.

Ces actes de désobéissance doivent être assumés et coopératifs à l'échelle européenne, au nom de l'intérêt général. Dans le domaine agricole, par exemple, la santé des citoyens doit nous pousser à sortir des pesticides, mais, tandis que nous expliquons aux agriculteurs qu'ils doivent arrêter d'utiliser des produits phytosanitaires, il faut être cohérent et refuser d'importer des produits traités. Cela suppose donc de désobéir aux règles européennes du droit de la concurrence et à celles du marché commun.

Faut-il aller jusqu'à la sortie de l'Union européenne et de l'euro ?

La sortie ne serait qu'une solution en dernier recours. Une issue non coopérative et unilatérale serait douloureuse sur le plan économique et social. Par ailleurs, nous avons besoin d'une Europe politique et sociale forte parce que, dans un capitalisme financier mondialisé, nous devons être suffisamment puissants politiquement face aux multinationales. Et l'Europe politique pèse beaucoup plus que la France seule. De même, nous avons besoin d'une Europe politique qui ait du poids dans les négociations climatiques internationales ou dans les négociations commerciales pour imposer une nouvelle vision. Ce n'est évidemment pas le cas de l'Europe actuelle, mais il ne faut jamais perdre cet espoir.

Nous prônons donc plutôt de rester au sein de l'Union mais de taper du poing sur la table au nom de l'intérêt général, tout en essayant de construire des alliances avec d'autres pays. L'alternative doit donc se situer à mi-chemin entre le jeu institutionnel actuel, qui ne permet pas de s'opposer au néolibéralisme économique, et la sortie.

N'y a-t-il pas un risque de réactions en chaîne des autres pays européens ?

Il est sûr que cela demandera un rapport de force extrêmement rigoureux et une volonté politique très forte. Nous avons vu ce que la désobéissance aux traités pouvait donner avec la Grèce, dont le gouvernement a finalement cédé contre l'avis de son peuple. La France a évidemment un autre poids politique que la Grèce, mais il lui faudra avancer de manière très volontaire, autant que possible en s'alliant avec d'autres pays, et que ce processus soit porté par des mouvements sociaux d'ampleur dans les pays européens. C'est la raison pour laquelle Attac, comme beaucoup d'autres organisations, travaille à des alliances européennes.

Enfin, nous devons combattre la fatalité d'une Europe néolibérale qui nous empêcherait d'agir au niveau national. Oui, nous pouvons désobéir à l'Europe néolibérale et imposer d'autres voies. C'est essentiel de porter ce message, car la réaction qui monte aujourd'hui face à l'Union européenne est une réponse xénophobe, raciste et nationaliste, qui n'est pas moins néolibérale par ailleurs.

Cet article a initialement été publié sur Politis par Erwan Manac'h
Vous pouvez y accéder en cliquant ici.

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