Skip navigation

Attac Québec

Syndiquer le contenu
L'Association pour la Taxation des Transactions financières pour l'Aide aux Citoyens (ATTAC) est née de la volonté de rétablir un contrôle démocratique des marchés financiers et de leurs institutions. ATTAC mène des actions variées visant la reconquête, par les citoyennes et citoyens, du pouvoir démesuré que la sphère financière exerce sur tous les aspects de la vie politique, économique, sociale et culturelle.
Mis à jour : il y a 1 heure 3 min

Lettre ouverte « As the Amazon faces its greatest threat yet, Canada can reject free trade deal with Brazil »

lun, 23/11/2020 - 23:13

Nous sommes cosignataires de cette lettre ouverte, intitulée « As the Amazon faces its greatest threat yet, Canada can reject free trade deal with Brazil » et publiée en anglais dans The Hill Times. Vous pouvez aussi la lire sur le site de Greenpeace et y signer - avant le 28 novembre svp - la pétition pour exiger que le Canada mette fin aux négociations de l'accord de libre-échange avec le Mercosur. Merci de faire connaître ! D'autres infos en cliquant ici sur cette campagne pour la défense de l'Amazonie et du climat.

Catégories: Attac Planet

Appui aux manifestations du 21 novembre pour le climat

dim, 22/11/2020 - 00:30

ATTAC-Québec participait à la manifestation La planète aux urgences : ZONE ROUGE POUR LE CLIMAT à la Place du Canada à Montréal, le 21 novembre dernier. Plusieurs de nos membres se sont joints à cette action organisée par La Planète s'invite au Parlement et la Coalition étudiante pour un virage environnemental et social - CEVES. Une manifestation organisée par le RÉPAC a également eu lieu à Québec, peut-être l'avez-vous vu annoncée sur notre page Facebook, où nous avons relayé plusieurs photos et une vidéo.

Nous vous invitons également à lire ce texte d'appui à ces manifestations, cosigné par plusieurs organismes dont nous sommes (liste à venir).

JUSTICE SOCIALE, JUSTICE ÉCOLOGIQUE MÊME COMBAT

Nous sommes de ceux et de celles qui comprennent la situation actuelle comme une crise globale sans précédent. Il s'agit d'une crise sanitaire qui se transforme peu à peu en crise financière et économique qui dépassera largement la crise financière internationale de 2008 et peut-être, comme certains économistes le prévoient, celle de 1930. Mais surtout, elle se situe dans un contexte historique où la vie humaine est aujourd'hui menacée, et ce, au-delà des risques engendrés par la Covid-19. En effet, les risques sont à plusieurs niveaux. Nous dépassons le seuil de soutenabilité pour la Terre, que ce soit en raison des bouleversements climatiques ou de la destruction de la biodiversité, pour ne nommer que ces exemples.

De plus, nous constatons l'ampleur des inégalités entre les plus riches et les plus pauvres qui ne cessent de s'accroître. C'est vrai chez nous, mais aussi pour une très grande partie de la population mondiale qui vit dans la misère extrême provoquée par le système capitaliste/impérialiste qui exploite et saccage les territoires de populations appauvries et dépossédées.

Nous avons de fortes préoccupations quant aux impacts sociaux et économiques de cette pandémie. Nous savons qu'une part importante de la population devra vivre avec un appauvrissement à la suite de pertes d'emplois ou encore par les conséquences physiques et psychiques de la crise sanitaire.
Nous savons que, si le modèle politique et économique ne change pas, nous devrons lutter à nouveau contre l'austérité, la perte des protections sociales et des services publics, les compressions budgétaires en santé et en éducation, alors qu'aujourd'hui, nous subissons directement les conséquences néfastes de 40 ans de néolibéralisme. Ne laissons plus les marchés financiers dominer notre avenir !

Le déni et l'inaction de la grande majorité de nos élites politiques et économiques nous inquiètent énormément. Malgré toutes les mobilisations citoyennes, malgré tous les appels d'urgence, malgré toutes les catastrophes qui se déroulent sous nos yeux, malgré tous les rapports scientifiques alarmants sur la perte de la biodiversité et la hausse des inégalités, elles continuent de fermer les yeux. Où est le sentiment d'urgence pour ces élites ? Où sont les réels plans de transformation vers une économie au service des citoyens et des citoyennes ?

Le système capitaliste est en crise. Il n'est pas capable de répartir la richesse et de répondre aux besoins des travailleurs et travailleuses. C'est pourquoi les classes dominantes font appel aux forces autoritaires pour restructurer et maintenir leur système. Ceci met en péril la démocratie.

« Le vieux se meurt, mais le nouveau n'est pas encore né » (Antonio Gramsci) : c'est pourquoi nous croyons à la mise en place urgente d'une nouvelle vision sociale, écologique et économique qui s'accompagne d'une réforme politique majeure guidée par un humanisme profond et la satisfaction des besoins collectifs.

Nous désirons affirmer notre soutien aux réflexions et aux propositions de changement venant des groupes de la société civile comme les syndicats, les groupes communautaires, militants et progressistes, qui soutiennent une vision respectueuse de l'environnement, porteuse de justice sociale et fiscale. Il faut repenser ensemble notre relation avec la consommation, le travail, le logement, l'éducation, la santé et l'agriculture.

Ainsi nous vous invitons, indépendamment de nos luttes sectorielles, à nous unir et à participer massivement aux manifestations organisées à Montréal par La Planète s'invite au parlement et à Québec par le RÉPAC le 21 novembre à 13h , pour démontrer notre solidarité et pour dire ;

« JUSTICE SOCIALE, JUSTICE ÉCOLOGIQUE
MÊME COMBAT »

Catégories: Attac Planet

Invitation à l'Assemblée générale annuelle d'ATTAC-Québec. Nouveaux documents maintenant en ligne !

ven, 20/11/2020 - 20:10
AUX MEMBRES ET SYMPATHISANT.ES D'ATTAC-QUÉBEC AINSI QU'À TOUS LES SIGNATAIRES DE L'APPEL POUR UN AUTRE MONDE

Il nous fait plaisir de vous inviter à l'Assemblée générale annuelle d'ATTAC-Québec qui aura lieu le samedi 21 novembre prochain, à 10 h, en version virtuelle, pandémie oblige.

