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Attac s'engage pour la justice sociale et environnementale et mène des actions contre le pouvoir de la finance et des multinationales. Mouvement d'éducation populaire, l'association produit analyses et expertises, organise des conférences, des réunions publiques, participe à des manifestations… Attac est présente dans une cinquantaine de pays ; Attac France compte près de 10 000 membres et plus de 100 comités locaux.
Mis à jour : il y a 8 min 17 sec

La réforme des retraites ou le travail sans fin

il y a 4 heures 46 min

Dans sa déclaration de politique générale le 12 juin 2019, devant l'Assemblée nationale, le Premier ministre, Édouard Philippe, a confirmé le projet de réformer le système de retraites avant la fin de l'année. On le savait déjà, le gouvernement entend changer de fond en comble le système en instaurant un régime par points applicable à tous. Comme l'accumulation de points se fera sur l'ensemble de la carrière professionnelle de chacun, il est impossible d'échapper à une baisse des pensions, surtout pour ceux et celles qui auront eu des parcours de précarité, de chômage, de temps partiel, etc. Cette baisse des pensions individuelles se fera d'autant plus que la part des pensions dans le PIB est figée pour toujours autour du pourcentage actuel de 13,8 % et que les pensions ne seront indexées au mieux que sur les prix et non pas sur les salaires et sur l'évolution de la production.

Tout cela est désormais clair, et les psalmodies pour retarder le plus possible les détails du projet n'empêchent pas la population de s'inquiéter.
Avec raison, car Édouard Philippe a répété mot pour mot la déclaration du président de la République lors de sa conférence de presse du 25 avril 2010, qui avait asséné : « On doit regarder notre société par rapport à nos voisins. On travaille moins par rapport à la vie entière et par rapport à l'année ». La seule manière d'équilibrer les comptes sociaux est donc, aux yeux du gouvernement, 1) de programmer la baisse relative des pensions par rapport à la richesse produite, voire leur baisse absolue, et 2) d'allonger la durée du travail sur la vie active.

Emmanuel Macron, Édouard Philippe et le Haut Commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, ont beau jurer leurs grands dieux qu'ils ne modifieront pas l'âge légal de 62 ans où l'on peut faire valoir ses droits à la retraite, ils ont fini par avouer que ce qui se tramait depuis plusieurs mois serait mis en œuvre : la fixation d'un « âge-pivot » ou « âge d'équilibre », sans doute de 64 ans, peut-être plus si le Medef met la pression, avant lequel une décote importante serait appliquée pour « inciter les gens à travailler plus longtemps ». Avec comme seul argument : nous travaillons moins que nos voisins. Cet argument relève du bobard, ou, plus exactement, de la fausse information, de la fake news, comme on dit aujourd'hui.

1. Comment mesurer la durée du travail ?À la semaine

La durée légale de travail hebdomadaire des salariés est fixée en France à 35 heures, mais la durée effective est supérieure à ce seuil et est comparable à celle dans les pays voisins : 36,3 heures, voire souvent plus élevée qu'ailleurs.

JPEG - 63.9 ko Source : https://www.vie-publique.fr/actualite/alaune/union-europeenne-comparaison-durees-horaires-travail.html. Si on ne retient que les salariés à temps complet, la moyenne européenne est de 40,3 h, et en France elle est de 39,1 h. À l'année

Mesurée à l'année, la durée du travail n'est pas en France la plus faible d'Europe. Elle est même plus élevée que celle en Allemagne et au Danemark. Les écarts tiennent à plusieurs facteurs, dont la durée de travail à temps complet et le temps partiel.
On peut mettre en regard la durée du travail avec le taux d'emploi (population active occupée/population en âge travailler) et le taux d'activité (population active/population en âge de travailler). En France, le taux d'emploi est de 65,6 % et le taux d'activité est de 71,8 % ; la situation est caractérisée par une durée du travail hebdomadaire assez élevée, un faible taux d'emploi et un plus faible taux du temps partiel qu'ailleurs mais dont la durée de celui-ci est en moyenne plus longue. Pour prendre un autre exemple plus extrême, en Grèce, le taux d'emploi est de 55,6 % et le taux d'activité est de 68,3 %, avec une durée du travail très élevée. [1]

Évolution du temps de travail annuel (en heures par travailleur) [2]

JPEG - 66.8 ko L'OCDE confirme la tendance à la baisse du temps de travail pour tous les pays membres ainsi que la place moyenne de la France dans un tableau allant de 2000 à 2018.

Durée annuelle du travail en 2017 (en heures par travailleur) [3]

Au sein de l'Union européenne :

  • Allemagne : 1356
  • Belgique : 1545
  • Danemark : 1408
  • Espagne : 1687
  • Finlande : 1556
  • France : 1526
  • Grèce : 1956
  • Italie : 1723
  • Luxembourg : 1518
  • Pays-Bas : 1433
  • Portugal : 1727
  • Royaume-Uni : 1543
  • OCDE : 1746

Dans l'ensemble des pays de l'OCDE

JPEG - 91.6 ko https://data.oecd.org/fr/emp/heures-travaillees.htm#indicator-chart Et sur toute la vie active

Sur ce plan-là aussi, la France se situe autour de la moyenne européenne. Ci-dessous la carte européenne du nombre moyen d'années de vie active.

JPEG - 32.8 ko https://www.latribune.fr/economie/france/combien-d-annees-les-francais-travaillent-ils-en-moyenne-751375.html Au bout du compte, les enquêtes les plus récentes sur la durée du travail en Europe ne confirment pas les propos du chef de l'État. Non seulement les travailleurs français ne sont pas atypiques parmi les travailleurs des autres pays, mais une confusion est volontairement entretenue entre trois « âges » : l'âge légal de la retraite, l'âge moyen auquel les travailleurs prennent effectivement leur retraite et l'âge moyen de fin du dernier emploi, le plus souvent involontaire car lié à une décision patronale. Le premier est de 62 ans, le deuxième est de 62,4 ans pour les hommes et 62,9 ans pour les femmes [4]. Pour connaître le troisième, il faut prendre en compte plusieurs éléments. D'abord, seule la moitié des personnes sont encore en emploi au moment de la liquidation ; ensuite, beaucoup de seniors, surtout des femmes, attendent d'avoir 67 ans pour liquider leur retraite sans subir de décote ; les inégalités s'accroissent entre ceux qui ont encore un emploi et que l'on oblige à prolonger leur activité et ceux qui vont plonger dans le chômage, sans emploi ni retraite ou même ni allocation chômage [5].2. Comment forcer les travailleurs à travailler davantage ?

Le gouvernement tournait autour du pot depuis quelques mois. Plusieurs ministres avaient lancé des ballons-sondes pour tester l'opinion. Les uns parlaient ouvertement de retarder l'âge légal de la retraite fixé, depuis la réforme de Hollande, à 62 ans. D'autres insinuaient qu'il serait possible d'instaurer un âge-pivot en dessous duquel on pourrait partir en retraite mais pas à taux plein. Et les plus triviaux suggéraient d'augmenter décote et surcote pour inciter à rester au travail le plus tard possible.
Comme si cela ne suffisait pas, Mme Agnès Buzyn, docteure en médecine de son état, se préoccupe de la santé des personnes âgées et du risque de la grande dépendance, problèmes pour lesquels il conviendrait de travailler davantage. Quant au Haut-Commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, il ne savait comment faire pour éteindre le feu.

Retraites en moins et/ou temps de travail en plus

Le président a tranché : « il faut travailler plus longtemps puisque l'espérance de vie augmente ». Il ne sait peut-être pas que, en France, l'augmentation de l'espérance de vie s'est considérablement ralentie depuis quelques années, au point de stagner, de même que l'espérance de vie en bonne santé. Mais surtout, le président « promet » une baisse inéluctable des pensions à cause des deux mécanismes impitoyables présentés plus haut : le système à points, prenant la totalité de la carrière comme base de l'accumulation de points, et la décote qui sera imposée pour inciter à travailler au-delà de l'âge légal. Quel que soit son habillage, âge-pivot ou augmentation de la durée de cotisation, l'augmentation de la durée du travail aura des conséquences sur le travail et les pensions, d'autant plus marquées pour certaines catégories (femmes, jeunes entrés tardivement dans l'emploi). Cette proposition est soutenue par le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, qui demande une « grosse décote » (France Inter, 30 avril 2019).

Des leurres pour compenser

Le gouvernement a promis que, en 2020 et 2021, les pensions en dessous de 2000 € par mois seront indexées sur les prix. Or, la sous-indexation de 0,3 % a, semble-t-il, été censurée par le Conseil constitutionnel pour l'an prochain [6]. De toute façon, quid dans la tête du gouvernement pour les années suivantes ? Cet embrouillamini montre bien que les pensions sont traitées comme des variables d'ajustement des dépenses publiques et sociales.
Quant à la proposition de ne pas verser de pension inférieure à 1000 € par mois à quelqu'un qui a travaillé toute sa vie, elle reviendrait à lui verser un montant qui le placerait juste en dessous du seuil de pauvreté et à peine au-dessus du minimum contributif majoré du régime général augmenté du complément de l'Arrco.

Au final, vouloir augmenter le temps de travail alors que le pays connaît encore 3,6 millions de chômeurs de catégorie A, auxquels s'ajoutent plus de deux millions supplémentaires en incluant les autres catégories, relève de l'inconscience ou du cynisme. D'autant plus que rien n'est fait pour interdire aux employeurs d'imposer le travail à temps partiel et pour permettre à toute personne à temps partiel de passer à temps complet. Le gouvernement sent bien que son projet passe si mal dans la population qu'il annonce présenter un projet de loi à l'automne sur la retraite par points, mais que l'« âge d'équilibre » et l'augmentation de la durée de cotisation seraient renvoyées à la loi de financement de la Sécurité sociale : dissocier pour mieux régner.

Le président Macron a si peu de considération pour les travailleurs et les « gens d'en bas » qu'il les condamne au travail sans fin et mal payé. Et si on met en relation sa posture sur le temps de travail avec la vacuité de ses propositions sur l'écologie, on mesure à quel point l'alliance du social et de l'écologie n'est pas dans l'agenda du gouvernement, sans même parler de celui du patronat. En effet, la diminution du travail pourrait être associée à de nouvelles activités pour assurer la transition écologique et contribuer à endiguer le chômage [7]. La réduction du temps de travail est pourtant la seule piste cohérente lorsque la croissance économique est condamnée à plus ou moins long terme. Non seulement elle est efficace contre le chômage, mais elle accroît les rentrées de cotisations sociales avec l'emploi. Il faut dire que la condition est de réduire considérablement les inégalités de revenus.

Au contraire, l'acte II de la pièce de Macron ressemblera au premier : pression sur les travailleurs et ruissellement du bas vers le haut. Sa réforme des retraites s'inscrit dans le sillage des précédentes et de la loi El Khomri sous le précédent quinquennat et des ordonnances Pénicaud sous celui-ci, qui ont réduit les droits des travailleurs et affaibli un peu plus les travailleurs et leurs syndicats face au patronat. Cette réforme exprime un choix en faveur des classes supérieures, habillé par un appel à la responsabilité individuelle (« chacun doit prendre sa part ») et auréolé d'un discours affirmant la promotion du choix de chacun… pendant que toutes les normes sociales disparaissent peu à peu [8].

[1] OCDE, Données, Indicateurs, https://data.oecd.org/fr/emp/heures-travaillees.htm#indicator-chart et https://data.oecd.org/fr/emp/heures-travaillees.htm#indicator-chart. Sur les problèmes de mesure de la durée du travail, voir DARES, « Comparaisons européennes des durées du travail : illustration pour huit pays », n° 220, juin 2018, https://dares.travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/de_220_comparaisons_europeennes_des_durees_du_t https://data.oecd.org/fr/emp/heures-travaillees.htm#indicator-chart

[2] http://theconversation.com/temps-de-travail-en-europe-les-vrais-chiffres-77023

[3] extraits de https://stats.oecd.org/Index.aspx?DataSetCode=ANHRS

[4] Selon la CNAV, « Principaux chiffres du régime général », 2018, https://www.statistiques-recherches.cnav.fr/images/publications/fiches-abreges/Chiffres-du-rgime-gnral-Attributions-2018.pdf

[5] Voir la synthèse réalisée par Michaël Zemmour, « Retraites : Non, on ne travaille pas en moyenne jusqu'à 63 ans », Alternatives économiques, 19 mars 2019, https://www.alternatives-economiques/fr/non-on-ne-travaille-moyenne-jusqua-63-ans/00088735.

[6] Décision du Conseil constitutionnel du 21 décembre 2018, au motif qu'une disposition pour 2020 ne pouvait pas être inscrite dans la loi de financement de la sécurité sociale de 2019 : https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2018/2018776DC.htm.

[7] Pour une synthèse sur l'importance de la RTT, voir Michel Husson, « 35 heures : retour vers le futur », À l'encontre, 8 mars 2019, http://alencontre.org/europe/france/france-debat-35-heures-retour-vers-le-futur.html.

[8] Voir Attac et Fondation Copernic, L'imposture Macron, Un business model au service des puissants, Paris, Les Liens qui libèrent, 2018.

Catégories: Attac Planet

S'impliquer dans le Contre-G7 avec Attac !

il y a 7 heures 58 min

Si vous souhaitez participer à l'organisation et l'animation du Contre-G7 avec Attac (19 - 26 aôut à Hendaye - Irun), merci de remplir le formulaire ci-dessous.

Catégories: Attac Planet

Toutes les informations sur le Contre-G7 (Hendaye-Irun 19-26 août)

il y a 10 heures 10 min

Du 24 au 26 août, Macron accueillera le G7 à Biarritz. Fervents adeptes du système néolibéral, mettant à sac notre planète et faisant souffrir les peuples de leurs politiques austéritaires et pro-business, les sept pays parmi les plus riches du monde et la Commission européenne se réunissent cette année sur le thème des inégalités.

Contre le G7, pour un autre monde !

Le cynisme de ces pyromanes de la planète n'a donc pas de limite. Dans la lignée des contresommets qui ont forgé le mouvement altermondialiste, la réponse citoyenne s'annonce importante encore, cette année au Pays basque, terre de résistances. Pour y défendre sa volonté d'un monde plus juste et désirable, Attac y participe pleinement, aux côtés de nombreuses associations, syndicats et citoyen·ne·s et vous y donne bien sûr rendez-vous. Ensemble, éteignons les sept brasiers du capitalisme !

Voici le programme du contre-sommet qui mêlera actions, réflexions et débats, pour élaborer ensemble la stratégie et les alternatives qui doivent dessiner le monde que nous voulons et pour le crier haut et fort dans les rues du monde entier. Plus de 90 organisations du Pays Basque, de France et d'Europe sont déjà sur le pont !

  • 19-20 Août : Montage du Village d'Accueil des participants-es à Hendaye.
  • 21, 22, 23 Août : Contre-Sommet (Centre-ville de Hendaye et Centre de congrès du FICOBA à Irun).
  • 24 Août : Manifestation !
  • 25 Août : Actions et rassemblements pacifiques sur 7 places autour de la zone d'exclusion du G7.

Voici les liens permettant d'accéder aux sites et informations logistiques du Contre-Sommet G7 :

Programme des 3 Jours du Contre-Sommet21, 22, 23 Aout 2019

Nous sommes en train d'élaborer le programme des 3 jours de forums/débats/coordinations qui sont déjà prévus, autour de 7 thèmes principaux. Voici en avant-première, ceux qui sont d'ores et déjà programmés. Beaucoup d'autres suivront dans les jours qui viennent ! Et s'y ajoutent de nombreux ateliers organisés par les mouvements basques.

1. Pour un autre monde, sortons du capitalisme et de la dictature des multinationales

  • Stop à l'impunité des multinationales
  • Dette publique
  • Justice fiscale et gilets jaunes
  • Lutte contre la privatisation des Aéroports de Paris, pour les services publics et les biens communs
  • Campagne Stop TAFTA/CETA

2. Contre la destruction de notre planète, protégeons la terre, défendons le vivant :

  • Justice environnementale et marche climat
  • Souveraineté alimentaire
  • Désinvestir des énergies fossiles pour ouvrir l'horizon d'un avenir soutenable

3. Pour un monde radicalement féministe, à bas le patriarcat :

  • 8 mars
  • Grève des femmes

4. Respectons la diversité et la liberté des peuples, pour un monde décolonial et sans discriminations

  • Processus de paix au pays Basque

5. Pour une démocratie sociale et les mêmes droits pour toutes et tous, à bas l'autoritarisme

  • Conférence sur la répression
  • Atelier/débats sur la spéculation foncière
  • Tribunal du Service Public
  • Gratuité des transports publics

6. Pour un monde juste et basé sur la solidarité entre les peuples, à bas les guerres et l'impérialisme

  • Crise dans la mondialisation/Nouvel autoritarisme/Militarisation

7. Personne n'est illégal sur cette planète, abolition des frontières pour les êtres humains

  • Liberté de circulation et d'installation
  • Quelles stratégies face aux politiques migratoires pour les mouvements sociaux au niveau européen ?
Les Informations logistiquesS'y rendre :

Le camp du contre-sommet se situera à côté du centre Pierre et Vacances,
Le Domaine de Bordaberry, Route De La Corniche, Lieu Dit Bordaberry, 64122 Urrugne.

En train
  • Depuis Paris-Montparnasse : 1 train toute les 2 heures env. de 7h47 jusqu'à 17h47 (Trajet : 4h40).
  • Depuis Toulouse : 1 train toute les 2 heures env. de 6h30 jusqu'à 16h45 (Trajet : 5h20).
  • Depuis Bordeaux : 1 train chaque heure env. de 5h20 jusqu'à 20h02 (Trajet : 2h40)
  • Depuis Marseille : 1 train chaque heure env. de 5h14 jusqu'à 14h57 (Trajet : 9h00)
En co-voiturage ou en bus :

Rejoignez l'événement « Contre-G7 » sur le site de covoiturage Mobicoop.

  • Depuis Paris : https://urlz.fr/9YAl
  • Depuis Bordeaux : http://k6.re/yF55L
  • Depuis Marseille : http://k6.re/wi6_i
  • Depuis la Gare de Hendaye : Prendre la navette 20 en direction de Ciboure-Saint-Jean de Luz.
  • Stopper à l'arrêt Abadia, puis prendre la navette 6 jusqu'au terminus Hendaye-Haïçabia. Marcher 100m sur la route de la corniche, avec la mer à votre gauche. Prendre ensuite la première route à droite pour rentrer dans le domaine de la Bordaberry.
Y loger :

Deux possibilités s'offrent à vous pour loger pendant le contre-sommet :
1. En hôtel ou dans la mesure du possible en hébergement militant

  • Hôtel de la Gare-La Palombe Bleue, 1 r Déportes, 64700 HENDAYE
    993 m de Hendaye - Tél : 05 59 20 81 90
  • Le Santiago, 15 r Santiago, 64700 HENDAYE
    885 m de Hendaye - Tél : 05 59 20 00 94
  • Txingudi Hotel, 36 bd Gén Leclerc, 64700 HENDAYE
    925 m de Hendaye - Tél : 05 59 20 00 26
  • Hôtel Valencia, 29 bd Mer, 64700 HENDAYE
    1,8 km de Hendaye - Tél : 05 59 20 01 62
  • Hôtel Lafon, 99 bd Mer, 64700 HENDAYE
    1,5 km de Hendaye - Tél : 05 59 20 04 67
  • Hôtel/Restaurant Ibaïa, 76 av Mimosas, 64700 HENDAYE
    1,4 km de Hendaye - Tél : 05 59 48 88 88
  • Hôtel Restaurant Bergeret-Sport
    4 r Clématites, 64700 HENDAYE - Tél : 05 59 20 00 78
  • Hôtel Villa Goxoa, 32 av Magnolias, 64700 HENDAYE
    Tél : 05 59 20 32 43
  • Résidence Orhoitza, 1 r Oliviers, Vacances Bleues Résidences, 64700 HENDAYE
    1,4 km de Hendaye - Tél : 05 59 48 80 00
  • Hôtel Restaurant Campanile, 102 rte Béhobie, 64700 HENDAYE
    Tél : 05 59 48 06 48
  • Hôtel Restaurant Ibaïa, Pont de Sokoburu 76 av Mimosas, 64700 HENDAYE
    Tél : 05 59 48 88 88
  • Hôtel Uhainak, 3 bd Mer, 64700 HENDAYE
    Tél : 05 59 20 33 63
  • Les Jardins de Bakéa, Quart Bourg, 64700 BIRIATOU
    3,9 km de Hendaye - Tél : 05 59 20 02 01
  • Mer & Golf Résidence Soko, Eder, Route Kattalin Aguirre, 64500 CIBOURE
    7,8 km de Hendaye - Tél : 05 59 51 72 00

Si vous ne trouvez pas de place en hôtel ou hébergement militant, veuillez nous contacter à mobilisationg7@attac.org et nous essayerons dans la mesure de nos moyens de vous aider.

2. Dans le « camp »

Nous disposerons de plusieurs grands espaces répartis dans le camp où vous pourrez poser vos tentes et matériels de campings et d'un parking pour vos véhicules (nous sommes en train de déterminer son emplacement). Nous essayerons aussi de fournir, dans la mesure de nos moyens, des espaces de couchages en dur pour ceux ou celles qui en auraient le plus besoin. Des modules de douches et de toilettes sèches seront disposés dans tout le camp. Par ailleurs, nous fournirons des repas (végétariens) à prix libres pour toutes et tous. Des associations et fermiers locaux proposeront aussi des repas variés.

Plusieurs bars seront ouverts en soirée, notamment dans l'espace concert. Durant les trois jours de forums du Contre-Sommet (21, 22, 23 Août) les activités/concerts/débats/ateliers seront répartis entre « le village des alternatives » dans le centre d'Hendaye, le FICOBA à Irun de l'autre côté du fleuve et sur le camp lui-même. Des navettes régulières permettront de rejoindre le village des alternatives, le FICOBA et le camp.

La mobilisation des adhérent·e·s et sympathisant·e·s d'Attac

NOUS AVONS BESOIN DE VOUS !

Comme vous le savez, cet été il n'y aura pas d'université d'été, parce que nous avons fait le choix d'investir nos forces dans l'organisation et le succès du contre-sommet du G7. Et pour le réussir nous avons besoin de vous, de votre énergie, de vos têtes et de vos bras !

A partir d'aujourd'hui nous voulons recenser les dispositions militantes. N'hésitez pas à remplir le formulaire ci-dessous pour indiquer si vous souhaitez participer à la mobilisation avec Attac lors de ce Contre-G7 !

Catégories: Attac Planet

Plus de 340 organisations appellent l'Union européenne à interrompre immédiatement les négociations commerciales avec le Brésil

mer, 19/06/2019 - 16:11

Dans une lettre ouverte, plus de 340 organisations de la société civile - dont plus de 30 françaises - appellent l'Union européenne à mettre immédiatement un terme aux négociations pour un accord de libre-échange avec le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay) en raison de la détérioration des droits humains et de la situation écologique au Brésil. La lettre est adressée aux présidents des institutions européennes en amont de la réunion ministérielle de la semaine prochaine à Bruxelles où les ministres des affaires étrangères de l'UE et du Mercosur vont s'efforcer de finaliser les négociations.

Monsieur le Président du Conseil européen, Monsieur le Président de la Commission européenne, Monsieur le Président du Parlement européen

Nous, organisations de la société civile soussignées, nous vous écrivons pour demander à l'Union européenne (UE) d'utiliser son influence pour empêcher que la situation des droits humains et de l'environnement ne s'aggrave au Brésil.

En avril, plus de 600 scientifiques européens et deux organisations indigènes brésiliennes, représentant 300 groupes indigènes brésiliens, ont appelé l'UE à agir en tant que chef de file mondial afin de soutenir les droits humains, la dignité humaine et un climat habitable en faisant de la soutenabilité la pierre angulaire des négociations commerciales avec le Brésil. Nous appuyons pleinement cet appel.

Liés par les traités sur l'Union européenne, l'UE et ses États membres se sont engagés à respecter et à promouvoir les droits humains en tant qu'objectif primordial dans le cadre de leurs relations avec des pays tiers. Mme Cecilia Malmström, commissaire chargée du commerce, a également déclaré clairement que les nouveaux accords commerciaux de l'UE devaient assurer « un développement durable ».

Depuis l'investiture du président brésilien Jair Bolsonaro en janvier 2019, nous avons été témoins d'un nombre croissant de violations des droits humains et d'attaques contre les minorités, les populations indigènes, les LGBTQ et autres communautés traditionnelles. De plus, le gouvernement continue de menacer le fonctionnement démocratique fondamental de la société civile tout en lançant une attaque sérieuse contre certaines des régions les plus inestimables de la planète sur le plan écologique.