Il est important de vous inscrire et de payer votre adhésion avant le 20 novembre svp pour recevoir le code d'accès à notre réunion (Visioconférence « Zoom »).

*** NOUVEAU ! Les documents utiles pour cette assemblée sont maintenant en ligne. Voir en bas de cette page pour les télécharger svp. Merci ***

Bien que nous aurions préféré vous voir en personne, cette formule aura l'avantage, nous l'espérons, de permettre à plus de membres de diverses régions de participer, ce qui est positif. Un guide de participation sera disponible pour favoriser le déroulement de l'assemblée.

Nous vous présenterons bien sûr le bilan des activités de la dernière année et procéderons à l'élection du nouveau conseil d'administration (six postes ouverts – voir les modalités en bas de page). Il y aura également notre analyse de la conjoncture, le rapport annuel d'activités, les états financiers ainsi que les orientations et projets pour l'année à venir. Nos actions nous semblent toujours très pertinentes, particulièrement en ces temps de COVID-19. Nous devons travailler à ce que la reprise économique post-pandémie se fasse bel et bien en accord avec nos principes de justice sociale et en mettant en branle la transition écologique.

Aussi, nous vous invitons à contribuer au soutien financier d'Attac-Québec. Nous ne comptons que sur les dons des personnes et des organisations pour assurer notre fonctionnement et continuer nos actions.

Téléchargez le formulaire d'adhésion, de don et d'inscription à l'Assemblée générale d' ATTAC en cliquant ici et retournez-le à l'adresse indiquée en bas de la page (1084 chemin du Rivage) avant le 20 novembre svp, en nous informant par courriel de votre participation

OU

Payez votre cotisation et inscrivez-vous tout de suite à l'AG, en ligne, par Paypal, en utilisant les boutons qui suivent.

Il n'est pas nécessaire d'avoir un compte PayPal. Vous pouvez régler simplement par carte de crédit, le mode de transaction est sécurisé.

Je deviens membre ou je renouvelle ma cotisation Membre individuel $15,00 CAD Membre organisme $50,00 CAD Étudiant/faible revenu $10,00 CAD Je serai à l'Assemblée générale Oui Non



Si vous souhaitez faire aussi un don, il faut procéder séparément en utilisant le bouton ci-après, nous nous en excusons. Merci de votre compréhension et de votre générosité.

Téléchargez l'ordre du jour de l'AG 2020 en cliquant ici

Vous êtes membre et vous aimeriez poser votre candidature au conseil d'administration ?
Il suffit de manifester votre intérêt en nous écrivant par courriel. Nous vous contacterons pour vous expliquer la procédure et vous informer des mandats relevant du CA.

Nous vous invitons à télécharger les documents utiles pour l'AG : le guide de participation pour la tenue de l'Assemblée en mode virtuel, le rapport d'activités 2019-2020, le procès-verbal de l'AG 2019, les règlements généraux ainsi que nos orientations pour 2020-2021. Les documents budgétaires et financiers seront disponibles pour les membres inscrits au moment de l'AG.

Nous espérons vous voir nombreuses et nombreux le 21 novembre prochain ! Nous vous remercions de votre précieux appui !

Catégories: Attac Planet

Le Front commun pour la transition énergétique publie sa Feuille de route pour un Québec zéro émission nette

ven, 13/11/2020 - 21:40

C'est avec une grande fierté que le Front commun pour la transition énergétique a lancé la version 2.0 de sa Feuille de route pour la transition du Québec vers la carboneutralité le 10 novembre dernier. Le Front commun pour la transition énergétique regroupe près de 90 organismes citoyens, environnementaux, syndicaux, communautaires et étudiants représentant plus de 1,8 million de personnes, soit plus de 2 Québécois.es sur 10 et près de la moitié de la population active du Québec. ATTAC-Québec a activement contribué à cette Feuille de route, en particulier Claude Vaillancourt qui a travaillé dans le comité Économie et aidé à la révision/rédaction de chapitres.

Extrait du communiqué :
L'ouvrage de 124 pages publié aujourd'hui se présente comme une « contribution incontournable » de la société civile à la réflexion sur la prise en charge collective de la crise climatique. Combinant les critères du Front commun pour une transition énergétique porteuse de justice sociale et les connaissances les plus à jour sur le climat et la transition, il propose une approche cohérente et transformationnelle ainsi qu'une responsabilisation des acteurs à toutes les échelles − gouvernementale, organisationnelle et citoyenne. Résultant des travaux de plus de 190 personnes appartenant à 85 organisations différentes et à une vingtaine de départements, chaires de recherches ou facultés d'une douzaine d'universités, il a aussi accueilli des perspectives autochtones.

Phase 1 du projet Québec ZéN

La coconstruction de la Feuille de route, à partir d'un document de travail publié en septembre 2019 (la version 1.0), est la première étape d'un important projet de dialogue social intitulé « Québec ZéN » (zéro émission nette). Les consensus que l'exercice a permis d'établir serviront d'ancrage à la phase 2, « Collectivités ZéN », qui vise à encourager une multiplication des démarches de transition juste vers la carboneutralité dans les diverses régions du Québec. Au cours des prochains mois, le Front commun pour la transition énergétique accompagnera plusieurs organismes qui souhaitent rallier les acteurs-clés de tous les secteurs présents dans leurs milieux respectifs autour d'un projet de Collectivité ZéN.