Nous sommes profondément préoccupés par ce qui suit :

  • La démarcation des terres indigènes a été placée sous la juridiction du ministère de l'Agriculture, ouvrant la voie à ce que de puissantes entreprises agroalimentaires de bétail et de soja accélèrent leur progression au cœur de l'Amazonie, la plus grande forêt tropicale mondiale, et au cœur du Cerrado, la savane la plus riche en biodiversité de la planète.
  • Le nombre d'attaques contre les peuples indigènes, les autres communautés traditionnelles et leurs territoires s'est considérablement accru. En février, au moins 14 territoires indigènes protégés auraient été attaqués. En outre, le gouvernement a aboli plus de 35 conseils nationaux de participation sociale. Les attaques contre les personnes qui défendent leurs territoires ou leurs ressources naturelles sont de plus en plus fréquentes dans les zones rurales du Brésil, entraînant la mort d'un nombre croissant de dirigeants communautaires, paysans et activistes.
  • La promesse de campagne de Bolsonaro de "mettre fin à toute forme d'activisme" a été mise en œuvre dès le premier jour de son mandat, habilitant le gouvernement à "superviser, coordonner, surveiller et observer les activités et les actions des agences internationales et des organisations non gouvernementales sur le territoire national".
  • Le ministère de l'Environnement et le ministère des Affaires étrangères sont désormais dirigés par des ministres qui nient le réchauffement climatique, ce qui a conduit à la suppression des départements en charge de la question. Même si le Brésil reste signataire de l'Accord de Paris sur le changement climatique, il devient peu probable que l'administration prenne les mesures nécessaires pour mettre en œuvre cet accord.
  • La législation et les politiques socio-environnementales ont été considérablement affaiblies au cours des 100 premiers jours du nouveau gouvernement. Le code forestier a été sapé par de nouvelles mesures réduisant les réserves légales et introduisant un délai plus souple pour la régularisation des terres de ceux qui se les approprient. En janvier 2019, la déforestation en Amazonie aurait augmenté de 54 pour cent par rapport à la même période en 2018.

Les acteurs de la société civile, les militants, les paysans, les travailleurs et les minorités sont mis en danger par la rhétorique incendiaire du gouvernement Bolsonaro et de ses partisans. Il a notamment qualifié de « terroristes » des membres de mouvements populaires tels que le Mouvement des travailleurs sans terre et le Mouvement des sans-abri, ce qui fait craindre que la très controversée loi antiterroriste du Brésil ne soit utilisée pour criminaliser les activistes sociaux.

L'UE est le deuxième partenaire commercial du Brésil, le deuxième importateur mondial de soja brésilien et l'un des principaux importateurs de viande bovine et d'autres produits agricoles en provenance du Brésil. L'UE a donc la responsabilité de s'attaquer aux injustices en matière de droits humains et de l'environnement qui se produisent au Brésil sous le gouvernement Bolsonaro. Elle doit user de son influence pour soutenir la société civile, les droits humains et l'environnement.

L'UE est en train de négocier un accord commercial de grande envergure avec le Mercosur qui vise à élargir l'accès aux marchés et le commerce entre les deux régions, y compris le Brésil. Il est impératif que l'UE envoie un message sans équivoque au président Bolsonaro : l'UE refusera de négocier un accord commercial avec le Brésil tant que les violations des droits humains n'auront pas pris fin, que des mesures strictes pour mettre fin à la déforestation n'auront pas été prises et que des engagements concrets pour mettre en œuvre l'accord de Paris ne seront pas effectifs.

Par le passé, l'UE a suspendu ses préférences commerciales avec des pays impliqués dans des violations des droits humains, comme la Birmanie et les Philippines. En outre, l'UE a limité les importations de produits dont la production impacte les droits humains dans le cas des minerais de conflit. Il est temps que l'UE adopte une position similaire et ferme pour empêcher une détérioration de la situation des droits humains et de l'environnement au Brésil.

C'est pourquoi nous vous appelons à :

  1. Arrêter immédiatement les négociations en vue d'un accord de libre-échange UE-Mercosur.
  2. Garantir que les produits brésiliens vendus dans l'UE, ou les marchés financiers qui les soutiennent, ne génèrent plus de déforestation, d'accaparement des terres indigènes et de violations des droits humains.
  3. Exiger la confirmation, avec des preuves matérielles, que le gouvernement brésilien respectera ses engagements dans le cadre de l'Accord de Paris sur le changement climatique.
  4. Accroître le soutien à la société civile brésilienne, notamment en renforçant la mise en œuvre du plan d'action de l'UE sur les droits humains et la démocratie et en organisant des consultations proactives avec les organisations de la société civile brésilienne qui traitent des droits humains et du fonctionnement démocratique de la société civile brésilienne.
  5. Surveiller les violations des droits humains et y réagir – notamment en enquêtant sur les cas depuis l'élection de M. Bolsonaro – et renforcer les mécanismes de protection des défenseurs des droits humains. Pour les personnes les plus exposées, y compris les populations indigènes autochtones et les défenseurs de l'environnement, l'UE devrait fournir, y compris par l'intermédiaire de ses représentations politiques, une aide directe et rapide en cas de besoin.

Cordialement

Catégories: Attac Planet

Catalogne : pas de tuyau pour le gaz

mar, 18/06/2019 - 15:38

Après la bonne nouvelle de l'abandon du grand projet inutile « A 45 », une autre bonne nouvelle : l'abandon du projet de gazoduc STEP prévu entre la Catalogne et les Pyrénées-orientales.

Dès ce projet connu, la mobilisation s'était organisée rapidement pour le bloquer : une première rencontre au printemps 2017 de militant·e·s Attac avec des Catalan·e·s qui avaient déjà eu à se mobiliser en 2011 contre un premier tronçon du gazoduc, puis un atelier à l'Université d'été 2017, ont permis la mise en place d'un collectif local. Les organisations françaises et le collectif transfrontalier franco-catalan ont multiplié les actions en 2018, tant au niveau local (dénonciation de la consultation publique, mobilisation des élus locaux) que national (rendez-vous auprès de la Commission de régulation de l'énergie et du Ministère). Démontrant l'inutilité de ce projet, la mobilisation a conforté un désaccord du régulateur français, et la décision finale franco-espagnole rendue le 23 janvier dernier a clairement infirmé ce projet. La démission de M. Rajoy le 1er juin 2018 et l'arrivée d'une nouvelle ministre espagnole de l'Environnement favorable au développement des énergies renouvelables a été un point d'appui pour les militant·e·s catalan·ne·s. Restons toutefois prudent·e·s car la Commission européenne n'a toujours pas éliminé le gazoduc STEP de sa liste des projets d'intérêt commun.

Voir le blog de Jacqueline Balvet sur Médiapart : https://blogs.mediapart.fr/jacqueline-balvet/blog

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Attac Italie - « La chose la plus importante sur laquelle nous sommes engagés est l'audit des dettes publiques »

mar, 18/06/2019 - 15:35

Entretien avec Stefano Risso (Attac Torino) et Giovanni Maniscalco (Attac Roma), militants mandatés par Attac Italie auprès du réseau des Attac d'Europe.

Pouvez-vous nous parler de la situation politique en Italie ?
Le mouvement Cinq étoiles a fait naître beaucoup d'espoirs et fait maintenant face à une très forte désillusion au sein de son électorat : sa direction politique est désormais minoritaire et se doit de continuer de composer avec la Ligue du Nord.

Qu'allez-vous faire d'ici aux élections européennes ?
La question de l'Europe ne peut pas être séparée de l'analyse du recul de la démocratie et de la transformation de la société : la société capitaliste s'est certes toujours caractérisée par une domination de classe, mais cette domination s'accentue aujourd'hui en changeant de nature. La campagne des européennes est sans doute une opportunité à saisir pour poser des questions dans le débat public afin de déconstruire le récit idéologique dominant. Mais cela ne doit pas nous faire oublier que la chose la plus importante sur laquelle nous sommes engagés est l'audit des dettes publiques, aux niveaux national comme local.

Sur cette question de la dette, qu'avez-vous fait jusqu'ici et que comptez-vous faire ?
Nous avons conclu la première étape d'un audit populaire des dettes. Il n'y a pas que l'évasion fiscale qui contribue à l'endettement. Les politiques fiscales menées au service des plus riches ont contribué à créer plus d'un quart de la dette publique. L'autre idée reçue à déconstruire est que la dette est due à un excès de dépenses, alors qu'au cours des dernières années l'Italie a eu un excédent primaire. Les revendications sociales se heurtent pourtant à cette réponse « il n'y a pas d'argent ». Ce n'est pas vrai : il y a 240 milliards d'euros de dépôts à la Caisse des dépôts et consignations. D'autre part, beaucoup de dettes proviennent de contrats illégitimes.

Nos comités locaux interviennent également sur les dettes des communes : les villes ne sont responsables que de 3 % de la dette publique, or ce sont elles qui supportent la plus grande part des réductions budgétaires.

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Empêcher la privatisation d'ADP : un enjeu majeur

lun, 17/06/2019 - 18:38

Il y a un peu plus de deux mois, 248 parlementaires ont obtenu que soit engagée une procédure de référendum d'initiative partagée sur la question de la privatisation d'Aéroports de Paris. Pour que le processus continue, 4,7 millions de signatures issues du corps électoral national devront être rassemblées avant la mi-mars 2020. Attac France appelle à une grande mobilisation pour faire entendre le large consensus autour du refus de cette nouvelle privatisation !

Le RIP (Référendum d'initiative partagée) concernant l'avenir d'Aéroports de Paris (ADP) est une bonne nouvelle pour la démocratie. C'est aussi une bonne nouvelle pour mettre un coup d'arrêt à la logique de privatisation engagée par Emmanuel Macron, accélérant ainsi la vague de privatisations que nous connaissons depuis les années 80… Il veut en finir avec ce qui reste d'entreprises publiques à privatiser, des secteurs dans lesquels il y a des enjeux financiers, économiques, sociaux et environnementaux qui relèvent du bien commun. Ces enjeux concernent les salarié.es de ces secteurs mais plus globalement l'ensemble des citoyen.nes.

Privatiser, c'est permettre à des multinationales de mettre la main sur des secteurs qui rapportent de l'argent et nécessitent des investissements à long terme : ce qui va primer pour ces grands groupes, c'est la rentabilité immédiate pour les actionnaires et non pas l'intérêt général. Avec ADP, le gouvernement a d'autres projets sous le coude comme les barrages ou les ports.

Le RIP est une grosse épine dans la politique libérale de ce gouvernement : empêcher la privatisation d'ADP, c'est stopper l'abandon au secteur privé de notre privatisation totale de l'économie voulue par Macron au profit de ses amis des multinationales et de la finance.

Le scandale de la privatisation des autoroutes dénoncé par la Cour des comptes est un fâcheux précédent tout comme la privatisation de l'aéroport de Toulouse encouragée par Macron lorsqu'il était ministre de l'économie.

Nous avons 9 mois pour développer ce grand moment d'éducation populaire et de débat citoyen. Nous avons 9 mois pour construire ce rapport de forces et obtenir les plus de 4,7 millions de signatures nécessaires à un référendum*.

Attac est déterminée à prendre toute sa place dans ce combat et appelle ses adhérent.es et ses comités locaux à s'y impliquer sur l'ensemble du territoire. Attac appelle à la constitution d'un vaste front social permettant de construire cette dynamique avec tous ceux et celles qui refusent cette privatisation, et plus globalement cette logique de privatisation de l'économie et de nos vies !

*Mode d'emploi : il faut se rendre sur l'adresse suivante : https://www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1. Puis remplir le questionnaire à l'aide de sa CNI ou passeport. Il est nécessaire d'être inscrit.e sur les listes électorales.

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« Les privatisations sont au profit d'intérêts privés, financiers, des multinationales et au détriment des salariés et des usagers »

jeu, 13/06/2019 - 17:23

Aurélie Trouvé, porte-parole d'Attac était l'invitée de France info pour parler du lancement du processus de référendum d'initiative partagé pour empêcher la privatisation d'Aéroports de Paris.

Pour réécouter son interview, cliquez sur l'icône ci-dessous.
MP3 - 8.4 Mo

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Contre-G7, pour un autre monde

mer, 12/06/2019 - 10:24

Du 19 au 26 août à Hendaye, mobilisons-nous et organisons-nous face au grand incendie du capitalisme !

Du 24 au 26 août, 7 des chefs des États parmi les plus riches de la planète se retrouvent à Biarritz sous la présidence de la France. De plus en plus autoritaires et bellicistes, ces 7 grands pyromanes se rencontrent pour perpétuer un système au service des plus riches et des multinationales. Il est temps de stopper ces incendiaires de la planète. Face à leurs faux discours, il est nécessaire de nous mobiliser au Pays Basque pour nous y opposer par nos idées, nos alternatives et nos luttes et imposer l'urgence écologique et sociale.

Programme des mobilisations organisées par la plateforme G7EZ ! et la Plateforme Nationale des Alternatives au G7 :

  • Du 19 au 24 août, village des alternatives (Urrugne, Hendaye, Irun) ;
  • Les 21,22 et 23 août, contre-sommet du G7 (voir ci-dessous)* ;
  • Samedi 24 août manifestation à Irun-Hendaye ;
  • Dimanche 25 août à midi : constitution d'une zone arc-en ciel par des rassemblements pacifiques dans 7 places du Pays basque pour la liberté de manifester.

*Durant le contre-sommet des conférences, débats, constructions de résistances se dérouleront à l'initiative de nombreux mouvements, associations, syndicats (etc) du Pays Basque et d'ailleurs. Ce sera un point de convergence important des combats qui ont marqué l'année et de construction de nos futures mobilisations. Les débats seront structurés autour de 7 espaces représentant 7 brasiers du capitalisme :

  • Pour un autre monde, sortons du capitalisme et de la dictature des multinationales
  • Contre la destruction de notre planète, protégeons la terre, défendons le vivant
  • Pour un monde radicalement féministe, à bas le patriarcat
  • Respectons la diversité et la liberté des peuples, pour un monde décolonial et sans discriminations
  • Pour une démocratie sociale et les mêmes droits pour toutes et tous, à bas l'autoritarisme
  • Pour un monde juste et basé sur la solidarité entre les peuples, à bas les guerres et l'impérialisme
  • Personne n'est illégal sur cette planète, abolition des frontières pour les êtres humains

Ce contre-sommet sera l'occasion de partager des solutions concrètes pour une politique mondiale qui lutte efficacement contre les inégalités, la pauvreté, et les désastres écologiques et climatiques. Rejoignez la plateforme Alternatives G7 pour envisager ensemble un monde social et juste, respectueux des différences et de l'environnement.

Pour participer à la mobilisation avec Attac mobilisationg7@attac.org.
Plus d'infos sur : https://alternativesg7.org

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BlackRock, un acteur financier extrêmement puissant en Europe

ven, 07/06/2019 - 16:24

« L'exemple de BlackRock illustre parfaitement la manière dont les entreprises financières peuvent maximiser leurs bénéfices au sein de l'Union européenne en tirant parti des différences de législation pour localiser leurs différentes activités (...) là où elles seront les plus rentables, le tout avec la complicité des gouvernements. »

Quel est le lien entre l'ancien ministre des finances britannique Georges Osborne, Friederich Merz, candidat à la tête de la CDU en Allemagne, et Jean-Francois Cirelli, ancien conseiller économique de Jacques Chirac ? Réponse : tous les trois travaillent pour le fonds d'investissement BlackRock. Peu connu en France, BlackRock est le premier gestionnaire d'actifs au monde. Il gère près de 6 000 milliards de dollars d'actifs financiers et est présent au capital de nombreuses sociétés françaises. Principal actionnaire du CAC40, il en détenait plus de 2,3 % fin 2016. Le siège de BlackRock en Europe se situe actuellement à Londres et emploie plus de 3 000 personnes. Le Brexit rend plus difficile l'accès au marché commun pour les entreprises du Royaume-Uni, et BlackRock a donc décidé de renforcer une partie de ses activités dans le reste de l'Union européenne : le back-office et les tâches informatiques seront principalement traitées à Budapest ; les Pays-Bas se voient renforcés comme plaque tournante de l'essentiel des transactions au sein de l'Union. Le bureau de Paris s'agrandit : l'Autorité des marchés financiers (AMF) française vient de donner son accord pour que le groupe transforme son bureau commercial en une société de gestion à part entière. Une victoire pour le gouvernement qui essaie d'attirer les financiers britanniques à Paris. Sa politique visant à réduire le « coût du travail » pour les entreprises, et également sa politique fiscale de plus en plus favorable aux acteurs financiers, ont représenté des arguments essentiels.

Une fois présent dans un pays, le fonds peut user de son pouvoir de pression – déplacer ses investissements dans un autre pays – pour être entendu par les autorités. Son poids financier ainsi que son réseau (anciens députés, hauts fonctionnaires, voire ministres) font de lui un acteur invisible mais extrêmement puissant en Europe. Autre signe de son pouvoir, BlackRock est consulté par les États pour analyser les actifs des banques et ses services ont même été imposés à la Grèce par la Troïka. Conseiller les États est doublement intéressant pour BlackRock : son service d'analyse facture cher ses conseils – qui s'orientent bien souvent vers la libéralisation et la privatisation ; ses investisseurs seront ensuite les mieux placés pour profiter de ces privatisations.

Crédit photo : Photo by Lorenzo from Pexels

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G7 : face à Trump, les trois erreurs d'Emmanuel Macron

ven, 07/06/2019 - 15:15

Théâtre annoncé des divisions entre « puissances occidentales », le 45e G7 de Biarritz – le 7e que la France préside – masque mal l'impasse dans laquelle Macron, Trudeau et l'UE nous enferment : défendre le Monde tel qu'il est, celui du néolibéralisme qui a nourri Trump et le Brexit, plutôt qu'inventer le Monde de demain, celui qui pourrait résoudre les grands défis auxquels nous sommes confrontés.

Le spectacle est par contre garanti et va tenir les observateurs en haleine : les poignées de main entre Trump, Macron et consorts, seront-elles viriles et énergiques, ou bien courtoises et diplomatiques ? Les États-Unis signeront-ils le communiqué final ? Donald Trump sera-t-il sur la photo finale ? Quel rôle auront joué les « première dames » ? Suspense.

La formule pour résumer les enjeux a déjà été utilisée : le G7 va-t-il se transformer en G1+6, consacrant la puissance américaine face à l'impuissance européenne, ou en G6+1, indiquant l'isolation des États-Unis face à l'affirmation des six autres pays membres historiques du G7 (France, Canada, Royaume-Uni, Italie, Japon, Allemagne). Car là est le pitch du prochain G7 : les tensions affichées sur le commerce international, le dossier iranien ou encore le réchauffement climatique, vont-elles achever de « diviser le camp occidental » ?

Éditos et articles de presse salueront le front commun affiché par les six autour de Macron ! La défense d'un « multilatéralisme fort » sera saluée face à « l'isolationnisme » de Trump, l'idée d'être prêts à signer un communiqué commun de fin de G7 sans les États-Unis sera louée, tout comme la dénonciation des taxes américaines et la défense de la mondialisation des échanges, supposée préférable au protectionnisme des États-Unis.

Ce faisant, Macron, Merkel, Trudeau et consorts nous enferment dans une impasse, incapables de se saisir des enjeux du 21e siècle : face à l'isolationnisme protectionniste américain, ils défendent le cadre néolibéral multilatéral façonné depuis trente ans qui nourrit pourtant les replis nationaux et identitaires à l'origine, notamment, de l'élection de Donald Trump et du Brexit. Ils entretiennent ainsi le mal qu'ils prétendent combattre.

Erreur n°1 : défendre un multilatéralisme de façade plutôt que le réinventer

Défendre « un multilatéralisme fort » lors d'un G7, institution qui fleure bon les années 1980-90 où l'on se complaisait à réunir les pays « les plus industrialisés » pour dicter la marche à suivre au reste du monde, c'est comme défendre la fin des armes en vente libre lors d'une réunion de la NRA. C'est hors de propos. L'histoire même du G7, de ses communiqués et de ses recommandations fleure bon la domination politique, géopolitique et économique de la fin du siècle passé, c'est-à-dire en grande partie l'hégémonie des États-Unis sur le reste du monde.

Il faut bien avoir en tête ce qu'implique défendre le G7 : c'est débattre de la croissance mondiale, du commerce international, du changement climatique ou de la sécurité entre les États en mettant sur la touche des pays comme la Chine, l'Inde, le Brésil, la Corée du Sud, l'Afrique du Sud, et plus généralement l'Afrique, le Moyen-Orient, l'Amérique du Sud, l'Europe « non occidentale » et l'Asie du Sud-Est. C'est juste anachronique. Représentant moins de 10% de la population mondiale et moins de 50 % du PIB mondial, le G7 est une scorie du passé, sans légitimité aucune pour définir ce que doit être notre avenir commun sur cette planète menacée.

Que devraient faire Macron et consorts ? Reconnaître cet état de fait, assumer le caractère désuet du G7, accepter sa disparition et défendre le seul multilatéralisme qui puisse être réellement multilatéral, à savoir des discussions et négociations au sein d'une ONU modernisée et démocratisée.

Erreur n°2 : s'engager dans la guerre commerciale plutôt que promouvoir une alternative

« Face à Trump, nous ne plierons pas sur nos principes » affirment à tour de rôle Macron, Trudeau ou Merkel. Quels sont ces principes ? La défense des règles qui organisent le commerce international et le droit des investisseurs que Donald Trump a décidé de ne pas respecter en introduisant des taxes sur l'acier et l'aluminium et en menaçant l'UE et le reste du monde de nouvelles taxes.

Là où Donald Trump envoie un message à son électorat en affirmant que ses mesures contribuent à un « commerce équitable » (Fair Trade ! tweete-t-il), Macron, Trudeau et l'UE défendent becs et ongles le cadre commercial international qui, de part ses impacts négatifs sur l'emploi, les économies locales et l'environnement, a nourri la vague de fond qui a permis à Trump de devenir le 45e Président des États-Unis.

Reprenant à leur compte et sans recul la belle histoire d'une « mondialisation heureuse », Macron, Trudeau et l'UE ne cessent d'agiter la crainte des « dangers du protectionnisme ». Que disent-ils ? Macron répète à l'envie, sans imprimer dans l'opinion publique, que les mesures prises « sont contre-productives, y compris pour son économie », Trudeau affirmant que « des emplois américains qui vont être perdus » alors que l'électorat de Trump est persuadé du contraire.

Force est de constater que ces promesses d'une mondialisation créatrice d'emplois et source du bonheur généralisé, sans cesse renouvelées – notamment par le G7/8 – et contredites par les faits et le ressenti des populations impactées, tournent à vide. Sauter comme un cabris avec un discours mille fois entendu ne fait pas une politique. De fait, Macron Trudeau et l'UE n'apportent aucune réponse tangible aux désastres sociaux et écologiques engendrés par la mondialisation.

Pire, ils se placent sur le même registre que Trump. « Nous serons aussi stupides » avait affirmé Jean-Claude Juncker, ne percevant sans doute pas qu'il disqualifiait ainsi la réponse que l'UE entend apporter à la décision de Trump. Trudeau ne dit rien d'autre en promettant « la loi du talion », tandis qu'Emmanuel Macron, se voulant plus subtil, se place également sur le plan de la guerre commerciale en affirmant que « le marché des six autres pays du G7 est plus grand que le marché américain ». Macron, Trudeau et Juncker, aussi stupides que Trump, construisent ce à quoi ils prétendent s'opposer : une guerre commerciale « stupide ».

Que devraient-ils faire ? Refuser d'entrer dans le jeu de Trump et de s'enferrer dans le piège qui nous est tendu entre « protectionnisme nationaliste » et « défense du néolibéralisme commercial ». Il est temps, non pas seulement de reconnaître les dégâts de la mondialisation en termes d'emplois et d'environnement, mais d'introduire des régulations qui permettent de résoudre ces grands défis du 21e siècle. Si l'économie du G6 est si forte qu'elle peut s'opposer aux États-Unis (et au reste du monde), alors cet espace économique est suffisant pour qu'il y soit introduit des régulations climatiques et sociales modernes et adaptées pour contenir le réchauffement climatique et juguler le chômage de masse.