Information (et demandes d'entrevues) :
Mélanie Busby
(514) 233-8941
info@pourlatransitionenergetique.org

Catégories: Attac Planet

Renforcer le filet social, pour se protéger des crises : signons la pétition !

ven, 13/11/2020 - 21:21
ATTAC-Québec vous invite à signer et diffuser massivement cette nouvelle pétition lancée par la Coalition Main rouge : https://www.filetsocial.ca/

Les inégalités sociales restent grandes au Québec, comme la pandémie de la COVID-19 le démontre. Au lieu de recourir à l'austérité, il faut revoir la fiscalité afin de renforcer le filet social, le meilleur rempart en temps de crises.

À la veille d'un budget du Québec, les membres de la Coalition Main rouge exigent du gouvernement un engagement ferme en faveur de la justice fiscale et sociale ! Le prochain budget du Québec déterminera en grande partie notre capacité collective à traverser cette crise, et les autres qui pourraient subvenir. La population du Québec a suffisamment souffert du désinvestissement dans les services publics et les programmes sociaux. Il est grand temps de s'engager dans le renforcement de notre filet social !

Signez sans tarder la pétition

Contribuez à la faire connaître :

  • En aimant et en partageant la vignette à partir de la page Facebook de la Coalition
  • En utilisant le bandeau Facebook, en n'oubliant pas de rappeler le lien pour en savoir plus
  • En partageant le visuel sur Instagram
  • En consultant et partageant le dépliant qui présente l'argumentaire

Mots-clics : #filetsocial #10milliard

Catégories: Attac Planet

ATTAC-Québec appuie la Déclaration 2020 de la campagne coquelicot blanc

jeu, 12/11/2020 - 14:16

À nouveau cette année, ATTAC-Québec est signataire de la déclaration 2020 de la campagne du coquelicot blanc, organisée par le collectif Échec à la guerre et publiée dans Le Devoir du 7 novembre.

Vous pouvez maintenant visionner en différé l'excellente table ronde organisée par Échec à la guerre le 11 novembre dernier. Intitulée « Les grands oubliés du ‘Jour du Souvenir' - Les victimes civiles et le rôle néfaste du Canada », elle donnait la parole à Ariane Émond, Geneviève Rochette, Christian Vanasse, Martin Forgues et Jacques Goldstyn, avec Mercédez Roberge à l'animation, cliquez sur la page Facebook

À l'occasion du 10e anniversaire de cette campagne, nous tenons à féliciter le collectif pour le travail courageux fait au fil des années, pour que le Jour du Souvenir se déroule à la mémoire de toutes les victimes des guerres (et non pas seulement les militaires) et pour faire entendre la voix des Québécoises et des Québécois qui s'opposent aux politiques militaristes du gouvernement canadien.

Catégories: Attac Planet

Nouvelle pétition pour défendre l'Amazonie et le climat - Pas d'accord de libre-échange entre le Canada et le Mercosur !

ven, 06/11/2020 - 15:12

Le 22 septembre dernier, plusieurs organismes ont mené une action devant le bureau du premier ministre Justin Trudeau à Montréal, pour demander au gouvernement canadien de laisser tomber les négociations commerciales avec le Mercosur, dont la conclusion renforcerait le Brésil dans ses politiques destructrices de l'Amazonie. Le mouvement se poursuit actuellement avec le lancement d'une nouvelle pétition sur le site de la Chambre des communes du Canada, initiée pas Greenpeace et à laquelle ATTAC-Québec a donné son appui pour sa présentation. Paul Manly, député du Parti vert dans le comté Nanaimo-Ladysmith de Colombie Britannique, parraine la pétition.

Nous vous invitons à la lire et à la signer sans tarder, avant le 28 novembre, et à la faire circuler dans vos réseaux, suivez ce lien : https://petitions.noscommunes.ca/fr/Petition/Sign/e-2957

Cette action permettra d'introduire le sujet au sein de la Chambre des communes et d'interpeler le gouvernement canadien sur la question. Voici le contenu de la pétition :

Attendu que :
• Les feux dans la forêt pluviale amazonienne ont atteint un record en une décennie cette année ;
• Les marécages du Pantanal et la savane du Cerrado adjacents subissent aussi des feux dévastateurs et la destruction d'écosystèmes ;
• Ces feux sont pratiquement tous causés délibérément, principalement par des usurpateurs de terres et des éleveurs pour défricher les terres en vue du pâturage du bétail et de l'agriculture industrielle ;
• La déforestation et les feux ont considérablement augmenté depuis l'arrivée au pouvoir du président brésilien Jair Bolsonaro ;
• Son gouvernement a activement démantelé les réglementations environnementales, leur application et les protections des droits des Autochtones ;
• Les peuples autochtones du Brésil connaissent des niveaux particulièrement élevés de violence, d'appropriation des terres et d'autres violations des droits de la personne ;
• La déforestation en Amazonie approche d'un point de basculement au-delà duquel la forêt pluviale pourrait ne pas se rétablir ;
• La perte de cette forêt pluviale porterait atteinte à la sécurité de toute l'humanité ;
• Le Canada négocie un accord commercial qui devrait augmenter les importations de viande et de soya en provenance du Brésil, et qui légitimerait les violations de l'environnement et des droits de la personne du gouvernement Bolsonaro.

Nous, soussignés, citoyens et résidents du Canada, prions le ministre des Affaires étrangères de :

1) Mettre immédiatement un terme aux négociations en vue de la conclusion d'un accord de libre-échange entre le Canada et le Mercosur ;
2) Faire une déclaration publique selon laquelle l'assaut donné par le gouvernement Bolsonaro contre l'environnement et les droits de la personne est inacceptable pour le Canada.

Catégories: Attac Planet

BLOGUE « TaxCOOP 2020 : viser le centre »

mer, 04/11/2020 - 19:00

La tenue du Sommet mondial de la fiscalité, organisé par TaxCOOP la semaine du 13 octobre, devait relever d'importants défis. Claude Vaillancourt, dans ce nouveau billet, pose un regard solidaire, mais aussi critique sur l'événement. C'est à lire dans le Journal des Alternatives.

Catégories: Attac Planet

Reprise d'activités en milieu scolaire

mer, 04/11/2020 - 13:15

Nous sommes heureux de signaler une certaine reprise de nos activités de formation après les annulations. Ainsi, le 6 novembre dernier, Claude Vaillancourt, président d'ATTAC-Québec, a proposé, par Zoom, la conférence « Les nouveaux habits du libre-échange » aux étudiant-e-s du Collège de Rosemont, dans le cadre de la semaine thématique Perspectives sur le futur qui se déroule du 4 au 11 novembre dernier. Certaines de nos formations pourront bientôt être disponibles en mode virtuel. N'hésitez pas à nous contacter à ce sujet.

Catégories: Attac Planet

Conférence virtuelle : Économie vs écologie

dim, 01/11/2020 - 20:42

Le comité d'action et de défense des droits de la Maison Aurore propose une conférence inspirante et nécessaire avec Claude Vaillancourt d'ATTAC-QUÉBEC ce lundi le 9 novembre prochain à 18 h 30.

L'écofiscalité, le capitalisme vert, les conséquences du libre-échange et de la financiarisation sur l'environnement seront au coeur de cette deuxième conférence virtuelle offerte par la Maison d'Aurore. Au Québec, on parle de plus en plus d'opérer une transition écologique porteuse de justice sociale mais comment le faire sans aborder ces enjeux ?

Tous les détails ici : http://maisonaurore.org/events/conference-virtuelle-economie-vs-ecologie/

Événement Facebook à partager

Catégories: Attac Planet

En finir avec le déni

mar, 13/10/2020 - 13:49

La crise de la COVID-19 a transformé nos vies. Elle est aussi l'occasion – inespérée - d'une prise de conscience, et si nous écoutons les scientifiques ce n'est rien à côté de ce qui nous attend si nous n'agissons pas contre les changements climatiques qui se manifestent partout sur la planète.

En même temps, force est de constater que nous n'allons pas dans la bonne direction. Malgré les signes visibles de la détérioration du climat, nous continuons à vouloir croire « au développement durable », « au capitalisme vert », à une croissance contrôlée qui n'aurait pas de conséquences négatives. À croire qu'on « peut changer le monde un geste à la fois », que nos petits gestes individuels, nos manifestations sans suite et l'interdiction du plastic à usage unique vont nous éviter les remises en question indispensables face à nos modes de consommation, nos modes de vie, mais surtout mettre sur pause le capitaliste destructeur dont ils originent. Il faut le reconnaitre l'action individuelle ne suffira pas, pas plus que les conférences internationales.

Il est temps de sortir du déni et d'agir pour exiger de nos gouvernements une action concertée et audacieuse en vue du changement de cap inévitable pour que survive l'humanité. La pandémie n'est pas la fin du monde, mais elle a réussi l'impensable mettre sur pause le capitalisme destructeur. Elle a surtout montré qu'il est possible de prendre des décisions rapides et audacieuses basées sur la science. Elle pourrait être l'occasion de repartir sur de nouvelles bases pour réinventer le monde. C'est à partir de ce regard que les auteurs des articles de ce bulletin ont regardé ce que nous proposent nos gouvernements. Le constat est triste : au Québec, c'est « plus de béton et le salut par les entrepreneurs ». Pour le gouvernement Legault, l'urgence climatique devient « l'urgence pragmatique ». Au fédéral, de belles promesses d'une société « plus verte » en même temps qu'on continue à défendre, à promouvoir et à financer les énergies fossiles et les pipelines.

Comment gagner l'adhésion de tous aux transformations radicales de nos modes de vie qui s'imposeront, comment construire l'indispensable solidarité qui les rendra possibles et qui forcera les gouvernements à sortir du déni où ils se terrent ? À l'heure du « ma liberté tant pis pour le bien commun » ce sera la première marche de l'échelle qu'il nous faudra franchir. Je n'ai pas de réponse, mais je sais que ça commence par là.

Catégories: Attac Planet

La relance selon la CAQ Le keynésianisme aveugle

mar, 13/10/2020 - 13:48

Après que soit mort et enterré le projet de loi 61 sur la relance économique, voici que réapparait sa nouvelle mouture, la loi 66. Le gouvernement du Québec nous annonce une version plus digeste que la précédente, à l'écoute des critiques qui lui ont été adressées. Mais cet autre projet, loin d'être un véritable mea culpa, nous mène vers une relance guidée par une vision plutôt similaire de l'économie.

Le projet de loi 61, présenté par le gouvernement Legault au printemps dernier, en a déconcerté plusieurs. Selon ce projet, il fallait relancer l'économie dans la plus grande précipitation, en construisant tout ce qu'on pouvait construire : écoles, routes, Maison des aînés, hôpitaux, transports collectifs, etc. Pour y arriver, on était prêt à éliminer les barrières qui permettent pourtant que les opérations se passent bien. La lutte contre la corruption et la protection de l'environnement, entre autres, devenaient secondaires.

Heureusement, tout ne s'est pas passé ainsi. Une commission parlementaire sur le sujet et un travail solide de l'opposition ont forcé le gouvernement à corriger le projet de loi, puis à le retirer. Mais le gouvernement Legault ne semble pas avoir retenu la leçon. En juillet dernier, il annonçait déjà qu'il ne se gênerait pas pour avoir recours au baîllon si on l'empêchait à nouveau de réaliser au plus vite ses grands projets. C'est donc un gouvernement sans grands remords qui nous lance une nouvelle version d'un projet de loi honni. Voudra-t-il le faire adopter avec une même tendance à limiter les débats ?