Un exemple ? La sidérurgie européenne dit craindre, suite à la décision de Trump, l'arrivée massive d'acier et d'aluminium de « mauvaise qualité » et à « prix bradé » sur le marché européen, ne trouvant plus de débouchés sur le marché américain. La réponse stupide de l'UE est de répondre avec des taxes sur les Harley-Davidson, les jeans Levi's, et le bourbon. Une réponse intelligente serait d'élever unilatéralement les standards de qualité, de respect de l'environnement et de normes sociales, dans l'importation d'acier et d'aluminium. Histoire que cette industrie, fortement émettrice de gaz à effet de serre, par exemple, réduise enfin son impact climatique.

Erreur n°3 : s'affirmer « pro-climat » à l'international et faire le contraire à domicile

Emmanuel Macron, ainsi que Justin Trudeau, partagent le même penchant instinctif : délivrer des discours internationaux offensifs et volontaristes en matière de protection de l'environnement et de lutte contre les dérèglements climatiques, et faire tout le contraire sur le plan national (fédéral pour le cas du Canada). Face à Trump, Macron et Trudeau ont bien compris qu'il était facile de se donner une image de "champion du climat" à l'international. Au niveau national, rien de tel : les actes ne suivent pas les discours. Du CETA au glyphosate, les exemples sont nombreux et connus pour Emmanuel Macron. Son homologue canadien a également les siens, comme le rachat de l'oléoduc Trans Mountain et le projet d'expansion de ce même pipeline. En défendant conjointement le CETA, ils ont d'ailleurs porté un rude coup au climat.

Que devraient faire Macron, Trudeau et l'UE ? Enfin prendre au sérieux les crises climatique et écologique et modifier leurs politiques domestiques en conséquence : Macron et Trudeau ne doivent plus incarner dans leurs actes ce schisme de réalité consistant à dire de l'urgence climatique qu'elle est la priorité n°1 sans ne jamais rien changer aux vieux réflexes pavloviens et destructeurs consistant à protéger le business de toutes nouvelles régulations, nationales ou internationales, qui viendraient encadrer leurs activités.

Face à Trump, Macron, Merkel, Trudeau peuvent continuer à défendre ce vieux Monde néolibéral où la compétitivité des multinationales prime sur l'emploi, les territoires et l'environnement, agitant de vieux chiffons rouges qui n'effraient plus personne. Ou bien, ils peuvent décider de prendre au pied de la lettre les défis d'emplois, d'insécurité économique et sociale, qui contribuent à alimenter les replis identitaires et nationaux, et ouvrir une autre voie : celle d'une mondialisation régulée en mesure de répondre aux défis de ce début de 21e siècle.

Pour le dire autrement : on n'essaie pas d'amadouer Trump et son électorat avec des arguments surannés, profondément idéologiques et aveugles sur la réalité qui nous entoure. On affronte Trump, et son monde, par la construction d'un rapport de force autour d'une alternative clairement identifiée.

Défendre le G7 et le néolibéralisme contre Trump, c'est défendre le siècle passé. Combattre Trump en oeuvrant clairement en faveur de régulations sociales, écologiques et fiscales sur le plan international, ce serait au contraire construire le monde de demain.

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Au nom de l'équité, davantage d'inégalités

ven, 31/05/2019 - 18:13

Jusqu'ici, les réformes des retraites ont été menées au nom de l'équilibre financier. Maintenant que le déficit est en voie de résorption — au prix d'une baisse continue du niveau des pensions —, c'est l'« équité » qui est mise en avant par M. Emmanuel Macron. Piloté par un haut-commissariat dirigé par M. Jean-Paul Delevoye, le projet a pour objectif officiel de créer un système universel remplaçant les quarante-deux régimes actuels, et censé être plus juste, plus simple, plus lisible : « Un euro cotisé donnera les mêmes droits. (…) À carrière identique et revenu identique, la retraite doit être identique », annonce un communiqué du haut-commissariat. Ainsi, à carrière courte et faible salaire, faible retraite ! La même chose pour tout le monde…

Article initialement publié dans Le Monde diplomatique

Aujourd'hui, le système se compose de régimes de base en annuités et de régimes complémentaires à points — notamment l'Association pour le régime de retraite complémentaire (Arrco) pour tous les salariés et l'Association générale des institutions de retraite des cadres (Agirc) pour les seuls cadres. Ce sont des régimes par répartition : les cotisations des actifs servent directement à payer les pensions des retraités. Dans les régimes par capitalisation, elles alimentent des placements financiers dont le rendement futur (incertain) déterminera le montant de la pension. La capitalisation relève d'une logique d'assurance individuelle, aux antipodes de la solidarité qui est au fondement de la protection sociale française.

En effet, à l'âge de départ légal (62 ans actuellement), un régime en annuités garantit un taux de remplacement (rapport entre la pension et le salaire) pour une carrière complète définie par un nombre d'années cotisées (de quarante ans et quatre mois à quarante-trois ans selon la date de naissance) ; il donne donc une visibilité sur la future pension. Dans un régime à points — l'option choisie par le gouvernement, d'après les documents rendus publics —, les cotisations servent à acheter des points tout au long de la vie active. Au moment de la retraite, le montant de la pension est calculé en multipliant le nombre de points acquis par ce qu'on appelle la « valeur de service ».
Cette dernière tout comme le prix d'achat sont ajustés chaque année par les gestionnaires des caisses de retraite de manière à équilibrer les finances. Il n'y a ni taux de remplacement garanti ni notion de carrière complète, donc pas de visibilité sur la pension. Laquelle reflète au plus près la somme des cotisations versées au cours de la carrière : elle renforce la « contributivité » du système. En revanche, la part de solidarité – attribuée sans contrepartie de cotisations – est fort réduite. La logique de contributivité s'oppose à la logique de solidarité et de justice sociale, qui implique une redistribution envers les personnes qui n'ont pu acquérir que peu de droits à une pension.

UNE AUTRE option – qui avait la préférence du président – avait été envisagée au départ : le régime en comptes notionnels, comme en Suède. Les cotisations sont versées sur un compte individuel. Au moment du départ, le montant accumulé est revalorisé (selon le taux de croissance du revenu d'activité moyen), puis il est divisé par l'espérance de vie restante en théorie, qui varie selon la classe d'âge. Concrètement, des personnes partant à 65 ans et appartenant à une classe d'âge dont l'espérance de vie estimée est de vingt ans verront le montant de leurs droits acquis – et donc le niveau de leur pension annuelle – divisé par vingt ; si elle est de vingt-cinq ans, il sera divisé par vingt-cinq, etc. Plus l'espérance de vie est élevée, plus la pension sera faible. La somme des pensions perçues pendant la retraite s'approche ainsi encore plus de la somme des cotisations versées, donc d'une pure contributivité.
Cette option semblait écartée. Toutefois, le document de travail de février du haut-commissariat sur les « règles de pilotage du système universel » indique que « la prise en compte de l'espérance de vie est nécessaire », tandis que M. Delevoye déclare que la valeur du point intégrera l'espérance de vie (2). Théoriquement, les femmes, qui vivent en moyenne plus longtemps, ne devraient pas être pénalisées : les directives européennes interdisent toute discrimination en fonction du sexe. Mais il se trouve que de nombreux individus ne respectent pas l'espérance de vie théorique de leur classe d'âge ! Ainsi, les ouvriers meurent en moyenne six ans plus tôt que les cadres. Le niveau de revenu joue également un rôle : les 5 % les plus aisés ont une espérance de vie supérieure de treize ans à celle des 5 % les plus pauvres chez les hommes, et de huit ans chez les femmes (3). Si le calcul du point intègre aussi l'espérance de vie, le système opérera une forte redistribution des ouvriers vers les cadres, et des bas revenus vers les hauts revenus. Contrairement à ce qui est promis, un euro cotisé ne donnera pas « les mêmes droits », puisque ceux-ci dépendront de l'année de naissance et de l'âge de départ.

De plus, avec ce système, le calcul de la pension prend en compte l'ensemble de la carrière, et non plus les vingt-cinq meilleures années de salaire comme c'est le cas aujourd'hui dans le régime général, ou les six derniers mois, comme dans la fonction publique. Toute période non travaillée entraîne donc une réduction de la future pension. Les personnes ayant eu des périodes de chômage non indemnisé ou de temps partiel, des carrières courtes, des bas salaires sont mécaniquement pénalisées. Lors de la réforme de 1993, le calcul avait déjà été modifié pour prendre comme référence la moyenne des vingt-cinq meilleures années, au lieu des dix meilleures auparavant – une première étape vers plus de contributivité. La réforme a abouti à une baisse importante du montant de la retraite, plus sévère encore pour les femmes, qui, du fait de carrières plus courtes, comptent davantage de mauvaises années. Pour les générations nées entre 1945 et 1954, la baisse de la pension de base a atteint 16 % pour les hommes et 20 % pour les femmes (4).
De même, pour les fonctionnaires, la prise en compte de toute la carrière, au lieu des six derniers mois, entraînera une baisse des retraites. Il est donc prévu que les primes soient intégrées dans le calcul (5), ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Mais rien ne garantit que leur intégration suffise : tout dépend de leur montant. Or les femmes fonctionnaires perçoivent des primes significativement moins élevées que les hommes (6). Et, dans de nombreux métiers, il n'y en a pas. M. Delevoye reconnaît qu'il y aura des fonctionnaires pénalisés, mais estime qu'il faudra « profiter de cette opportunité pour éventuellement mettre en place une politique de rémunération (7) » !

D'UNE MANIERE générale, les inégalités entre femmes et hommes s'aggraveront. Il suffit de comparer les pensions reçues dans les régimes en annuités et dans les régimes complémentaires à points. Les pensions des femmes représentent entre 41 % (Agirc) et 61 % (Arrco) de celles des hommes, contre un ratio compris entre 74 % et 90 % pour les régimes en annuités. Le rapport est systématiquement plus faible dans les régimes à points.
Le gouvernement a beau affirmer qu'il maintient le principe de la répartition, son plan intègre l'ouverture à la capitalisation. Sur la tranche de salaire mensuel supérieure à 10 000 euros brut (contre 27 016 euros actuellement), on ne cotisera plus dans le système commun ; ces hauts revenus devront souscrire une épargne retraite en placements financiers, qui donnera droit à des avantages fiscaux – payés donc par tous les contribuables, ainsi que le prévoit d'ores et déjà la loi Pacte adoptée le 11 avril dernier. Cette mesure est présentée comme un facteur de justice. Mais, la capitalisation ayant ainsi mis un pied dans la porte du système, son champ pourra facilement être élargi en abaissant le seuil de revenu non autorisé à cotiser au régime universel. D'autant que la baisse du niveau des pensions, au fil des réformes successives, a déjà poussé de nombreuses personnes – celles qui en ont les moyens – à se constituer une retraite complémentaire auprès d'assurances privées. C'est au fond l'objectif implicite de ces réformes.
De même, M. Delevoye aime à faire remarquer : « La retraite est le reflet de la carrière ; ça, c'est quelque chose qui est juste. Si vous avez une belle carrière, vous avez une belle retraite ; si vous avez une moins belle carrière, vous avez une moins belle retraite (8). » Or cet objectif traduit non pas l'équité brandie par le gouvernement, mais un calcul mécanique aveugle. Car tout le monde n'a pas les mêmes chances d'effectuer une belle carrière, ne serait-ce que du fait de l'inégal accès aux diplômes selon les catégories sociales, des contraintes économiques (chômage, précarité, …), des risques de maladie, ou des normes sociales qui attribuent aux femmes l'éducation des enfants. L'équité consisterait précisément à assurer une pension convenable à ceux qui ont une moins belle carrière.

C'EST pour prendre en compte ces facteurs que les dispositifs de solidarité (droits familiaux, minima de pension, réversion, etc.) ont été intégrés au fil du temps dans le système de retraite, par l'attribution de droits non contributifs (qui ne sont pas la contrepartie de cotisations). Certes, le projet n'envisage pas de supprimer la solidarité, en dépit des déclarations paradoxales sur le thème « la pension, reflet de la carrière ». Des points seraient accordés pour « prendre en compte les interruptions d'activité liées aux aléas de carrière ou de vie », « les carrières longues, les métiers pénibles, le handicap », et pour « compenser les impacts, sur la carrière des parents, de l'arrivée ou de l'éducation de l'enfant ». Lorsqu'on sait que les inégalités de pension entre les femmes et les hommes du fait de ces impacts sont aujourd'hui encore de 25 % en moyenne (9), ou que les négociations pour la prise en compte de la pénibilité, inscrites dans la loi d'août 2003, n'ont toujours pas abouti, on comprend qu'il faudrait un renforcement important de la solidarité...
Cependant, il a été décidé que la réforme se ferait à enveloppe constante et que la dépense actuelle, 13,8 % du produit intérieur brut (PIB), représenterait un plafond pour l'avenir. On peut dès lors craindre une nouvelle baisse des pensions. Car, selon les documents, la solidarité constituerait un bloc distinct du coeur du système lié aux droits contributifs, et son financement relèverait – plus qu'aujourd'hui – de la fiscalité, donc du budget de l'État. Dans le contexte actuel de recherche tous azimuts de baisse des dépenses publiques, il y a là un risque de régression. Le haut-commissaire en est d'ailleurs conscient, puisqu'il a déclaré : « Si je confiais à Bercy la gouvernance du système, je crois qu'il y aurait une lourde inquiétude (10). » Bel euphémisme. En fait, la décision de plafonner le poids des retraites par rapport à la richesse produite, alors que la proportion de retraités dans la population va augmenter, revient à programmer l'appauvrissement de ceux-ci...
Quant à la prétendue liberté de choisir entre partir et continuer à travailler pour acquérir des points supplémentaires, elle se réduit à peu de choses lorsqu'on sait que la moitié seulement des personnes sont encore employées au moment de liquider leur retraite, et que l'usure professionnelle survient bien avant l'âge de départ dans de nombreux métiers. De plus, repousser le moment de s'arrêter pourrait s'avérer un mauvais calcul, car il n'y a pas de garantie que la valeur du point ne baisserait pas.

L'ORIENTATION vers un pilotage automatique pour équilibrer le système empêche tout débat sur les enjeux politiques de l'évolution des retraites. Fixer un plafond aux dépenses qui leur sont liées permet d'éviter la discussion pourtant essentielle sur le partage de la richesse produite entre revenus du travail (masse salariale incluant les cotisations) et revenus du capital (dont on sait qu'ils ne cessent d'augmenter). La seule solution mise aujourd'hui en avant consiste à arbitrer entre les intérêts de ceux qui travaillent et de ceux qui ont travaillé, entre population active et population retraitée...

(1) Haut-commissariat à la réforme des retraites, dossier de presse, 10 octobre 2018.
(2) « Le grand entretien », France Inter, 21 mars 2019.
(3) Nathalie Blanpain, « L'espérance de vie par niveau de vie : chez les hommes, treize ans d'écart entre les plus aisés et les plus modestes », Insee Première, no 1687, Paris, 6 février 2018.
(4) Carole Bonnet, Sophie Buffeteau et Pascal Godefroy, « Disparité de retraite entre hommes et femmes : quelles évolutions au fil des générations ? », Économie et statistiques, no 398-399, Paris, 2006.
(5) Haut-commissariat à la réforme des retraites, dossier de presse, 10 octobre 2018.
(6) Chloé Duvivier, Joseph Lanfranchi et Mathieu Narcy, « Les sources de l'écart de rémunération entre femmes et hommes dans la fonction publique », Économie et statistiques, no 488-489, 2016.
(7) « Le grand entretien », France Inter, 11 octobre 2018.
(8) Ibid.
(9) « Les retraités et les retraites 2018 », Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees).
(10) « Le grand entretien », France Inter, 21 mars 2019.

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Retraite par points : plus équitable, vraiment ?

ven, 31/05/2019 - 18:10

La réforme des retraites que Macron veut imposer, repose sur la mise en place de la retraite par points. Elle individualise de façon libérale. Elle va augmenter les inégalités. D'abord entre hommes et femmes. Elle va baisser les pensions de retraites. Elle détruit, également, la solidarité intergénérationnelle. Bref, le chacun pour soi, le chacun seul, le « chacun sa merde ». Voici, expliqué en détail, son fonctionnement et les raisons de la refuser.

Depuis 1993, les réformes successives des retraites ont été menées au nom de l'équilibre financier des régimes. Aujourd'hui que le déficit des caisses est en voie de résorption – au prix de la baisse du niveau des pensions et du départ plus tardif en retraite -, c'est la recherche de l'équité qui est invoquée pour justifier une nouvelle réforme. Le projet est de transformer le système actuel par annuités en un régime par points, à vocation universel, qui remplacera les 42 régimes actuels (base et complémentaires). L'objectif annoncé est qu'« à carrière identique, revenu identique, la retraite doit être identique ». Donc, à carrière incomplète et faibles revenus, faible retraite, mais ce sera la même chose pour tout le monde ! Est-ce cela l'équité visée ? Jean-Paul Delevoye, haut commissaire à la réforme des retraites, interviewé sur France Inter le 11 octobre 2018, précisait : « la retraite est le reflet de la carrière, ça, c'est quelque chose qui est juste. Si vous avez une belle carrière, vous avez une belle retraite, si vous avez une moins belle carrière, vous avez une moins belle retraite ».

Quid alors des dispositifs de solidarité ? Ce sont eux qui constituent le socle de la redistribution du système de retraites en faveur des personnes qui n'ont que peu de droits à la retraite car elles n'ont pas eu une activité professionnelle suffisante. Tout le monde, en effet, n'a pas les mêmes possibilités de faire « une belle carrière » et d'avoir de bons salaires, du fait de l'existence de contraintes économiques – le chômage et la précarité sont une réalité -, du fait des normes sociales qui pèsent sur les femmes en leur attribuant la charge de l'éducation des enfants. Les inégalités de pension qui en résultent sont importantes. L'équité doit consister à les prendre en compte et à assurer une pension convenable, y compris aux personnes qui n'ont pas une belle carrière.

Certes, les documents officiels affirment que les solidarités seront consolidées, mais ils indiquent aussi qu'il faut « redéfinir leurs objectifs et clarifier la nature de leur financement ». JP Delevoye demandait : ne relèvent-ils pas plutôt de la solidarité nationale via l'impôt ? La question préfigure la réponse. L'idée est de sortir certains dispositifs du système de retraites et de les faire financer par la fiscalité. Dans le contexte actuel de recherche tout azimut de baisse des dépenses publiques, il y a là un risque majeur de régression.

En outre, il est clairement indiqué que le montant actuel des retraites, qui représente 14 % du PIB, doit être un plafond. Tout d'abord, déclarer que la part des retraites dans la richesse produite ne doit pas croître alors que la part des retraité·es dans la population va augmenter revient à décider de leur appauvrissement. Est-ce là « bâtir un système de retraite fondé sur une solidarité renforcée [1] » ?

Ensuite, on ne voit pas bien alors comment on pourrait assurer cette « solidarité renforcée », qui prendra en compte « les interruptions d'activité liées aux aléas de carrière ou de vie », « les carrières longues, les métiers pénibles, le handicap », tout cela à budget constant. On ne voit pas non plus comment les pensions de réversion seraient garanties, comme il a été annoncé : les conditions d'attribution de la réversion varient actuellement selon les régimes (de 50 % à 60 % de la pension de la personne décédée, avec des conditions d'âge ou de ressources différentes) : les harmoniser dans le cadre d'un budget constant signifie mathématiquement qu'il y aura beaucoup de perdant·es !

Le fonctionnement d'un régime par points permet d'éviter le débat public

Dans un régime par points, on accumule des points en cotisant tout au long de sa vie active, les cotisations achetant des points. Au moment de la retraite, les points sont convertis en pension. Il n'y pas de taux de remplacement (rapport entre la pension et le salaire) fixé à l'avance, à la différence du régime de base par annuités qui définit un taux plein que l'on obtient moyennant une certaine durée de cotisation. Un régime par annuités est « à prestations définies », un régime par points est « à cotisations définies » : on connaît le niveau de ses cotisations, mais comme il n'y a aucune notion de taux plein, on n'a pas de visibilité sur sa future pension.

La valeur du point à l'achat, celle du point lors de la conversion en pension ainsi que d'autres paramètres sont réglés chaque année de manière à équilibrer les finances des caisses de retraite. Ce sont des mesures techniques d'ajustement qui sont décidées au niveau des gestionnaires de caisse, ce qui escamote ainsi tout débat public sur l'évolution des retraites et le partage de la richesse produite, d'une part au sein de la masse salariale entre salarié·es et retraité·es, d'autre part en amont, entre masse salariale et profits.

L'exemple des régimes complémentaires Agirc et Arrco qui fonctionnent par points est loin d'être enviable : entre 1990 et 2009, le taux de remplacement a baissé de plus de 30 % dans chacun d'eux, ce qui est une baisse beaucoup plus sévère que dans le régime de base. À l'Agirc, par exemple, la pension des nouveaux liquidants est très inférieure à celle des personnes déjà retraitées, en raison notamment de la baisse du rendement des cotisations au cours des dernières années. En 10 ans, de 2006 à 2016, la pension moyenne de droit direct des retraité·es a baissé de 16,4 %.

Un régime par points ne peut que pénaliser plus encore les femmes, et plus généralement toutes les carrières heurtées

Un régime par points est basé sur une logique purement « contributive », c'est-à-dire qu'il vise à ce que les pensions perçues par une personne pendant sa retraite soient proportionnelles à la somme actualisée de l'ensemble des cotisations versées au cours de sa carrière. La pension reflète ainsi l'ensemble des salaires perçus, et non plus les 25 meilleures années de salaires comme dans le régime général, ou les six derniers mois comme dans la fonction publique. Tant pis alors pour les personnes aux carrières courtes ou avec de bas salaires, elles auront peu de points. On le sait, la mesure de 1993 qui a modifié le calcul de la pension en prenant en compte comme salaire de référence la moyenne des 25 meilleures années au lieu des 10 meilleures auparavant a abouti à une baisse conséquente des pensions des personnes liquidant leur retraite.

Dans la situation actuelle, caractérisée par des carrières de femmes en moyenne plus courtes, assorties de salaires plus faibles et de périodes de temps partiel, les inégalités de pension entre les sexes, alors qu'elles sont déjà importantes et doivent diminuer, ne pourraient qu'en être encore accentuées par rapport au système actuel.

Une simulation réalisée avec le modèle Destinie de l'Insee permet de s'en faire une idée : pour les générations nées entre 1950 et 1960, la somme des salaires perçus au cours de sa carrière par une femme ne représenterait en moyenne que 58 % de celle d'un homme. La somme des cotisations versées par les femmes ne représenterait, de même, que 58 % de celle des hommes et la pension moyenne des femmes serait aussi que de 58 % de celle des hommes ! Encore plus faible qu'actuellement, donc, puisque la pension moyenne de droit direct des femmes parties en retraite en 2017 représente 69 % de celle des homme, ce qui constitue déjà une forte inégalité, qui serait encore amplifiée avec un régime par points.

Des dispositifs de solidarité bien plus faibles dans les régimes par points

La logique de construction des régimes par points qui vise une contributivité maximale du système n'empêche pas malgré tout, la présence de quelques dispositifs de solidarité dans les régimes complémentaires du système de retraite actuel. Mais ils sont bien moins importants que dans les régimes par annuités. Ils ne représentent que 6,9 % du montant des pensions servies dans ces régimes, contre 23,1 % dans les régimes de base par annuités. De plus, en proportion, ces dispositifs bénéficient moins aux femmes. Notamment, il n'y a pas de minimum de pension (sauf exception).

Dès le premier enfant ?

Selon le dossier de presse publié le 10 octobre, « des points seront accordés pour chaque enfant, dès le premier enfant, afin de compenser les impacts sur la carrière des parents de l'arrivée ou de l'éducation de l'enfant ». L'information « dès le premier enfant » a été commentée par les médias et même par la CFTC comme un nouvel avantage du projet car actuellement ce ne serait qu'à partir du troisième enfant. Mais il y a confusion. Il existe des majorations de durée d'assurance (MDA) qui attribue des trimestres pour chaque enfant, dès le premier. Rien de nouveau donc. On sait que les droits familiaux liés aux enfants permettent de compenser, un peu, les pensions des femmes et ainsi de réduire les inégalités de pension entre les sexes. Il ne peut évidemment pas être question de les réduire lorsqu'on annonce une réforme au nom de l'équité (mais les augmenter n'est pas non plus la bonne solution pour améliorer les pensions des femmes [2]). L'indication « dès le premier enfant » vise en réalité un dispositif existant qui attribue une majoration de pension de 10 % à chacun des parents ayant trois enfants : les hommes ayant en moyenne des pensions plus élevées, ce dispositif leur bénéficie beaucoup plus qu'aux femmes, alors que ce sont elles qui subissent l'impact des enfants sur leur carrière et leur pension ! Ce dispositif, injuste, représente la somme importante de 9 milliards d'euros, et de l'avis à peu près unanime, ce montant doit être utilisé de manière plus juste. Réparer cette injustice est donc le minimum que l'on attend de toute réforme.