Une recette en apparence éprouvée

La CAQ peut s'appuyer sur un important précédent historique pour justifier sa démarche. Rappelons-nous le populaire New Deal du président Roosevelt. Devant les ravages de la Grande Dépression, l'économie étatsunienne avait cherché à se relancer par des investissements étatiques massifs. Cette politique s'est généralisée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, alors que le keynésianisme, adopté dans la plupart des pays occidentaux, a encouragé les gouvernements à financer un nombre incalculable de projets publics d'une grande utilité et qui ont transformé la société. Les succès de cette période marquée par trente années de croissance, les Trente Glorieuses, sont peut-être venus à l'esprit de l'équipe de François Legault lorsqu'elle a conçu le projet de loi 61, puis la loi 66.

Au premier abord, on pourrait y voir une importante rupture avec les choix économiques des gouvernements du Québec de ces dernières années, plus spécifiquement avec le néolibéralisme triomphant. Après une trop longue période d'austérité budgétaire, on devrait se réjouir de voir un gouvernement se lancer dans la construction d'infrastructures dont profiteront l'ensemble des Québécois.e.s.

Le hic, c'est que les Trente Glorieuses sont loin derrière nous et qu'avec les transformations du monde survenues depuis, il est impensable de revenir sans y penser sérieusement aux politiques adoptées à l'époque. Les préoccupations environnementales existaient à peine et les grands investissements ont beaucoup profité à l'industrie automobile, favorisant un mode de vie axé sur l'usage systématique de la voiture personnelle.

D'autre part, François Legault ne semblait pas très préoccupé par le fait que cette expansion économique s'est aussi accomplie dans un contexte de réglementation plus sévère (entre autres du secteur de la finance). Le nouveau projet offre heureusement un meilleur encadrement, bien imparfait toutefois : ainsi, certains travaux pourront commencer avant d'obtenir une autorisation ministérielle ou municipale. Mais surtout, le New Deal a été permis par une forte hausse de la progressivité des impôts, alors que le président Roosevelt a haussé le taux marginal d'imposition — touchant les ultra-riches — jusqu'à 91%. Rien de tel ne semble se trouver, de près ou de loin, dans les cartons de la CAQ. De plus, la phobie des déficits et l'interdiction d'en faire pour les municipalités contredisent la théorie de Keynes pour lequel les années de vaches grasses compensent pour les années de vaches maigres.

La conversion des caquistes au keynésianisme n'a rien de naturel, eux qui dans l'opposition, jugeaient qu'on n'allait jamais assez loin dans le « dégraissage » de l'État et dans la liberté accordée aux entreprises. Elle leur a en quelque sorte été imposée, au moment où la COVID-19 montrait à quel point des années de compressions budgétaires nous avaient mal préparés à cette épidémie.

Caquistes et libéraux, des différences circonstancielles

Le projet de loi 61 était à la fois un fouillis et un tour de force, cherchant à réconcilier l'irréconciliable : le désir de relancer à tout prix l'économie, le besoin d'offrir des services publics efficaces, la volonté ferme d'en faire plus pour les entrepreneurs, la demande de la population de préserver de bonnes infrastructures étatiques. Sa seconde mouture est plus présentable, mieux ordonnée, mais répond aux mêmes principes. L'impopularité des libéraux pendant les années du gouvernement Couillard a forcé la CAQ à sortir de ses ornières : l'austérité budgétaire, en laquelle elle avait vraiment cru, n'est plus vraiment applicable. Mais il fallait trouver un autre moyen de relancer l'entreprise. Rien de tel alors que de bons contrats publics qui tombent comme une manne. Ce qui ramène par ailleurs la CAQ à un fondement de l'idéologie néolibérale, comme un retour au bercail : cette vision de l'État comme généreux pourvoyeur de contrats à l'entreprise privée.

La COVID-19 a permis à la CAQ de se distinguer du gouvernement Couillard d'une façon inattendue. Alors que l'ex-premier ministre était un pur idéologue néolibéral qui appliquait le dogme avec une foi peu commune, la CAQ joue à fond la carte du pragmatisme. Le premier ministre se veut un homme de terrain, à l'écoute des gens, qui ne se prend pas dans le piège des idées abstraites, mais se laisse guider par les intérêts immédiats des Québécois.e.s. Le projet de loi 61 a cependant fait tomber le masque et ramené la CAQ à ce qu'elle est fondamentalement : un parti d'entrepreneurs.

Sous le prétexte de relancer l'économie dans une situation d'urgence, alors que plusieurs secteurs battent véritablement de l'aile, le gouvernement Legault choisit de délier la bourse sans offrir le moindre projet de société, en ne voyant que les effets d'une relance dopée et immédiate. Il lui faut de la relance à tout prix, des projets de construction essentiellement, 181 projets accélérés (beaucoup de Maisons des aînés, très rentables sur le plan électoral), construire pour construire sans penser au reste, sans réfléchir sur ce qu'il est bon de prioriser comme investissements publics en temps de crise. Sa défense à tout prix du projet d'oléoduc GNL Québec se situe dans la même veine : réanimer l'économie par un productivisme dont on n'examine pas les conséquences.

L'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne a ouvert les marchés publics du Québec aux grandes entreprises transnationales européennes. Par leur capacité de réaliser d'importantes économies d'échelle et par leur place dominante sur le marché, elles se trouvent dans une position idéale pour soutirer le plus grand nombre de contrats, surtout si la règle du plus bas soumissionnaire continue à être appliquée. Cette relance par des investissements publics pourrait alors profiter en grande partie à des multinationales étrangères, alors que les petites entreprises québécoises se retrouveront dès le départ désavantagées, ou réduites à un rôle ingrat de sous-traitants. Certains critiques du projet de loi 61 ont soutenu que la négociation de contrats de gré à gré avec des entrepreneurs, sans la règle du plus bas soumissionnaire, favoriserait à nouveau la corruption. On voit ici à quel point cette règle peut être une arme à double tranchant : elle devient utile dans le cas où les contrats sont attribués sans transparence (mais avec quels résultats vraiment positifs pour la population, à risquer de choisir la pire qualité ?) ; mais elle doit être éliminée dans le cas contraire, alors que les contrats publics sont accordés en garantissant la qualité des produits et services, ainsi que des effets positifs sur l'économie locale et sur l'environnement.