Le libre choix de sa retraite ?

JP Delevoye et les partisans d'un régime par points insistent sur le fait que celui-ci offre « la faculté de choisir le moment de partir en retraite ». On pourrait ainsi arbitrer soi-même le montant de sa pension : si on n'a pas assez de points, on continue de travailler. Quelle illusion… ou quelle hypocrisie ! Lorsqu'on sait que les transitions directes d'une situation d'emploi à la situation de retraite n'existent que pour un peu plus de la moitié des personnes, que les employeurs continuent de se débarrasser des seniors, ou encore que de nombreuses personnes qui ont des métiers pénibles et souvent de faibles salaires (par exemple des métiers comme aide-soignante) ont déjà du mal à attendre l'âge légal de départ, de quelle liberté de choix parle-t-on ?

Une perte de crédibilité du système sciemment organisée

Les arguments mobilisés pour légitimer la nouvelle réforme pointent la perte de confiance des Français·es dans notre système de retraite. Les jeunes notamment sont nombreux à penser qu'ils n'auront pas de retraite. En effet, les réformes passées ont organisé une baisse continuelle du niveau des pensions en refusant d'augmenter les ressources des caisses de retraite, tout en durcissant les conditions pour une pension à taux plein. L'objectif de fond est d'inciter celles et ceux qui le pourront à se constituer un complément de retraite par une épargne individuelle, et de faire ainsi la place aux assurances privées et aux produits financiers. Avec la crise de 2008, qui a entrainé de très sévères baisses de pension pour de nombreuses personnes dans les pays où les fonds de pension sont développés, la promotion de la capitalisation n'était plus à l'ordre du jour. Aujourd'hui, la voilà de retour. Il est prévu dans le projet présenté que les revenus d'activité ne cotiseront plus dans le système commun de retraite sur la partie supérieure à 10 000 euros bruts par mois… et pour ces personnes, il y aura des incitations financières pour l'épargne individuelle. L'étage de capitalisation étant instauré, il suffira ensuite abaisser ce seuil de revenus pour élargir le volume offert au secteur privé.

En conclusion

JP Delevoye, questionné sur les raisons d'une nouvelle réforme, mentionnait que ses amis européens l'interrogeaient de même, en lui faisant remarquer que le niveau des retraites en France était le meilleur des pays européens et que le système est proche de l'équilibre. Alors pourquoi changer ? Oui, bonne question. La réponse donnée par JP Delevoye fut que le système actuel n'est pas adapté au 21e siècle, car les métiers évoluent, et les régimes professionnels qui voient la baisse des effectifs connaitront des difficultés (médecins libéraux, agriculteurs, …), ce qui risquerait de créer des conflits entre régimes. Piètre argument ! Comme si les métiers n'avaient pas déjà évolué au 20e siècle : par exemple, les métiers de mineurs ont disparu, c'est la solidarité qui a naturellement joué son rôle pour assurer leurs retraites. Il existe une solidarité horizontale entre les différents régimes, qui prend en compte et compense l'évolution différenciée de la démographie selon les secteurs professionnels. Nul besoin d'un régime par points.

Le système actuel n'est certes pas satisfaisant, avec la baisse programmée des pensions, des inégalités qui doivent être corrigées, et notamment les conditions de pénibilité qui doivent être prises en compte. Mais il est tout à fait possible d'améliorer notre système par annuités, en visant à harmoniser par le haut les différents régimes et en augmentant leurs ressources (voir Retraites, l'alternative cachée [3]).

[1] Dossier de presse du haut commissariat à la réforme de retraites, 10 octobre 2018, page 17.

[2] Les droits familiaux qui sont attribués aux femmes en tant que responsables des enfants sont au final contre productifs, car ils les enferment dans le rôle de mères. Ils pérennisent les rôles sociaux inégalitaires qui sont à l'origine des inégalités. S'ils permettent de compenser un peu les pensions des femmes, ils affaiblissent de fait leur droit direct à une pension hors droits familiaux. La bonne stratégie est de viser à renforcer les droits directs à pension, hors les droits familiaux. Voir « Retraites des femmes, un enjeu décisif pour toute réforme », C. Marty, juillet 2018.

[3] Retraites, l'alternative cachée, coord. Jean-Marie Harribey et Christiane Marty, Attac Fondation Copernic, Syllepse, 2013.

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Réforme des retraites : « Après les salaires flexibles, voici les pensions flexibles ! »

ven, 31/05/2019 - 18:06

L'indexation des retraites sur l'inflation serait un progrès en trompe-l'œil estiment, dans une tribune au « Monde », deux représentants d'Attac et de la fondation Copernic

Tribune initialement publiée dans le journal Le Monde

En présentant ses propositions au « grand débat », la majorité LRM prétend améliorer le pouvoir d'achat des retraités les plus modestes en indexant leurs pensions sur l'inflation. Ce mode d'indexation est présenté comme favorable, ce qui a toujours été contesté par les syndicats et par de nombreux experts (« Vingt ans de réformes des retraites : quelle contribution des règles d'indexation ? », Insee Analyses, 2014).

Avant 1987, les pensions étaient indexées sur le salaire moyen dans le régime général, et dans la fonction publique jusqu'en 2003, elles suivaient l'évolution du point d'indice. La situation était beaucoup plus favorable pour les retraités puisque leur pouvoir d'achat suivait celui de la population active. Mais pour baisser la dépense, elles ont été indexées sur l'inflation.

La compréhension de ces mécanismes a été brouillée par le fait que les gouvernements successifs ont cessé de respecter les lois de 1993 et de 2003 garantissant l'indexation des pensions sur les prix. Ainsi, les pensions ont été gelées à deux reprises sous le quinquennat Hollande ; gelées à nouveau en 2018, alors qu'elles ont subi la hausse de la CSG. En août 2018, le premier ministre a annoncé que les pensions ne seraient revalorisées que de 0,3 % en 2019 et en 2020, au lieu de 1,8 % (inflation en 2018) et 1,6 % (inflation attendue pour 2019). Une sous-indexation de 1,3 point au minimum, encore plus sévère que celle appliquée depuis 2017 sur les pensions complémentaires Agirc et Arrco, qui n'est « que » de 1 point de moins que l'inflation.

Face à cette dégradation, la proposition qui émerge est le retour à l'indexation des pensions sur les prix. Cependant, ce mode d'indexation pose un vrai problème. Il aboutit au décrochage du niveau de vie des retraités par rapport à celui de la population active, car les revenus du travail progressent plus vite que les prix. Ce problème est connu, il était pointé par le rapport Moreau de la Commission pour l'avenir des retraites (2013), qui indiquait que « les décrochements du pouvoir d'achat relatif des retraités peuvent être considérables ». L'écart de niveau de vie s'accroît tout au long de la retraite et peut devenir énorme. Le rapport ajoutait que « le taux de pauvreté des plus de 75 ans est en nette augmentation. Au sein de cette population, les femmes isolées (notamment les veuves) sont surreprésentées ».

Paupérisation programmée

L'indexation des pensions sur les prix peut certes être opposée à la sous-indexation en cours et à la hausse de la CSG. Mais à moyen terme, elle est problématique. Pour empêcher la paupérisation des retraités pendant la durée de leur retraite, l'indexation des pensions sur l'évolution du salaire moyen par tête est une nécessité. Il faut y ajouter la garantie d'une évolution au minimum qui ne pourrait être inférieure à celle des prix.

Ce n'est pas du tout la direction prise par le Haut-Commissariat à la réforme des retraites. Dans un document distribué aux syndicats, il suggère une indexation sur la masse salariale ou sur le salaire moyen par tête… mais corrigée par un facteur tenant compte de l'espérance de vie et de la croissance économique. Après les salaires flexibles, voici les pensions flexibles ! L'indexation sur le salaire moyen ne serait en réalité qu'une indexation sur le salaire diminué de quelque chose (un ou plusieurs points) ! On passerait de la sous-indexation sur l'inflation à une sous-indexation sur le salaire.

L'objectif affiché est de plafonner à sa valeur actuelle la part des dépenses de retraite dans le PIB (13,8 %). Mais sachant que la part des retraités dans la population augmentera dans les prochaines années, décider de bloquer la part de leur revenu dans la richesse produite signifie programmer mécaniquement leur paupérisation ! Est-ce acceptable ? Les retraites relèvent d'un choix de société, donc du débat public sur la répartition de la richesse produite. Quel partage de la valeur ajoutée entre masse salariale et profits ? Et quelle répartition au sein de la masse salariale, entre revenus de la population active et retraitée, c'est-à-dire quelle solidarité entre les générations ?

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Parlement européen : les organisations membres de la campagne “Stop Impunité” demandent aux 56 eurodéputés français de mettre en œuvre leurs engagements

ven, 31/05/2019 - 10:58

Durant la campagne pour les Européennes, 711 candidat·e·s ont répondu à l'appel lancé par les 560.000 citoyen·ne·s qui demandent “des droits pour les peuples, des règles pour les multinationales”. Ce 26 mai, 56 d'entre eux/elles ont été élus députés européens. Leurs engagements doivent se traduire en actes : ils doivent constituer des lignes rouges dans toutes les négociations à venir et devenir effectifs face à l'imminence de la signature des accords de commerce et d'investissement UE-Vietnam.

A l'occasion des élections européennes, les 200 organisations issues de 16 pays européens membres de la campagne “Stop Impunité” ont interpellé les candidat·e·s au Parlement européen. En France, 711 candidat·e·s ont pris des engagements à ce sujet.

Au lendemain des élections, on dénombre :

  • 56 eurodéputés (LREM, EELV, LR, LFI et PS/PP) ayant pris l'engagement de renforcer les législations contraignantes, au niveau de l'Union européenne et des Nations Unies, afin de protéger les droits humains et l'environnement face aux dommages causés par les entreprises.
  • 25 d'entre eux (EELV, LFI et PS/PP) s'étant également prononcés pour la fin de l'arbitrage investisseurs-États dans les accords de commerce et d'investissement, un système de justice parallèle qui permet aux multinationales d'attaquer les États et de remettre en cause des politiques publiques d'intérêt général.

Les organisations françaises membres de la campagne appellent les eurodéputés français à mettre dès à présent leurs engagements en œuvre.

Alors que les négociations débutent à Bruxelles pour la composition des groupes politiques au sein du Parlement européen, pour sa présidence et pour celle des commissions thématiques, ainsi que pour la nomination des membres de la nouvelle Commission européenne, les eurodéputés doivent faire de leurs engagements des lignes rouges dans ces négociations et les inscrire dans la feuille de route de la prochaine Commission.

Les organisations de la campagne “Stop Impunité” les appellent enfin à intervenir auprès de la Commission européenne et des États membres de l'Union européenne avant que les accords de commerce et d'investissement UE-Vietnam ne soient finalisés et signés.

Pour en savoir plus :
  • Le site en français de la campagne : www.stop-impunite.fr
  • Les engagements pris par les candidat.e.s sont à retrouver ici
  • La liste des 711 candidat.e.s ayant répondu à l'appel est ici
  • Le texte de la pétition et le dossier de presse de janvier 2019 sont ici
Les organisations françaises membres de la campagne :

ActionAid France, aGter, Aitec, Alofa tuvalu, Alternatiba, Amis de la Terre France, Attac France, Banana Link, Bizi, BLOOM, CADTM, CCFD-Terre Solidaire, Ceras, CGT, Collectif Ethique sur l'étiquette, Collectif Roosevelt, Collectif Stop TAFTA CETA, Comité Pauvreté et Politique, Commerce Équitable France, Confédération paysanne, CRID, Emmaüs International, Fédération Artisans du Monde, Fondation pour la Nature et l'Homme, Fondation Copernic, foodwatch France, FSU, France Amérique Latine, France Libertés, France Nature Environnement, Greenpeace France, I-Buycott, Institut Veblen, Ligue des droits de l'Homme, Max Havelaar France, le Mouvement, Notre affaire à tous, ReAct, Réseau Foi & Justice Afrique Europe, Secours Catholique - Caritas France, Sherpa, Sum of us, Syndicat de la Magistrature, Terre des Hommes, Union syndicale Solidaires, Wemove

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Pourquoi les féministes se mobilisent face au G7 ?

mer, 29/05/2019 - 18:26

Emmanuel Macron a déclaré que l'une des priorités du Sommet 2019 du G7 est la lutte contre les inégalités « en favorisant particulièrement l'égalité entre les femmes et les hommes »(1). Tout le monde aura son mot à dire, est-il précisé. Alors, n'hésitons pas à prendre la parole pour dire ce que nous en pensons et pour exiger que la perspective féministe soit présente dans l'ensemble des enjeux économiques, sociaux et environnementaux. Conscientes de l'importance de ces enjeux, plusieurs associations féministes(2) sont en train d'élaborer un texte de positionnement dont voici quelques éléments.

Transition écologique et égalité femmes-hommes
Partout dans le monde, la dégradation de l'environnement menace l'humanité. Le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) affirme l'urgence de stabiliser le réchauffement climatique à 1,5 °C et la « nécessité de modifier rapidement, radicalement, tous les aspects de la société ». La transition écologique est une urgence qui doit être appréhendée de manière globale et portée par l'ensemble des citoyen·ne·s. Mais elle est freinée par le poids des inégalités femmes-hommes. C'est pour cette raison que nous exigeons la mise en œuvre d'une perspective de genre dans les politiques de transition écologique internes aux pays du G7, ainsi que dans leur action de coopération à l'international. Concrètement, cela signifie que toutes les politiques publiques doivent être élaborées sous le double objectif d'égalité femmes-hommes et de transition écologique. Les secteurs de l'énergie, des transports, de l'habitat, de l'urbanisme, de l'agriculture et de l'alimentation sont par exemple porteurs de nombreux emplois, mais situés, pour l'instant, dans des branches à dominante masculine. Il faut donc :

  1. veiller à ce que les femmes autant que les hommes puissent accéder à ces emplois, en adoptant des politiques volontaristes lors de l'orientation scolaire pour une vraie mixité des métiers ;
  2. développer des transports publics collectifs en intégrant les besoins des femmes ;
  3. engager, dans les pays du Sud, des réformes pour garantir l'accès des femmes à la propriété des terres et à leur gestion pour une agriculture durable, ainsi qu'une gestion durable de l'eau.

Enjeux économiques, progrès social et égalité femmes-hommes
Le chemin pour parvenir à l'égalité femmes-hommes est encore long. Au Sud parce que beaucoup de droits restent à conquérir, au Nord parce que des droits formels ont été acquis mais restent à appliquer. Les politiques néolibérales, au Nord comme au Sud, sont synonymes de coupes dans les services publics et pèsent plus durement sur les femmes qui se voient contraintes d'assumer les soins aux enfants ou aux proches malades dont la prise en charge par la collectivité n'est plus garantie. Nous exigeons l'adoption et la traduction en politiques publiques concrètes, par les pays du G7, des textes suivants, non encore signés par tous les pays riches : Convention internationale sur les droits des travailleur·e·s migrants et leurs familles ; Convention de l'Organisation internationale du travail (OIT) sur les violences et le harcèlement au travail ; Convention de l'OIT sur les travailleur-se-s domestiques.

Nous voulons dans chacun de ces pays :

  1. la revalorisation des métiers à dominante féminine ;
  2. la revalorisation (ou l'instauration) du salaire minimum (à 1 600 € en France) et des minima de pension (à 85 % du Smic) ;
  3. la revalorisation (ou l'instauration) des minima sociaux permettant à toute personne n'ayant pas accès à un revenu – des femmes en majorité – de vivre décemment ;
  4. la disponibilité de modes d'accueil pour chaque enfant avant l'âge de scolarisation, pour permettre aux femmes de se maintenir en emploi ;
  5. une éducation à l'égalité tout au long de la scolarité pour combattre la culture des violences et du harcèlement.

Esther Jeffers, Christiane Marty, Yveline Nicolas

(1) cf. www.elysee.fr/g7 et www.adequations.org/

(2) Adéquations, Commission Genre d'Attac, Réseau féministe ruptures

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Images de l'opération « nature morte » au siège de Bayer-Monsanto

mar, 28/05/2019 - 12:45

Le mercredi 22 mai à 8h, 70 militant·e·s d'Attac, de la Confédération paysanne, d'Extinction Rebellion et de RadiAction ont envahi le hall d'entrée du siège de Bayer-Monsanto France, à La Garenne-Colombes (Île-de-France), pour y installer une scène de chaos environnemental et sanitaire. Vétu·e·s de combinaison blanches, les activistes ont dénoncé l'impunité de Bayer-Monsanto et les ravages causés par la multinationale sur les paysan·ne·s, les citoyen·ne·s, la biodiversité et l'environnement.

Crédits photos : Elodie Sempere, Edward Chapon et Armand Lacroix

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Petit guide contre les bobards de la réforme des retraites

lun, 27/05/2019 - 17:52

Attac Île-de-France a élaboré ce « petit guide contre les bobards de la réforme des retraites ».

Il faut un système de retraite plus simple et plus juste pour tous !
Depuis 1993, les différentes réformes du système de retraite français ont ciblé le maintien de son équilibre financier à long terme.

Commande à faire par mail : dourillefeer@hotmail.fr
Tiré à 500 exemplaires, chaque petit guide coûte environ 1 euro (Format en tirages noir et blanc pages intérieures et couverture couleur, en format A5).

Il faut un système de retraite plus simple et plus juste pour tous !

Depuis 1993, les différentes réformes du système de retraite français ont ciblé le maintien de son équilibre financier à long terme.

Ces nombreuses réformes n'ont pas touché à l'architecture du système de retraite en maintenant :

  • le calcul des pensions en annuités,
  • le principe de la répartition (les cotisations versées par les actifs au titre de l'assurance vieillesse sont immédiatement utilisées pour payer les pensions des retraités),
  • et les régimes spéciaux de retraite.

Mais, elles n'ont pas été conçues pour maintenir ou améliorer le niveau des pensions à moyen-long terme.
La baisse programmée des pensions (indexation sur les prix au lieu des salaires, calcul sur les 25 meilleures années au lieu des 10 meilleures années pour les salariés du privé1, allongement de la durée de cotisation, recul de l'âge légal de départ à la retraite…) a permis de réduire le déficit des régimes de retraite de base et du Fonds de solidarité vieillesse à seulement 1 milliard d'euros en 2017. D'ailleurs, dans son programme de campagne, Emmanuel Macron soulignait que « le problème des retraites n'est plus un problème de financement ».

Alors pourquoi réformer le système de retraite ?

L'argument avancé était que les Français, notamment les jeunes n'ont plus confiance dans notre système de retraite trop complexe et injuste, d'où l'idée de mettre en place « un système universel, juste et transparent »…
La solution Macron de passer à une « retraite par points » (ou en « comptes notionnels » à la suédoise2) représente un changement fondamental de notre système de retraite qui devient essentiellement contributif (alignement des pensions sur les cotisations versées), donc individualiste, et relègue la solidarité à un rôle marginal.
« Pour une retraite plus simple et plus juste pour tous » tel est le slogan du site du Haut Commissaire à la réforme des retraites … mais la loi travail Macron 2017 devait apporter « plus de liberté, plus de protection et plus d'égalité des chances » et la réalité est toute autre…

Comment faire avaler cette réforme des retraites qui serait impopulaire si elle était comprise : en racontant des bobards !

Catégories: Attac Planet

Petit guide contre les bobards de la réforme des retraites

lun, 27/05/2019 - 17:52

Attac Île-de-France a élaboré ce « petit guide contre les bobards de la réforme des retraites ».

Il faut un système de retraite plus simple et plus juste pour tous !
Depuis 1993, les différentes réformes du système de retraite français ont ciblé le maintien de son équilibre financier à long terme.

Commande à faire par mail : dourillefeer@hotmail.fr
Tiré à 500 exemplaires, chaque petit guide coûte environ 1 euro (Format en tirages noir et blanc pages intérieures et couverture couleur, en format A5).

Il faut un système de retraite plus simple et plus juste pour tous !

Depuis 1993, les différentes réformes du système de retraite français ont ciblé le maintien de son équilibre financier à long terme.

Ces nombreuses réformes n'ont pas touché à l'architecture du système de retraite en maintenant :

  • le calcul des pensions en annuités,
  • le principe de la répartition (les cotisations versées par les actifs au titre de l'assurance vieillesse sont immédiatement utilisées pour payer les pensions des retraités),
  • et les régimes spéciaux de retraite.

Mais, elles n'ont pas été conçues pour maintenir ou améliorer le niveau des pensions à moyen-long terme.
La baisse programmée des pensions (indexation sur les prix au lieu des salaires, calcul sur les 25 meilleures années au lieu des 10 meilleures années pour les salariés du privé1, allongement de la durée de cotisation, recul de l'âge légal de départ à la retraite…) a permis de réduire le déficit des régimes de retraite de base et du Fonds de solidarité vieillesse à seulement 1 milliard d'euros en 2017. D'ailleurs, dans son programme de campagne, Emmanuel Macron soulignait que « le problème des retraites n'est plus un problème de financement ».

Alors pourquoi réformer le système de retraite ?

L'argument avancé était que les Français, notamment les jeunes n'ont plus confiance dans notre système de retraite trop complexe et injuste, d'où l'idée de mettre en place « un système universel, juste et transparent »…
La solution Macron de passer à une « retraite par points » (ou en « comptes notionnels » à la suédoise2) représente un changement fondamental de notre système de retraite qui devient essentiellement contributif (alignement des pensions sur les cotisations versées), donc individualiste, et relègue la solidarité à un rôle marginal.
« Pour une retraite plus simple et plus juste pour tous » tel est le slogan du site du Haut Commissaire à la réforme des retraites … mais la loi travail Macron 2017 devait apporter « plus de liberté, plus de protection et plus d'égalité des chances » et la réalité est toute autre…

Comment faire avaler cette réforme des retraites qui serait impopulaire si elle était comprise : en racontant des bobards !

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Grève mondiale pour le climat : c'est un changement de cap qu'il faut imposer

ven, 24/05/2019 - 15:35

Ce vendredi 24 mai est organisée la deuxième grève mondiale pour le climat. Des dizaines de milliers de jeunes défilent en ce moment partout dans le monde à l'occasion de 1500 rassemblements dans 118 pays. Attac France soutient depuis son lancement la mobilisation des jeunes pour le climat en France.

À Paris, un cortège avec une abeille géante s'est élancé depuis la Place de l'Opéra pour dénoncer la toxicité des multinationales comme Bayer-Monsanto. Après avoir occupé leur siège mercredi 22 avril, les militant·e·s réclament la fin de l'impunité des multinationales, principales responsables des dérèglements climatiques. Au greenwashing généralisé porté par les décideurs politiques et économiques, il est urgent de substituer des décisions qui permettront à toutes et tous d'accéder à une vie décente sur une planète vivable.

Pour Maxime Combes, porte-parole d'Attac sur les enjeux climatiques, « face à l'urgence climatique, les experts sont unanimes, il est indispensable de repenser profondément nos modes de production, de consommation, de déplacement. Mais cette transition ne peut se faire sur le dos des plus démuni·e·s. Ni dans nos pays, ni dans les pays du Sud. Attac a formulé 14 propositions pour engager une véritable transition écologique et sociale. Or, derrière des mises en scène électorales, Emmanuel Macron et son gouvernement nous font perdre du temps : le "conseil de défense écologique" réuni ce 23 mai a accouché d'une souris. »

Pour Raphaël Pradeau, porte-parole d'Attac, « l'irresponsabilité des entreprises multinationales ne doit plus trouver asile dans l'irresponsabilité des États et des gouvernements. Face à leur inertie, renforçons et amplifions ces mobilisations citoyennes. Multiplions également, dans le même temps, les actions citoyennes contre l'impunité des multinationales. Elles mettent en péril la planète, la biodiversité et la santé des paysan·ne·s et des citoyen·ne·s en profitant de pouvoirs exorbitants qui leur ont été confiés au cours des dernières décennies. »

Attac, avec ses partenaires va continuer à se mobiliser pour une véritable transition écologique, juste socialement. De nouvelles actions contre l'impunité des multinationales seront organisées prochainement. Nous donnons également rendez-vous au contre-G7 que nous organiserons à Hendaye du 19 au 26 août pour se mobiliser face aux sept grands pyromanes de la planète.

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