Ne rien précipiter

La précipitation du gouvernement Legault pourrait affecter la transition écologique, essentielle pour combattre le réchauffement climatique et assurer une meilleure qualité de vie à la population. Pour que celle-ci soit efficacement réalisée, il faut une grande concertation entre les élus, la population, les gens d'affaires, les experts et les environnementalistes. Les processus de consultation demeurent incontournables, de même que les études d'impact sur l'environnement. Tout ceci nécessite du temps.

De prime abord, il en résulterait des pertes financières au sens strict : une relance au ralenti ne sera pas le choc électrique miraculeux souhaité par la CAQ et la reprise ne s'effectuera pas à la même vitesse. Par contre, l'occasion serait bonne, en cette période favorable à l'idée même d'investissements publics, d'entreprendre un virage significatif, beaucoup plus rentable à long terme.

Les idées pour effectuer la transition écologique ne manquent pas et notre gouvernement aurait d'excellentes balises pour se lancer dans un projet de société stimulant qui transformerait le Québec de façon significative. Pourquoi les nouvelles écoles, hôpitaux, Maisons des ainés, CHSLD ne seraient-ils pas des modèles d'économie d'énergie et de durabilité ? N'est-il pas mieux parfois de rénover plutôt que de construire, notamment en ce qui concerne les écoles ? Pourquoi les contrats publics ne favoriseraient-ils pas les entreprises les plus écologiquement responsables ? Les projets d'infrastructures routières sélectionnés dans la loi 66 sont-ils ceux dont nous avons vraiment besoin ? Plutôt qu'affaiblir les mécanismes démocratiques et les vérifications environnementales dans l'instauration des projets en vue d'une accélération de leur mise en place, ne serait-il pas préférable de les renforcer ?

Il semble clair que François Legault et son équipe ne se posent pas vraiment ces questions.

Catégories: Attac Planet

Projet de loi 66 – Quand le retour à « l'anormal » devient une solution.

mar, 13/10/2020 - 13:48

Le projet de loi 66 (Pl 66) qui vient d'être présenté par le gouvernement de la CAQ, diffère énormément du projet de loi 61 (Pl 61), lequel avait été fortement contesté au printemps dernier quant au respect des principes démocratiques, à l'absence de limite à l'état d'urgence et aux allègements des règles environnementales.

Il faut le souligner : la mobilisation des différents groupes de la société civile et de la population du Québec aura permis de construire une opposition efficace et suffisante pour faire reculer le gouvernement sur le Pl 61. En soi, ce n'est pas une mince victoire.

Du point de vue global, le Pl 66 est très transparent quant à la vision de la relance souhaitée par le gouvernement : le béton. Pour ce faire, il propose l'accélération de projets de construction ou d'agrandissement d'infrastructures publiques (comme des écoles, des établissements de soins, les fameuses Maisons des aînés, des autoroutes et des infrastructures de transport en commun, notamment le Réseau express métropolitain (REM) et le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal) en abolissant plusieurs processus administratifs qui auraient le tort de « ralentir » les projets par le biais de « mesures d'accélération ». Au nombre de quatre, chacune de ces mesures vise à réduire les délais et dispose de conditions précises pour être enclenchée. On pourra donc accélérer les expropriations, faciliter l'occupation des biens de l'État, accélérer des processus relevant de l'aménagement et de l'urbanisme, et surtout, alléger les protections environnementales et accélérer les évaluations des impacts des projets sur l'environnement.

Sur cette dernière mesure d'accélération, soulevons que le Pl 66 propose des aménagements majeurs. Même si les obligations de la Loi sur la qualité de l'environnement (LQE) sont maintenues, obtenir les permis et les autorisations ne sera plus un préalable aux travaux. Le gouvernement opèrera des évaluations pendant que les travaux se déroulent.

Il est opportun de s'interroger sur la capacité de l'Autorité des marchés publics (AMP) qui se verra confier le mandat d'examiner le processus d'adjudication ou d'attribution des contrats publics qui découlent d'un projet d'infrastructure lorsque l'organisme public concerné n'apparaît pas agir en conformité avec le cadre normatif. Il s'agit d'une bonne initiative que de confier la responsabilité de surveillance des chantiers accélérés à un organisme indépendant, mais l'AMP est très récente et les nouveaux pouvoirs conférés par le Pl. 66 restent limités.

Nous avons souligné que l'accent de la relance est mis sur les infrastructures. C'est bien, surtout lorsque l'on vise le développement du transport collectif afin de proposer une alternative pour les déplacements. On veut bien comprendre que, pour des raisons électoralistes et peut-être pour faire oublier sa très mauvaise gestion de la pandémie dans les CHSLD, le gouvernement de la CAQ choisit de privilégier la construction des Maisons des ainés.

Nous aurions pu privilégier l'humain.

Mais la piètre performance du Québec dans la gestion de la pandémie et la situation extrêmement difficile vécue par les personnes ainées devraient nous amener à revoir fondamentalement nos pratiques et à développer un projet social permettant aux personnes plus âgées et aux plus vulnérables de recevoir des soins dignes et complets, avec le soutien humain et technologique nécessaire, et à domicile, autant que possible. Et parce que le soutien à domicile est beaucoup moins couteux qu'une maison de retraite, nous contestons le choix d'investir uniquement dans ce genre d'établissements. Il faut souligner l'intense pression à laquelle le personnel a été soumis après les années d'horreur de la gestion libérale sous l'ère de Gaétan Barrette : la pandémie nous aura montré que notre système de santé est très fragile et opère sous des conditions proches de l'exploitation pour les travailleurs et les travailleuses qui y œuvrent. Or, il est indécent qu'on parle des anges gardiens d'une part et qu'on ne reconnaisse pas le travail qu'ils et elles réalisent par des conditions de travail décentes d'autre part.

L'environnement au service des promoteurs

Nous nous questionnons également sur la capacité et la volonté du ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) de réaliser son mandat de protection du territoire, d'autant plus que le ministre Benoit Charrette, bien avant le dépôt du projet de loi 61, demandait à ses gestionnaires de mettre en place une nouvelle culture d'accompagnement des clients : « Il faut s'occuper de chaque demande comme si c'était la nôtre, comme si nous étions le promoteur, il ne faut pas être vus comme ceux qui veulent empêcher la réalisation des projets. » Que le ministre Charrette soit toujours ministre de l'Environnement après sa déclaration incendiaire de février dernier nous en dit long sur les orientations gouvernementales ; ce même ministre qui se déclarait fermé à l'idée de se donner une cible de réduction des gaz à effet de serre (GES) qui soit en phase avec les recommandations du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

Au gouvernement de nous faire la démonstration de la nécessité de modifier les pratiques habituelles en matière de protection de l'environnement. Le risque en vaut-il le coût ? Comment en effet peut-on réconcilier qu'il serait possible de protéger l'environnement et d'agir si les chantiers œuvrent plus rapidement et sans avoir mené préalablement les études d'autorisation ? Peut-on faire confiance aux entrepreneurs pour respecter l'environnement s'ils n'ont plus à s'engager à le faire avant le début des travaux ? Et dotera-t-on l'action étatique de ressources additionnelles pour agir ? Considérant l'importance et la fragilité des milieux humides, même si ces milieux sont un peu plus balisés au sein du Pl. 66, n'aurait-il pas été préférable de maintenir les dispositions régulières en vigueur ?

Le gouvernement n'a pas fait une analyse adéquate de la pandémie.

Faut-il le rappeler, la destruction des écosystèmes, l'accélération des échanges commerciaux par la mondialisation et les pratiques destructives d'élevage sont les causes de l'apparition et de la propagation rapide du virus de la COVID-19 [1]. Non seulement il est indécent de la part d'un gouvernement de jouer à l'autruche face à l'enjeu climatique et environnemental, mais c'est aussi dangereux.

Peut-on enfin prendre au sérieux le gouvernement dans sa volonté d'accélérer les projets tout en protégeant l'environnement et en abaissant les mécanismes de protection institués à cette fin ? À considérer le peu d'entrain du gouvernement pour la question environnementale, permettons-nous d'en douter.

Il est préoccupant que le projet de relance économique ne fasse aucunement mention des défis écologiques auxquels nous sommes confrontés et qui nécessitent une transformation économique majeure. Nous sommes pourtant face à une opportunité historique et à un défi d'une urgence extrême. Tout projet devrait être évalué sur la base de la lutte aux changements climatiques et à la perte de la biodiversité. Ce qui ne s'inscrit pas dans une optique de résilience et de transition énergétique doit passer à la trappe. Par exemple, toute construction de logements devrait être conditionnelle à des normes de construction durables et écologiques, soit beaucoup plus élevées que celles présentement en vigueur au Québec. Tout ajout d'infrastructures routières devrait être remis en question afin d'éviter l'étalement urbain et la perte de territoires agricoles. L'argent public devrait servir en priorité à la transformation des pratiques agricoles et au développement de la souveraineté alimentaire, ainsi qu'à la réindustrialisation du Québec (tout en respectant l'idée de se sortir des hydrocarbures) pour moins dépendre des échanges commerciaux mondiaux.

Mais ce qui nous est présenté, c'est le Pl. 66. Et si la mobilisation de juin a fait avorter le Pl 61, elle doit s'appuyer maintenant sur ce succès important pour aller encore plus loin. Car le gouvernement de la CAQ fait la preuve de son manque de vision en priorisant un retour « à la normale » en matière économique, comme si la pandémie de la Covid19 n'était qu'un accident dans une histoire allant de soi.

Si nous ne saisissons pas collectivement l'opportunité d'agir maintenant, c'est nous qui finirons comme une note de bas de page de l'Histoire.

[1] Voir l'Aiguillon, bulletin d'Attac, no. 63, mai 2020

Catégories: Attac Planet

Un (autre) rendez-vous manqué… du côté d'Ottawa aussi !

mar, 13/10/2020 - 13:48

Alors que nous sommes confrontés à un péril climatique et écologique qui se déroule directement sous nos yeux, le discours du trône du gouvernement Trudeau est dramatiquement insuffisant.

Prenons d'abord la mesure de la situation. L'ensemble des limites planétaires sont amplement dépassées. Nous assistons en direct à la multiplication des symptômes de la crise écologique : canicules, incendies, fonte des glaciers, températures extrêmes, fonte du pergélisol, etc. Pas de doute, l'existence de l'humanité est menacée par un danger abyssal. Le Fonds mondial pour la nature rappelait tout dernièrement la responsabilité de l'activité humaine dans la destruction de la biodiversité qui nous a conduit à une réduction de l'ordre de 68 % des populations d'oiseaux, de poissons, de mammifères, d'amphibiens et de reptiles depuis 1970. En cinquante ans !

Le système économique capitaliste, qui a causé cette dégradation jamais vue de nos écosystèmes, a conduit aussi à une inégalité sociale extrême alors que, comme le révélait Oxfam, 26 personnes possèdent à elles seules autant de richesse que la moitié la plus pauvre de l'humanité, soit 3,8 milliards de personnes. L'exploitation capitaliste des êtres humains et de la nature porte la responsabilité des 37 000 personnes qui, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) meurent de faim chaque jour. Jamais dans l'histoire de l'humanité, les inégalités n'ont atteint un niveau si insupportable.

C'est dans ce contexte que nous analysons les orientations proposées par le gouvernement Trudeau. La situation catastrophique devant laquelle nous nous trouvons, pourtant partiellement évoquée dans le discours du Trône, demande un tournant profond dans la manière de gérer l'évolution économique. Le discours du Trône ne nous annonce pas un plan de transition véritable. Loin de là, il vise le maintien du mode de vie des canadiens et de la quête de croissance, alors même que nous savons qu'il faut plus de cinq (5) planètes pour soutenir notre mode de vie actuel… En fait, nous y retrouvons beaucoup de paroles, des promesses parfois déjà formulées, mais pas de véritable projet de transformation radicale de la production et de la consommation, pourtant urgent et nécessaire.

Pauvre Canada !

Sans doute, un des premiers messages nécessaires à cette transformation aurait été l'annonce d'une réforme radicale de la fiscalité et de la politique monétaire. Les faibles mesures proposées dans le discours à cet égard sont loin d'être suffisantes. Si l'on se fie au louvoiement interminable du gouvernement libéral quant à l'imposition des industries du numérique et son attitude attentiste dans le cadre des discussions au sein de l'Organisation de la coopération et du développement (OCDE), notre pessimisme apparaît justifié. Le prochain budget devrait malheureusement confirmer nos appréhensions.

Il aurait fallu retrouver l'idée de réformer la fiscalité afin de dégager les sommes nécessaires au financement de la transformation de l'économie et à l'accompagnement des personnes qui perdront leur emploi, mais aussi un engagement clair à mettre fin aux échappatoires fiscales pour les entreprises. Nous retrouvons une volonté de continuer à soutenir les personnes qui subissent des pertes d'emploi mais nous aurions souhaité une vision plus large par la constitution d'un revenu de transition écologique visant le soutien au développement d'initiatives de transformation du modèle économique, écologique et social. Soulignons également l'absence de propositions sur une nouvelle politique monétaire autorisant une capacité d'action autonome du Canada sur le crédit et l'investissement. Nous ne retrouvons enfin aucune volonté manifeste de lier dorénavant les décisions budgétaires à un véritable plan de transformation.

Le discours du Trône reprend le mantra contradictoire du développement durable et l'utopie de l'économie verte. Pourtant, tout n'est pas conciliable. Il faut privilégier les activités bénéfiques et abandonner celles qui sont nuisibles. On ne peut à la fois soutenir les compagnies pétrolières et les projets de pipeline et du même souffle fixer l'objectif Canada zéro émission nette en 2050. Aucune mention de l'abandon de ces pratiques, ce qui nous souligne l'incohérence de la position du gouvernement canadien en matière environnementale.

Nous ne retrouvons pas non plus dans le discours du Trône d'indices d'une transformation de l'agriculture productiviste vers l'autonomie alimentaire et une alimentation diversifiée, durable et accessible à la population. Rien non plus sur la protection du territoire qui permettrait à la fois d'atteindre une protection immédiate et réelle de 40 % des zones terrestres ainsi que de bonifier le faible taux de 8,9 % de protection du territoire marin inclus présentement dans des aires protégées, ce qui permettrait de favoriser la biodiversité. Le discours présente une proposition d'aménagement de parcs urbains et, encore une fois, avec l'objectif de planter deux milliards d'arbres (!!!). Mais c'est plutôt une basse politique d'écoblanchiment (greenwashing) que nous offre le gouvernement Trudeau. D'autre part, la glorification technologique de la transition vers la construction de véhicules électriques et de batteries zéro émission relève pratiquement de la mystification quand on considère les impacts réels d'une telle mesure.

Qu'en est-il de la politique commerciale du Canada si on considère les valeurs du droit des hommes et des femmes qui semble si chère à ce gouvernement. Quel est le plan pour lier commerce et justice sociale ? Néant.

Nous aurions souhaité que le discours du Trône nous convie à une grande transformation économique, mais aussi à une grande discussion démocratique afin que nous déterminions ensemble les principes écologiques qui devraient sous-tendre les actions du gouvernement, ce que l'on appelle la transition juste. Nous aurions souhaité être invités à participer à la construction d'une société juste où l'exploitation et l'accumulation illimitée de la richesse ne seraient plus les forces motrices de notre économie. Le discours à la nation aurait dû être porteur d'un appel à changer le monde. Or il n'en est rien.

Cette crise devrait nous permettre d'ouvrir nos esprits confinés depuis trop longtemps et de constater qu'il est impérieux de sortir de notre torpeur collective face à l'autodestruction de l'humanité et au drame de l'extrême inégalité. En pleine crise économique sociale et sanitaire, les gouvernements ont l'occasion de transformer nos économies pour construire un modèle plus juste et plus durable. Le discours du Trône n'est pas à la hauteur de la situation.
Ce que nous propose le gouvernement, c'est plus une adaptation aux changements climatiques qu'une véritable transformation du système. Tourner en rond, ce n'est pas une révolution ! Nous aurions souhaité que le discours du Trône et le discours à la nation suscitent l'espoir et donnent le désir de travailler ensemble à faire du Canada un pays plus vert et plus juste.

Nous en sommes quittes pour un autre rendez-vous manqué !

Catégories: Attac Planet

Contact

mar, 13/10/2020 - 13:48

Texte et signataires de l'Appel pour un autre monde !

ÉQUIPE DU BULLETIN :
Coordonnatrice : Monique Jeanmart
Coordonnatrice adjointe : Jeanne Gendreau
Mise en page électronique : Wedad Antonius et Jeanne Gaudreau :

Pour toute suggestion, commentaire ou questions, veuillez vous adresser à Monique Jeanmart moniquejeanmart@videotron.ca

Pour des conférences, ateliers, présentations dans votre région

invitez ATTAC !

ATTAC-QUÉBEC - Association pour la Taxation
des Transactions financières et pour l'Action Citoyenne

3720, avenue du Parc
Montréal (Québec) H2X 2J1
quebec@attac.org

Catégories: Attac Planet

Action pour l'Amazonie et le climat

jeu, 08/10/2020 - 00:18

Infos sur cette action dans ce communiqué

Catégories: Attac Planet

Action pour l'Amazonie et le climat

jeu, 08/10/2020 - 00:18

Infos sur cette action dans ce communiqué

Catégories: Attac Planet